samedi 21 février 2026

Défi #912

   

Cherchons la sortie... 

 

Labyrinthe 

 


  

 

 

Ont-ils chassé le morse ?

  

(Did they hunt the walrus ?)

 


 

Ecridelle ; Walrus ; Marie Sylvie ; Vegas sur sarthe ;

Nana Fafo ; Monsieur X ; Kate ; Joe Krapov ;

François ; Clio 101 ; Lecrilibriste ;

 

 

Anoki (Lecrilibriste)

  

 

Anoki signifie « comédien »
C’est ce que sa mère lui a dit
Et il jongle avec sa pagaie Anoki
Dans un décor à jamais
préservé de toute destruction
Il part à la chasse au castor
Ou bien à la chasse au trésor
Au morse ou au saumon
Ça n’a pas d’importance
Il l’aura de toute façon !
Même si c’est le benjamin,
Le tout petit
Il a l’âge de raison Anoki
pour attraper les poissons.
Il est le maitre de sa rivière
et il sait manier son harpon
Son kayak fend les eaux vives
Et glisse sur le tapis élimé
de la salle à manger
Loin du tumulte du monde
Il est à la chasse, Anoki
Rien ne peut l’arrêter
Et il bataille, il pagaie, il pagaille
et soudain il crie !
Ça y’est, je l’ai !!!

 

Blablabla + Glouglouglou = ? (Clio 101)

  


« J'y allais tous les étés quand j’étais gamin. » « Sur la falaise, tu vois, ce sont des grottes troglodytes. A la Préhistoire, les gens… » « Je rêve de m’installer dans le coin quand j’aurai un boulot stable. Une maison sympa avec un jardin pour accueillir mes amis… »

Et blablabla, blablabla, blablabla. Ça fait quinze minutes qu’on est partis,  autant de temps que Nathan parle, sans que je puisse en placer une. Moi qui voulait profiter du paysage, du ronronnement de la rivière, du chant des oiseaux et de la caresse du vent, tout ce que j’entends c’est la voix de Nathan.

Assise en face de lui, Margot s’efforçait d’empêcher ses yeux de se fermer, tout en essayant de garder un visage avenant. La promenade en kayak n’était pas désagréable, loin de là, mais le débit constant de son interlocuteur en gâchait tout le plaisir. Un sourire de plus en plus forcé à mesure que les minutes s’écoulaient, elle le guettait du regard, attendant une pause dans son discours pour tenter de lui poser une question.

De nature timide, Margot n’osait jamais interrompre quelqu’un qui lui parlait. Surtout si la personne en question ne lui était pas indifférente.

Pour sa part, Nathan poursuivait ses explications, inconscient de la tempête de pensées qui occupaient l’esprit de son joli vis-à-vis. Très attaché à la région où il avait grandi, il s’emportait presque toujours quand il voulait la faire découvrir à des inconnus. Surtout si son interlocutrice lui plaisait. Dans ces cas-là, il en rajoutait, encore et encore, jusqu’à ce qu’on le supplie d’arrêter. Ce qui, à l’évidence, n’était pas le cas de Margot qui buvait littéralement  ses paroles.

Quand il vit son doux visage se crisper et elle se lever à demi, il s’interrompit, alarmé. Moins d’une seconde plus tard, il sentit sa rame se bloquer dans un rocher. Pour se dégager, il accentua sa poussée.

Un peu trop.

Le mouvement de balancier imprimé par son bras, projeta le kayak vers l'avant et les envoya à l’eau. Habitué des naufrages, il se releva d’un bond. En quelques enjambées, il rejoignit son embarcation, la retourna et s’empara du bidon en plastique qui contenait leurs affaires. Il le projeta sur la rive toute proche et chercha Margot du regard.

Assise sur un rocher un peu en surplomb, elle se tenait une cheville en grimaçant. Les pires scénarios se mirent à défiler dans son esprit. Il nagea plutôt qu’il ne marcha dans sa direction.

-         Mon Dieu, je suis désolé, tellement désolé. Tu t’es coupée ? Tu saignes ? Ta vison n’est pas troublée ? Tu veux qu’on appelle les secours ?

-         Je crois…que je me suis foulée la cheville en tombant.

La grimace de douleur qui apparut sur son visage coupa net son débit affolé. Ses réflexes revinrent alimenter son cerveau.

-         Il ne faut surtout pas que tu poses le pied par terre. Ne bouge pas et laisse-moi faire.

Avec délicatesse, il passa un bras autour de ses épaules, un autre sous ses genoux et la souleva doucement. Il la porta jusque sur la rive, l’adossa contre un rocher, avant de sortir une serviette du bidon et de l’envelopper. Il l’aida à ôter ses vêtements mouillés et à en passer des secs puis s’assit  contre elle pour la réchauffer avant d’appeler la société de location de kayaks.

Une douce chaleur se lova dans le cœur de Margot, une chaleur qui n’avait rien à voir avec sa serviette. De bavard intempestif, Nathan s’était montré prévenant et attentif.  Le rendez-vous avait eu beau commencer de façon un peu étrange et se finir à l’eau, elle avait un léger goût d’inattendu. Avec un sourire, elle se blottit un peu plus contre lui et lui posa une question.

Quand les secours arrivèrent, ils avaient déjà planifié leur prochain rendez-vous. 



 

Deux Inuits (François)

  

 

DEUX INUITS


DEUX INUITS

 


Deux inuits dans la baie d'Hudson,

Dans leur kayak de mer s'approchaient du rivage,

À coups de pagaie, ils avaient tracé leur sillage,

Parmi les glaces, sans connaître le moindre frisson.

 

D'habits De peau de phoque ils étaient couverts,

Ils allaient repartir munis de leur arpon.

Pour chasser des animaux et les poissons,

Ils n’avaient pas de légume dans leur univers.

 

On dit même qu'ils pouvaient chasser la baleine,

De quoi faire de grandes réserves pour la communauté,

Cette pêche était particulièrement risquée.

Dans leur embarcation, ils pouvaient connaître de grandes peines.

 

Leur nourriture étant essentiellement carnée,

Ils avaient des besoins de graisse pour vivre l'éternel hiver.

Pour nous, ce régime, cette froidure seraient un enfer,

Par ce climat, nous serions vite enchaînés.

 

 

Yak, Kayak, Ya Ka ! (Nana Fafo)

 

L'appel au 911 (quelle pelle !)



Comme chaque samedi matin, 

toute la ménagerie est réunie à l'estaminet

pour discourir et jouter verbalement sur les péripéties de la ferme,

tandis que Nana s'affère dans sa cuisine.


Un petit rituel intrigue Ronchonchon :


Bruno s'approprie toujours le journal "le Samatin" 

à la Une, des gros titres du samedi pour atteindre le coeur des lecteurs.

Il tourne discrètement les pages pour aller lire d'abord quelque chose

et revient à la première page.

Ronchonchon remarque aussi que Walrus observe la scène

avec un petit rictus en coin.

Voilà un nouveau mystère à éclaircir...


Que cache Bruno ?

De quoi Walrus est au courant ?

Serait-ce un complot contre lui ?


Tout le monde papote tranquillement et bruyamment

sauf Ronchonchon qui reste silencieux devant son lait de poule au café.

Walrus, lui lance "t'es toujours en colère contre Valentin ?"

Ronchonchon lève les yeux et souffle... 


Il décide de suivre Bruno.

Ce coq, laid pour un cochon, se dandine dans la cour de la ferme

et se rend, l'air de rien, près de l'étable de Boss

le Yak que Nana avait ramené de son voyage.

Bruno lui tend quelque chose et s'en va discrètement...


C'est quoi ce trafic ?

Ronchonchon décide de suivre Boss.

Ce dernier se dirige vers le lac

il sort des fourrés un truc couleur chocolat

ça ressemble à une barquette, une petite barque 

à l'intérieur de laquelle il se glisse.

Mais dans son cas, Yak de milles livres

il va couler et se noyer dans ce Kayak.


Ronchonchon se demande :

Mais où va-t'il ?

Doit-il appeler le 911 ?

Suite au prochain numéro...




Faire du kayak à Gaillac (Joe Krapov)

 





Aujourd’hui je ne me sens pas de taille à réenfourcher le vélo de la si nécessaire réforme orthographique.

Et pourtant le mot de la semaine, « kayak », nous montre une fois encore qu’il y aurait de quoi simplifier nos pratiques. En témoignent les différents exemples d’écriture du même son « y » qui figure au milieu de ce palindrome.

Oyez, mes ouailles de l’Ohio, le bruit du vent dans les oyats ! Car figurez-vous qu’on peut faire du kayak à Gaillac (le Tarn y coule).

On peut aussi s’emmêler les crayons à Cavaillon en inscrivant le prix du melon.

Sauf s’il s’agit de cruauté on utilise rarement les mots « noyade » et « poilade » dans la même phrase, sauf s’il s’agit de de quelqu’un qui, ayant abusé du Noilly Prat, s’est noyé à Noisy-le-Sec (le canal de l’Ourcq y roule ses flots impétueux).

Il est rare aussi qu’on offre une bouillotte à un coyote, même pour son anniversaire.

A force de crier « Chauve qui peut ! », quelquefois les voyous n’ont plus un poil sur le caillou.

Si nous n’apercevons dans cet infâme bouillon que des gros couillus et des grands couillons, courage, fuyons ! Car au Tord-boyaux la boustifaille est effrayante, la cancoillote est effroyable. Et le patron s’appelle Bruno !

A Trifouilly-les-Oies les jars sont du genre bruyant (ou "genre bruyants" comme on dit aujourd’hui) surtout quand une poule a trouvé un couteau ou une pie voleuse un brillant issu des joyaux royaux.

Quand le doyen perd ses moyens la Faculté, très vite, est en faillite.



- Que me baillez-vous là, ô belle bayadère ? demande Clément Ader qui pourtant ne manque jamais d’air.

- Si, si je vous assure ! L’agent immobilier nota dans son cahier « La peinture est écaillée, le chauffage inopérant : il faisait tellement froid que même le lait caillait ! ».

Champagne et paillettes pour la naissance du bébé, tellement trognon dans sa layette !

Le caillassage des Mayas et les coups de maillet qu’on leur assena furent le meilleur moyen pour les faire disparaître, eux et leur marmaille.

Bâillonnée à Bayonne, la baronne s’empare d’une baïonnette et transperce les boyaux de son ravisseur, un pourtant très fort boyard.

On peut être une joyeuse souillon et aimer les tissus soyeux. On peut être en haillons et soulever le hayon arrière de la Toyota qui ne bouge pas d’un iota dans une rue de Bahia ou la Baya bâilla avant de brailler « Débraye ! Timélou Lamélou Pompon Tamalou ? Le moteur est à l’avant ! ».



Tandis que les moutons de la ferme de Nana Fafo s’égaillent dans la nature nous nous égayons des mésaventures qui arrivent à l’agneau lorsque s’en vient le loup.

Qui a fait cette tache de mayo sur ton maillot, sieur Ronchochon ?

Quelle est la paye de Popeye ? Combien palpe-t-il d’oseille pour tenter de nous faire accroire qu’il y aurait du fer dans les épinards ?

Y a-t-il des hyènes à Cayenne, cité païenne et giboyeuse où mes aïeux, gardiens du bagne, vécurent heureux ?

Y a-t-il des lionnes dans l’Yonne qui bouillonne quand sur ses bords se pose le cirque Bouglione ?

Y’eut-il assez de cuillères hier à Hyères pour la fête de la gougère sans gruyère ?

Sous un camaïeu de bleu dans le ciel d’Hanoï est-ce avec Anna de Noailles ou avec Pio Marmaï que Pierre Corneille foleye ?

Revenons pour finir à notre kayak et acceptez mes humbles excuses. J’eusse pu en effet traiter ce sujet bien plus brièvement en évoquant la qualité palindromique de ce vocable dans un poème de juste cinq vers. Ça vous aurait fait des vacances !

Bob fait du kayak à Laval *
Tandis qu’Alain
S’essuie les mains
Avec un morceau de sopalin
Dans la Drôme


* La Mayenne y suit son cours

C'est de l'eau, Jack ! (Kate)

 

- Allô Jack ?
C'est Mark.
- Hello, t'es à Bergerac ?
- Oui, pas à la fac
à Bordeaux.
On va faire du bateau.
Les gosses feront du canoë
J'ai réservé.

- C'est d'accord !
Les copains d'abord !
- On mettra le triplace à l'eau...

- Pour le remake de "Trois hommes dans un bateau"
et on chantera "C'est de l'eau, Jack" !
- Et vive le kayak !

(juillet 2022, Bergerac)

 

 

Un Kayak pour l'amour (Monsieur X)

  



Encore une énième soirée
En tête-à-queue, au Tralala, 
Perdue à boire une marée 
Toujours aussi basse, et voilà... 

Si seulement c'était possible 
De tomber pile sur l'amour ;
On se l'imagine accessible, 
On a le corps et le cœur pour ;
Le corps le sait : pour qu'il exulte, 
Il prend le chemin le plus court. 
Le cœur, lui, ne sort du tumulte
Que s'il a fait le grand détour. 

Le grand détour et ses mystères, 
Je veux pouvoir me les offrir
À la foire aux célibataires, 
Mais... sans trop devoir en souffrir ! 

Si seulement c'était possible
D'avoir un Kayak pour l'amour, 
Un comparateur inflexible
Et clair, ne serait-ce que pour
Mieux distinguer les cœurs-arnaques, 
Les cœurs qui ont le souffle court, 
Les cœurs trop chers, les cœurs-à-claques... 
De ceux qui vaudraient le détour ! 

J'ai rêvé de te reconnaître
Au premier coup d'œil... Où es-tu ? 
Il se fait tard. J'ai peur d'admettre 
Que tout est peut-être foutu. 

 

Attention ! (Walrus)

   

 

Dans un kayak, on pagaie

 
Les rames, c'est pour le métro...

 

Le kayak pour les Nuls (Vegas sur sarthe)

   


Le kayak est une sorte de pirogue à deux bouts semblables dite palindrome car tout comme son nom se lit dans les deux sens il se manœuvre dans les deux sens sans avoir à le retourner (du moins dans le sens longitudinal)

Les amateurs de palindromes adorent mener leur kayak en ETE sur la rivière ERDRE en écoutant ABBA.
Ainsi disait Victor Hugo en pagayant à contre sens : « Et la marine va venir à Malte »

Il faut se méfier des imitations, ainsi le kayac n'est pas une pirogue palindrome et doit être utilisé dans le bon sens du terme sous peine de naufrage.
Le mot kayak signifie « bateau de l'homme » alors que les peaux de phoque servant à sa construction sont épilées puis cousues exclusivement par les femmes.
En inuit on n'a pas trouvé de mot pour « bateau de la femme ».
Le kayak originel est un objet singulier : il ne possède donc qu'une seule place.
Le kayak est un bien personnel adapté à la morphologie de son propriétaire, qu'il soit épilé ou poilu.
L'inuit est lui-même vêtu de peaux de phoque épilées puis cousues par les femmes, ce qui lui permet d'épouser son kayak sans pour autant qu'ils soient cousus ensemble.

La qualité d'un kayak tient à celle de l'aiguille en os et du fil en tendon de caribou mais surtout de la dextérité de la couturière.
Un proverbe inuit dit «Si tu vois le doute dans l'oeil de ton voisin de kayak, accuse sa femme » 

Le kayak possède un squelette en bois flotté qui assure son insubmersibilité (pour plus de précisions se référer à Titanic).
La rame se nomme pagaie et s'appelle Reviens dès l'instant où elle est en bois flotté.


« Si la vie est comme un kayak dans une rivière déchaînée, alors la sagesse en est la pagaie » (Orrin Woodward)

 

KAYAK CORPS DU MONDE (Marie Sylvie)

   


  



Kayak.  
Un mot qui se replie sur lui-même
Tels deux corps qui se cherchent  
Et se retrouvent dans la même pulsation.

Dans la courbe du kayak
Il y a la lenteur d’une peau qui s’ouvre
La précision d’un geste qui explore
La chaleur qui monte lorsque l’eau se resserre.

Le mouvement avance
Revient
S’enfonce
Remonte
Un va-et-vient qui sculpte le désir  
sans jamais le briser.  
Le monde entier semble respirer  
dans cette oscillation.

Kayak.
Palindrome de chair
Où chaque retour porte plus loin
Où chaque avancée creuse la profondeur.  
Rien n’est nommé
Mais tout s’entend dans la tension des lignes
Dans la souplesse offerte au passage.

L’eau devient une peau
La coque un corps
Et le geste une manière d’entrer dans l’autre  
Sans le posséder
De se laisser traverser  
Sans disparaître.

Un amour qui se lit dans les deux sens 
Qui recommence
Qui s’ouvre
Qui revient
Tel un souffle qui sait où aller  
Même lorsque personne ne le guide.


             Le désir est une eau 
      Qui reconnaît toujours la forme 
                  Qui l’accueille.

 

Trompe la Mort (Ecridelle)

 



On est déjà bien avancé dans le printemps .
Moi, je suis là, nu, attaché et pendu.
Tout sec, sans eau pour hydrater mon corps, pour boire.
Ma gorge est sèche. Je n'arrive même plus à avoir de salive.
Sans eau bientôt, ma fin est proche, je vais périr déshydraté.
Je vais me dessécher et ce qui me sert de peau ne sera 
plus que sécheresse,prête à se craqueler s'ils ne viennent pas !

Mais ! Oui c'est eux ! Je les entends….Je les vois…
Vont ils me donner de l'eau enfin ? J'en ai si besoin.
Ils sont là ! Ils rient, s'esclaffent..
Ironisent sur mon sort.
Que vont-ils donc imaginer comme sévices cette fois ?

Des mois qu'ils me gardent dans ce hangar avec juste ce qu'il faut
pour que je ne meurs pas et qu'ils abusent de moi à volonté.
Juste de quoi subsister un peu, si peu…
Juste pour mieux se servir de mon corps encore et encore..

Ils sont tout près, je sens leur souffle sur moi.

Un d'eux détache la corde qui me pend !
Un autre défait mes liens et là, je tombe !!
Ils rient si fort. Les quatre hommes, si jeunes, si forts,.

_ Allez mon vieux encore une effort !
 Ce n'est pas encore ta dernière heure !

Dans ma tête, les mots résonnent tel un couperet venu me trancher le cou !

Ils me traînent sur de longs mètres, j'ai mal !
Ma peau me brûle en raclant le sol, c'est le seul bruit que je fais.
Aucun autre son ne peut sortir de ma gorge… Je souffre tant..

Puis, tous les quatre me soulèvent avec leur force de jeune !
Ils me jettent, loin.
Je vole un instant dans l'air qui sent l'iode !
je retombe et oh miracle !

De l'eau , je peux enfin boire, ma peau respire !
Je revis, je vis, je ne suis pas encore mort…
Mais quel bonheur cette eau qui me porte……

Ah enfin je suis redevenu moi. Je suis de nouveau Kayak !
 
  

samedi 14 février 2026

Défi #911

  

Comme pour les dix petits "nègres" d'Agatha,
on ne dira pas "esquimaux" ! 

 

Kayak

 

 


 

Ont (r)établi la jonction

  


  

Marie Sylvie ; Vegas sur sarthe ; Walrus ; Nana Fafo ;

Monsieur X ; Kate ; Joe Krapov ; François ;

 

 

LES COULEURS DE LA PEAU (François)

 

BLANC, JAUNE, ROUGE, ÉBÈNE.

`

Blanc, jaune, rouge ébène

La nature nous a ainsi fait,

Mais alors, pourquoi tant de haine ?

Qu'est-ce que les autres nous ont fait ?

 

Tout cela pour une couleur de peau,

Une différence non acceptée.

Au repoussoir, nous pouvons être accros,

Adieu toute forme de neutralité.

 

Je ne prendrai ici qu'un seul exemple.

L'apartheid fût désorganisé

Alors qu'il était déjà fragilisé,

À la suite d'une opération,

Il y eut une répercussion ample,

Qui a bouleversé cette nation.

 

Quand le cœur d'une femme noire,

Fut greffée sur une blanche,

Il y eut des prises de conscience.

Depuis, il est des certitudes qui flanchent !

Symbolique devenait cet échange,

L’opération eut des conséquences étranges.

 

Si tous les gars du monde

Pouvaient un jour s'unir,

Le racisme disparaîtrait à la ronde.

La grandeur de l'humain pourrait s'épanouir.

 

 

Pas encore tout à fait amnésique. 21, Couples (Joe Krapov)

 


Quand Harry rencontre Sally s’opère une jonction entre deux personnages qui ne se quitteront plus. Pareil pour Roméo et Juliette ou pour Hiroshima et Nagasaki, les inséparables du Japon.

Sauf qu’il y en a toujours un qui part avant l’autre et que tout cela est bien triste.

Heureusement il reste dans nos mémoires, à jamais, le souvenir de ces deux noms joints pour la postérité, le pire, le meilleur, la presse de caniveau et même l’oubli des nouvelles générations qui ne connaissent plus Georges Brassens et Marie Dubas (qui, du reste, ne chantèrent jamais en duo).

Avant que nous mêmes ne tombions dans l’oubli total ou dans l’amnésie définitive, je vous ai listé une palanquée de ces couples célèbres qui encombrent ma mémoire autant qu’ils m’ont apporté, pour certains, de joies de lecture, d’écoute ou de contemplation.

Alors vite, un ban pour Raymond Souplex et Jeanne Sourza, Poiret et Serrault, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, Guy Bedos et Sophie Daumier – L’Adagio d’Albinoni !- , les Frères ennemis !

Un podium pour Anquetil et Poulidor, Trentin et Morelon et les sœurs Goitschel !

Un triomphe pour Charpini et Brancato qui aimaient les dindons et la farce, Bach et Laverne, Stone et Charden, Sonny and Cher, Sheila et Ringo, Ike et Tina Turner, Lennon et McCartney, Simon and Garfunkel, Coquillages et Crustacés, Charles Trénet et Johnny Hess, Line Renaud et Loulou Gasté !

Un César pour Bourvil et De Funès, Fred Astaire et Ginger Rogers, Pat Garrett et Billy the Kid, Jerry Lewis et Dean Martin, Tom et Jerry, Titi et Grominet, Tarzan et Jane, Harold et Maud, Laurel et Hardy, Rox et Rouky, Marius et Jeannette, César et Rosalie, Bonnie and Clide, Aglaé et Sidonie, Rintintin et Rusty !




Mille remerciements à Tintin et Milou, Astérix et Obélix, Tanguy et Laverdure, Placid et Muzo, Pif et Hercule, Nanar et Jujube, A. Bâbord et Père OK, Bob Mallard et Puchon, Corinne et Jeannot, Achille Talon et Lefuneste, Dog Bull et Kid Ordinn, Pepito et Ventempoupe, Lucky Luke et Jolly Jumper, Bob et Bobette, Sylvain et Sylvette, Boule et Bill, Quick et Flupke, Modeste et Pompon, Spirou et Fantasio, Tif et Tondu dont les aventures, signées parfois de Maurice Tillieux, sont toujours au poil !

Un prix littéraire pour Sherlock Holmes et le docteur Watson, la rose et le réséda, la cigale et la fourmi, Perrette et son poteau laid, Marius et Olive (en fait ils sont en trouple avec Olive Oyl depuis la mort de Popeye par overdose d’épinards), Rodrigue et Chimène (« Qu’il est joli garçon l’assassin de papa ! »), Cocardasse et Passepoil (Bossu et têtu-toi!), Delphine et Marinette, Barillet et Grédy, Boileau et Narcejac, Robinson et Vendredi, Dortmunder et Kelp, Rémi et Colette (la première lecture des boomers !), Paul et Virginie (le chef d’œuvre de Bernardin de Saint-Pierre et Miquelon), Orphée et Eurydice !

Faut-il mentionner Chirac et Balladur, Bill Clinton et Monica L. (il a ri moins qu’elle mais pas autant que nous !), Adam et Eve, Abel et Caïn, David et Goliath, Samson et Dalila, Oreste et Pylade, Castor et Pollux, Daphnis et Chloé, Roger et Angélique, Héloïse et Abélard, Tristan et Yseult ?

Soulignons deux unions sponsorisées par Vivaldi : Ophélie Winter et Donna Summer, Niagara Falls et Jerry Spring.

Dans mon fourre-tout j’ai aussi Wallis et Futuna, Baignol et Farjon (nés ainsi que moi avec un crayon à la main), Brodard et Taupin (imprimeurs à La Flèche, Sarthe), Moët et Chandon, Black et Decker, Smith et Wesson, Rock’n’roll, fish and ships, fromage et dessert...



Et terminons par quelques mariages imaginaires amusants :

M. Censier et Mlle Daubenton ;
Andrée Aumur et Seb Astopol ;
Dominique de Villeroy et Pina Bosch ;
Adam Roux et Eve Combaluzier ;
Jules Renard et Michèle Corboz ;
Popeye the Sailor et Lula Bebopa ;
Joe Krapov-Kléber et Blanche Colombes (ce genre d’énumérations, on les termine comme on pneu !).

Sinon allez en paix et faites au mieux ! (Allez au pieu et fêtes en mai ?)

A bientôt ! Sauf si j’oublie de revenir !

Deux pièces jointes (Kate)

 

 

Cher Martin,
futur ex-conjoint,
Te joindre est difficile
te rejoindre futile
t'enjoindre inutile

Tu trouveras ci-joint 
les coordonnées
de mon avocat
(ton ami Nicolas,
il a déménagé)
pour qu'on s'entende avant juin
sur la façon la plus rapide pour nous disjoindre
entraînant des conséquences moindres
sur le fait que tu es mon adjoint
et que la conjoncture actuelle
ne me permet pas de te garder
puisque tu as choisi de vivre avec elle,
Laurence
partie à la concurrence
et de sauter à pieds joints
sur notre couple, notre famille
dès ta première rencontre avec cette fille
que j'avais embauchée
pour nous épauler...
Elle t'a enjoint
dis-tu
de la rejoindre
sans que tu
jettes sur l'impact de ton départ
le moindre regard
ni que tu
te donnes la peine de feindre...
Tu trouveras aussi ci-joint
ta lettre de démission
sans conditions
que tu as juste besoin
de signer
et de me retourner
dès demain,
Martin
 

Alex,
ton ex

 

 

Résiliation (Monsieur X)

   

Tes mots semblaient à ma portée, 
Les miens se pensaient pertinents, 
Mais... chaque tournure adoptée
Nous laissait sur nos continents
À la dérive, en fin de compte ;
La distance est un mastodonte.

Sais-tu que depuis Uranus,
D'où mon cœur te fait des grands signes,
Je ne vois pas vraiment Vénus ? 
Est-ce bien moi que tu désignes
À chaque message envoyé ? 
Est-ce un spam qui m'a foudroyé ? 

J'ai du mal avec la friture
Qui fume à l'heure du repas, 
La mauvaise littérature, 
Les gens qui n'articulent pas, 
Ceux qui ont la syntaxe en peine, 
Ceux qui parlent la bouche pleine... 

Que dire alors des connexions
Qui ne trouvent jamais la route ? 
Dix plantages sur dix jonctions, 
Et des espoirs en banqueroute, 
Ça fait beaucoup de liens ratés... 
Cessons les frais illimités ! 

 

La chro-nique de Ronchonchon (Nana Fafo)

 

Vous voulez vous joindre à la fête ?




Ce samedi matin, n'en pouvant plus de le garder à vue,

les poulets ont foutu Ronchonchon dehors.

Ils n'arrivaient plus à joindre Les Debout,

les juges qui ont débouté Ronchonchon de son appel.

Fier comme un forban,

Ronchonchon rentre à la ferme de Nana Fafo triomphant.


En chemin, il s'arrête au Jonction-Market,

la seule supérette des fermes alentour pour s'acheter de la gnole du coin,

c'est Monsieur Canard qui la fabrique et elle décape !


Arrivé à la Taverne pour fêter sa victoire,

Ronchonchon constate que toute la ménagerie s'agite à préparer une fiesta... 

Il se demande, serait-ce pour moi ?

Comment ont-ils su que je sortais ?

Alors, il se cache et observe tout ce petit monde afféré aux préparatifs.


Walrus concocte des breuvages onctueux.

Monette et Simone accrochent des guirlandes de coeurs.

Bruno sort des plans sur la comète pour orchestrer les préparatifs.

Et Kate a apporté des jeux pour animer le tout.


Voilà une fête qui va faire un tollé pour un mec qui sort de tôle c'est pas banal !

Kate et Walrus se retrouvent au comptoir pour observer un grand livre.

Sur la couverture on peut lire " Les origines de la Saint-Valentin".


Alors, Ronchonchon comprend que ce n'est pas pour lui tout ce remue méninge,

et sans ménager la ménagerie, il explose en criant haut et fort,

que lui, il n'aime pas Valentin

et se lance dans une tirade inter-minable sur son mépris... 


"Non mais, j'y crois pas !

Tout ce foin pour fêter un 14 qui défraie la chro-nique.


Ben oui, la finalité tout le monde la connaît... 


Vous voulez me faire croire 

que personne n'essaie de s'emboîter pour joindre l'utile à l'agréable ? hein ?


Et vous là, les zamoureux, vous mettez en scène votre zamour

pour faire passer la pillule... le lendemain, 

de la douloureuse ardoise de la veille ? Espèce de naïfs !


Comme si un ange boudiné pouvait se faire passer

pour un archet du destin de la pulsion !

C'est un poète pouette pouette arrosant de ses flèches parfumées au Mouette et Chantons

les chatouilleux du chamalow à la guimauve pour endormir les poulettes.

Vous le voyez pas ça ?


Mais le pire...

C'est que vous, les Miss Poulette, vous feignez d'y croire 

pour quand même finir par passer à la casserole  !

Il suffit de quelques gouttes d'huile d'onction pour que ça glisse tout seul...

Sans même avoir besoin de vous faire le coup de la panne !

Quelle mascarade ! 


Mais bon... que peut bien comprendre une bête 

à bouffer du foin comme moi à tout cela ?"


Puis, Ronchonchon détale comme un lapin, laissant son auditoire pantois.


Ne serait-il pas jaloux qu'un gars dodu ait une fête rien qu'à lui ?



Défi #912

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