Un truc à la pointe :
Hallebarde
En
sortant les poubelles
en
battant la semelle, je grommelle
En
voulant te faire belle
forçant
sur le rimmel, tu grommelles
Quand
tout va de travers, que vous vous rebellez
c'est
sûr vous grommelez
En
coiffant ma tignasse, en trouant mes godasses
il
fallait que je grommelasse
Qu'on
ait la grosse tête ou qu'on ait le melon
les
amis … grommelons !
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J'aime pas...
M'en fout, j'aime pas le samedi matin.
M'en fout, j'aime pas écrire
M'en fout, je suis gros et mêle toujours un coupable dans mes histoires.
Alors je vous le dit, Walrus a encore frappé
et cette semaine ça tombe sur ma pomme !
Ce n'est pas de son chapeau (ou de son bonnet)
que notre maître du jeu sort ses mots.
Chaque samedi matin, il fait tourner la machine à mots,
une sorte de lessiveuse pour lessiver nos méninges endormies et parfois endolories.
Comment ne pas imaginer que ce mot est une invitation à Ronchonchonner ?
M'en fout, j'aime pas grommeler car j'ai pas de barbe.
M'en fout, j'aime pas grommeler car quand j'ai quelque chose à dire, il faut que ça sorte.
M'en fout d'abord et avant toute chose.
Et voilà, comment Ronchonchon réagit au tirage des mots,
il réagit beaucoup mieux au tirage d'une bonne petite mousse.
Mon chien Ficelle se débattait sous mon bras. Il n'en avait pas
assez, de toute évidence de poursuivre la volaille de Nana. Moi, en
revanche, je me dépêchais de le soustraire – et moi avec - à la
vindicte de la cousine, gardienne momentanée des lieux.
Je lui tournais le dos
mais je l'entendais grommeler derrière moi. Je ne l'écoutais pas.
Il valait mieux faire la sourde oreille parce que ses jérémiades
et ses cris étaient adressés à ma personne je n'en doutais pas. Je
regagnai mes pénates, enfermai Ficelle dans la maison et entrepris
tranquillement le désherbage de mon jardin.
Je discutais avec
François, mon voisin célibataire qui travaillait dans son potager
limitrophe. Il me parlait avec désespoir de ses salades et autres
légumes perdus par faute de la sécheresse. Lui aussi bougonnait en
trouvant injuste de ne pouvoir arroser ses plantations alors que
d'autres, aux alentours se prélassaient dans leur piscine.
- Il y en a que pour
les riches dans ce pays. Ils n'ont qu'à aller se baigner dans la
rivière. Elle n'est pas loin. Une piscine ! Avec toute l'eau
qu'il faut ! Ah ça fait bien d'avoir une piscine. Ils disent
que ça donne de la plus value à leurs maisons en béton. Tiens,
voilà quelqu'un qui approche. Avec le cochon de Nana. Tu connais ?
Je me redressai
vivement et observai avec stupéfaction l'arrivée de la cousine
bretonne tenant en laisse un Ronchonchon récalcitrant d'une main et
de l'autre un paquet couvert de papier aluminium.
Elle se dirigeait droit
sur moi, ignorant l'ami François qui riait sous cape, tant
l'attelage était comique. Pensez : un cochon grognon, une
grosse ficelle autour du cou, avançant, contraint et forcé par la
prise ferme d'une vieille femme bizarrement accoutrée. Moi, je ne
riais pas. Je me demandais bien ce qu'elle me voulait. Elle me tendit
sa boîte brillante.
- Tenez Madame. Je ne
connais pas votre nom. Je vous ai fait un gâteau. Excusez moi pour
hier. Mais vous savez j'avais peur pour ces pauvres poulettes.
- Oh merci ! Il
ne fallait pas. C'est à moi de m'excuser pour les désordres de mon
chien. C'est un kouign amann ?
- Non. C'est un quatre
quart. J'ai ramassé les œufs pas trop cassés après votre départ.
Je n'aime pas gâcher vous comprenez. Pour le kouign amann il faut
beaucoup de beurre et demi-sel en plus. Ici, vous ne connaissez pas
le beurre demi-sel. Bah vous ne savez pas ce que vous perdez.
- C'est très gentil.
Encore merci. Vous promenez Ronchonchon ?
- J'ai pensé qu'il
lui fallait de l'exercice. Il se prélasse à longueur de journée.
Il est trop gros. Ce n'est pas bon. Et puis, j'avais l'espoir qu'il
m'aide à faire mon tour en me tirant devant. Mes jambes ne me
tiennent plus ma pauvre dame. Mais l'animal ne veut pas quitter la
basse cour. Je vais rentrer. Bon appétit Madame. Au revoir. Je
m'appelle Hortensia.
Hortensia ? Un
prénom de circonstance mais je trouvais que la cousine n'avait rien
des fleurs bleues ou roses de sa région. Sauf que très certainement
elle ne courbait pas la tête sous le vent comme ses homonymes.
Je regardais d'un air
dubitatif le paquet que je tenais à la main. Je me demandais si la
cousine avait vraiment utilisé les œufs en omelette par terre
devant le poulailler..
- Tenez François. Je
n'aime pas les gâteaux.
Le vieux nain fixait la porte de pierre avec la même expression qu'un client devant une file d'attente de quarante-cinq minutes. Les sourcils froncés, le nez rouge gonflé d'indignation, il semblait prêt à faire tomber la montagne de colère — ou au moins à l'insulter copieusement.
— « Parle, ami, et entre » ... grommela-t-il en lisant l'inscription pour la douzième fois. Traite-moi d'ami, toi, tu ne me connais même pas. C'est comme ça qu'on se fait enlever sa bourse dans les tavernes.
Derrière lui, la jeune femme aux cheveux blonds patientait avec le sourire diplomatique de quelqu'un qui a déjà vu ce nain râler contre une fontaine, un escalier, et une fois, mémorablement, contre un nuage.
— Peut-être qu'il faut juste dire « bonjour » ? proposa-t-elle d'une voix douce.
— BONJOUR ! hurla le nain à la porte, avec l'intonation de quelqu'un qui règle ses comptes.
La porte resta parfaitement, magnifiquement muette. Le nain la grommela une insulte que même les pierres préférèrent ne pas entendre, bougonna que de son temps, les portes magiques avaient le sens du respect, et s'assit lourdement sur une marche en déclarant qu'il ne partirait pas avant que cette maudite porte s'excuse.
La jeune femme alla chercher du thé. Elle savait que ça allait être long.
Quand il faisait des sabots, Papy Geo
Qu’il posait le hêtre sur le billot
Et qu’il parlait à ses couteaux
Pour qu’ils fassent leur travail
Dans sa moustache il grommelait
Des mots que personne n’entendait
Pour le hêtre réduit en morceaux
Car il lui rendait hommage
Avant de l’entailler
Il lui disait qu’il allait être beau
Dans une nouvelle vie renaître
Et quand il commençait le creusage
Et qu’il passait au façonnage
Qu’il jonglait avec ses racloirs
Sa cuiller, sa tarière ou son boutoir
Dans sa moustache il souriait
Car il le voyait et il savait
Que le hêtre avait repris espoir
Quelques lignes à sculpter encore
Pour que sabot touche le cœur
De son futur acquéreur
Et quand il avait mis la bride
Au Cuir ciré travaillé et lustré
Sabot avait beauté d’alcide
Et Il s’écriait Papy
Geo
« Je te l’avais dit que je te ferais beau !
Idiot ! »
Je grommelle ? Moi?
Murmurer, me plaindre entre mes dents
N'est pas trop mon genre; moi, j'explose, je déballe tout.
Tu grommelles
des injures, souvent même, tu les craches.
Il grommelle derrière son écran, anonyme,
tranquille
Elle grommèle
devant la difficulté du français, pas sa faute!
Nous, Français, grommelons alors que d'autres peuples
Auraient vraiment de quoi se plaindre et ne
le font pas.
Vous grommelez contre la canicule, le
président, la pluie
Tous pourris! Ils grommellent et me bloque
moi, qui ne grommelle
Pas: je suis trop coupable, pas victime, trop pressée pour Grommeler
Mais à qui est cette belle grimace,
Était-ce là celle d'un grincheux,
Coléreux à la triste face,
Au regard sulfureux ?
Je ne comprends pas ce qu'il dit,
Mais visiblement, il est de mauvaise humeur,
Il est comme ces mal appris,
Un éternel râleur.
Peut-être a-t-il trop bu,
Il a le nez si rouge,
Alors il ne supporte plus les abus,
Il crie sur tout ce qui bouge.
Au diable son hostilité,
Il ne fait que bougonner,
De murmurer, de grommeler.
Ah, là, ça ne pouvait pas mieux tomber : c'est ma spécialité !
D'où le titre, lequel dans le langage de ma ville adoptive signifie en gros "(vieux) Ronchon" (initialement je pensais que c'était "Broebeleir" mais ça, c'est plutôt celui qui bredouille, bégaye).
N'allez pas confondre avec "Rommelpot" qui, dans le même idiome est un instrument de musique à membrane (vessie de porc) et friction, même si on devine un lien entre les deux choses, démonstration :
Vous avez compris ?
Comment ? Vous ne comprenez pas le flamand, même celui du Brabant, un des plus simples pourtant* ? C'est pas grave : moi non plus (ou à peine) !
Mais revenons à nos bougons...
J'ai peut-être pas l'air comme ça parce que vous me lisez et ne m'entendez pas, mais je suis un râleur de première !
Si bien qu'à longueur de journée, à propos de tout et surtout de n'importe quoi,
je ronchonne
je marmonne
je bougonne
je rognonne
je grogne
je grommelle
je grognasse...
et j'en passe !
Eh oui, mon entourage a bien du mérite (ou alors, il est dur de la feuille).
* Il en va du flamand comme du wallon : l'idiome local varie quasiment à chaque changement de patelin si bien que le riverain de la mer du Nord aura bien du mal à comprendre l'habitant du Limbourg, pareil pour le Tournaisien et le Liégeois côté wallon.