TOKYO ; Walrus ; Marie Sylvie ; Kate ; Adrienne ;
Je ne connais pas le Japon à part peut être à travers quelques lectures. Bien sûr je citerai d'abord la dame au chapeau Amélie Nothomb avec son admirable (pour moi) « Stupeur et tremblements » et d'autres romans comme le non moins admirable : (Ni d'Eve ni d'Adam) où elle évoque avec humour ses années d'enfance puis ses amours dans son pays d'adoption. D'autres auteurs m'ont emmenée peu ou prou vers « l'Empire du soleil levant » comme Aki Shimazaki, Haruki Murakami (Kafka sur le rivage) Julie Otsuka avec ce livre que j'ai beaucoup aimé : « Certaines n'avaient jamais vu la mer » et ce tout petit livre que j'adore et que je garde de Hiraide Takashi « Le chat qui venait du ciel ». Puis il y a les haikus de Sôseki notamment. Voilà à quoi se résume ma culture japonaise !
Je ne manquerai pas d'évoquer les images d'Epinal - justement – à travers les estampes japonaises, les cerisiers en fleurs, le mont Fuji, la cérémonie du thé avec les très belles geishas à la chevelure opulente noire-corbeau, les samouraïs etc...Je n'oublierai pas les sumos, personnages fascinants pour mon pays le grand Jacques. Il se rendait souvent au Japon à titre privé et rencontrait ces hommes qui le nommaient « Shiraku »
Les sumos m'amènent tout naturellement à évoquer les yakuzas puisque ces sportifs d'un genre spécial tremperaient plus ou moins dans le crime organisé des yakuzas, la pègre japonaise. Ces derniers se reconnaissent à la première phalange de leur petit doigt coupée, voire davantage selon des pratiques bien définies ainsi qu'à leurs multiples tatouages. Mais tout mafieux qu'ils sont leurs institutions relèvent pour eux du sacré. Ils obéissent à des rituels, à leur chef et font preuve de loyauté entre eux. C'est du moins ce que l'on en sait. Et surtout un code d'honneur les régit. Je tiens à préciser que de nos jours, l'honneur est le dernier souci des malfrats qui nous tuent à l'arme blanche sans vergogne. Mais nous voilà ici dans le domaine de l'éternelle polémique sur la moralité et la justice et la moralité DE la justice. Laissons cela.
Je vous parlerai plus volontiers de ce que je connais un peu mieux sur la culture japonaise et qui est autrement plus agréable : l'art du bouquet, l'ikebana ou « la voie des fleurs » Il se trouve que je fréquente depuis plusieurs années un atelier d'art floral et justement cette semaine c'est à cela que nous allons travailler. C'est merveilleux de créer avec presque rien de la beauté, de l'élégance. Même si nous ne respectons pas à la lettre la philosophie japonaise, mettre en valeur les branchages, les tiges autant que les fleurs nous anime. En disposant mon bouquet avec le plus d'harmonie possible sur mon kensan j'ai un peu l'impression de faire de la sculpture végétale et je trouve cela passionnant.
L'ikebana de ce jour à l'atelier floral :
1
Il y a plein de judokas
Qui s’affrontent sur le tatami.
Il y a plein de jolies geishas
Avec des kimonos de soie.
Elles pratiquent l’ikebana,
Taillent et retaillent le bonsaï.
Refrain 1
Et puis arrive le samouraï,
Serviteur du pire de l’Empire,
Briseur de révoltes,
Pilleur de récoltes,
Heikegani honni que l’on rejette à l’eau !
2
Il y a plein de lolitas
Qui s’trémoussent au karaoké.
Il y a une palanquée d’ados
Qui se retrouvent au dojo
Pour pratiquer l’aïkido,
Le judo, le jiu-jitsu
Et donnent du sashimi à leur tamagotchi.
Avoir des tas de yens rend zen,
On n’a plus à s’faire de sushis
Mais on voit très peu de Rennais
Suivre l’indice Nikkei sur leur laptop aux Lices.
Refrain 2
Et puis arrive le yakuza,
Criant « Banzaï ! »,
Qui défouraille,
Qui tire dans le tas
Comme s’il était un samouraï
Des temps modernes
Chargé d’occire les mangakas
Aux dessins de camions si ternes.
Moi aussi, Pépé le moka,
Je préfère Taka Takata
Mais je n’en fais pas tout un plat !
On ne discute pas goûts et couleurs,
On n’assassine pas les bobines !
Je ne transforme pas Mishima
En yokitori cuit vapeur
Ni Akira Kurosawa
En miso à l ‘hémoglobine !
3
Lorsque les sakura sont blancs
On joue au go ou au shogi,
On sudokute,
On Paramounte au mont Fuji
Les yeux tout scintillants d’étoiles
D’avoir aimé Miyazaki !
Il y a des sumos gavés de tofu,
Des tortues Ninja qui prennent le maki,
Des karatékas qui ne cassent pas des briques
De bons acteurs de kabuki
Et des actrices qui disent « No » ;
Le haïku, jugé trop long,
Est remplacé par l’émoji !
Refrain 3
Et puis arrive le tsunami !
Hokusai n’est plus notre ami !
Mac Mahon vous l’avait prédit :
« Kendo ! Kendo ! »
Et Marguerite l’avait écrit :
« Faites barrage au Pacifique !
Il fond comme un vautour,
Causant dégâts catastrophiques,
Pires qu’Hiroshima, mon amour ! ».
4
Il y a des vieux bonzes qui prient,
Les yeux sur la porte shinto
Où pendent les kakemonos
Sur lesquels des fans ont écrit
« Que soit honnie Yoko Ono ! »
Il y a des tas de gamins qui plient
Des papiers de couleurs jolies
Pour fabriquer des animaux
Et faire un zoo d’origamis.
Refrain 4
Et puis voilà Fukushima qui se ramen
Et plonge le pays dans la peine,
Le nucléaire qui nous rend verts
En rejetant l’eau chaude à la mer !
Mais pourquoi donc autant de haine
Au pays du soleil levant ?
Franchement !
Yamamoto Kakapoté ?
Yamonoto Kadératé ?
Hirohito Katrépassé ?
Fujimori Kékondamné ?
Le Pérou n’est plus c’qu’il était ?
Tout cela ne donne qu’une envie :
Si tu veux demeurer en vie,
Si tu ne peux plus saké les cons,
Redeviens Hikikomori
Et fais comme le cousin Gaston !
Allonge-toi sur ton futon,
Relis tes vieux Hara-Kiri
Et souris si, à l’occasion,
Tu parviens à kamikazer
Dans ton Défi du samedi
Tous les mots du logorallye !
"Femme des années 80, mais femme jusqu'au bout des seins... (Histoire vraie)"
Haïku :
Geisha, petit chat
Deux papillons dans tes yeux
S’envolent vers moi ...
Quand, dans
quelques années, le premier de mes petits enfants rentrera à la fac, je
me souviendrais - avec des regrets nostalgiques frissonants dans les
yeux, dans les oreilles et même sous le palais - de cet ancien et si
lointain voyage au Japon que je fis à l’occasion de l’écriture de mon
mémoire de fin de licence.*
Chercher la femme ... À Kobe, au japon
où je viens d’arriver, j’ai commencé à étudier les yakusas par
l’intermédiaire d’une des grande famille de la pègre locale, l’une de
celles qui contrôlent de nombreux restaurants. En général, ici, en 1981,
les femmes ne sont pas intégrées à la mafia. Elles œuvrent complètement dans l’ombre. C’est donc par cette petite porte sombre que je compte entrer discrètement dans l’organisation Yamaguchi-gumi
pour l’étudier. J’aurais pu essayer de l’infiltrer discrètement, mais
je me suis vite rendu compte que ici au Japon j’étais blanc. De plus mon
japonais s’est vite lui aussi avéré trop basique. Mon anglais trop
shakespearien. J’ai donc décidé de mener mon enquète tout simplement
déguisé en touriste.
Hier j’ai jeté mon dévolu sur la jolie Yuki, la fille de Fumiko Taoka, la femme d’un célèbre grand parain récemment décédé. Naturellement. Elle travaille comme geisha au grand restaurant Yakiniku Okatora Sannomiya.
Hier là-bas, on a discuté longuement. Les
yeux dans les yeux. Je crois qu’entre nous le courant est passé comme
sous la caresse soyeuse d’une torpille électrique marine. Aujourd’hui je
lui livre mon dernier haïku, écrit rien que pour elle. Elle lit. Je
sirote mon saké ... Elle lit ... Elle sourit. Ce matin tôt, à l’hôtel
luxueux Hokura, bien campé face au front de mer sur mon minitel j’ai
utilisé l’IA pour traduire mon haïku et mon poème en japonais. Traduire
n’est pas le mot juste, non, c’est mieux que cela. L’IA est entrainée
jusqu’à ses couches neuronales cachées les plus profondes, par mille
rétropropagations magiques des poids jolis, entrainée des milliards et
des milliards de fois, et encore, dans toutes les langues, elle les
posséde en parallèle. Telle un apôtre envoyé, sur les lignes
télephoniques, polyglote de la pencôtes, habité par les langues de feu
apostoliques. Envoyées. Donc j’ai demandé en traduction un japonais,
simple, bien envoyé direct
et poétique. Mais ça ramait. Grave. Dru. Trop. J’ai cru que mon
minitel-famicom chauffait un peu. Mais pourtant j’ai bien récupéré mon
listing à la réception de l’hôtel. Parfois il y a un peu de fumée sans
feu ! Ouf ...
Je lui lis mon poème, amoureusement dans
mon plus beau japonais. Lyrique. Je suis rapidement entouré par ses
trois frères, patibulaires mais presque, armoires à glace yakusa, grand
format, tatoués comme des consignes vivantes d’oncle walrus. Ha les
beaufs ! Je me remémore rapidement mes vieilles prises de judo
enfantines... Tatami, Tai Otoshi et Ippon Seio Nage ... Action !
Je me réveille à l’hôpital Minatojima
Minamimachi. Quand je serai rétabli, je prendrai le prochain avion.
J’ai un plan B pour mon mémoire de licence : La modification de la flore
et de la faune du Périgord, suite à l’immigration en 1925 de plusieurs
familles bretonnes dans le pays. Ce sera moins poétique, mais bon ...
_____________________
* Licence poétique, il va s’en soi
......
....
..
.
______
芸者、
小猫 目の中の二つの蝶
私に向かい飛ぶ
Haiku romaji :
Geisha, koneko
Me no naka no futatsu no chou
Watashi ni mukai tobu
Geisha, thou kitten fair
Within thine eyes two butterflies dost dare
Flit toward me there ....
.
.
- Sakura.
- Quoi ?
- Sa-kou-ra.
- Ah ? C'est quoi ?
- Un Japonais.
Je peux l'inviter ?
- Au chalet ?
Tiens les clés.
- Merci.
- Il est beau ?
- Oui.
Je ne l'ai vu qu'en photo.
- Ah ! Il a un beau sourire ?
- Je ne saurais dire...
- Et ses yeux ?
- Je ne l'ai vu que de dos.
- Et tu ne connais que son pseudo ?
Tu veux que je reste avec Roger ?
- Non, on va se rencontrer...
en secret.
- J'aurais dû m'en douter...
- Il me l'a fait jurer.
- N'hésite pas à nous appeler.
Montre-moi...
Ah ! Je vois !
Les fleurs de cerisiers...
Sakura !
Mais le serpent tout entier
et le masque noir...
Il est tatoueur ?
- Yakuza.
- Connais pas !
Mais, chère Élise,
ta passion pour Venise ?
- Terminé le Rialto,
maintenant c'est Tokyo !
- Adieu Giuseppe ?
- Maintenant c'est André !
- André Sakura ?
C'est un pseudo, ça !
Vous connaissez mon admiration pour le petit Marcel et son grand œuvre, n'est-ce pas ? (sinon, attention, je vous explique !)
Au temps béni où c'était cette chère MAP qui se chargeait de trouver le sujet de la semaine (#286), elle avait proposé l'image d'un livre où l'on voyait une demoiselle errant dans une forêt d'arbres en papier.
Image qui m'avait évoqué les aventures d'Albertine, la recluse.
Comment ? Vous ne voyez pas qui c'est ? Vous n'auriez pas lu plus loin que l'épisode de la madeleine vous non plus ?!
Pas grave, sachez simplement que cette demoiselle meurt d'un accident de cheval.
J'avais inventé un épisode où son aventure ne finissait pas aussi tragiquement et où intervenait un yakuza !
Si si (non pas Sissi, ça c'est une autre histoire de fille à cheval), vous en aurez la preuve en suivant ce lien.
Désolé pour ceux qui l'ont déjà lu, mais j'ai comme une slaptitude aujourd'hui...
Oui, je sais, j'aurais pu vous pondre ne serait-ce qu'un petit acrostiche sur ce yakuza.
Mais c'est facile de dire "yaka", vous avez vu les lettres ?
Les premières années de Madame dans l'enseignement, le dossier de l'élève se composait d'une simple fiche avec ses nom, prénom, date de naissance et les coordonnées de ses parents.
S'il venait au secrétariat se plaindre d'un mal de tête, il recevait une petite aspirine, il ne fallait pas l'accord écrit des parents pour la lui donner.
Dans les années 80, Madame n'avait aucun élève avec des allergies et elle ne savait pas encore que la dyslexie existait.
Puis les dossiers se sont étoffés: il fallait désormais pour chaque élève une "chemise" comportant des tas de papiers indispensables, des attestations, des autorisations... et on a commencé aussi à y ranger tout ce qui concernait la "discipline".
Quand on est passé au dossier digitalisé, c'est devenu tout à fait impressionnant: chaque fait quotidien y est conservé.
Chaque retard, chaque absence, les justifiées et les non justifiées, dans de merveilleux graphiques en couleurs.
Chaque
résultat obtenu, de chaque année, chaque observation écrite par un prof
à propos d'une interro, d'un devoir, d'un examen.
Ce qui a été dit aux conseils de classe ou lors d'entretiens avec les parents.
Des dossiers médicaux, parfois lourds.
Des dossiers de suivi psychologique ou autre.
Bref, Madame comme prof ne voulait même pas savoir où habitaient ses élèves ni quel métier faisaient les parents, de peur de leur coller une étiquette, et comme coordinatrice elle gérait les dossiers où il y avait tout, tout, tout, tout, tout...
Tout, c'est-à-dire trop.
Et trop, c'est trop.
Rencontre du troisième type
Le
liquide primitif commençait à refroidir. Des objets célestes tombaient
du ciel et s’enfonçaient dans l’océan, apportant des sources de vie. Des
êtres microscopiques nageaient dans tous les sens. Une croûte commença à
se former. Des montagnes se dressèrent. Des bestioles étranges prirent
possession du sol sec. Ils se multiplièrent et mutèrent sans façon.
Comme
on dit habituellement, deux minutes avant le présent, l’intelligence
apparut. De nombreuses guerres eurent lieu. Et régulièrement à la
moindre secousse sismique toutes les constructions en briques
s’écroulaient. Mais bientôt la dissuasion s’acheva de guerre lasse.
Enfin les ingénieurs trouvèrent une solution élégante pour consolider
les bâtiments.
Tous
les problèmes matériels et logistiques étaient résolus. Mais des pensées
telles que - Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Pourquoi ? - étaient
toujours présentes.
Zut ! C’est l’heure. Mon café est encore froid. Même avec mon petit doigt levé, il a du mal à passer. Et cette peau étrange qui grouille sur le lait refroidi me laisse comme un arrière goût amer dans la bouche ...
Oui, j'ai emprunté comme titre un de ceux que notre amie Adrienne utilise à intervalles réguliers sur ce blog qu'elle alimente d'un billet quotidien avec l'implacable régularité d'un métronome (même que si jamais il en manque un un matin, je la vois immédiatement emplafonnée sur un platane avec sa voiture ou agressée par une tribu d'australopithèques patibulaires sur une plage de la Mer du Nord).
Donc, elle a parfaitement raison : X, c'est l'inconnu !
Et ça s'applique aux deux sexes, puisqu'en algèbre, X, c'est l'inconnue.
Et y a pas que ça : les rayons X par exemple, (un de mes ex-domaines de compétence) ils s'appellent comme ça parce que quand Röntgen les a découverts, il ignorait (presque) tout de leur nature.
On peut donc supposer, sans en avoir vu un épisode, que la série X-files tourne autour de phénomènes inconnus et, effectivement, elle parle de dossiers d'enquêtes non résolues où sont intervenus des phénomènes incompréhensibles, "paranormaux" prétend l'un des personnages.
Chance, tu vois qu'au lieu de fichiers X on aurait eu des films ! Je te dis pas l'embrouille pour une petite lettre de rien du tout!
Pour moi, le X, plus qu'un inconnu, c'est surtout un problème : c'est déjà la quatorzième fois que je dois dégoter un truc débutant par X ! Vous en connaissez beaucoup vous de mots qui commencent par X ? Et je vous parle même pas des trois voisines de ce caractère, là tout au fond de l'alphabet : W (pour celui-là je vais devoir finir par donner de ma personne, m'demande bien ce que vous raconteriez !) Y, Z !
Tu t'étonnes qu'après ça, j'ai des airs d'Xtraterrestre ?
Je ne vous présente plus mes voisins Paulo et Jacky dont j'ai raconté ici même les aventures. Je ne sais pas comment s'y prennent ces deux là mais il leur arrive toujours des choses extraordinaires. Tenez, pas plus tard que samedi dernier...
P - Au fait Jacky
puisque tu es là tu vas m'accompagner chez Louis.
J - Eh ho je suis venu
pour l'apéro. Pas pour aller chez Louis. Qu'est ce que tu veux aller
faire chez Louis ? Il est revenu de la maison de retraite ?
P - Non justement. Tu
sais comment sont les gosses. Toujours à fouiner à droite et à
gauche...
J - Et alors ?
P - Ben figure toi que
ce matin ils vadrouillaient à Cantegril. Ils m'ont raconté qu'ils
ont vu la porte ouverte chez Louis.
J - Qu'est ce qu'ils
sont allés faire chez Louis ? Ils sont entrés ?
P -Je leur ai pas
demandé mais quand même il faut aller voir. Louis est un con mais
ça m'embêterait que sa baraque soit cambriolée. Si c'est le cas
j’appellerai les flics.
J - Mais il fait nuit
et il pleut. Ça peut pas attendre ? Et puis t'as pas besoin de
moi.
P- Écoute. Tu es là.
On y va.
J - Bon. T'as toujours
le dernier mot. Partons tout de suite. On prend ma voiture. Au
retour, je te dépose et je file. La Josette va encore se demander ce
que je fabrique.
P -Tu me fais rigoler
avec la Josette. Elle te sert souvent de prétexte. Moi je suis sûr
que moins tu es à la maison mieux elle se ...
J - La ferme Paulo. Je
me barre.
P - Non attends. Je
plaisante. C'est parti.
Effectivement il fait un temps à ne pas mettre un chrétien dehors. Les phares du 4/4 de Jacky trouent la nuit. Ils se garent en bas du village de Cantegril et suivent à pied sur 100 mètres le chemin caillouteux qui mène à la masure de Louis.
P- J'ai jamais mis les
pieds ici la nuit. Il faut être un sauvage comme Louis pour vivre
dans ce coin. C'est mortel. Brrrr. Regarde un peu ces sapins noirs
devant la maison. On croirait des fantômes. Et c'est quoi ces
loupiotes en dessous ? Quelqu'un est là. Ça s'allume et
ça s'éteint. Il faut partir. Vite.
J - Mais qui a voulu
venir ici ? Ma parole Paulo ! Tu as la trouille. C'est pour
ça que tu m'as demandé de te suivre hein ? Pétochard !
Tu as voulu venir on reste. Allez. Les loupiotes comme tu dis, c'est
des feux follets sur la mare. Louis m'en avait souvent parlé.
P- Ouais mais je te
jure que ça fout le frisson. Tu sais ce que disait ma grand-mère ?
Ce sont les âmes d'enfants morts sans baptême qui réclament des
prières. Et puis ce silence. Et par moment ces rafales de vent qui
fouettent les arbres. Puis plus rien. Il me semble reconnaître les
ricanements de Louis. Il nous surveille j'en suis sûr.Tu penses pas
qu'il avait des pouvoirs ?
J - Des pouvoirs ?
Quels pouvoirs ?
P- Ben on le disait un
peu sorcier...Moi, je n'avais pas confiance. Je me suis toujours
méfié de ce type.
J - Foutaises.
Dépêchons. J'ai pas que ça à faire. Pousse la porte qu'on voit de
quoi il retourne.
Paulo s'approche
prudemment et appuie sur la porte en effet entrouverte. Elle grince
et frotte le sol en émettant un bruit lugubre. Le bonhomme fait
vivement un pas en arrière alors que Jacky pénètre résolument
dans la cuisine en l'éclairant avec sa lampe torche. Un vrai taudis
mais ils ne sont pas surpris. Subitement la porte claque violemment
derrière eux. Paulo se fige.
P - Y a quelqu'un
Jacky. Foutons le camp. On va prendre un mauvais coup.
J - C'est un courant
d'air, idiot. Toi tu as trop regardé X-Files.
P - Tu n'entends pas
ces bruits en haut ? Filons. Je te dis que quelqu'un se cache
ici.
J - Eh bien on va voir.
Suis moi.
P - Ah non ! Je
suis pas fou moi. Je sors.
J - P'tain Paulo !
Tu m'embarques dans cette expédition et tu te défiles ?
Bravo ! Ah t'es courageux !
Pendant que Paulo regagne l'extérieur la tête dans les épaules Jacky grimpe les quelques marches qui mènent à l'étage. Il n'est quand même pas très gaillard et s'est muni d'un manche à balai qui traînait par là. Avec sa torche il inspecte chaque recoin de la pièce qui servait de chambre à Louis. Et quelle chambre ! Ça empeste la bête sauvage. Il s'arrête. Des grattements, un objet qui roule soudain derrière le lit l'alertent. Il faut avouer qu'il n'est pas trop rassuré mais il veut en avoir le cœur net. Il déplace le grabat avec son bâton. Et là surprise ! Sur un morceau de couverture une famille de loirs a élu domicile. Ils le regardent de leurs petits yeux noirs, claquent des dents et poussent des cris stridents.
Jacky rejoint Paulo.
P- Alors ? J'ai
entendu crier. Tu as vu quelque chose ?
J - Il y a du monde oui
dans le gourbi de Louis. On reviendra demain matin pour régler ça.
P - Bon sang. Je le
savais. Si c'est des revenants on demandera au curé de nous
accompagner.
J - J'y crois pas. T'es
vraiment relou mon pauvre Paulo. C'est juste une famille de loirs qui
s'est installée sur la paillasse de Louis.
P - Bon. Moi j'y touche
pas mais je connais le remède : pour les faire partir on n'a
qu'à enterrer deux crapauds vivants devant la porte.
J - De mieux en mieux !
Allez allons nous coucher. J'en ai assez entendu pour aujourd'hui. Et
sors toi toutes ces conneries de la tête que ça va te rendre fada.
Madame « x » a stoppé devant la vitrine du bottier
Ou trône une paire de bottes d’une rare élégance
Des bottes pour parcourir au moins sept lieues et plus
Sans se fatiguer en marchant sur des nues
Voulait-elle voir le prix resté caché ?
Voulait-elle la hauteur de talon vérifier ?
S’assurer que d’autres couleurs existaient ?
Personne ne le sut
Mais brusquement elle s’est penchée
Vers la vitrine pour mieux regarder
Bing ! Bang ! sa tête a percuté
Sur la vitrine si propre, si claire, si bien nettoyée
Qu’on ne la distinguait plus !
Ouf ! ni la tête, ni la vitrine ne se sont cassées
Mais vexée, ulcérée, mortifiée
Et sans les bottes reluquées
Madame « X » a filé sans se retourner !
X-Files cet inconnu... Comment, je ne sais pas, mais oui je suis passée à côté de cette série. Peut-être plus intéressée par les rendez-vous avec Mr X sur France Inter, peut-être moins attentive aux séries à cette époque.
J'avais tant aimé les séries cultes telles les "so British" : "Chapeau melon et bottes de cuir" ("The Avengers"), "Amicalement vôtre" ("The Persuaders") et les si californiennes : "Colombo" (génial le coup de voir le crime au début et de remonter le fil !) et "Pour l'amour du risque" ("Hart to hart") entre Bel Air et Beverly Hills...
Et puis j'étais passée (comment fut-ce possible ?) du si sérieux et si peu
glamour Inspecteur Barnaby que je n'ai découvert qu'à l'occasion du
confinement du printemps 2020 et qui m'a emportée en Angleterre dans ces
jolis petits villages où tout va si bien... en apparence !
X-Files avec un duo de si beaux personnages et un sujet qui me passionne : comme ça m'aurait plu ! Fait étrange ou fait exprès, je viens tout juste de voir hier soir sur Arte "Rencontres du troisième type" de Steven Spielberg. Oui voir car je ne l'avais jamais vu... Voilà, il est quatre du matin ce samedi (un peu trop tôt pour un réveil) et je découvre ce sujet... troublant.
Steven Spielberg qui fait jouer François Truffaut ! Déjà une étrangeté mais quel plaisir de le voir jouer, d'entendre sa voix et puis **** sur le programme télé... Enfin, après la diffusion il y a quelques semaines du film qui raconte son enfance, "The Fabelmans", envie de le retrouver derrière la caméra dans un tout autre genre.
Voilà, bien loin de X-Files, enfin non, pas du tout !
Je signe, non pas de la pointe de l'épée mais avec la plume et le masque !