samedi 8 août 2026

Défi #936

   

 

 

 

 

 

Sont grimpés à l'assaut du ciel

 

Attention !  

 

Malgré le fait que le nombre d'articles à afficher ait été porté à 30, Blogger limite d'office la quantité d'octets affichée. Donc, si certaines participations prennent une quantité plus importante de mémoire, la totalité des participations ne peut alors pas être affichée sur la page d'accueil et il est donc impossible d'y accéder en "scrollant".

Pour être  certain de voir toutes les participations, prenez donc l'habitude d'utiliser les liens de la liste des participants fournie chaque samedi.

Désolé ! 

  

 

Laura ; Monsieur X ; Walrus ; Nana Fafo ;

Marie Sylvie ; Kate ; Yvanne ; François ;

Joe Krapov ;

 

Carte postale (Monsieur X)

  



D'où je t'écris, je t'envoie
Des cerfs-volants si bluffants
Qu'on dirait des feux de joie
Sur les toboggans du vent ;

Des façades colorées, 
Face aux embruns triomphants
Qu'on voit, aux heures dorées, 
Prendre les formes du vent ;

Des amourettes de plage 
Parmi des rires d'enfants, 
Tout un monde où l'on a l'âge 
D'avoir les cheveux au vent ;

Des pas de danses faciles
Qui font sautiller des faons
Déguisés en vieux fossiles
Ébouriffés par le vent ;

Des rosés pleins de poèmes, 
Vêtus de rêves bouffants, 
Qui remettent les problèmes 
À plus tard... Sens-tu le vent ? 

Sens-tu le vent qui s'étale
Sur tes grands murs étouffants, 
Depuis ma carte postale ? 

Pardon...

Ce
   n'est
      que
         le
            vent... 

(Et même pas le vrai vent...)


 

AU FESTIVAL DES CERFS-VOLANTS (François)

 

 

Il y a des copies dans le ciel bleu,

D’êtres vivants qui vivent dans la grande bleue,

Elles sont dans des tissus bariolés,

Et elles voguent avec le vent.

 

Agrandies elles imitent le vivant,

Ici le calamar qui peuple les océans.

 

C’est un Line Laudry ce type de cerf-volant,

Il sert à la décoration d’une lignée,

D’un cerf-volant principal.

Sa structure est gonflable et ses motifs sont rayés.

 

Dans le ciel à Berck il a sillonné

En deux mille  vingt-deux au festival,

Des rencontres internationales des cerfs-volants

 

  

 

Monsieur et Madame Curieux (Laura)

 

 

 

Qu'est-ce que c'est? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi?
Qui me dira quoi?
Questionnement Quintilien[1].
Dans combien de temps le saurais-je?
Complètement toqué, cette nana, complètement gaga[2]...
Stéphanois; elle veut tout savoir. Qu'est-ce que c'est? 

C’est  pas la faute à Voltaire
C’est pas la faute à Rousseau[3]
C'est la faute à Papa, Monsieur curieux[4]
Qui nous emmenait voir des musées d'histoire
Comme celui de Vix[5] qui est dans l'actualité.
Monsieur Curieux nous offrait aussi des documentaires
Dont je parle à mes collégiens; il y avait le patrimoine,
Les curiosités comme la fosse Dionne[6]
Devant laquelle, j'ai été prise en photo. 

Monsieur curieux en objet que Papa m'offrit
Qui me suivit dans mes dix déménagements
Il est un peu cassé, Monsieur Curieux
Et mon papa[7]. Il est dans ma bibliothèque
Qui déborde hors de son meuble dédié.
Pourquoi Papa me le reprocha t-il?
Lui dont l'intérieur ressemble au mien.
Lui qui me fit aussi aimer la presse. 

Monsieur Curieux m'ouvrit au monde
Et me reproche aujourd'hui, avec sa femme
De ne vivre que pour moi; est-ce ma faute
Si mon mari est mort, si je ne partage plus
Avec lui et eux, mes parents, cette curiosité
Du monde; et c'est ça qui me sort du lit. 

Alors, moi, Madame Curieuse
Je vous demande  à vous
Les défieurs du samedi :

En mode milieu d'été (Kate)

 

Bilan mi-parcours
de ce petit tour
à travers l'été
Le spectacle nous a charmés
nous nous sommes enroulés
dans ces draps rouges
sans qu'on bouge
Encore sonnés
le lendemain
on a pris une main
pour une chaise
voire une chaise
pour une main
Qu'à cela ne tienne
le lendemain
nous avons repris la main
et fait en sorte
que la photo comporte
une image qu'on retienne
L'été nous brûle
même s'il recule
déjà août
emplis de doutes
et ces deux lettres gravées
E et T
sur le vert
de l'herbe
la pierre
acerbe
En plein milieu du bleu
qu'y voit-on ?
Un ludion ?
Un ballon ?

Qu'en dit "Elle"
mon oracle c'est "Elle"

page 31 : un fruit
béat sourit

pages 32-33 : un plongeon
de liberté
face aux difficultés
comme une envie d'évasion...

 

 

APPRIVOISER LE CIEL (Marie Sylvie)

 


Je n’ai jamais possédé de cerf‑volant.  
Jamais eu cet objet léger
Fragile
Obstiné
Qui attend qu’on lui offre un peu de ciel pour montrer ce qu’il sait faire.  
Mais un jour en Auvergne j’ai croisé leur danse hésitante
Et depuis ils vivent quelque part dans ma mémoire comme des compagnons silencieux.

C’était un plateau vaste
Presque nu
Où le vent semblait avoir élu domicile.  
Un lieu où l’air ne se contentait pas de passer : 
Il s’installait
Il tournoyait
Il jouait.  

Les parapentes eux s’élançaient dans le vide avec une assurance presque insolente.  
Je les regardais partir
Glisser
S’éloigner
Comme si le monde devenait soudain plus grand pour eux que pour nous.

Et puis il y avait les autres.  
Ceux qui restaient sur la terre ferme
Les pieds bien ancrés mais le regard déjà en altitude.  
Ils tentaient de faire monter leurs cerf‑volants.  
Des silhouettes qui couraient
S’arrêtaient
Levaient les bras
Recommençaient.  
À distance tout semblait simple : 
Un geste
Une impulsion
Un peu de patience.  
Mais en m’approchant j’ai compris que ce n’était qu’une illusion.

Le vent n’est pas un serviteur.  
Il n’obéit pas à la volonté.  
Il demande une forme de respect
Une écoute
Une attention presque intime.  
Il faut sentir son humeur
Sa direction
Sa force.  
Il faut accepter qu’il change d’avis
Qu’il se dérobe
Qu’il revienne.  
Et surtout il faut apprendre à ne pas lutter contre lui 
Mais à composer avec lui.

Je me souviens d’un homme
Un peu plus âgé que les autres
Qui tenait son cerf‑volant comme on tient une promesse.  
Il ne courait pas.  
Il ne s’agitait pas.  
Il attendait.  
Il observait.  
Et soudain dans un moment que je n’ai pas su anticiper
Il a levé les bras
Tiré légèrement
Relâché un peu… et la toile s’est élevée.  
Pas d’un coup
Pas comme un miracle
Mais comme une décision.  
Le cerf‑volant avait accepté de voler.

Je crois que c’est là que j’ai compris quelque chose.  
Ce n’était pas un jeu.  
Ce n’était pas un loisir.  
C’était une conversation entre un humain et l’air.  
Une négociation douce
Un accord fragile.  
Une manière de dire au monde : 
Je n’ai pas d’ailes ... 
Mais je peux quand même toucher le ciel.

Je n’ai jamais eu de cerf‑volant
Mais ce jour‑là sur ce plateau d’Auvergne
J’ai senti que certains souvenirs volent plus haut que les objets qu’ils racontent.  
Et parfois il suffit de regarder quelqu’un apprivoiser le vent pour que quelque chose en nous s’élève aussi.

 

Lutins sylvains (Yvanne)

  

 


Jan et Greta sont tristes. Tellement tristes. Leur forêt landaise brûle et ils sont impuissants. Ils aimeraient se changer en géants, là, tout de suite pour venir à bout de l'enfer. Mais ils ne sont que des lutins chagrins et désarmés face à ce désastre. Ils ont dû quitter en urgence leur jolie maison, un gros champignon rouge à pois blanc bien ancré dans la tourbe et caché dans la mousse au pied d'un pin posté en lisière. Ce dernier s'élançait vers le ciel pour se laisser bercer pas le chant de l'océan tout proche. Et il dansait dansait. Aujourd'hui, sans crier gare leur vieil ami, surpris par la violence des flammes a laissé choir une de ses branches déjà noircie sur la fragile habitation. Quand il a compris que ses dernières forces allaient l'abandonner il a supplié son locataire Octave le hibou de sonner l'alarme ce que ce dernier a fait en ronchonnant. Pas un mauvais bougre Octave mais pas très serviable.
Les deux lutins ont juste pris leur panier plein de graines et leurs lanternes, les lucioles qui les guident habituellement et se sont réfugiés sur la plage avoisinante.

Bientôt tous leurs compagnons font de même. Chacun lutte pour sa survie. Une harde de sangliers à la tête de laquelle ils reconnaissent le vieux Bougon aux défenses redoutables est déjà installée près de gros rochers. Il paraît qu'ils sentent le danger avant tout le monde. Sans perdre de temps ils fouillent le sol à la recherche d'on ne sait quoi. Une habitude chez eux. On voit arriver par petits bonds Noisette l'écureuil et sa famille. Prudents comme toujours, chacun d'eux a rempli sa bouche de provisions. On dirait qu'ils ont une sacrée rage de dents ne peut s'empêcher de penser Greta. Ventre à terre déboule Jeannot le lièvre peureux et sa marmaille. Affolés, les chevreuils s'enfoncent dans le sable et ne savent plus où aller. C'est misère de les voir courir dans tous les sens. Une horde d'oiseaux fous se pose sur la mer formant une vague panachée et ondulante. Péniblement une famille de hérissons s'approche et forme un tas épineux sur le sable. On remarque, chose curieuse, la belette aux côtés de la fouine, le chat sauvage en compagnie de la martre. De tels comportements intriguent mais personne ne s'y arrête. L'heure n'est plus aux désaccords. Les abeilles, guidées par leur reine atteignent en vrombissant les pins en limite de plage. Tous les insectes qui le peuvent se rassemblent près de l'océan. Jan pense à ses amies les souris dont il remarque l'absence. Il espère qu'elles ont trouvé refuge dans les profondeurs de l'humus comme tous ceux qui vivent habituellement sous terre. Il se désespère en redoutant la mort presque certaine de tous ceux de ses compagnons qui n'ont pas eu la force de fuir pour survivre.

Ils regardent tous, fascinés et avec effroi les flammes voraces courir, grimper, envahir, brûler avec rage chaque parcelle de leur forêt. Des lueurs rouges et orangées plombent l'horizon. Des crépitements sinistres ont remplacé la douce harmonie des sons habituels de leur univers. Des braises incandescentes jaillissent puis retombent en cascade infernale pour semer la terreur toujours un peu plus loin. La fumée, épaisse et âcre vient jusqu'à eux et ils ont du mal à respirer. Qu'ont ils fait pour mériter l'enfer ? Chacun s'interroge et se résigne, paralysé devant l'ampleur de la catastrophe.

Greta sort soudain de sa torpeur et d'un léger coup de coude alerte Jan. Non. Ils ne peuvent pas rester là sans rien faire. Ce sont eux les magiciens de la forêt. Il faut redonner de l'espoir à leurs amis. Elle a une idée. Elle doit de toute urgence contacter le petit garçon qui la chatouille quand il vient près de chez elle ramasser des pommes de pin. Elle grimpe sur sa main et il rit aux éclats. Personne ne sait le lien qui les unit. Sûrement pas les adultes qui ne comprennent jamais rien à rien.

Bientôt ô miracle dans le ciel se déploie un magnifique cerf-volant aux couleurs chatoyantes. Un garçonnet en tire les ficelles avec ardeur. Les animaux aperçoivent alors à l'extrémité du bel oiseau Jan et Greta brandissant une pancarte pleine de promesses. Ils oublient pendant quelques secondes leur malheur et chacun à sa façon exprime silencieusement sa reconnaissance aux lutins. Il ne leur reste que l'espérance.

 

 

Et si on allait prendre l'air ? (Nana Fafo)

 

Et si on allait prendre l’air ?


Après des semaines de préparation à Marvão, le grand décollage.

Cette semaine, Roussin a eu une idée à la noix.

Après des semaines de planque à Marvão au Portugal, il a enfin un plan pour se rapprocher du poulailler en toute discrétion.

Il va prendre de la hauteur.

Tel Icare dans ses meilleurs jours, le voici parti en quête de manches à air pour se fabriquer un objet volant non identifiable.

2 petits tutos ToutouYoutube plus tard... l’engin prenait forme.

Il allait quand même lui falloir de l’aide pour s’élancer dans les airs… et s' il faisait appel au Cerf, volant toujours à la rescousse des bestioles dans le besoin, pour un lancé façon au bol sur un air Disco ?

La mission Chonchonrazzi a commencé sur les chapeaux de la roue libre.

L’objectif autour du cou et en vue plongeante sur les poulettes favorites de Ronchonchon, Roussin a commencé son premier méfait haut en couleurs.

Vue plongeante garantie sur les poulettes préférées de Ronchonchon.


Encore un truc effrayant ! (Joe Krapov)

 





Sur la route de Rennes à Redon, traversant le ciel blanc au milieu d’un triangle rouge, le cerf volant participe du présent en attirant notre attention sur le danger de la situation : s’il vient l’idée mirobolante à l’animal sauvage de se sortir du bois pour venir se mettre en travers de ton chemin, sois prudent, ne reste pas les bras ballants ! Évite de t’empaler sur le volant en pilant : ce serait drôlement chiant de finir en fauteuil roulant à cause d’un accident… avec un cerf volant !

***

La langue française est affolante, horripilante, exaspérante. Excellant parfois dans son maniement, j’ai trouvé excellent ce jour, le 6 du mois courant, de pousser le participe présent dans ses retranchements.

Le participe présent est un temps de verbe dont on trouve un exemple en écoutant un mec collant et peu galant, Michel Sardou, qui s’illustra un temps dans la goualante du pauvre Jean en chantant cette chanson qui porte le titre « En chantant ».

Il se trouve que ce temps de verbe, bien que du genre invariable, est passablement mutant.

1)

Il peut à l’occasion devenir un adjectif ; on le nomme alors adjectif participe. Il s’accorde alors en genre et en nombre.

Qui de vous n’a jamais appelé l’horloge parlante pour écouter les trois taupes ?

Quel OVNI êtes-vous si vous n’avez jamais entendu parler de soucoupes volantes ?

Charles Trénet et Jacques Higelin n’étaient ils pas des fous chantants (ou des fous chantant dans une langue chantante ?)

Votre villa flambant neuve au Cap Ferret est-elle devenue un château branlant ?

Combien y avait-il de moutons bêlants dans le troupeau de Panurge ?

Qui ne connaît pas le tableau nommé « Impression soleil levant » ? Passez la Monet ! Et notez qu’on peut dire aussi « pont-levis » mais pas « soleil couchis » !

Qui ignore encore les marais salants de Guérande, les Étoiles filantes des Cow-boys fringants, les drôles d’oiseaux que sont les chats-huants, les fromages puants, les nœuds coulants, les cités riantes, les erreurs criantes, les situations chiantes, les résultats brillants, le pays du soleil levant, les crèmes bronzantes, les récits poilants, la revue « Métal hurlant », les portes coulissantes, les textes hilarants, un mec chaud bouillant, les trucs époustouflants, les Pieds nickelés épatants, le cinéma parlant ?

2)

Le participe présent peut aussi être utilisé comme un nom commun. Voici quelques exemples relevés dans le langage courant (mais sur place!) : nettoyant, anesthésiant, encombrant, enseignant·e, étudiant·e, gueulante, tournante, démêlant, militant, exécutant, excitant, tenants, aboutissants.

Assez bizarrement on a aussi le commandant, le lieutenant et l’adjudant alors qu’il n’existe pas de verbe « lieutener » et « adjuder ».

Pourquoi dans ces conditions écrit-on « le précédent » et le « président » alors que « précéder » et « présider » existent ? Est-ce un incident, un accident, un antécédent fâcheux ? Est-ce pour cela que j’hésite toujours sur l’orthographe de résident/ résidant ?

3)

Le participe présent peut aussi, mais très rarement, être utilisé comme nom propre, surtout s’il s’est lavé les mains :

Jacques Faisant
Jeanne Calmant
L’Agonie de la Sémillante

On m’objectera que Jacques Faizant s’écrit avec z, Jeanne Calment s’écrit avec un e et que le verbe « sémiller » n’existe pas. J’objecterai que si, je viens de l’inventer. Il signifie « hausser les épaules et secouer la tête horizontalement, très vite, en gardant le silence et levant les yeux au ciel pour signifier « Votre question (ou remarque) est vraiment trop bête ! » ».

Exemple :

« Si on vous demande qui a peint l’Angelus, sémillez ! »

***

Notez bien que Michel Vaillant, Magellan (même en se flagellant), Jacqueline Maillan, le chevalier de Pardaillan, François-René de Chateaubriand n’ont aucun rapport avec le participe présent. Ils et elle sont d’ailleurs passé·e·s de mode.

Le yatagan, le catogan, le chambellan, les Uhlans, le brelan, les ortolans et les deux ronds de flan ? Pas plus !

On n’a jamais vu Bob Dylan dealant près du menhir du Champ Dolent dans un costume seyant de troubadour foléyant. C’eût pourtant été amusant !

Ce qui nous amène à cet autre mystère orthographique : l’étendard est sanglant et levé mais le verbe sangler n’a rien à voir du tout avec le sang impur qui abreuve nos microsillons.

L’ennemi est sanguinolent et non sanguinolant parce que le verbe « sanguinoler » n’existe pas (j’ai eu la flemme de l’inventer !)

Mais alors expliquez-moi pourquoi, en bout de lecture de ce texte, vous semblez somnolent·e et non somnolant·e alors que le verbe « somnoler » existe ?


P.S.   Sigmund Freud s’est rendu célèbre en bâtissant toute une théorie à partir de l’inconscient. Était-il conscient de ce que cela avait de sciant et surtout de chiant pour les astrologues d’Évian qui ne buvaient que du vin et qui du coup passèrent pour des devins déviants ?
 
 

Et alors ? (Walrus)

  

Moi aussi je peux trouver une photo d'un truc qui flotte au vent, la preuve : 

 


Bon, celle-là, c'était facile de la retrouver : comme j'ai vu ce machin flotter au dessus du resto de plage le long de la Ria Formosa à Quinta do Lago pendant des années, je n'ai eu qu'à faire défiler les photos de vacances pour apprendre via les métadonnées du fichier qu'elle avait été prise en mai 2002.

Heureusement parce qu'à l'époque, mon appareil photo n'était pas (et celui d'aujourd'hui non plus d'ailleurs) équipé d'un GPS. 

 

Celle qui nous occupe aujourd'hui, je l'avais capturée au vol dans le "widget" qui affiche dans le coin supérieur droit de mon écran une photo prise au hasard parmi toutes celles stockées sur le disque dur. Mais comme elle avait été prise en avril 2004 j'ai auguré quelle avait dû l'être à la Mer du Nord lorsque nous emmenions chaque année nos petites-filles une semaine à Nieuport (Nieuwpoort en idiome local) pendant leurs vacances de Pâques, et j'ai eu tout bon !

 

Cette photo me pose un problème : si sur la portugaise on voit clairement le point d'attache et qu'on peut en déduire le sens du vent, sur la belge, c'est plus délicat : on devine, à peu près à la jonction des motifs rouges et blancs et des lignes torsadées, le filin ténu qui relie le cerf-volant au sol.

Mais cette ligne est parfaitement verticale.

Cela signifie sans doute que la photo  a été prise pile face au vent du moment, ce qui nous fait une belle jambe puisque la vue ne montre que le ciel et qu'il est donc impossible de se référer à l'orientation du paysage.

Je vais contacter l'institut météorologique pour connaître la direction du vent dominant de l'endroit à l'heure et la date de la prise de vue...

(Mais je me demande s'ils vont me répondre... ils sont très procéduriers dans ce pays... et rien que réveiller l'archiviste ça va être coton!)

  

 

samedi 1 août 2026

Défi #935

  

 


 

 

 

Se sont recueillis au cimetière

 

Attention !  

 

Malgré le fait que le nombre d'articles à afficher ait été porté à 30, Blogger limite d'office la quantité d'octets affichée. Donc, si certaines participations prennent une quantité plus importante de mémoire, la totalité des participations ne peut alors pas être affichée sur la page d'accueil et il est donc impossible d'y accéder en "scrollant".

Pour être  certain de voir toutes les participations, prenez donc l'habitude d'utiliser les liens de la liste des participants fournie chaque samedi.

Désolé ! 

 


 

Walrus ; Laura ; Monsieur X ; Nana Fafo ;

Lecrilibriste ; Marie Sylvie ; Kate ; Joe Krapov ;

Yvanne ; François ;

 

 

Pierre (Ton bal) (Monsieur X)

  



Pierre,
Ton bal était l'un de ces bals
Très courus et très populaires,
Pas forcément spectaculaires
Mais... certainement pas banals.

Pierre,
Ton bal faisait valser des cœurs
Dans le décor des amours folles ;
Tu en as levé, des guiboles,
Bien avant le temps des rockeurs.

Pierre,
Ton bal... un divertissement
Aux dessous pourtant interlopes
Où, en bon roi des nyctalopes,
Tu braconnais le firmament.

Pierre,
Ton bal, un siècle avant Me Too,
C'était pour attirer des lunes
Et marcher dessus ; quelques unes
N'ont, hélas, plus brillé du tout...

Pierre,
Ton bal a créé, malgré toi,
Le couteau d'une vengeresse
Qui, dans une rageuse adresse,
T'a jeté pour toujours au froid.

Pierre,
Ton bal au vent d'accordéon
S'est rétamé dans ta poussière. 
Tu n'as pas été un saint, Pierre. 
Il a mieux fini, Actéon. 

Pierre,
Ton bal fermé joue en enfer
Tes flonflons d'Étripeur Terrestre ;
Plus de traces de son orchestre !
Ici, l'on n'entend que la mer...

Oui, que la mer... 
Sauf que la mer...

La mer, qui ressasse sa houle,
Dit que rien ne s'est arrêté,
Le diable n'est pas retraité,
Il œuvre tapi dans la foule.

 

 

Les lucioles (Yvanne)

   


Il est, dans la vie des croisements inopinés qui peuvent parfois faire dévier le cours de l'existence. Eliette peut en témoigner. Et les lucioles aussi.
La jeune femme passe toutes ses vacances dans sa maison de famille à Saint Sauveur. Le mois de juin la ramène dans son village de naissance tous les ans. C'est pour elle un vrai bonheur, une parenthèse attendue. Elle vit au Etats Unis où elle travaille en tant qu’œnologue. Elle se donne toute pour ce métier, appris à Bordeaux dans un château célèbre. Aussi, elle aspire à retrouver le calme et la nature qu'elle aime pendant quelques temps en Limousin. Cela lui permet de se ressourcer et elle prise ces moments privilégiés.

Comme chaque soir, depuis son retour, elle prend son vieux vélo pour sa promenade vespérale. Elle l'a sorti de la remise où il l'attend, fidèle compagnon depuis ses randonnées d'enfance et d'adolescence.
Hier, elle a appuyé sa bicyclette contre le tronc du gros tilleul de la cour. Elle s'arrête pour s'enivrer du parfum de miel de ses fleurs qu'il prodigue en abondance. Les abeilles, affolées et laborieuses bourdonnent dans ses ramures et y butinent sans relâche pour leur récolte. Eliette se promet d'en cueillir demain pour les mettre à sécher. Elle les emportera pour les tisanes d'hiver. Elles lui sont précieuses.

Eliette emprunte la vieille route qui conduit au bourg. Elle est devenue à peine carrossable. La mousse a pris le dessus sur le goudron et trace une jolie bande verte en son milieu. Tout est paisible. Le silence est seulement troublé par le souffle léger du vent dans les hauts peupliers et le cri-cri des grillons dans le fossé. Tout en pédalant tranquillement Eliette se remémore ses jours d'école où elle prenait le même chemin. Il était fréquenté alors. On y croisait le facteur, lui aussi poussant son vélo, quelques ménagères des villages avoisinants allant à pied à la messe ou à l'épicerie, des hommes conduisant leur attelage vers les champs. Il y en avait encore malgré l'afflux des tracteurs.

Les bas côtés, envahis par les ronces regorgent de mûres. La jeune femme n'aura pas le loisir de se tacher les doigts comme avant puisqu'elles ne sont pas encore d'un noir d'encre. Elle en mangeait jusqu'à plus faim et revenait toute barbouillée à la maison. Ses vêtements maculés lui promettaient la colère de sa mère. Mais qu'importe. Sa gourmandise l'emportait toujours.

Ce qu'elle aimait surtout c'était découvrir les lucioles. Pour elle, petite fille, elles étaient des fées agitant leur baguette magique dans le fossé humide des dernières pluies pour faire de la lumière. Déjà le mot lui même l’entraînait dans le rêve. Il y en avait juste là, au dessous de cette masse de bruyère violette parmi les belles digitales pourpres qu'il ne fallait surtout pas toucher. Les vers luisants allumaient les fougères leur donnant une apparence enchantée. Eliette savourait son secret, celui d'avoir décelé d'invisibles et magnifiques présences qui n'étaient que pour elle. Eliette se penche, emportée par son imagination et ses souvenirs. Patatras ! La voilà par terre, son vélo par dessus. Elle tente de se relever mais sa cheville droite la fait souffrir. Zut ! Comment faire ?

Devant elle soudainement une apparition. Il est grand. Il est brun. Il abandonne sa bicyclette et se presse vers elle. Il a compris. Il lui demande de ne pas bouger. Qui est il ? Eliette ne l'a jamais vu. Pourtant elle connaît tout le monde ici. Il dit qu'il va revenir avec sa voiture et rebrousse chemin.

Quand il est à nouveau là, Eliette a réussi à se relever malgré la douleur. Elle a posé son vélo contre une vieille borne oubliée en bordure de la route. Tout de suite il examine sa cheville.
- Je suis médecin. Vous avez juste une foulure. Je m'appelle Timothy. Tim. Je suis londonien. Mes parents viennent d'acheter le corps de ferme des Debrach. Je suis en vacances. Mais montez plutôt. Je vous ramène chez vous.
- Je m'appelle Eliette. Pardon pour le dérangement. Je suis stupide. Je me suis laissée emporter par mes souvenirs. J'habite juste à côté et je...
Alors qu'il ramasse le vélo de la jeune femme il s'arrête puis déclare :
- Regardez.
- Pardon ?
- Regardez. Là. Sur la borne. E et T. C'est écrit. Nous devions nous rencontrer. C'était écrit.
Ils éclatent de rire à l'unisson. Eliette remarque juste derrière elle des scintillements jaunes et verts dans les herbes.
Elle pense alors avec amusement que ce sont autant de clins d'œil de la nature complice...


 

Oceano nox (Joe Krapov)

 




C’est plus qu’évident : à partir d’une image de pierre tombale on ne peut guère parler d’autre chose que de la mort.

Or ce sujet est plus plombant qu’un cercueil ! Déjà que l’actualité est chauffée à blanc par les guerres et les incendies de forêt ! Mais soyons courageux et résistons aux injonctions sado-masochistes de notre oncle préféré ! Pour rafraîchir l’atmosphère j’ai décidé de vous proposer un petit jeu des vacances dont vous me direz des nouvelles !

« Ô combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines
Et se sont vu cinq mille en arrivant au port
N’ont rencontré sur mer que Madame la Mort ? »

C’est pour répondre à cette question angoissante et pour honorer tou·te·s les noyés·e·s de différentes périodes de l’histoire que les autorités municipales de Larmor-Baden (Morbihan) ont décidé de créer, au centre de l’île Berder, un cimetière commémoratif empli de cénotaphes. L’originalité de ces monuments et de ces stèles tient à ce qu’aucun corps n’a été enseveli dessous – "Et pourtant c’est nos tafs de les y mettre !" disent les fossoyeurs en colère – mais aussi à ce que les noms des personnes disparues figurent juste sous forme d’initiales accompagnées de la profondeur maritime à laquelle ils ou elles reposent.

Sur cette mystérieuse image de départ il faut donc lire « Éric Tabarly » 1914 mètres ».

Saurez-vous de votre côté identifier les autres célébrités honorées dans ce cimetière bercé par le bruit de la marée montante et le cri des mouettes qui ne cessent jamais de chanter leur De profundis ?

Pour vous aider, car ce n’est pas facile, j’ai ajouté dans le tableau, avec les initiales et la profondeur, deux colonnes avec la date de la noyade et la profession de la personne.

Bon amusement à vous !


P.S. J’ai ajouté une colonne pour la réponse. Inutile de l’inscrire au Tipp-Ex sur votre écran. Par contre vous pouvez imprimer ce billet si vous désirez faire ce jeu à tête – éternellement – reposée. 

 

Initiales

Profondeur

Date du décès

profession

Réponse

B. J.

2,50 m

3-07-1969

Musicien

 


J.-P. M.

0,80 m.

13-07-1793

Homme politique



E. J. S.

3821 m.

15-04-1912

Capitaine de paquebot



M.-F. P.

2,30 m

24-04 2011

Actrice



W. H.

0,69 m

11-02-2012

Chanteuse



J.-F. de L. P.

421 m.

Juin 1788

Capitaine de vaisseau



C. F.

0,70 m.

11-03-1978

Chanteur bien entouré



F. de R.

25 m.

21-11-1975

Compositeur de musiques de films



J. ? M.

12 m.

1893

Professeur, Napoléon du crime



J. M.

0,60

3-07-1971

Chanteur



N. W.

20 m.

29 11 1981

Actrice



V. W.

3 m.

28-03 -1941

Autrice effrayante



G. R.

3, 50 m

30-12-1916

1er mage du Kremlin



R. B.

0,15 cm

30-10-1979

Homme politique




Défi #936