samedi 14 février 2026

Ont-ils chassé le morse ?

(Did they hunt the walrus ?)

 


 

Ecridelle ; Walrus ;

Défi #911

  

Comme pour les dix petits "nègres" d'Agatha,
on ne dira pas "esquimaux" ! 

 

Kayak

 

 


 

Ont (r)établi la jonction

  


  

Marie Sylvie ; Vegas sur sarthe ; Walrus ; Nana Fafo ;

Monsieur X ; Kate ; Joe Krapov ; François ;

 

 

LES COULEURS DE LA PEAU (François)

 

BLANC, JAUNE, ROUGE, ÉBÈNE.

`

Blanc, jaune, rouge ébène

La nature nous a ainsi fait,

Mais alors, pourquoi tant de haine ?

Qu'est-ce que les autres nous ont fait ?

 

Tout cela pour une couleur de peau,

Une différence non acceptée.

Au repoussoir, nous pouvons être accros,

Adieu toute forme de neutralité.

 

Je ne prendrai ici qu'un seul exemple.

L'apartheid fût désorganisé

Alors qu'il était déjà fragilisé,

À la suite d'une opération,

Il y eut une répercussion ample,

Qui a bouleversé cette nation.

 

Quand le cœur d'une femme noire,

Fut greffée sur une blanche,

Il y eut des prises de conscience.

Depuis, il est des certitudes qui flanchent !

Symbolique devenait cet échange,

L’opération eut des conséquences étranges.

 

Si tous les gars du monde

Pouvaient un jour s'unir,

Le racisme disparaîtrait à la ronde.

La grandeur de l'humain pourrait s'épanouir.

 

 

Pas encore tout à fait amnésique. 21, Couples (Joe Krapov)

 


Quand Harry rencontre Sally s’opère une jonction entre deux personnages qui ne se quitteront plus. Pareil pour Roméo et Juliette ou pour Hiroshima et Nagasaki, les inséparables du Japon.

Sauf qu’il y en a toujours un qui part avant l’autre et que tout cela est bien triste.

Heureusement il reste dans nos mémoires, à jamais, le souvenir de ces deux noms joints pour la postérité, le pire, le meilleur, la presse de caniveau et même l’oubli des nouvelles générations qui ne connaissent plus Georges Brassens et Marie Dubas (qui, du reste, ne chantèrent jamais en duo).

Avant que nous mêmes ne tombions dans l’oubli total ou dans l’amnésie définitive, je vous ai listé une palanquée de ces couples célèbres qui encombrent ma mémoire autant qu’ils m’ont apporté, pour certains, de joies de lecture, d’écoute ou de contemplation.

Alors vite, un ban pour Raymond Souplex et Jeanne Sourza, Poiret et Serrault, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, Guy Bedos et Sophie Daumier – L’Adagio d’Albinoni !- , les Frères ennemis !

Un podium pour Anquetil et Poulidor, Trentin et Morelon et les sœurs Goitschel !

Un triomphe pour Charpini et Brancato qui aimaient les dindons et la farce, Bach et Laverne, Stone et Charden, Sonny and Cher, Sheila et Ringo, Ike et Tina Turner, Lennon et McCartney, Simon and Garfunkel, Coquillages et Crustacés, Charles Trénet et Johnny Hess, Line Renaud et Loulou Gasté !

Un César pour Bourvil et De Funès, Fred Astaire et Ginger Rogers, Pat Garrett et Billy the Kid, Jerry Lewis et Dean Martin, Tom et Jerry, Titi et Grominet, Tarzan et Jane, Harold et Maud, Laurel et Hardy, Rox et Rouky, Marius et Jeannette, César et Rosalie, Bonnie and Clide, Aglaé et Sidonie, Rintintin et Rusty !




Mille remerciements à Tintin et Milou, Astérix et Obélix, Tanguy et Laverdure, Placid et Muzo, Pif et Hercule, Nanar et Jujube, A. Bâbord et Père OK, Bob Mallard et Puchon, Corinne et Jeannot, Achille Talon et Lefuneste, Dog Bull et Kid Ordinn, Pepito et Ventempoupe, Lucky Luke et Jolly Jumper, Bob et Bobette, Sylvain et Sylvette, Boule et Bill, Quick et Flupke, Modeste et Pompon, Spirou et Fantasio, Tif et Tondu dont les aventures, signées parfois de Maurice Tillieux, sont toujours au poil !

Un prix littéraire pour Sherlock Holmes et le docteur Watson, la rose et le réséda, la cigale et la fourmi, Perrette et son poteau laid, Marius et Olive (en fait ils sont en trouple avec Olive Oyl depuis la mort de Popeye par overdose d’épinards), Rodrigue et Chimène (« Qu’il est joli garçon l’assassin de papa ! »), Cocardasse et Passepoil (Bossu et têtu-toi!), Delphine et Marinette, Barillet et Grédy, Boileau et Narcejac, Robinson et Vendredi, Dortmunder et Kelp, Rémi et Colette (la première lecture des boomers !), Paul et Virginie (le chef d’œuvre de Bernardin de Saint-Pierre et Miquelon), Orphée et Eurydice !

Faut-il mentionner Chirac et Balladur, Bill Clinton et Monica L. (il a ri moins qu’elle mais pas autant que nous !), Adam et Eve, Abel et Caïn, David et Goliath, Samson et Dalila, Oreste et Pylade, Castor et Pollux, Daphnis et Chloé, Roger et Angélique, Héloïse et Abélard, Tristan et Yseult ?

Soulignons deux unions sponsorisées par Vivaldi : Ophélie Winter et Donna Summer, Niagara Falls et Jerry Spring.

Dans mon fourre-tout j’ai aussi Wallis et Futuna, Baignol et Farjon (nés ainsi que moi avec un crayon à la main), Brodard et Taupin (imprimeurs à La Flèche, Sarthe), Moët et Chandon, Black et Decker, Smith et Wesson, Rock’n’roll, fish and ships, fromage et dessert...



Et terminons par quelques mariages imaginaires amusants :

M. Censier et Mlle Daubenton ;
Andrée Aumur et Seb Astopol ;
Dominique de Villeroy et Pina Bosch ;
Adam Roux et Eve Combaluzier ;
Jules Renard et Michèle Corboz ;
Popeye the Sailor et Lula Bebopa ;
Joe Krapov-Kléber et Blanche Colombes (ce genre d’énumérations, on les termine comme on pneu !).

Sinon allez en paix et faites au mieux ! (Allez au pieu et fêtes en mai ?)

A bientôt ! Sauf si j’oublie de revenir !

Deux pièces jointes (Kate)

 

 

Cher Martin,
futur ex-conjoint,
Te joindre est difficile
te rejoindre futile
t'enjoindre inutile

Tu trouveras ci-joint 
les coordonnées
de mon avocat
(ton ami Nicolas,
il a déménagé)
pour qu'on s'entende avant juin
sur la façon la plus rapide pour nous disjoindre
entraînant des conséquences moindres
sur le fait que tu es mon adjoint
et que la conjoncture actuelle
ne me permet pas de te garder
puisque tu as choisi de vivre avec elle,
Laurence
partie à la concurrence
et de sauter à pieds joints
sur notre couple, notre famille
dès ta première rencontre avec cette fille
que j'avais embauchée
pour nous épauler...
Elle t'a enjoint
dis-tu
de la rejoindre
sans que tu
jettes sur l'impact de ton départ
le moindre regard
ni que tu
te donnes la peine de feindre...
Tu trouveras aussi ci-joint
ta lettre de démission
sans conditions
que tu as juste besoin
de signer
et de me retourner
dès demain,
Martin
 

Alex,
ton ex

 

 

Résiliation (Monsieur X)

   

Tes mots semblaient à ma portée, 
Les miens se pensaient pertinents, 
Mais... chaque tournure adoptée
Nous laissait sur nos continents
À la dérive, en fin de compte ;
La distance est un mastodonte.

Sais-tu que depuis Uranus,
D'où mon cœur te fait des grands signes,
Je ne vois pas vraiment Vénus ? 
Est-ce bien moi que tu désignes
À chaque message envoyé ? 
Est-ce un spam qui m'a foudroyé ? 

J'ai du mal avec la friture
Qui fume à l'heure du repas, 
La mauvaise littérature, 
Les gens qui n'articulent pas, 
Ceux qui ont la syntaxe en peine, 
Ceux qui parlent la bouche pleine... 

Que dire alors des connexions
Qui ne trouvent jamais la route ? 
Dix plantages sur dix jonctions, 
Et des espoirs en banqueroute, 
Ça fait beaucoup de liens ratés... 
Cessons les frais illimités ! 

 

La chro-nique de Ronchonchon (Nana Fafo)

 

Vous voulez vous joindre à la fête ?




Ce samedi matin, n'en pouvant plus de le garder à vue,

les poulets ont foutu Ronchonchon dehors.

Ils n'arrivaient plus à joindre Les Debout,

les juges qui ont débouté Ronchonchon de son appel.

Fier comme un forban,

Ronchonchon rentre à la ferme de Nana Fafo triomphant.


En chemin, il s'arrête au Jonction-Market,

la seule supérette des fermes alentour pour s'acheter de la gnole du coin,

c'est Monsieur Canard qui la fabrique et elle décape !


Arrivé à la Taverne pour fêter sa victoire,

Ronchonchon constate que toute la ménagerie s'agite à préparer une fiesta... 

Il se demande, serait-ce pour moi ?

Comment ont-ils su que je sortais ?

Alors, il se cache et observe tout ce petit monde afféré aux préparatifs.


Walrus concocte des breuvages onctueux.

Monette et Simone accrochent des guirlandes de coeurs.

Bruno sort des plans sur la comète pour orchestrer les préparatifs.

Et Kate a apporté des jeux pour animer le tout.


Voilà une fête qui va faire un tollé pour un mec qui sort de tôle c'est pas banal !

Kate et Walrus se retrouvent au comptoir pour observer un grand livre.

Sur la couverture on peut lire " Les origines de la Saint-Valentin".


Alors, Ronchonchon comprend que ce n'est pas pour lui tout ce remue méninge,

et sans ménager la ménagerie, il explose en criant haut et fort,

que lui, il n'aime pas Valentin

et se lance dans une tirade inter-minable sur son mépris... 


"Non mais, j'y crois pas !

Tout ce foin pour fêter un 14 qui défraie la chro-nique.


Ben oui, la finalité tout le monde la connaît... 


Vous voulez me faire croire 

que personne n'essaie de s'emboîter pour joindre l'utile à l'agréable ? hein ?


Et vous là, les zamoureux, vous mettez en scène votre zamour

pour faire passer la pillule... le lendemain, 

de la douloureuse ardoise de la veille ? Espèce de naïfs !


Comme si un ange boudiné pouvait se faire passer

pour un archet du destin de la pulsion !

C'est un poète pouette pouette arrosant de ses flèches parfumées au Mouette et Chantons

les chatouilleux du chamalow à la guimauve pour endormir les poulettes.

Vous le voyez pas ça ?


Mais le pire...

C'est que vous, les Miss Poulette, vous feignez d'y croire 

pour quand même finir par passer à la casserole  !

Il suffit de quelques gouttes d'huile d'onction pour que ça glisse tout seul...

Sans même avoir besoin de vous faire le coup de la panne !

Quelle mascarade ! 


Mais bon... que peut bien comprendre une bête 

à bouffer du foin comme moi à tout cela ?"


Puis, Ronchonchon détale comme un lapin, laissant son auditoire pantois.


Ne serait-il pas jaloux qu'un gars dodu ait une fête rien qu'à lui ?



Boute-en-train (Walrus)

  

Pour un Belge de mon (grand) âge, "Jonction" évoque immédiatement la Jonction Nord-Midi et ses travaux pharaoniques.  

 


Mais bon, si vous n'êtes pas Belge et sénile, cela ne vous dira pas grand chose...

Parlons donc d'autre chose ! 

 

Vous rappelez- vous de mon intervention précédente où je vous parlais de Yoga, la voie (de chemin de fer) du silence ?

Eh bien, étymologiquement, yoga et jonction sont liés par la racine sanskrite yuj qui signifie unir. Et d'où descend d'ailleurs le joug des attelages anciens. Comme les choses sont étranges parfois...

Je vais éviter de gloser sur les dérivés de jonction (vous savez con-jonction, dis-jonction, ad-jonction, sub-jonction, in-jonction...) ça me  fera gagner de la place au prix où sont les mégabytes...

 


Un sacré défi, ce 910 (Vegas sur sarthe)

   

 


Sur la Valley Drive écrasée de chaleur, un gros véhicule cahote dans un épais nuage de poussière avant de tourner au panneau Junction 910 sur la route 163 puis hésite et s'arrête.

Sorti de nulle part, un vieil homme au visage buriné s'approche.



« Vous cavalez où comme ça ? »

«Euh … à Monument Valley»

«Ugh ! Ça c'est un scoop ! Figurez vous que tous ceux qui prennent la 163 vont à Monument Valley mais vous comptez aller où précisément avec ce chariot ? »

« Euh … c'est pas un chariot c'est un Chrysler Grand Caravan de 260 chevaux et on vient voir les pitons rocheux. Et vous, vous sortez d'où ? »

« Ugh ! Je sors de chez moi comme tous les indiens navajos. Vous pouvez m'appeler Marlborrow »

«Comme les clopes ?»

« Clop ? Whatelse ? Je m'appelle Marl Borrow mais la tribu m'appelle Marl parce que borrow ça fait trop emprunté … Ah Ah »

« Pourquoi Ah Ah ? »

« Borrow … emprunté … faut parler notre langue pour comprendre la vanne»

« O.K. Marl emprunté. Si vous êtes du coin vous nous conseillez quels pitons ? »

« Ugh ! »

« Euh... moi c'est pas Hugues c'est Marcel »

« Ugh ! Pour faire simple allez visiter 'Le grand chef indien' où fut tourné Easy rider puis 'L'oeil qui pleure' où fut tourné Forrest Gump et 'Les trois sœurs' où fut tourné Lucky Luke et ... »

« Pardon mais 'Les trois sœurs' c'est pas plutôt Tchekhov ? »

«Tchekhov ? J'connais pas tous les réalisateurs »

« Laissez tomber ! De toute manière on ne pourra pas tout visiter avec vos foutus chemins caillouteux »



« Comment ça nos chemins sont caillouteux ? La Chevauchée fantastique de John Ford est passée là en 39 sans aucun problème et y z'avaient pas 260 chevaux sous les fesses, par contre avec un bas-de-caisse comme le vôtre vous irez pas loin »

«John Ford ou Chrysler, on va pas se battre pour une marque et puis vous ne connaissez pas Marcel ! Au boulot les copains m'appellent PassePartout »

« Ugh Passe-Partout ! Alors contentez vous d'aller voir le Totem Pole »



« Ça vaut l'coup d'oeil le Totem Pole ? »

« Ugh ! En tout cas ça plaisait à Clint Eastwood ! Il l'a escaladé lui-même en 75 en tournant 'La sanction' »

« Je vois … c'est fou ce qu'on a pu tourner ici »

« Ugh ! D'ailleurs y en a qui tournent encore … on compte plus les visages pâles qui se sont perdus, alors on fait payer au départ ; c'est 80 dollars pour vot' charrette et 4 personnes »

« 80 dollars ? Vous ne perdez pas le Nord, vous les navajos »



« Ugh ! Pour les réclamations adressez-vous au gouvernement et pour le Totem Pole, vous ne pouvez pas le rater, nous les navajos on l'appelle Le doigt d'honneur, le Flip Off, c'est notre message pour les visages pâles »

« Merci bien Marl. Trop aimable »



Marcel se déleste de 80 dollars et réveille les 260 chevaux de sa charrette en maugréant : « Qu'est-ce qu'y a bien pu se passer pour qu'on en arrive là ? Quel est l'abruti qui a déterré la hache de guerre ? C'est surement pas un blanc »



Le vieil homme au visage buriné fait un signe vers la charrette : « Ugh ! Surtout ne ratez pas la boutique de cadeaux de Goulding avant de repartir au diable»



Le vieillard reprend sa route en maugréant : »Quel est le sauvage qui a déterré cette fichue hache de guerre ? C'est surement pas un navajo »



Note de l'auteur (éternel pessimiste maugréant) : Il en faudra des lunes et des lunes avant que la véritable jonction ne voie le jour.





LA JONCTION DES DEGRÈS (Marie Sylvie)

  


  


Pendant vingt ans mon appartement est resté figé dans une saison qui n'en finissait pas.
Un Hiver sans neige
Sans beauté
Juste un froid têtu qui s'infiltrait partout :
Dans les murs
Dans les draps
Dans les objets
Dans mon souffle.

Les électroménagers rendaient l'âme un par un
Rongés par l'humidité.
Le linge refusait de sécher comme si le temps lui-même s'était arrêté.
Je vivais dans une sorte de brouillard glacé
Un entre-deux où rien n'avançait
Où même mon corps semblait se recroqueviller pour tenir.

Alors j'ai bricolé
Compensé
Résisté.
Des couvertures
Des radiateurs électriques
Des factures qui grimpaient comme des falaises.
Et toujours ce froid obstiné qui gagnait.

Puis un jour j'ai décidé de changer la donne.
Un geste simple 
Presque banal :
Allumer un poêle à pétrole.
Mais ce geste-là a ouvert une brèche,
Un passage
Une jonction.

En trois heures l'air a basculé.
Le thermomètre a bondi de 15° à 25°
Comme si quelqu'un avait soudain rallumé la vie dans la pièce.

Les murs sont encore humides oui.
Ils mettront des mois à sécher 
À se défaire de cette mémoire d'eau.
Mais moi j'ai ressenti immédiatement la différence :
Mon souffle s'est déplié
Mes épaules se sont abaissées
Mon corps a dit  "enfin !".

C'était une jonction.
Une vraie.
Le point précis où le froid cesse d'être une fatalité
Et où la chaleur commence à écrire son territoire.

Une jonction entre survie et réconfort
Entre résistance et repos
Entre un Hiver de vingt ans
Et un Printemps qui enfin ose entrer.


      Entre le froid qui rongeait mes murs 
   Et la chaleur qui recommence à battre
           J'ai trouvé une jonction : 
         Un seuil où mon corps respire 
      Où mon appartement cesse d'être un combat
           Où la vie revient par degrés.


 

samedi 7 février 2026

Défi #910

  

Inutile de le dire avec onction :

 

Jonction

 

 


 

Ont jeté un œil à l'intérieur

  


  

Walrus ; Kate ; Marie Sylvie ; Nana Fafo ;

Clio 101 ; Joe Krapov ; Yvanne ; Vegas sur sarthe ;

François

 

 

 

Relaxation, Méditation, Introspection (François)

  

RELAXATION, MÉDITATION, INTROSPECTION

 

Préparez-vous à accueillir,

Ce jour avec l'aurore qui se lève,

Que votre méditation soit un rêve,

Qui va vous permettre de vous recueillir.

 

Vos jambes sont en tailleur,

Le buste droit, sans raideur,

Vos deux mains sont jointes,

Face aux nouveaux jours qui pointent,

Du haut de votre colline,

Regardez l'azur qui s'illumine.

 

Respirez doucement,

Respirez lentement,

Laissez aller votre corps,

Détendez-vous d'abord,

Vivez votre relaxation.

Ouvrez la porte de la méditation.

 

Respirez doucement,

Respirez lentement,

Quittez ce monde réel,

Pour quelques instants.

Pensez à un arc en ciel,

Voyagez dans ses couleurs,

Palpez joie et bonheur.

 

Respirez doucement,

Respirez lentement,

Soyez émerveillés.

Les idées positives sont vos alliés,

Par elle, laissez-vous envahir,

La joie en vous vient de jaillir.

 

Respirez doucement,

Respirez lentement,

Tout doucement, ouvrez les yeux,

Votre voyage merveilleux,

Se termine, vous êtes heureux,

Regardez combien l'aurore,

Est belle avec ses teintes ocres et d'or.

 

 

La caisse à outils (Vegas sur sarthe)

  


J'ai beau remonter dans mes plus lointains souvenirs, je ne me souviens pas avoir ressenti le besoin ou l'envie de savoir ce qu'il y a à l'intérieur de moi.
Je ne suis même pas sûr que le verbe s'introspecter existe …
Pour le douillet que je suis, ma première crainte c'est que ça fasse mal et qu'il n' y ait aucun remède remboursé pour soigner une blessure d'introspection.
Je ne m'imagine ^pas débarquer aux urgences en prétextant une introspection qui aurait mal tourné et provoqué une hémorragie interne !

Et d'abord pourquoi chercher des réponses à des questions qu'on n'a pas envie de se poser ?
L'introspection demande de faire un effort sur soi et c'est déjà au dessus de mes forces.
Une fois j'ai rassemblé mes forces pour pousser la porte du cabinet d'une introspecteuse professionnelle qui tenait absolument à se faire une idée de l'empreinte de ma carte bancaire ; alors j'ai refermé la porte au moment où elle me déclamait un truc du genre « Connais-toi toi même » , ce à quoi j'ai crié derrière la porte : « Toi même d'abord ! »

Puis je me suis beaucoup documenté - jusqu'à la migraine - et après deux aspirines j'ai fait le bilan de la caisse à outils qu'on me proposait :

La lettre à soi-même ? Manquerait plus que je me fende d'un timbre à trois euros pour m'écrire des trucs que je connais déjà puisque j'en suis l'auteur !

La respiration profonde ? Pourquoi pas si ça peut soigner mon apnée du sommeil chronique.

L'autocritique ? Je n'ai rien à reprocher à ma bagnole, par contre j'aurais beaucoup à dire sur celles de mes voisins !

La boussole intérieure ? Si j'en possède une, elle pointe forcément vers le sud, là où tous les seniors rêvent de bronzer un peu mais pas trop, sous un soleil chaud mais pas trop, les orteils dans le sable mais pas trop.

Voilà, j'avais fait le tour de cette caisse à outils.

 

Introspection d'un grain de blé (Yvanne)

  


Je suis un grain de blé issu de l'épi matriciel. Séparé de mes frères au moment des battages, j'ai vécu depuis août jusqu'en novembre dans le grenier de la ferme parmi des milliers de grains de blé. Un jour d'automne propice aux semailles, les hommes nous ont rassemblés dans des sacs de jute et une main habile, d'un geste solennel, m'a jeté sur le champ fraîchement labouré. J'ai cru mourir. Il faisait noir. J'avais froid. J'étais seul et j'avais peur. Je tremblais. Je craignais le bec affamé d'un oiseau de passage ou le museau fureteur et vorace d'un campagnol. Et puis, j'ai fini par m 'habituer à ce cocon somme toute accueillant et protecteur . J'étais bien. La terre m'avait accepté en m'ensevelissant en son sein. Dans l'obscurité de cette nuit profonde et silencieuse, je me suis endormi. Jusqu'à aujourd'hui.

Pourquoi ce réveil ? Je ne sais pas ce qu'il se passe. Je suis perplexe et angoissé, enfoncé dans le monticule de terre qui m'enveloppe. Je me sens tout engourdi. J'émerge de ma torpeur pour constater ma métamorphose. Ô Dieu que suis-je devenu ? Il ne reste rien de ma belle robe dorée. Mon ventre a éclaté et bourgeonne. Je suis très inquiet.

Alors, une petite voix au fond de moi s'est élevée. « Ne crains rien. Ta transformation est une résurrection. Tout doucement, tu as pris racine dans le sillon qui t'as hébergé. Là, tu as germé et tu vis. Regarde cette toute petite pousse qui saille de toi. Vois comme elle est verte, comme elle s'élève et cherche la lumière. Tu seras d'abord une herbe folle caressée par le vent printanier quand la terre s'écartera légèrement pour lui livrer passage. Un peu pâle puis de plus en plus vigoureuse et brillante. D'autres tiges se grefferont à la première. Elles deviendront un champ qui ressemblera à une mer blonde aimée du soleil et de la pluie. Elle s'agitera mollement sous l'effet des éléments, de plus en plus resplendissante et épanouie. Des hampes naîtront les épis. Ils grossiront sous les effets bienfaisants des éléments. Quand les blés seront mûrs, ils deviendront paille et grains.  Et ce sera l'éternel recommencement. Il est essentiel, il faut que tu le comprennes. Sache que tu contiens l'Histoire en même temps que le souffle de la vie. Ensuite, soit tu reviendras à la terre pour un autre cycle biologique, soit tu seras farine. Et même ainsi songe que tu nourriras les hommes qui mangeront le pain fait de ta matière.»

Quelle belle leçon d'humilité et d'espoir m'a apportée cette petite voix ! Elle est ma mémoire ancestrale, celle que chaque parcelle de vie porte en elle. Elle m'oblige à m'interroger et à me remettre en question et c'est salutaire. Je suis minuscule et pourtant tellement important. J'en prends conscience et l'envie de grandir me submerge et une certaine impatience m'anime soudain. Alors, l'étreinte qui m'étouffait desserre ses griffes et je me laisse aller. J'accepte ma boursouflure puisque tel est mon destin. Elle me gonfle même de joie et de fierté d'avoir été choisi pour perpétuer la spirale du vivant. Se laisser porter et la Nature fera le reste j'en suis pleinement convaincu. Je ne suis rien et Elle est tout.

 

Introspection du 4 février 2026 (Joe Krapov)

 


Cela ne va pas de soi de parler de soi
Surtout que l’on n’est pas ici
Pour raconter sa vie.

Donc, pour répondre à l’injonction
D’introspection,
On n’aura aucune prétention.

Le meilleur moyen pour aller en paix
Est bien de se considérer
Comme un personnage de Sempé.



On se sent, du coup,
Bien plus Passepartout
Passe-partout
Traversant, débrouillard,
Tous les brouillards
Que Philéas Fogg.

De ce fait le tour du moi
Ne durera pas
Quatre-vingts jours.



Car qu’a-t-on d’unique ?
Comme demande
Caton d’Utique.

On a un intestin grêle
Planqué au bas du ventre
A l’abri des grêlons ;

Pas très loin un gros côlon sans médailles sur le poitrail,
Un sternum, un sacrum, un duodénum qui vaut bien le "Duo des chats" de Rossini ;

On a des côtes fendues quand nous prend l’envie de rire,
Un estomac dans les talons lorsque la faim nous tenaille
Et qu’abonde la boustifaille
Ou que sonne l’heure de la graille ;

On a des vaisseaux sans gains vu qu’ils n’ont jamais joué au loto
Et donc tout est normal, docteur !

Par contre on n’a pas le cœur sur la main
Et pas même peut-être l’âge de ses artères
Ni celui de César Franck.

On a deux humérus clausus,
Des péronés de péronnelle,
Des tibias sans protège-mollets,
Du sang de navet,
Deux poumons vous dis-je,
Un pancréas pacifiste qui ne veut pas pratiquer le pancrace
Et encore moins la lutte des crasses.

On a un cœur fidèle d’Ardéchois (?)
Ce qui nous permet parfois
D’évoquer Saint-Jean Ferrat

(cf infra) !

On a parfois en nous une fièvre de cheval
Alors on ronge son frein,
On piaffe d’impatience
Ou bien on hennit gmatique
Pour que personne ne devine
« Ce qui m’habite et qui m’obsède ».



On a un foie mais pas de foi parce que l’homme de peu de foi ne se fait pas avoir deux fois.

On a des chansons plein la tête, une mémoire phénoménale, une curiosité vagabonde, une imagination certaine et surtout, gangrenant tout ça, on a cette maladie qui force à noircir des cahiers et saturer des disques durs externes : un cancer de l’outil scripteur !

Faire son introspection : agréments et désagréments (Clio 101)

  

Assise en tailleur au creux de ma chambre, je laisse ma respiration s’apaiser, devenir plus ample, profonde. La fraîcheur du bâton de santal qui brûle sur l’autel vient chatouiller mes narines et m’entraîne loin du chaos. Très vite, mes pensées s’invitent.

            Qu’est-ce que je vais bien pouvoir manger ce soir ? Diantre ! J’ai oublié de mettre ma chef en copie à mon dernier mail. Bientôt week-end avec les copines, trop hâââte ! C’est l’anniversaire de ma mère ce week-end et encore une fois je n’ai toujours pas de cadeau ! Flûte, je vais être obligée d’aller faire les boutiques samedi !

            Comme mon application de méditation n’a pas cessé de répéter, je les regarde, les salue de la main, range les plus importantes dans mon classeur interne pour y revenir après, et les laisse partir comme elles étaient venues. Bon, maintenant, j’y vais. Je me focalise de nouveau sur ma respiration et m’ancre aux battements de mon cœur. Je vais enfin pouvoir me rencontrer et discuter avec mon moi intérieur de mes aspirations. Faire mon introspection, quoi !

            Une respiration, deux respirations, trois respirations….

            Rrrrrrr….Rrrrrrr…Rrrr…Aieuh !!

            Ne me voyant plus depuis au moins deux minutes, Gribouillis, mon adorable chat pot de colle vient de me rejoindre. Les ronrons apaisent l’esprit, parait-il. Les ronrons, oui, le patounage plein de griffes, non. Agacé par mon cri de douleur, mon matou me gratifie d’un coup de patte avant de se rouler en boule sur mon lit, histoire de m’avoir toujours à l’œil (et chasser les mauvais esprits, les chats ont la capacité de distinguer et de chasser les esprits maléfiques, tout le monde, enfin tous les amateurs de félin le savent).

            Sous la protection de ma boule d’amour, je me reconcentre, non sans avoir vérifié que mon téléphone portable est bien sous silencieux et hors de la pièce. Je me connecte à mon corps, écoute mon cœur et mes poumons m’insuffler la vie. Les bruits du dehors passent en arrière-plan, je rends grâce pour être au chaud et en sécurité dans ma chambre, aimée et protégée. Ma respiration s’approfondit et bientôt, plus rien n’existe que moi, mon souffle et l’univers. L’enfant que j’étais et mon moi du futur m’accueillent et me sourient. Nous nous regardons, sans parler. Mon passé me félicite pour mes succès, les montagnes que j’ai franchies, les obstacles que j’ai surmontés, les victoires que j’ai obtenues. Mon avenir me montre l’infinité de mes possibles, je n’ai qu’à choisir et avancer, jour après jour. J’accueille le présent, cet instant parfait où la peur et les doutes n’ont plus leur place.

            Je suis bien, je respire, je vis.

 

Ronchonchon il aime pas les poulets (Nana Fafo)

 

Chair de poules !




Ce matin, réveil en fanfare ! 

Gyrophares et sirènes donnent le ton dans toute la campagne.


La ferme de Nana Fafo voit débarquer une intromission de voitures bleues 

de l'inspection de la famille Poulaga 

pour une introspection dans les moindres recoins du poulailler.


Nana, tablier noué, déboule de sa cuisine, en mode cocotte minute extravertie.

Prête à voler dans les plumes de ces intrus

venus troubler la paix de sa petite ferme en laine.


Explications des poulets :


Il paraîtrait qu'Yvanne et Mauricette

ont papoté dans la Taverne de leur Ferme Dac au Thé

d'une nouvelle maladie chez les cocottes : la Tagrose. 

Elle aurait commencé au poulailler de la ferme de Nana.

Cette rumeur s'est répandue comme une traînée de poudre. 


Le bougre à oreilles, Norbert Laureille, toujours à l'affût, 

a immédiatement informé les bleus du coin... 

Et patatras, 

une intrigue policière s'est mise en branle, 

ça ne court pas les rues, à la campagne !


Les poulets exigent alors l'introspection du poulailler. 

Ils recherchent une preuve.

Quelque chose qui rendrait la chair rose.

Rien que d'y penser, ça fout la chair de poule !

La fouille est minutieuse.

Mais le délit reste introuvable.


Les poulets s'apprêtent à repartir 

quand un bruit de tracteur sort de la grange.


Roule ma poule, c'est Ronchonchon 

qui file à l'anglaise sur son tracteur préféré.


Dès qu'on lui parle de poulet, 

il passe en mode "poule mouillée".


Intrigués les poulets chevronnés observent la scène.

Le tracteur s'éloigne... et laisse derrière lui une traînée suspecte.

Un liquide visqueux.

Rose.


Jetant un pti coup d'oeil dans son rétroviseur, Ronchonchon comprend.

Cette fois, le “pas vu pas pris” ne suffira pas.


Les poulets repartent en fanfare pour coffrer Ronchonchon.

Il va avoir le temps d'amorcer une introspection approfondie sur ses erreurs du passé.






Ont-ils chassé le morse ?

(Did they hunt the walrus ?)     Ecridelle ; Walrus ;