samedi 3 octobre 2026

Défi #944

  

Faut un début à tout : 

 

Initiation

 


 

S'espèrent du côté du manche

 

 


Walrus ; Laura ; Nana Fafo ; Monsieur X ;

Marie Sylvie ; Kate ; Yvanne ; Joe Krapov ;

François ; 

 

 

Caniculi canicula (Joe Krapov)

 


1

Assez
De cette chaleur !
On veut qu’il pleuve,
Des hallebardes,
Des hallebardes !

Ras l’ bol,
De cette sécheresse
Qui nous stresse !
Il faut qu’ça barde,
Il faut qu’ça barde.

Hier
On s’lamentait
D’être inondés
Par tant de flotte
Par tant de flotte

Maint’nant
Catherine Deneuve
Demande qu’il pleuve
Comme à Gravelotte
Comme à Gravelotte

Refrain

De l’eau, de l’eau, nous voulons de l’eau
Sinon l’hiver aussi sera chaud !

Caniculí - Canicula, Caniculí - Canicula.
Cessons ces folies, Caniculí - canicula.

On veut on veut chanter sous la pluie
Danser comme le faisait Gene Kelly

Caniculí - Canicula, Caniculí - Canicula.
Cessons ces folies, caniculí - canicula.

2

C’est Eve
Qui a croqué
Jadis la pomme
De la discorde
De la discorde

Ensuite
Y eut du grabuge
Ce fut l’déluge
Il plut des cordes
Il plut des cordes

Hier
On se moquait
D’Greta Thunberg
Et d’ses icebergs
Et d’ses icebergs

Maint’nant
Même la police
Demande qu’il pleuve
Comme vache qui pisse
Comme vache qui pisse

(au refrain)

3

Les Cli-
Matosceptiques
Vont déclarer
Qu’on les bassine
Méga-bassine

Décli-
Nant le constat
Qu’c’est la planète
Qu’on assassine
Qu’on assassine

Hier
Ils promettaient
De mettre en oeuvre
Le ruissell’ment
Le ruissellement

Maint’nant
S’ils pouvaient faire
Qu’il drache un peu
Un peu seulement
Un peu seulement


(au refrain)




Ah ! Le barde... (Monsieur X)

  



Ah ! Le barde qui chantait
Tellement faux qu'il plantait
Des hallebardes
Sur le parasol
Et dans l'apérol
De tes vacances sardes !

Cet Assurancetourix,
Aussi rougeaud qu'un béryx,
Tentant sa chance
Avec ses canards
Affreux - mais peinards -,
Rêvait avec aisance...

C'était un faux celte, un gus
De Saint-Aygulf à Fréjus !
D'Audierne à Vannes,
On aurait bien ri,
On l'aurait nourri
D'un déluge de vannes !

Et pendant qu'il te chantait
Que ses concurrents ne valaient pas un torque,
Ton petit cœur déchantait, 
Tout aussi moqueur - c'était gros comme une orque
Échouée au Cabellou
Que tu le trouvais relou !

Il pleuvait des hallebardes
Sur Budoni,
À préférer les bombardes
De Loctudy
Dans l'automne folklorique
Des tempêtes d'Armorique !



 

LORSQUE LA PEUR APPREND À SE DÉFENDRE (Marie Sylvie)

  


 


Lorsque je suis arrivée dans cet appartement je pensais simplement y vivre.  
Je n’imaginais pas que j’allais devoir y survivre.

Les cambriolages n’étaient pas des soupçons : 
Ils étaient réels.  
À chaque retour de mon travail quelque chose avait disparu.  
Parfois un objet
Parfois un meuble entier.  
Une chaise
Un petit meuble
Un bibelot… comme si quelqu’un se servait chez moi
Tranquillement
Méthodiquement
Pendant mes absences.  
Je rentrais et je savais immédiatement que quelqu’un avait été là.  
Ce n’était pas une intuition : 
C’était un constat.

Mais la police n’a pas voulu entendre.  
《 Logement social 》 Ont-ils dit
Comme si ces mots suffisaient à effacer la réalité.  
Comme si mon appartement était trop insignifiant pour être cambriolé.  
Comme si ma parole n’avait pas de valeur.

Alors j’ai dû me protéger seule.  
Et lorsque l'on est seule on invente.

Les pierres que je plaçais derrière les portes n’étaient pas là pour éviter un courant d’air.  
Elles étaient là pour moi.  
Si un agresseur me plaquait au sol ces pierres deviendraient une arme.  
Une masse improvisée pour assommer
Pour reprendre une chance de m’en sortir.  
Je vivais avec cette idée
Cette anticipation.
Cette peur qui oblige à prévoir l’impensable.

Pour dormir j’ai trouvé une autre solution.  
J’ai volontairement brisé un pot de confiture et j’ai versé les débris de verre devant la porte d’entrée.  
Si quelqu’un tentait d’entrer le bruit me réveillerait.  
Et si je n’entendais rien les débris bloqueraient la porte.  
C’était rudimentaire mais c’était tout ce que j’avais.

Les couteaux de cuisine étaient là mais ils ne suffisaient pas.  
La peur demande des armes plus grandes que le danger.

Un jour dans une brocante j’ai vu des armes blanches.  
Et j’ai pensé : 
Si une hallebarde avait été là je l’aurais prise.  
Sans hésiter.  
Parce qu’une hallebarde c’est une présence.  
Une verticalité.  
Une manière de dire : 《 Ici je veille. 》

Je n’en ai pas trouvé mais j’ai trouvé autre chose.  
Un couteau semblable à celui de Rambo que j’ai placé dans ma chambre.  
Un sabre de samouraï suspendu dans le séjour.  
Des armes qui pour d’autres auraient été des pièces de collection mais qui pour moi étaient des compagnons silencieux.  
Des gardiens.

Je ne les ai jamais utilisés.  
Je n’ai jamais eu à les brandir.  
Mais leur présence me rassurait.  
Elles faisaient partie de mon quotidien comme des talismans contre l’intrusion
Contre l’angoisse
Contre l’indifférence des autorités.

Aujourd’hui encore je sais que ce n’était pas la violence que je cherchais.  
C’était la possibilité de ne plus être impuissante.  
La hallebarde que je n’ai jamais eue je l’ai remplacée par ces objets suspendus
Par cette force que j’ai dû inventer pour survivre dans un lieu où l’on ne me croyait pas.

Mon témoignage c’est celui d’une femme qui a dû devenir sa propre garde.  
Une femme qui a appris à se défendre lorsque personne ne la défendait.  
Une femme qui a tenu debout malgré tout.
 
 
 

 

Bébé fugueur. (Yvanne)

 


Elle court, Cloé. Elle court et elle a peur. Il pleut des hallebardes. La pluie se mêle à ses larmes et elles dégoulinent sur son visage. Boum boum. Le bruit est assourdissant. Dans sa panique, elle pense que l'orage gronde. Elle ne sait pas, ne se rend pas compte que c'est son cœur affolé qui tambourine dans sa poitrine. Elle est partie, totalement paniquée de la maison sans parapluie, sans imperméable. Elle est trempée jusqu'aux os. Qu'importe. Elle crie : « Morgan, Morgan mon amour où es-tu ? » et répète cette phrase à l'infini faisant se retourner les gens sur son passage. Elle ne les voit pas.
Elle a glissé, failli s'étaler sur le trottoir où s'amoncellent les premières feuilles mortes et mouillées de l'automne. Elle a évité la chute grâce à une main secourable qu'elle repousse sans ménagement laissant le jeune homme qui l'a aidée, stupéfait devant une telle impolitesse.

Elle s'en veut à mort. Au lieu de récupérer son petit Morgan à la maternelle à 15 heures comme d'habitude à la sortie de son travail, elle s'est accordé un peu de temps pour elle. Elle avait envie de faire du lèche vitrine et éventuellement de s'octroyer un petit plaisir. Ils avaient convenu avec Julien, son compagnon que ce serait lui qui prendrait leur fils à 16 heures et prévenu l'école.

Il est 17 heures. Elle vient de regagner leur domicile, savourant son achat coup de cœur. Une folie mais tant pis. Elle n'a pas pu résister : ce joli top en dentelle ivoire griffé était fait pour elle.

Cloé remarque immédiatement l'absence de la voiture de Julien devant chez eux. Un pressentiment l'assaille. Où sont-ils à cette heure là ? Pourquoi n'a-t-elle pas eu de message ? Elle cherche son portable dans son sac, ne le trouve pas.  Elle vide nerveusement son contenu sur la table de jardin. Pas de portable. Bon sang, elle a dû l'oublier sur son bureau. Ça lui arrive quand elle a la tête ailleurs comme aujourd'hui. Elle attrape ses clefs et rentre à toute vitesse dans la maison. Elle avise tout de suite la feuille de papier posée sur la console de l'entrée : « Où es tu ? Pourquoi tu ne réponds pas au téléphone ? Vite. Rejoins moi à l'école. Morgan a disparu »

Cloé arrive à l'école et déboule en trombe dans le hall. Il n'y a personne. Elle appelle. La directrice sort de son bureau. Cloé, rouge, confuse lui demande :
- Morgan ? Dites moi où il est ?   Vous ne l'avez pas surveillé, c'est inadmissible. Il est où ?
- Madame, calmez vous. Tout va bien. Morgan vient de partir avec son papa. Rentrez chez vous. Vous êtes exténuée, je le comprends. Il vaut mieux que je vous ramène.

Cloé accepte l'offre de la directrice. Cette dernière lui raconte ce qui s'est passé pendant leur court trajet. A 15 heures, après la récréation, sa maîtresse a constaté l'absence de l'enfant. Il était pourtant à sa place dans le rang pour regagner la classe. C'est à ce moment là sans doute qu'il s'est éclipsé. Immédiatement tout le monde s'est mis à sa recherche. La directrice affirme avoir téléphoné tout de suite à Cloé et comme elle ne répondait pas elle a appelé Julien. Ils ont vite retrouvé Morgan sagement assis devant le portail de l'école.

Cloé pleure de soulagement cette fois. Elle ne pense même plus à demander des comptes à la directrice. Quelqu'un a manqué de vigilance. Il faudra bien obtenir quelques explications. Ce sera plus pour plus tard. Pour le moment, elle serre son petit garçon contre elle et l'embrasse encore et encore. Lui la regarde, un peu étonné et lui assène d'un air boudeur :
- Maman, pourquoi t'es pas venue comme d'habitude ? Je t'attendais moi.

 





Il tombe des hallebardes (Laura)

  

 

La pluie dont la terre a besoin arrive enfin
L'eau que mes maraichers préférés attendaient
L'eau qui nous nourrit tombe partout, indifférente
Aux râleries des jamais satisfaits, qu'il pleuve
Ou qu'il chauffe; il tombe des hallebardes
Et j'ai envie de danser dessous comme lorsque
J'étais enfant; j'ai tant marché, pédalé sous la pluie
Rien ne sert de courir, il faut se vêtir en prévision
Ou prendre la rincée et choper la crève
Les bretons ne ferait-il pas tomber la pluie
Pour faire fuir les cons? Il tombe des hallebardes
Et me revient l'envie de visiter le musée 
De la Renaissance à Ecouen, les visites historiques
De l'enfance encore ou les hallebardes de Rembrandt
De la maturité; retrouver les images dans ma tête
Du voyage à Amsterdam à défaut des photos prises.
Retourner en Italie sur les pas de Pontormo.
Il pleuvait des hallebardes à la Haye
Le jour où j'ai vu "Le chardonneret" grâce à toi
Il est là dans mon couloir et des hallebardes
De larmes après presque sept ans de ton absence.
Il est tombée des hallebardes de méchancetés 
Crachées qui remettaient en question notre amour,
Ma vie avec toi et sans toi: des hallebardes 
De larmes de plaisir d'aimer et de découvrir le monde.

 

Ah ! Le barde (Kate)

  

 

Ah ! Le barde !

Mais oui, il chante et ça barde et on adore... qu'il chante et que ça barde !
Comme une parenté avec la Castafiore qui nous casse les oreilles, elle-aussi,
mais ça barde, aussi !

La  BD m'a enchantée
j'ai toujours chanté
et aimé les chanteurs
enchanteurs...
Ah oui, pas le barde,
la hallebarde ?
Qu'il en pleuve
jusqu'à ce qu'on n'en peuve
plus de la pluie
qui nous joue sa comédie
non, pas "Chantons sous la pluie"
ni "Un p'tit coin d'parapluie"
mais j'ai disparu
plus un seul ru
puis réapparu
et inondé toutes les rues...
Enfin, la hallebarde, la vraie, enfin celle -factice, heureusement- des apprentis comédiens de théâtre ayant suivi tel ou tel cours réputé, s'étant obstinés et arrivés à tenir la hallebarde, sans jamais décrocher le moindre mot, mais ayant décroché ce rôle muet, déjà pas mal !
 

(

et

)

 

Chienne de vie (partie 1) (Nana Fafo)

 



Cette semaine, Ronchonchon a profité de l'absence de Nana pour se faire une petite virée. C'est la crise, il en
a marre qu'Hortensia, la vieille
bique de cousine bretonne, censée jeter un oeil sur la ferme de Nana, le
prenne pour un
chien-chien à sa mémère.

Quelle hystérique, cette fondue des Quenn hammam ! D'ailleurs Yvanne le confirme... lorsqu'Hortensia prend
son bain, Quenn et la buée sortent par tous les orifices de la petite chaumière de Nana, ça doit être pour cela
qu'elle est toute ridée.

Il est grand temps d'agir... un nouveau plan se dessine à dessein...

Pour cette nouvelle mission, il fallait à Ronchonchon un acolyte de chien, si possible alcoolique, car Nana
n'avait plus de chien à la ferme depuis que SonneSonne le balourd était mort de vieillesse...
tragique que ce
fût pour Nana et pour Ronchonchon, plus de copain comme cochon pour jouer ses tours de cochon ! Et Nana
n'était pas décidée à reprendre un cabot plein de
tiques au sein de la ferme.

Ronchonchon avait observé le nouveau voisin, un petit tout chétif, qui fout le bordel dans le poulailler de
Bruno. Et ça, ça lui plaît bien. Ce roquet a quelque chose de
singulier, ce n'est pas un saint de Bernard,
comme Ronchonchon d'ailleurs, sauf peut-être pour le tonneau...

Alors, Ronchonchon s'est glissé entre les barrières de la ferme d'Yvanne, non sans mal, vu sa prise de poids
estivale... Il est resté
ceint quelques minutes le temps de s'extraire, il aurait dû se serrer un peu plus la
ceinture,
mais à quoi bon ! Ronchonchon est
phobique de l'index glycémique. Le seul "bas" qu'il tolère c'est le
"bas de plafond" des poulettes de Bruno et aussi celui qui dévoile la cuisse rose d'un gallinacé femelle.

Ronchonchon a commencé à jeter quelques boulettes de volaille pour appâter la bestiole, une saucisse à
4 pattes. A
force d'insister, le corniaud d'Yvanne, s'est approché. Ils auraient pu ne pas se sentir ces deux-là
, mais... les boulettes et les poulettes les ont rapprochés. Espérons qu'ils ne fassent pas trop de boulettes ! 

Avant de commencer quoi que ce soit, ils ont conclu une alliance, un pacte d'empreintes sous seing privé :
Ronchonchon et Ficelle pour le meilleur et pour le pire...

Et le pire n'a pas tardé. 

Le pire a commencé avec le nouveau plan de Ronchonchon. 

Il cherchait une solution pour remplacer Louptard, le nouveau gardien du poulailler. 

Pour cela, il lui fallait des infos sur le gars, pour le faire chanter. 

Dans l'arrière-boutique de Walrus, Ronchonchon savait que se cachait une machine fantastique (et non...
ce n'est pas le mélangeur à mots)...

Il paraîtrait que Walrus dissimule une machine à voyager dans des univers parallèles pendant 24 heures :
LaVC

Il a fallu attendre la nuit, que tout le monde dorme pour pouvoir s'introduire dans l'estaminet, trouver la
machine, entrer son intention : direction le Hall des Bardes à faire chanter.

Et là, tout est allé très vite... le Barde Boris demanda à son hallebarde magique, un outil à la pointe, de leur
conter les précieuses informations sur Louptard et sur un air de soirée Disco. Illico presto, Ronchonchon et
Ficelle sont revenus
sains et saufs... sauf que...

(pour connaître la fin de l'histoire )

 

Je vous la fais à la hast ! (Walrus)

  

 

Quoi ? 
Qu'est-ce qu'il dit ? 

 

Ah... "Le barde !"

 

Pouvait pas dire Assurancetourix comme tout le monde ?

 


 

LES EXPLOITS D’UN HALLEBARDIER (François)

 

 


 

Un jour, l'archiviste du Château,

Découvrait dans un livre,

Les exploits d'un hallebardier,

Qui était exprimé bien haut,

Et quand il eut fini de les lire,

Il comprit que c’était ancêtre de son ami Perdier.

 

Ce dernier dévora cette histoire,

Où sont valeureux hallebardier,

Se battait des heures, faut le croire,

Jouant du bout de sa hampe du fer de hache,

Décapitant l'ennemi,

Quand son attitude fâche,

Après l'avoir désarçonné avec son bec de corbin,

En pointant de sa pointe d’estoc,

Avec un tour de main malin

Il était visiblement fort comme en roc.

 

Le lecteur vit là en son ancêtre,

Un grand homme, lui qui voulait être prêtre,

Alors comme garde suisse il sévit,

Au Vatican une partie de sa vie.




 

samedi 26 septembre 2026

Défi #943

 

Un truc à la pointe :

 

Hallebarde

 


  

 

 

Ont produit des grommellements

 

 

 

 

 Laura ; Walrus ; François ; Kate ;

Nana Fafo ; Monsieur X ; Marie Sylvie ; Lilousoleil ;

Vegas sur sarthe ; Yvanne ; Joe Krapov ; Lecrilibriste ;

 

J'ai conjugué Grrooo... (Vegas sur sarthe)

  


En sortant les poubelles
en battant la semelle, je grommelle

En voulant te faire belle
forçant sur le rimmel, tu grommelles

Quand tout va de travers, que vous vous rebellez
c'est sûr vous grommelez

En coiffant ma tignasse, en trouant mes godasses
il fallait que je grommelasse

Qu'on ait la grosse tête ou qu'on ait le melon
les amis … grommelons !

 

 

Allons plutôt nous promener (Kate)

  

À quoi sert de grommeler
de marmonner de ressasser
sinon pour déplaire
Plutôt se taire
ou alors hurler
mais grommeler
à quoi bon ?
Vous me rétorquerez :
- Voyons,
Il faut bien exprimer
son mécontentement
sa déception
son désappointement
la perte de ses illusions...
Si vous voulez, 
je l’ai fait aussi
mais en vain
On n’en sort pas grandi
plutôt aigri
pas bien
tout petit
Dire tout haut ce qu’on pense
c’est plus intense
mais maugréer
tout bas
ça sert à quoi
sinon à s’enfoncer
Je le sais 
on le sait 
mais si grommeler
n’est qu’un moment passager
autorisons-nous à le faire
pour que l’étau qui nous enserre
se desserre
ça peut le faire...

 

Et si on allait tout simplement se promener
visiter
oublier
et voir ce que certains ont sculpté ?
 
(Issoire, septembre 2026)
 
 

Les pensées intimes de Ronchonchon (Nana Fafo)

 



J'aime pas...

M'en fout, j'aime pas le samedi matin.
M'en fout, j'aime pas écrire 
M'en fout, je suis gros et mêle toujours un coupable dans mes histoires. 

Alors je vous le dit, Walrus a encore frappé
et cette semaine ça tombe sur ma pomme !

Ce n'est pas de son chapeau (ou de son bonnet)
que notre maître du jeu sort ses mots.
Chaque samedi matin, il fait tourner la
machine à mots,
une sorte de lessiveuse pour lessiver nos méninges endormies et parfois endolories.

Comment ne pas imaginer que ce mot est une invitation à Ronchonchonner ?

M'en fout, j'aime pas grommeler car j'ai pas de barbe.
M'en fout, j'aime pas grommeler car quand j'ai quelque chose à dire, il faut que ça sorte.
M'en fout d'abord et avant toute chose.

Et voilà, comment Ronchonchon réagit au tirage des mots,
il réagit beaucoup mieux au tirage d'une bonne petite mousse.





Gâteaux bretons. (Yvanne)

 

 

Mon chien Ficelle se débattait sous mon bras. Il n'en avait pas assez, de toute évidence de poursuivre la volaille de Nana. Moi, en revanche, je me dépêchais de le soustraire – et moi avec - à la vindicte de la cousine, gardienne momentanée des lieux.
Je lui tournais le dos mais je l'entendais grommeler derrière moi. Je ne l'écoutais pas. Il valait mieux faire la sourde oreille parce que ses jérémiades et ses cris étaient adressés à ma personne je n'en doutais pas. Je regagnai mes pénates, enfermai Ficelle dans la maison et entrepris tranquillement le désherbage de mon jardin.

Je discutais avec François, mon voisin célibataire qui travaillait dans son potager limitrophe. Il me parlait avec désespoir de ses salades et autres légumes perdus par faute de la sécheresse. Lui aussi bougonnait en trouvant injuste de ne pouvoir arroser ses plantations alors que d'autres, aux alentours se prélassaient dans leur piscine.
- Il y en a que pour les riches dans ce pays. Ils n'ont qu'à aller se baigner dans la rivière. Elle n'est pas loin. Une piscine ! Avec toute l'eau qu'il faut ! Ah ça fait bien d'avoir une piscine. Ils disent que ça donne de la plus value à leurs maisons en béton. Tiens, voilà quelqu'un qui approche. Avec le cochon de Nana. Tu connais ?

Je me redressai vivement et observai avec stupéfaction l'arrivée de la cousine bretonne tenant en laisse un Ronchonchon récalcitrant d'une main et de l'autre un paquet couvert de papier aluminium.
Elle se dirigeait droit sur moi, ignorant l'ami François qui riait sous cape, tant l'attelage était comique. Pensez : un cochon grognon, une grosse ficelle autour du cou, avançant, contraint et forcé par la prise ferme d'une vieille femme bizarrement accoutrée. Moi, je ne riais pas. Je me demandais bien ce qu'elle me voulait. Elle me tendit sa boîte brillante.
- Tenez Madame. Je ne connais pas votre nom. Je vous ai fait un gâteau. Excusez moi pour hier. Mais vous savez j'avais peur pour ces pauvres poulettes.
- Oh merci ! Il ne fallait pas. C'est à moi de m'excuser pour les désordres de mon chien. C'est un kouign amann ?
- Non. C'est un quatre quart. J'ai ramassé les œufs pas trop cassés après votre départ. Je n'aime pas gâcher vous comprenez. Pour le kouign amann il faut beaucoup de beurre et demi-sel en plus. Ici, vous ne connaissez pas le beurre demi-sel. Bah vous ne savez pas ce que vous perdez.
- C'est très gentil. Encore merci. Vous promenez Ronchonchon ?
- J'ai pensé qu'il lui fallait de l'exercice. Il se prélasse à longueur de journée. Il est trop gros. Ce n'est pas bon. Et puis, j'avais l'espoir qu'il m'aide à faire mon tour en me tirant devant. Mes jambes ne me tiennent plus ma pauvre dame. Mais l'animal ne veut pas quitter la basse cour. Je vais rentrer. Bon appétit Madame. Au revoir. Je m'appelle Hortensia.

Hortensia ? Un prénom de circonstance mais je trouvais que la cousine n'avait rien des fleurs bleues ou roses de sa région. Sauf que très certainement elle ne courbait pas la tête sous le vent comme ses homonymes.
Je regardais d'un air dubitatif le paquet que je tenais à la main. Je me demandais si la cousine avait vraiment utilisé les œufs en omelette par terre devant le poulailler..
- Tenez François. Je n'aime pas les gâteaux.


Grincheux (Lilousoleil)

  

 

Le vieux nain fixait la porte de pierre avec la même expression qu'un client devant une file d'attente de quarante-cinq minutes. Les sourcils froncés, le nez rouge gonflé d'indignation, il semblait prêt à faire tomber la montagne de colère — ou au moins à l'insulter copieusement.

— « Parle, ami, et entre » ... grommela-t-il en lisant l'inscription pour la douzième fois. Traite-moi d'ami, toi, tu ne me connais même pas. C'est comme ça qu'on se fait enlever sa bourse dans les tavernes.

Derrière lui, la jeune femme aux cheveux blonds patientait avec le sourire diplomatique de quelqu'un qui a déjà vu ce nain râler contre une fontaine, un escalier, et une fois, mémorablement, contre un nuage.

— Peut-être qu'il faut juste dire « bonjour » ? proposa-t-elle d'une voix douce.

— BONJOUR ! hurla le nain à la porte, avec l'intonation de quelqu'un qui règle ses comptes.

La porte resta parfaitement, magnifiquement muette. Le nain la grommela une insulte que même les pierres préférèrent ne pas entendre, bougonna que de son temps, les portes magiques avaient le sens du respect, et s'assit lourdement sur une marche en déclarant qu'il ne partirait pas avant que cette maudite porte s'excuse.

La jeune femme alla chercher du thé. Elle savait que ça allait être long.

 

 

 

 

 

 

Ont suivi une initiation (ou pas...)

     Laura ;