samedi 20 juin 2026

Ils l'ont dit mais on n'a rien compris

   


 

 Lothar ; Laura ;

Défi #929

 

Y comprenez-vous quelque chose ?

 

Charabia 

 


  

 

Ont carillonné (ou pas)

 



 



 Laura ; Lilousoleil ; Monsieur X ; Nana Fafo ;

Marie Sylvie ; Kate ; Lothar ; Walrus ;

Joe Krapov ; François ;

 

  


Le beffroi ou vaincre ses peurs (Laura)

   

 

Je croyais avoir déjà raconté cette histoire... par écrit.

Mon mari avait un rendez-vous professionnel et il m'avait déposé dans une ville du Nord pour que je la découvre comme j'aime le faire. Il m'est venu l'envie de découvrir le beffroi de l'intérieur. Alors je m'engageais dans l'escalier, en colimaçon bien-sûr. Et tout à coup, la lumière s'éteint. Je ne sais plus si c'était en montant ou en descendant, ce qui est pire pour moi car j'ai peur du vide, surtout quand je descends des escaliers, surtout très pentus et/ou étroits ce qui était le cas dans ce beffroi.

Une autre fois en Ardèche (mon mari  y travaillait et nous vivions dans le Drôme, de l'autre côté du Rhône) avec mon mari, je voulais voir un château en ruines[1] de près et pour cela il fallait monter. Pour mon mari, cette grimpette était facile car il avait fait de l'escalade mais moi, ça été un peu plus compliqué surtout que j'étais en tong. En haut, j'étais heureuse de l'avoir fait car au-delà des ruines, la vue était magnifique. Un moment, il fallut redescendre et là, je dis à mon mari: je peux pas!!!Mais je l'ai fait, toujours en tong et avec l'aide de mon mari qui trouvait que la descente était plus difficile que la montée. Il me disait sur quel rocher poser mn pied.

Une autre fois, seule, je montais le château de Tarascon sur Rhône alors que je l'avais vu souvent.

Là, comme les deux autres fois, la curiosité (qui est mon moteur le matin quand ça ne va pas bien surtout), l'envie de voir le paysage (mon sujet de recherche) d'en haut m'a aidé çà vaincre ma peur du vide dans ces trois cas. J'ai parlé avec quelqu'un de ma famille du château et n'avait pas comme moi... à cause de la peur qu'il m'a inoculée et que je combats avec d'autant plus de force depuis que je suis veuve.

Distances (Monsieur X)

 



Ce n'est qu'un bruit qui court,
Qu'une rumeur encore... 
Une rumeur. Tout court. 
Que la brise édulcore. 
Le sifflement
D'un drone qui s'écrase. 
Le hurlement
D'un quartier qui s'embrase.

Ce n'est pas du côté
De mon paisible monde
Que l'on a tricoté
Un ciel de feu sur l'onde,
Mais ce feu-là
Retombera peut-être
Par-ci, par-là,
Jusque sous ma fenêtre.

Tu restes sourd et froid,
De marbre ou bien de glace,
Hautain comme un beffroi
Qui toise sa grand-place...
À quoi ça sert
De te demander l'heure ?
À quoi ça sert ?
Même pas pour du beurre !

Du beurre, ils n'en ont plus
Au bout de leurs cuillères. 
Du miel, du lait, non plus. 
Qu'importe leurs prières,
Moi, je t'en veux
De les laisser y croire,
Oui, je t'en veux...
Mais c'est une autre histoire !



 

Ce beffroi, sans foi ni loi, mais quel effroi (Lothar)

 

Je parle rarement.
On me sonne, on me contourne, on me photographie parfois, mais on m’écoute peu.
Alors, pour une fois, laissez-moi raconter.

Je suis la vieille église de Carhaix, celle à la tour carrée, celle qui servit de « beffroi » faute de mieux.
Un beffroi de campagne, rugueux, sans fioritures.
Un beffroi qui sonnait moins pour la gloire que pour l’alerte.
Et Dieu sait que, dans ces années-là, j’en ai sonné, des alertes.

On ne choisit pas ses fidèles, pas plus qu’on ne choisit ses ancêtres.
Vous, humains, vous héritez de sang ; moi, j’hérite de vos histoires.
Certaines sont pieuses.
D’autres… beaucoup moins.

Vers 1590, j’ai vu passer un drôle d’oiseau : La Plante.
Un nom de jardinier, une âme de tempête.
Un parent du fameux Guillaume Douars de La Plante, ligueur acharné, « satellite de Fontenelle » comme disaient les lettrés.
Mais celui-ci, PL, votre ancêtre, n’avait rien d’un homme de plume.
Il préférait les moulins fortifiés aux bibliothèques, les arquebuses aux arguments, et les coffres aux consciences.

Retranché avec une trentaine de soldats dans son moulin fortifié près de Carhaix, il pillait les environs avec une régularité presque liturgique.
Moi, du haut de ma tour, je voyais les paysans lever les yeux vers moi, espérant que mes cloches sonneraient autre chose que la peur.
Mais non : chaque fois que je tirais sur la corde, c’était pour annoncer que La Plante avait encore décidé de « visiter » les honnêtes gens.

Il avait une méthode bien à lui pour retrouver les trésors :
il commençait par les pieds.
Il les chauffait doucement : trop doucement pour l’enfer, trop cruellement pour la terre, jusqu’à ce que les propriétaires se souviennent soudain de l’endroit exact où dormait leur argent.
À côté de lui, un percepteur aurait passé pour un troubadour.

Puis vint juillet 1594.
Un matin, j’ai vu arriver Claude Kerguezay, sieur de Kergomar, gouverneur de Guingamp, cinquante arquebusiers à ses côtés.
Ils marchaient droit, sans hésiter. Cette année-là, le Roi avait décidé que certains bandits avaient assez vécu.
Le moulin fut encerclé, attaqué, réduit au silence.
La Plante tomba.
Et moi, pour la première fois depuis longtemps, j’ai pu sonner autre chose que l’effroi.

Depuis, les siècles ont passé.
J’ai vu les guerres, les processions, les marchés, les mariages, les enterrements.
Et puis, un jour, j’ai vu arriver… des scènes géantes, des amplis, des foules.
Les Vieilles Charrues.
Ah, ça, pour un « beffroi », c’est un choc :
passer des brigands aux festivaliers, des arquebuses aux guitares électriques, des cris d’alarme aux refrains repris par cinquante mille voix.
Je n’ai jamais autant vibré – littéralement.

Alors oui, quand un descendant passe devant moi, je sens un frisson dans mes vieilles pierres.
PL, vous portez en vous, dans votre ADN, un grand inquisiteur d’Espagne qui surveillait les âmes, un brigand de Bretagne qui détroussait les bourses, et désormais un festival qui fait danser la France entière.
Entre les trois, vous défiez, vous écrivez.
C’est déjà une forme de paix.

Pour ma part, je préfère encore les festivaliers. Ils font beaucoup de bruit, certes, mais ils brûlent rarement les pieds de qui que ce soit pour retrouver leur porte-monnaie.

À bien y réfléchir, l’humanité n’a peut-être pas tellement changé : elle aime toujours les foules, les chefs, les grands discours et les refrains qu’elle reprend en chœur. Simplement, de temps à autre, elle apprend une chanson meilleure que la précédente. C’est peu. C’est énorme. Et depuis cinq siècles que je regarde passer le monde, je prends cela pour un progrès.

« J’ai connu La Plante, ses arquebuses et ses pillages. J’ai connu les soldats du Roi. J’ai connu les processions et les marchés. Puis sont arrivées les Vieilles Charrues. Entre nous, je préfère largement les gens qui viennent avec un billet de concert qu’avec une mèche allumée. »
 
  

Se faire sonner les cloches (Walrus)

  

Sur la photo que j'ai utilisée en illustration du mot de la semaine, vous pouvez voir le beffroi de Mons :


Si vous en préférez une vue plus originale, je peux vous montrer celle de la skyline  de Mons réalisée en ardoises par mon gendre-breton-compagnon-couvreur pour orner le toit d'une étude notariale de la dite ville :


C'est à son ombre que j'ai effectué mes études secondaires.

Bon, "à son ombre", c'est façon de parler, une expression toute faite : ce machin filiforme n'ombrage pas grand monde... 

À cette époque il était dans un triste état mais depuis, il a été restauré. C'est le seul des 56 beffrois inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO qui est de style baroque.

C'est peut-être pour cette  raison qu'après avoir été un fondu de jazz, j'en suis devenu un de musique baroque (sans renier le jazz, faut pas rêver non plus).

En fait de musique, ces beffrois sont équipés d'un carillon et à Mons, il y a une ducasse où est organisée une animation dont le point d'orgue  est une "représentation" du combat de Saint Georges contre un dragon (voilà qui devrait plaire à mon neveu Joe).

Et ce combat se déroule au son d'une musique répétée en boucle par une fanfare, musique qui s'appelle "Le Doudou" je vous en ai dégotté un enregistrement où elle est exécutée par le carillon du beffroi... dans les années 40 !

 


Si vous voulez des détails sur cette ducasse, un bidule folklor(hydr)ique absolument déjanté, vous en trouverez ici.


 

Au pied du beffroi (Joe Krapov)

 






Il se peut qu’au pied du beffroi
On raconte des cafougnettes,
On fasse de sacrées camanettes
Et, qu’ayant bu ou non bistoule,
On y dise bien des cacoulles !

Il se peut qu’au pied du beffroi,
Avant de rentrer à s’baraque,
Un agosil bourré berloque
Et s’étale dans une flaque,
Mettant dé l’berdoulle à ses loques.

Il se peut qu’au pied du beffroi
Du côté de Bergues ou Peuplingues
On ne passe jamais wassingue
Quand il drache de Lille à Templeuve
Ou qu’à Douai ch’timps i’ est à l’ pleuf

Mais jamais, au pied du beffroi,
S’il fait un soleil fantastique
Le guerrier n’a ses kfeux qui arbiquent ;
Jamais i’ n’ira à l’ducasse :
Alle est tout in caillo, s’carcasse !


Pour qui ne pratiquerait pas la langue de mon enfance,
voici une traduction en français soutenu : 


Il se peut qu’au pied du beffroi
On raconte des histoires drôles,
On commette des commérages
Et, qu’ayant arrosé son café de genièvre,
On conte des carabistouilles !

Il se peut qu’au pied du beffroi,
Avant de retourner chez lui,
Un idiot enivré chancelle
Et s’étale dans une flaque,
Maculant de boue ses habits

Il se peut qu’au pied du beffroi
Du côté de Bergues ou Peuplingues
On ne passe jamais la serpillière
Quand il pleut de Lille à Templeuve
Ou qu’à Douai il bruine aussi

Mais jamais, au pied du beffroi,
S’il fait un soleil fantastique
Le guerrier n’a ses cheveux qui rebiquent ;
Jamais il ne montera
Sur les chevaux de bois
De la fête foraine :
Son corps est taillé dans la pierre !


photos prises à Lille en juillet 2023


LE BEFFROI DE MONS (François)

 

Le beffroi de Mons

 

En me promenant dans le jardin du Mayeur,

Après avoir à Mons, traversé la Grande Place,

J'ai pris des photos tout en hauteur,

Du beffroi qui me faisait face.

 

Ce monument historique,

Appartient au patrimoine de la Wallonie,

Son attrait touristique,

Est grand, quand les cloches jouent avec l'harmonie.

 

Elles savent marquer le temps,

En offrant leurs aubades sur la ville.

Tous les dimanches sonnants,

Elles donnent leur mélodie tranquille.

 

Il est à l'œuvre le Carillonneur,

En l'écoutant avec passion,

Il a su nous nous servir un instant de bonheur,

Et de merveilleuses émotions.

 

LE BEFFROI QUE JE N'ATTEINDRAI PAS (Marie Sylvie)

  


 
Je repoussais toujours les voyages à plus tard.  
Je me disais qu’un jour
Lorsque le travail se calmerait
Lorsque la vie serait plus douce
Lorsque j’aurais le temps… j’irais voir les beffrois du Nord
Les cathédrales du Sud
Les falaises de l’Ouest.  
Je croyais à cette retraite pleine de routes et de paysages
À ce grand souffle d’air qui me porterait enfin.

Puis mon corps a dit non.  
Un non définitif
Sans appel
Sans détour.  
Alors les voyages se sont refermés comme des portes trop lourdes pour mes mains fatiguées.

Il n’y a pas de beffroi dans la Sarthe  
Ou alors je ne l’ai jamais trouvé.  
Mais ce mot aujourd’hui m’ouvre un passage.  
Je voyage autrement
Couchée
Immobile
Mais pas vaincue.  
Je traverse les villes par Internet
Je m’endors devant des images qui ne sentent ni la pluie ni la pierre chaude
Mais qui me tiennent compagnie.  
Je regarde les clochers
Les tours
Les places
Et j’imagine le vent qui me manque
L’odeur du monde que je ne peux plus respirer.

Le beffroi que je ne verrai jamais debout
Je le visite quand même.  
Je le visite avec les yeux du dedans.  
Et parfois c’est presque mieux : 
Il ne pèse pas
Il ne juge pas
Il ne me rappelle pas ce que je ne peux plus faire.  
Il m’accueille
Simplement
Comme une vieille tour qui sait que certains voyages ne se font plus avec les jambes
Mais avec la mémoire et la lumière.

Que de beffrois ! (Kate)

  

Beffroi, oui, ça vient du Nord, le Nord ! Celui-ci et celui-là aussi (on est toujours au Nord d'un Sud, quelque part...). Et voilà que je découvre que, si près de moi, la Tour de l'Horloge est un beffroi ! (Merci Walrus !)

Oui, le beffroi plus que l'effroi (et que le froid, dans le dos, ou pas) et il vient du "belfry" de nos amis anglais qui ont l'expression "to have bats in the belfry" dont notre équivalent est d'avoir une araignée au plafond, pas si loin...

En outre, si chez nous il pleut des cordes, chez eux "it's raining cats and dogs" mais plus rarement il y a plus encore drôle : "it's raining men" !

 

(extrait de la brochure "IMAGE DE RIOM", 1984

)

 

Paroles de Beffroi (Lilousoleil)

  

 

Une vieille clé rouillée,

Un grand beffroi qui sonne midi,

Une fuite d'eau derrière la paroi,

Trois fonctionnaires fatigués qui réclament l'octroi,

Un chevalier en plastique fatigué de son tournoi,

Une tasse de café renversée sur un profond désarroi,

Un fier palefroi qui broute sur le rond-point,

Un grand effroi devant la facture d'électricité,

Une lettre recommandée portant mention de renvoi,

Un long convoi de camionnettes de déménagement,

Un jeune diplômé à la recherche d'un emploi

,

Et un petit oiseau qui chante sur le toit.

 

Quel effroi ! (Nana Fafo)

 


A la ferme de Nana, l'ABCD  n'a pas froid aux yeux



Cette semaine Ronchonchon en a marre
que Nana plombe l'ambiance avec ses pleurnicheries. 
Lui, il va la détendre l'ambiance !
D'ailleurs il est parti sans aile à l'estaminet (normal pour un cochon).

Ce matin, la fine équipe ragote sur les deniers potins 
quand un Turc venu du Nord qui a toujours la caillette, dit :
"ahhh froid"

Bon vous le voyez venir ou pas Ronchonchon avec ses blagues à la noix ?
Il lui répond 
"et moi behhh froid"

Quand à Walrus qui n'en loupe pas une il réplique derechef 
"c'est froid".

J'ai ouïe dire que le Samedi Défi suivrait un ordre AlphaBêteTique ! 
En tout cas à la ferme de Nana c'est souvent qu'une bête qui pique n'a pas d'effroi.


samedi 13 juin 2026

Défi #928

  

Un truc du Nord
et même surtout du nord du Nord

 

Beffroi 

 


 

Ont créé leur ambiance

  


 

Laura ; Walrus ; Monsieur X ; Kate ;

Marie Sylvie ; Lothar ; François ; Joe Krapov ;

Nana Fafo

  

 

 

Ambiance (Agent d') (Joe Krapov)

 


On aura peut-être du mal à me croire mais je ne suis pas un mec qui la ramène. «Je suis là sans y être tout en y étant» comme a très bien dit de moi autrefois ma collègue Françoise T.

Du coup, je fais le job mais je n’en tire aucun profit, je ne me vante pas à la façon des publicités du genre « C’est moi qui l’ai fait ».

Lundi, au repas avant la cérémonie funéraire en l’honneur de mon nonagénaire préféré, la bouteille de rouge, c’est moi qui l’ai amenée en souvenir des nombreuses fois où nous avons trinqué en toute confraternité et familiarité.

Le « Chant de la promesse » qui a été envoyé dans l’église et a été repris par le public était un enregistrement des Am’nez ziques, Krapov et Le Bichon. Ça aura été ma dernière tentative de faire sourire le gars Pierrot. Est-ce qu’on se souvient de sa cérémonie funéraire quand on arrive dans « the Good place » ?



A la réception, après, le diaporama des photos du disparu, de son épouse et de ses enfants, de leurs amis, c’est aussi moi qui l’ai concocté avec force larmes et moments de tristesse débordante.

Le mardi, la vie reprend ses droits. La consigne d’écriture visant à réécrire les fables de la Fontaine avec un vocabulaire disparu du dictionnaire Larousse, c’est moi aussi qui l’ai pondue. Personne ne veut plus faire le job de faire plancher des écrivant·e·s une fois par semaine pendant neuf mois. C’est vrai, au bout du compte on n’accouche de rien parce que ces dames ne croient pas que leur littérature vaut mille fois mieux qu’une défèque-niouze des zéros sociaux !

Ce jeudi, la façon de résister à l’attaque fegatello et la bonne stratégie pour tenir le choc dans la défense Ruiz au jeu d’échecs, c’est moi qui les ai enseignées à mes complices mais c’est aussi une cause perdue : ils ne travaillent pas à la maison entre deux sessions de rigolade dans la cafétéria déserte ! En plus l’un d’eux oublie son téléphone et on ne peut pas lui envoyer un mail pour le prévenir vu qu’il n’ouvre jamais son ordi. Il n’en a pas.

Ce vendredi, les chansons pour la saison prochaine, c’est moi qui les ai amenées en vue de les faire découvrir à ma chorale en déplacement à Saint-Malo. La chanson-hommage à l’ami décédé – ça meurt beaucoup, ces temps-ci, par ici ! – je l’ai interprétée devant une mer couleur d’émeraude et un téléphone en mode caméra pour témoigner de l’amitié à la famille du disparu.




Tout ça ce sont des moments de vie collective. J’y participe, je fais ma part, je suis payé en retour par la satisfaction des membres de ces groupes. Ils me réinvitent, ils reviennent, ils m’acceptent comme agent d’ambiance… alors que je ne suis même pas breton ! Une espèce d’étranger, de Ch’ti à deux doigts de pleurer encore en chantant « Les Corons » de Pierre Bachelet . Oh la la, que d’émotion !

Finalement je me demande si je ne suis pas tout simplement un juke-box. Tout ce que je sais faire dans la vie c’est trouver des chansons qui collent à la situation. «La Tendresse» de Bourvil pour mes beaux-parents, « Dominique » de Soeur Sourire pour les photos de communiant retrouvées de celui de mes beaux-frères qui porte ce prénom, « On se retrouvera » de Michel Bühler plutôt que « Je vous emporte dans mon coeur » de Gilles Servat pour accompagner un deuil.

Un juke-box gratuit. Que voudriez-vous que je fasse de vos pièces de vingt centimes, surtout maintenant que Bernadette Chirac et son opération pièces jaunes ne sont plus, elles non plus, de ce monde ?!


AMBIANCE ... DEUX MONDES DANS LA MÊME NUIT (Marie Sylvie)

  


 


Il y a des lieux où l’ambiance ne se contente pas d’exister :  
Elle se dédouble
Se contredit
Se déchire.  
Cette discothèque en faisait partie.

D’un côté la fête battait son plein.  
Un anniversaire qui riait trop fort
Un enterrement de vie de garçon qui levait les bras  
Comme si le monde entier était une piste de danse.  
Les verres tintaient.
Les épaules se frôlaient
Et la musique gonflait les sourires  
jusqu’à les faire déborder.

De l’autre côté
À quelques mètres seulement
Un homme noyait son divorce dans l’alcool.  
Il ne fêtait rien lui.  
Il tentait juste d’oublier.  
Son ambiance à lui était lourde
Épaisse comme une fumée qui ne veut pas monter.  
Il buvait pour étouffer le silence  
que personne n’entendait.

Et moi au milieu
Je travaillais depuis trois ans  
Sans jamais voir la couleur d’un salaire.  
Je connaissais les coulisses
Les faux éclats
Les vraies misères
Les rires qui sonnent creux  
Et les regards qui glissent trop vite.

Cette nuit-là 
Les deux ambiances se sont percutées.  
La joie trop bruyante
La tristesse trop imbibée.  
Un mot de travers
Un geste de trop
Et la fête s’est renversée.  
Les rires se sont changés en cris
Les verres en projectiles
La piste en champ de bataille.

L’ambiance alors n’était plus double.  
Elle était unique
Violente
Absurde.  
Une seule vibration
Un seul chaos
Comme si la nuit elle-même avait perdu l’équilibre.

Et moi témoin malgré moi
J’ai vu ce que peu voient :  
Qu’une ambiance peut basculer d’un souffle
Qu’elle peut contenir à la fois  
le meilleur et le pire
Et que parfois
Elle finit par choisir le pire.


 

... et cotillons ?

  

Je vis un peu hors du temps, en marge... aussi, je ne sais pas si aujourd'hui encore, des restaurants ou des organisateurs de fêtes font toujours de la pub où ils annoncent pour attirer le client : "Ambiance et cotillons".

Comme si les accessoires étaient les garants d'un soirée réussie.

Ma mère elle-même ne concevait pas un réveillon de Nouvel An sans fournir à chaque convive son lot de serpentins, sarbacanes et autres langues de belle-mère (et je parle même pas des chapeaux)...

Moi, je trouvais ça un peu idiot surtout que le lendemain, il fallait tout nettoyer et que s'il y a quelque-chose que j'encaisse mal, c'est de retrouver les projectiles colorés des sarbacanes dans mon verre de Chambertin Latricières.

Non, je ne voyais pas l'utilité de tout cela, d'autant que j'avais remarqué que, sans cotillons pourtant, dans mon pays, même les repas de funérailles finissaient souvent en rigolade, particulièrement si le défunt avait été lui-même un joyeux drille.

Par ailleurs, drôle de mot que ce cotillon ! À l'origine il désigne un petit jupon que les femmes portaient sous leur cotte. Comment, vous ne connaissez que la cotte de maille ? 

Mais alors, vous n'auriez pas connu ma copine Célestine Troussecotte ? Elle a participé régulièrement aux défis jusqu'à ce qu'elle s'embrouille, comme pas mal d'entre nous (y compris votre serviteur)  avec joye notre Iowagirl de service. 
Si c'est le cas, vous avez manqué quelque chose !

Et moi, quand on me dit jupon, je pense tout de suite à Souchon...


  

 

 

Ils l'ont dit mais on n'a rien compris

        Lothar ; Laura ;