samedi 24 janvier 2026

Défi #908

  

Un truc grec ?

 

Hétaïre

 

 
 

 

Ont laissé leur trace...

  

 


Ecridelle ; Vegas sur sarthe ; Marie Sylvie ; Kate ;

Lecrilibriste ; Clio 101 ; Joe Krapov ; François ;

Walrus ; Yvanne ;

 

Tribulations du cerveau : lâcher les rênes (Clio 101)

  

Gigantesque dessin sur un mur

Racontant une histoire

Admiration des passants

Fait rapidement : la peinture sèche vite

Fondre (se) dans le décor (ou pas)

Irréel : l'imaginaire se déploie

Trouver sa patte, la faire grandir, évoluer

Inventer sans limites.

 

Ça alors ! (Yvanne)


 

 

Je ne vous présente plus mes amis Paulo et Jacky dont je suis toutes les aventures pour vous les faire partager. En voici une nouvelle.


Ça alors !


Paulo se gratte nerveusement la tête. Jacky le connaît bien et sait que quelque chose tracasse son copain venu cet après midi chez lui à l'improviste.

- Paulo, tu as fini de tourner autour du pot ? Qu'est ce qui se passe ? Tu n'es pas là pour me parler de la pluie et du beau temps je suppose, alors vas-y, raconte...

- Ah je ne sais pas comment te dire ça mais...

- Mais quoi ? Enfin, dis ce qui cloche, bon sang !

- C'est ton hangar.

- Quel hangar ? Tu m'énerves. Si tu continues comme ça, je me sauve jusqu'à ma vigne. J'ai du boulot, moi ! La taille n'attend pas.

- Écoute, il faut que tu ailles à Cantegril.

- A Cantegril ? Pourquoi ?

- C'est ton hangar.

- Oui. Tu l'as déjà dit. Qu'est ce qu'il a mon hangar ?

- Il est couvert de graffitis.

- Des graffitis ? Des graffitis ? Qu'est ce que tu racontes ?

- Viens. On y va. Il faut que tu vois ça !

Jacky commence sérieusement à s'énerver. Il n'aime pas du tout les imprévus. Surtout du genre emm. Il saute dans la jeep de Paulo et ils foncent vers Cantegril.

- On pourra pas accuser Louis cette fois murmure Jacky. Le pauvre croupit dans sa maison de retraite. Et tu n'es toujours pas allé lui rendre visite. Tu exagères quand même. Bon. Qui a osé me faire ces embrouilles je me le demande ? On peut pas être tranquille une minute. Je te jure que si je tombe sur le con qui s'amuse à saloper mes murs il passera un mauvais quart d'heure.

- Moi je crois que c'est à cause des élections...J'aurais bien voulu t'épargner ça tu le sais. Je t'avais prévenu pourtant que les élections c'est du poison. Mais tu ne m'écoutes pas.

-Tu crois vraiment que c'est parce que je suis sur la liste de Marcel ?

- Oh oui ! Marcel a les mêmes cochonneries écrites sur le mur de sa grange. Il n'y a pas de doute possible.

- Il doit faire joli Marcel ! En plus tu n'as pas oublié que c'est aujourd'hui notre anniversaire à Marcel et moi ? Nos mères ont accouché le même jour. On devait le fêter dimanche prochain. Je suis dégoûté  !

Ils arrivent à Cantegril sur les chapeaux de roue. Jacky descend de voiture et gronde :

- Putain ! C'est pas vrai. Du beau travail. Comment je vais faire pour effacer tout ça ? Ah les salauds ! Je te parie que ce sont les jeunots qui traînent par là depuis quelques temps. Tu les as rencontrés toi ?

- Oui. Ils ne font pas de mal. Il faut que tu trouves un coupable hein ?

- Je voudrais t'y voir tiens. Mais on dirait que tu...

Jacky observe Paulo qui affiche soudain un sourire en coin. Il s'approche plus près et s'arrête pile. Il y a bien des inscriptions partout sur les murs. Mais il y aussi des guirlandes suspendues un peu partout. Soudain les portes s'ouvrent en grand et il est accueilli avec enthousiasme par sa famille et ses amis. Dont Marcel !

- Joyeux anniversaire Jacky !

- Ben mes cochons ! Si je m'attendais... Et toi Paulo tu t'es bien foutu de ma gueule. Je vous préviens tous : vous allez vous débrouiller pour enlever vos graffitis. On a idée de barbouiller avec de la peinture ?

- C'est de la craie idiot. Et t'as vu comme c'est beau ? C'est le Parisien qui a fait tous ces dessins. Tu le sais que c'est un artiste. A ta place je n'effacerai pas. Ça vaut de l'or. Allez, on va arroser tes 50 balais. Champagne !

 

Vieux jeu (Walrus)

   

Je suis tellement vieux (oui, je sais, je me répète mais que voulez-vous : je suis vieux, je radote) que j'ai vu naître les tags.

Comme à l'époque ça faisait des siècles qu'il existait de graffitis, j'ai continué de réserver cette appellation à ce qu'ils étaient au démarrage : des inscriptions rapides sur des murs effectuées en catimini avec des outils rudimentaires: un clou pour gratter, du charbon de bois, du lait de chaux, (du sang...), du goudron...

J'en avais trouvé un en Italie, mais ça avait provoqué un problème à cause de la traduction erronée que j'avais faite du E chargé d'un accent horizontal.

Eh ben, du coup (indispensable aujourd'hui ce vocable), j'en mettrai pas d'autre ! Faut bien que vous fassiez enfin connaissance avec le côté obscur de mon caractère : 

Plus râleur que moi, tu meurs ! 

 

 

C’EST PITOYABLE (François)

  

c'est pitoyable

 

 

 

Pourquoi nos murs sont tagués?

Ce n'est pas toujours ce qu'il plaît,

Parfois des invectives sont là pour nous narguer,

Avec des signatures d'auteurs qui cherchent à exister.

C'est pitoyable, c'est triste, c'est l'humanité.

 

Les murs de nos villes sont salis,

Parfois par des dessins incohérents,

Avec des propos témoignant,

De quelques disharmonies,

C'est pitoyable, c'est triste, c'est l'humanité.

 

Nos villes seraient belles si elles n’étaient pas bombées,

Parce que certains cherchent à exister,

Là, le Street Art ne peut pas être évoqué.

C'est pitoyable, c'est triste, c'est l'humanité.

 

Tous ces dessins sont loin d'être à la hauteur de ceux de MISS.TIC

Qui a laissé des souvenirs sur la Butte-Aux-Cailles,

Avec des dessins et des mots qui ont fait tilt.

Il est des auteurs qui mériteraient médailles.

C'est agréable de voir des artistes qui font preuve d'humanité.

Graffitis (Joe Krapov)

 




Comment ? Seulement 14 photographies de graffitis sur 15000 clichés pris en 2025 dans ma photothèque ?

Vous êtes fâchés ou quoi, les vandales urbains ? Ce sont les commentaires ironiques ou amusés que je dépose sous vos oeuvres qui vous dissuadent de m’écrire ? Ou c’est la police des m(oe)urs qui vous a mis le grappin dessus ?

***

Bien évidemment, je n’ai encore pas eu le temps cette semaine de concocter un livret électronique à partir de ces photos et de celles des années précédents. C’est pourquoi je vous livre juste une petite anthologie des échanges que l’on peut trouver sur mon blog entre un graffiteur anonyme et cet autre anonyme qu’est Joe Krapov (JK)

***

- Brest antifa : eat the fafs not the pigs

JK - C'est bien, les Brestois-mêmes, mais vous feriez bien de lutter aussi contre le remplacement de la langue française par l'anglo-américain !


- Pas de chance, je ne suis pas dans un film Disney

JK - Tu voulais jouer quoi ? Le 101e dalmatien ?


- Bourgeois, c’est à cause de toi que je bois !

JK - C'est la plus mauvaise excuse que j'aie jamais lue !


- Tous le monde déteste la police

JK - ... et encore plus l'orthographe !


- Je suis contre ta mère

JK - Tout contre ?


- Il faut arrêter de tout interdire car je n’arrive plus à tout désobéir

JK - Trop bien !


- Prends ton gilet, on quitte le navire

JK - C'est le culte de Râ ?


- De l’amour, putain !

JK - Tu en auras peut-être si tu le demandes plus poliment et si tu arrêtes d'écrire sur les murs !


- L'éducation est plus puisant que la réprétion

- Je suis tout à fait d'accord avec toi mais je te donne deux heures de colle pour que tu révises ton orthographe.


- Guillaume aime Valentin

JK - Si vous saviez comme on s'en fout de vos histoires, de leur histoire… et comme on aime qu'un mur reste propre dans un jardin public intemporel !


- Tu travails trop

JK - Du coup, t'en oublis tes conjugaisons !


- De l’in sol lance

- Puisqu'on me donne le droit d'être insolent, je ne ferai pas le mur : "Retourne à l'écolle apprendre l'orthograffe !"


- La pression il vaut mieux la boire que la subir

JK - Tout à fait d'accord ! Hips !



- Fans de Muscu Sales Gays

JK - Et c'est qui d'abord, ce Muscu ?




                            


- La bière est la preuve que Dieu existe

JK - Et tant qu'à faire, la tarte au maroilles de Joe Krapov aussi ! ;-)




***

Le plus beau graffiti rencontré est quand même ce poème de Marwan Makhoul vu à Parthenay l’été dernier :





P.S. Pour voir la totalité des sept pages publiées, c’est ici :








Le taggeur (Lecrilibriste)

  

 

La capuche rabattue sur le visage
Il s’est habillé de nuit
Et se glisse tout noir dans le noir du quartier
il s’en va s’adonner à son jeu favori
dessiner la nuit des graffitis
Sur les murs de l’usine désaffectée
c’est sa manière à lui d’écrire sa symphonie
Il commence par ses initiales, son tag
Ensuite il fera son graff, mais d’abord le tag
Il a bombé les lettres qui s’entrechoquent
Des flops joufflus tout en ronds
et une flèche pointue en finale
qui ressemble à un poignard lancé
Tout ça va bien avec son caractère
Le cœur sur la main, mais très vite en colère
Faut pas trop lui monter sur les pieds
Car l’air de rien, il ne se laisse pas faire !
Pour tracer l’outline, il choisit son cap
il secoue la bille et d’un geste sûr
il trace le contour avant de le remplir
la peinture gicle en éclat d’argent
Maintenant il lui reste à combler l’espace
Pour les courbes, turquoise, pour la flèche violet
Il décline toujours ses couleurs préférées
pour son tag et ses mêmes couleurs
Signature choisie pour son identité
Et ce qu’il a à dire, c’est ici qu’il le dit
C’est là qu’il se rebelle et mène ses batailles
 

 il aperçoit un gyrophare, son cœur cogne
S’entrechoquent en lui, adrénaline et interdit
Vif comme l’éclair, il range ses outils
Dans son sac complice, noir comme la nuit
La capuche rabattue sur le visage
Il se glisse tout noir dans le noir du quartier
Pas eu le temps de faire un graffiti
Mais content de lui, défoulé
il peut rentrer, l’âme libérée

 

 

De graffiti en oasis (Kate)

 

Les graffiti remonteraient à si longtemps... et leurs ancêtres seraient peut-être les gribouillis ?
Qui sait ? Quand on plonge dans les vertiges du passé, on apprend même :
- que les dinosaures avaient des ancêtres
- que la première chanson est très ancienne, certes, et comble du comble et merveille de la science et de la technique, on peut l'entendre ici !
N'étant pas scientifique mais scribouillarde, n'étant pas là pour raconter ma vie, enfin si, n'étant pas là pour dessiner quoi que ce soit mais pour prendre des photos (littéralement "écrire la lumière" et je crois capturer des images par la même occasion), j'en profite pour faire une petite récolte sur mon terrain d'exploration favori et le résultat est là mais quand même m'a fait lever les yeux au ciel...

Les cheminées sont très prisées (l'escalade doit faire partie de la montée d'adrénaline, je suppose) et celle-ci n'est pas la seule, mais elle m'amène à Jaude. Au passage, "L'Appart" en question n'est pas une agence immobilière, d'ailleurs elle n'en a pas les mêmes horaires, je vous préviens.
Sinon, de retour avec ce bien maigre butin, je plonge (non pas dans ma piscine ni dans mon carnet d'adresses) mais dans mes récoltes précédentes.
Ah oui, c'est vrai, près du Marché Saint Pierre se trouvent au carrefour d'une rue piétonne deux bâtiments face à face qui se ressemblent, pour peu qu'on prenne la peine de regarder un peu au-dessus des vitrines.
De gauche :

à  droite :

en zoom :

Je vois bien qu'une autre raison m'avait incitée à prendre ces photos, il y a quelques mois : la cueillette des mots en ville et là ces mots écrits en majuscule sur ce tee-shirt blanc, tels des graffiti sur tissu, un nouveau genre ? S'il y a bien parfois quelques écrits par-ci par-là, de là à s'afficher avec :
"WHATEVER
WHOEVER
WHEREVER",
(et encore il manque "whenever" !) et même si tout ça m'embarque directement vers la linguistique, hum, de là à porter ça !
Et pour finir, le "WHATEVER", bien sûr, m'avait directement embarquée vers une oasis musicale...

   

GRAFFITI DE L'ÂME RETENUE (Marie Sylvie)

   


  



Je n'avais pas le droit de parler.
Pas le droit de crier.
Alors j'ai dessiné.

Un œil 
Pris entre deux triangles
Telle une vérité enfermée
Mais jamais éteinte.

Sur les murs 
Je semais des regards 
Des prières sans bouche
Des cris sans bruit.

Chaque trait disait
《 Je vois. Je vis. Je suis.》
Même si le monde détourne les yeux.

Et si l'art est un crime
Alors je suis coupable
De beauté clandestine.


            Lorsque ma voix se taisait
            mon trait parlait pour moi.

           Je n'écrivais pas sur les murs
           J'y déposais 
     ce que je n'avais pas le droit de taire.


 

L'effet mère (Vegas sur sarthe)

  

 


Ça c'est produit juste avant que je ne sois gazé aux lacrymos vers la barricade du Boul'Mich.
Elle était là à barbouiller le mur d'un slogan percutant "A bas le sommaire, vive l'effet mère".
Entre deux déflagrations je lui ai gueulé que ça s'écrivait é-phé-mè-re comme l'insecte du même nom qui nique en plein vol avant de clamser quelques heures plus tard, et ça l'a faite marrer.
Elle était canon en se marrant.
Moi, sur le même mur j'étais en train de taguer un truc moins cérébral "L'alcool tue. Prenez du LSD"
Elle m'a demandé ce que c'était du élèsedé mais je pleurais trop pour lui répondre.

C'était ma première fois, les potes m'avaient pourtant prévenu que là où y'a du lacrymogène, y'a pas d'plaisir.
C'était vrai et ça l'est encore … c'est fou ce qu'on a fait comme progrès en lacrymos en quelques décennies.
La voilà donc qui m'entraîne loin de la ligne de front, là où y'a moins de plage et plus de pavés et on s'engouffre dans une pharmacie avant que le rideau de fer ne tombe sur nous comme à l'époque de la Guerre Froide.
Elle cherche un truc dans son sac – j'apprendrai qu'elle est élève infirmière – et s'empresse de m'inonder de sérum psychologique !
Pas habitué à héberger des insoumis le pharmacien fait la gueule.
Même s'il a encore la manivelle du rideau de fer à la main j'emmerde le pharmacien. Si j'avais de la peinture j'écrirais ça sur sa vitrine.
Elle me dit qu'il faut aussi se rincer la bouche, alors en guise de cocktail on se refile tour à tour une boutanche de purple drank, un sirop pour la toux mi-soda mi-anxiolytique mi-codéine (oui ça fait beaucoup de mi).

Dehors aussi les cocktails explosent en bouche – surtout en bouche de métro – et les matraques pleuvent sur tout ce qui bouge jusqu'à ce que ça ne bouge plus.
Trêve de présentations, la boutanche passe de ma bouche à la bouche de Germaine et y faut croire que ça créée des liens : dans l'arrière boutique on tombe sur un improbable lit de camp; je garde toujours mes clarks même pour dormir mais cette fois je les quitte pendant que Germaine quitte tout le reste c'est à dire peu de choses puisqu'on est en mai, le mois où on fait ce qu'y nous plait alors qu'en avril … bref.

C'est fou ce qu'une jolie nana peut aller vite quand elle est libérée et déterminée.
Celui qui a tagué "Fêtes l'amour et recommenssez" serait content de savoir qu'on est au moins deux à l'avoir déchiffré !

J'ai l'air ringard avec mes préservatifs, y en a qui en feraient des caisses et Germaine en fait des ballons avant de jouir bruyamment et sans préavis; on a oublié les préliminaires à la grande déception du pharmacien qui nous lorgnait depuis son comptoir.
Pas de doute, la chienlit c'est nous... ça se voit dans nos yeux éparpillés et nos fringues écarquillées ou l'inverse.
On remet ça – l'amour, pas nos fringues – et le pharmacien en perd sa manivelle.


Le lendemain on s'était promis Germaine et moi d'aller taguer "Je jouis dans les pavés" là où on avait mélangé nos graffiti(s) mais quelqu'un avait déjà fait le grand ménage sur le Boul'Mich et dans tout le quartier latin.
On était le 11 mai et le mouvement ouvrier se joignait à la contestation et appelait à la grève générale.
Au bout d'un mois notre belle odyssée tenait toujours bon alors que partout ça sentait le syndicaliste et le manque de tout.
Voilà pourquoi je prends un sacré coup de vieux quand le moindre graffiti sur un mur m'évoque ce souvenir indélébile.

P.S : J'ai écrit graffiti(s) pour ne pas froisser les italiens qui ignorent les pluriels en s. Ils ont même des mots masculins qui changent de sexe au pluriel ; ça doit compliquer les partouzes mais ça n'est pas le sujet.

 

  

Un graffiti mais pas que ! (Ecridelle)

  



Au cours de mes balades, sur un mur, un graffiti qui donne matière à réflexion et pas que…

__C'est pitoyable, c'est triste l'humanité.__

Il est vrai que cette phrase, dans le contexte actuel des choses, résume en effet la tristesse de son contexte et de sa réalité certaine.

Un graffiti mais pas que !

L'humanité n'a plus que son nom pour exister et ne pas sombrer dans l'oubli de cette qualité qui devrait être une des principales.

Un graffiti mais pas que !

Triste et pitoyable de constater que les oubliés de la vie n'ont plus que ce moyen pour exprimer leurs ressentis de la vie d'aujourd'hui.

Un graffiti mais pas que !

Que reste il à certains si ce n'est que faire le mur pour trouver un ailleurs meilleur ? Mais cet ailleurs existe t-il ??
C'est si pitoyable l'humanité !
Un graffiti mais pas que !


 

vendredi 23 janvier 2026

Avis à nos paricipantes et participants

  

Notre fille ayant eu l'idée saugrenue de fêter ses soixante ans ce soir, il est possible que les chefs d'œuvres envoyés dans la soirée ne se retrouvent pas sur le site à minuit.

Pas de panique, les choses rentreront dans l'ordre au cours de la nuit...

 

samedi 17 janvier 2026

Défi #907

   

On fait le mur ?

 

Graffiti

 


 

 

Ont enfourné

  

  


 Walrus ; Lothar ; Marie Sylvie ; Nana Fafo ;

 Kate ; Yvanne ; Clio 101 ; Joe Krapov ;

François ; Lecrilibriste ;

 

Dans l’antre du fournil (Lecrilibriste)

  

 

Dans le bleu de la nuit

Quand tout dort encore

Le boulanger s’active au cœur du fournil

Il a pris la mesure de sel et de levain

Et puisé dans son festival de farines

Celles de froment d’épeautre et de sarrasin

Elles volent des sacs en une blanche poussière

Qui s’accroche au mur comme le lierre

Sous ses mains vigoureuses sa pâte prend vie

Elle claque sur le marbre

Le pétrin bat le rythme, la chaleur est d’étuve.

Mais il ne se plaint pas car il a l’habitude

Les loquets du four claquent

Avec sa pelle il enfourne les baguettes et les flutes

Puis les pains aux raisins, les croissants du matin

Bien alignés par le mitron sur les plaques

Il s’applique  le mitron car il aime ce métier,

qu’il a choisi comme ça, ne sachant où aller

IL sait qu’il a bien fait car ce métier lui plaît

Il fignole la brioche aux pralines

car il sait que la jeune Pauline

dont il est amoureux

fait tinter le carillon de la boulangerie

Pour avoir sa brioche aux pralines

avant sa longue journée à la passementerie

Et ça le rend heureux

Une bonne odeur de pain chaud

A envahi la rue et fait hâter les clients

Regardez-les en ressortant

Tous rompent et croquent le croûton craquant

 

 

Entre deux croissants (François)

 

 

La ménagère entre deux croissants chauds.

Rencontre son mari qui aux fourneaux.

Lui, il s’etait couché tôt,

Et levé quelques heures après le soir,

Après que madame eut fermé le comptoir.

 

Le fournil, là où est son four c’est son antre,

Il y passe une partie de ses nuits,

En y travaillant avec ses commis,

Avec des gestes vifs, il se concentre.

 

Il s’occupe de faire lever des pâtes,

Avec des farines délicates,

Pour réaliser des pains qu’il va façonner,

Sans oublier ses gâteaux que vous aimerez.

 

Il pétrit, pétrit toujours,

Ses gestes, il les faits avec amour,

Bien reposées ses pâtes iront au four,

Son pain sera croustillant

Beaux et bons seront pâtisserie et croissant,

.

Et il peut satisfaire comme toujours,

Sa clientèle alentour.

Pour que vous puissiez vous régaler,

 

Sachez que la vie au fournil n’est pas drôle,

Le boulanger ne fait que de gestes répétés,

Ses commis et lui n’ont qu’un seul protocole,

À l’ouverture tout doit être prêt.

 

 

Et tout le fournil ment ? (Joe Krapov)

 

Le boulanger dans son fournil
Aime-t-il
Plus que nous, les boute-en-train,
Se trouver dans le pétrin ?


Pour réussir un pain polka

Doit-il écouter du Chopin ?


De la musique de baluche

Pour fabriquer une faluche ?


Une sonate de Beethoven

Pour pétrir un pain sans gluten ?


Qu’advient-il

Si son mitron

Est un adepte du litron ?


Pourquoi se sent-il lessivé

Quand il a fait du pain azyme

Pour les gloutons ?



On peut connaître

Toutes les ficelles de son métier

Et être perdu

Quand on vous dit

Que le pain à la grecque

Est une spécialité de Bruxelles !




Mais surtout

Où est passée sa Pomponnette ?

Partie battre la campagne ?

Mener un mâle à la baguette ?

Fabriquer d’autres bâtards,

Pâton rimant avec chaton ?


La disparition de la minette

Gâche sa journée,

Gâche sa fournée.

Il n’a plus le coeur au boulot

Et l’impression très peu fougasse

Qu’il se trouve au bout du rouleau,

Roulé dans la farine,

Dans un désespoir complet,

Sans munition devant la gruauté du sort,

A ne plus émettre aucun son.


Quand on a mangé son pain blanc

Et chanté « Noir c’est noir »,

Quand on trouve le thé au harem sans pita gore,

Ne reste plus alors

- on ne fait pas les choses à demie

dans l’échec -

Qu’à mettre la tête

Dans le four

Ou à entamer la lecture

De « La Légende des seigles » de Victor Hugo.


Ou à se tirer un coup

- histoire belge ? -

De pistolet ?






Sont allés voir chez les Grec·que·s

        Nana Fafo ; Vegas sur sarthe ; Marie Sylvie ; Kate ;