samedi 10 octobre 2026

Défi #945

 

Voyons un peu double : 

 

Jumeau(x) 

 

 

Oui, j'ai mis une photo de jumelles
pour éviter des embrouilles avec
les inclusivistes...

 

 

Ont suivi une initiation (ou pas...)

 

 


 

Laura ; Nana Fafo ; Walrus ; Marie Sylvie ;

Monsieur X ; Julien ; Yvanne ; Joe Krapov ;

François ; Kate ;

 

 

INITIATION SILENCIEUSE (Marie Sylvie)

 


 


Je n’ai jamais su exactement quand cela a commencé.  
Peut‑être un soir plus calme que les autres avec un simple crayon de papier posé devant moi comme une invitation muette.  

Il n’y avait personne pour me montrer.  
Aucun maître
Aucune voix
Aucun conseil.  
Juste moi 
Le papier 
Et ce quadrillage que je traçais avec une attention presque fragile.  

Chaque petite case devenait un espace où je pouvais respirer.  
Chaque ligne un fil tendu entre ce que je voyais et ce que je voulais comprendre.  

Je reproduisais le modèle mais ce n’était pas lui que je découvrais.  
C’était ma patience.  
Ma façon de regarder.   
Mon besoin de faire grandir une forme pour ensuite la broder
La faire passer du papier au tissu
Du graphite au fil.  

Dans ce silence j’apprenais à traduire le monde.  
À le toucher autrement.  
À me toucher moi aussi sans bruit.  

Mon initiation n’avait pas de cérémonie.  
Elle avait un crayon.  
Et une jeune fille qui sans le savoir entrait dans la longue histoire de ses propres gestes.

 

Initiation linguistique (Kate)

  

Initiée tôt à l'anglais par la radio, notamment par ce refrain "les hippies, les hippies... " : seules paroles qui je comprenais de cette belle chanson (Let it be) ; du même groupe, j'appréciais aussi les paroles de "Michelle" en français avec ce bel accent et cherchais à comprendre le reste du texte.

La classe de 6ème -dont je garde un souvenir des plus merveilleux (cartographier le périple d'Ulysse, et autres initiations littéraires par une prof passionnée -m'a heureusement initiée à la langue de nos voisins avec l'aide de la famille Wilson et de leurs enfants John et Betty et j'ai appris avec plaisir la liste des verbes irréguliers telle une formule magique.

La classe de 5ème -moins plaisante-  m'a initiée au latin "obligatoire" (que je ne retrouverai qu'en Classe Prépa Lettres Sup) que je n'ai pas su vraiment apprécier et dont les déclinaisons (Rosa, rosa, rosam : oui, celles-ci ça va encore !) m'ont un peu perdue et si le discours ambiant était au "il vaut mieux apprendre une langue vivante... qu'une langue morte", n'empêche que ce latin m'a servi et ouvert l'esprit -c'était le but- sur les langues et leurs systèmes.

En classe de 4ème, je n'avais qu'une hâte : l'initiation à l'italien et ma satisfaction a été au-delà de tous mes rêves. Une langue -d'abord facile, certes- mais dont j'apprends chaque jour encore quelque chose. Les pages roses du Petit Larousse m'avaient inititée à certaines phrases et à quelques mots et je connaissais la fameuse formule ferroviaire de mise en garde (È pericoloso sporgersi) -et si vraie-, sans compter les chansons entendues à la radio dont "Non ho l'età" (dont je ne comprenais que "per non amarti") comme je comprenais "I love you, I love you, I lo...ve you !" de la chanson "Michelle" !

J'ai eu la chance d'aller en Italie (pour aller faire un voyage en Yougoslavie) et notamment à Venise quand j'étais en 4ème et le manuel d'initiation à l'italien était "Insieme a Venizia". J'ai gardé celui de la classe de Seconde : "Vita e civiltà italiana", lui aussi avec des photos en noir et blanc, comme les films italiens des années 60.

Oui, ces langues m'ont enchantée, sans oublier la langue française (et l'ancien français et le vieil anglais (ou "vieux danois") auxquels j'allais être initiée bien plus tard.

Je passe sur les autres langues vues, croisées, approchées, regrettées... pour lesquelles j'ai eu des initiations ou dont j'ai dû apprendre quelques rudiments ou quelques formules basiques.

Un regret ? L'initiation au grec, peut-être, mais mes voyages en Grèce restent des souvenirs lumineux et quelques mots grecs ont suffi...

 

Actualité brûlante du lampadaire (Nana Fafo)

 

Là, il fallait être initié !


Mont-Lycée, Vendredi, 10h03,

cours de philo de Pingouinnot avec les Terminales B2.


Pour ce nouveau sujet de Philo accrocheur, 

le numéro 123, ce sera un atelier de groupe. 

Les Terminales B2 vont bosser sur le thème

"Si vous étiez Dieu, que feriez-vous ?"


Pingouinnot a toujours des sujets choc, 

il n'imaginait pas combien ses élèves avaient l'esprit contestataire contrarié.


Lorsque Laurent Outan a pris la parole, tout le monde a tendu l'oreille.

Et pour cause, sa voix a largement dépassé les murs de la classe.

Elle s'est invitée dans la cour du Mont-Lycée, 

elle a grimpé sur le lampadaire pour éclairer les consciences et, 

contrairement à certains adultes, elle n'a pas choisi la fuite.

L'information, elle, par contre, a fuité.

Et très vite.

Jusqu'aux autres établissements, 

où quelques élèves ont commencé à vouloir, eux aussi, s'initier à la contestation.

(Et quelques adultes à la panique.)


"Si vous étiez Dieu, que feriez-vous ?" avait demandé Pingouinnot.  

Le groupe de Laurent Outan avait visiblement retenu

surtout deux mots : vous et Dieu.


Nous les dieux... commença Laurent. 

Il marqua une pause.

Enfin non. Nous, VOS dieux !


J'accuse à nouveau les grands de ce monde, 

de nous avoir trompé depuis notre plus tendre enfance.

Vous nous avez élevés comme des Rois 

pour élever le niveau

pour prendre la relève

mais nous sommes englués dans vos attentes contradictoires

vous nous avez enlevés notre envie d'être élève !


On a dû vous le dire 1203 fois "Non, non, non..." 

On s'attendait à un minimum de singerie mimétique 

À ce que, de temps en temps, vous nous répondiez : NON !

Un non qui nous montre la voie pour trouver nos propres oui.


Mais non ! Vous avez choisi la fuite, 

par facilité, parfois, lorsque vous avez remplacé le dialogue par une lumière bleue

par peur, souvent, lorsque vous nous avez gavés d'un régime de satisfaction...

Vous nous avez rendu saturés !


Et puis, même l'école s'y est mise... 

à entasser des heures de connaissances, 

à choisir une orientation de plus en plus tôt,

à remplir notre vie de devoirs,

comme si notre vie en dépendait !


Heureusement, notre prof de Philo a commis une erreur.

Il nous a initiés à l'esprit critique.

Alors aujourd'hui, nous nous initions à la contestation 

car notre initiation à la panique dure depuis trop longtemps...

Un long silence s'installa dans la classe.

Pingouinnot regarda Laurent,

puis son sujet 123 inscrit au tableau :« Si vous étiez Dieu, que feriez-vous ? »


Il prit sa craie et ajouta dessous :« et si vous étiez simplement adulte... ? »


Dans la cour, quelqu'un commença à grimper sur un lampadaire.

L'initiation à la contestation venait officiellement de commencer.



Les eaux de la Terre (Monsieur X)

 


Mon petit cœur n'a pas connu
D'incendie avant la vingtaine ;
Son moment n'était pas venu.

La vingtaine...

La vingtaine avait trois enfants, 
Trois enfants, déjà... Quelle histoire !
Et puis... tes vents ébouriffants.

Quelle histoire...

Cette histoire éclair m'a brûlé,
Foudroyé, desséché sur place.
À peine m'as-tu calculé !

À ta place...

À ta place est resté ce trou
Si large que tout l'Atlantique
Aurait pu s'y vider d'un coup !

L'Atlantique...

L'Atlantique au bord de mes yeux,
Ce n'était qu'un premier naufrage.
Et le premier, c'est très sérieux.

Quel naufrage !

La vingtaine avait trois enfants, 
Trois enfants, déjà... Mais qu'importe ;
Lorsque les vents ébouriffants
Viennent vous arracher la porte
Du cœur, pour la première fois,
L'âge ne fait rien à l'affaire ;
Quatorze, dix-huit ou vingt-trois,
Il pleure les eaux de la Terre.



INIFIAFION (Julien)

 



- Maman ?
- Hum...
- Maman ?? 
- Hum... Hum... 
- Maman ??! 
- Arthur... ?
- Mais... Maman eeeuuuh ?!! 
- Bon... Arthur ! Tu vois bien que je suis occupée ! Non ?
- Mais... je t'appelle et tu me regardes même pas ! 
- Voilà... je te regarde... je t'écoute ! Qu'est-ce qu'il y a ?
- ... 
- Bah allez, accouche ! 
- Ça veut dire quoi, inifiafion ?
- Ini... quoi ?
- Fia-fion !
- Je... Je ne connais pas ce mot, mon chéri... 
- Mais si ! Je sais que ça existe !
- Alors, tu dois mal le prononcer...
- Je sais que tu connais, c'est obligé !
- Ah oui ? Qu'est-ce qui te fait croire ça ?
- Si Maud connaît, c'est que tu connais aussi !
- Maud ?
- Oui...
- C'est qui, Maud ?
- Mais tu sais... son chien c'est Caméléon.
- Aaahhhhh... La voisine du quatrième ? 
- Oui !
- Tu l'appelles Maud, toi ?!
- Oui, c'est comme ça qu'elle s'appelle... 
- C'est Mme Mussel ! 
- Non, elle m'a demandé de l'appeler Maud !
- Ah bon... Voilà qui change tout, en effet. Et... elle te l'a demandé quand ?
- Un jour... je sais plus...
- Et c'est quoi cette histoire d'initiation ?
- Ah ! Tu vois, tu connais !
- Évidemment que je connais ! Tu l'as juste mal prononcé, et... maintenant je comprends mieux pourquoi... 
- ...
- Parce que Mme Mussel a un cheveu sur la langue... Hahaha, trop drôle !
- C'est un mot qui veut dire que c'est rigolo ?
- D'abord, ça se prononce ini-ssia-ssion. 
- ini-ssia-ssion... 
- Et pourquoi Mme Mussel... Enfin... Maud t'a parlé d'initiation ?
- C'est pas à moi qu'elle parlait...
- Ah...
- Elle discutait avec papa, ce matin...
- Ah d'accord...
- On l'a vue dans la rue. 
- Avec Caméléon. 
- Oui.
- Et elle a sorti, comme ça, le mot initiation... 
- Bah, en fait... Tu vois... bah... Elle a dit à papa... euh... C'est quand tu veux pour l'ini-ssia-ssion à la brouette...
- ...
- Moi j'ai rien compris... 
- ... 
- Alors... ça veut dire quoi ?... Hein ?
 
 

Ficelle en formation. (Yvanne)

 


Ficelle, Ficelle, où est donc passé ce chien ? Je le cherche partout. Il va me rendre folle. Si je ne m'étais pas attachée à ce petit monstre j'en viendrais presque à regretter de l'avoir secouru et adopté.

Mais comment et par où s'est-il enfui ? Je fais le tour du jardin et découvre sous la clôture qui sépare ma propriété de celle de Nana un trou fraîchement creusé. Et bien sûr, encore une fois il a filé chez ma voisine. Encore à courir le guilledou chez les cocottes. Il a le diable au corps cet animal ! Il doit être propre tiens : il a plu toute la nuit et avec ses oreilles qui traînent par terre je vous dis pas. Bien fait. Il aura droit à la douche et comme il déteste, ça l'apprendra.

J'enfile mes grosses bottes marron à lacets – peu élégantes mais si confortables et me précipite chez Nana. Elle doit être rentrée de vacances et la cousine repartie bretonner. Et là que vois-je ? Ronchonchon assis devant un tonneau vide – ou plein - de l'ami Walrus avec, à ses côtés, sagement assis sur le sol de la cour et tout ouïe, mon Ficelle qui bade l'animal rose. Il s'y croit l'autre avec son air professoral. Qu'est ce qu'il lui montre là ? Qu'est ce qu'il raconte ? On dirait un sénateur congestionnant, bedonnant et redondant. Si, ça existe !

Le cochon porte encore les marques de la corde que la cousine Hortensia lui avait passée autour du cou. Elle n'a pas lésiné la cousine : il fallait qu'il suive ou mieux qu'il la tire à cause de ses mauvaises jambes variqueuses. A-t-on idée aussi de se chausser de sabots aussi lourds ? Je n'ai pas tout vu le jour de leur promenade endiablée mais c'était hilarant d'après le vieux François.

Ce dernier m'a aussi raconté qu'après leur chevauchée fantastique, Ronchonchon était revenu en douce chez moi et avait balancé des saucisses pour appâter Ficelle. Le sagouin ! Pas étonnant que l'autre nigaud se fasse encore la malle. En plus, les saucisses de Nana sont excellentes. Je le sais parce qu'elle m'en offre quand elle met au saloir les petits frères de son cochon. Moulinées à souhait. Épicées à souhait. Un régal.

Je m'approche doucement. Mais les deux lascars sont tellement occupés qu'ils ne m'entendent pas. Et Walrus, derrière son bar sirote tranquillement en rêvassant sa Pauwel Kwak - il y a beaucoup de cas K chez Nana je trouve entre les grôles (botou Koat) la pâtisserie (Kouign amann) et la boisson sus-nommée – Ou bien il scrolle sur son téléphone. Ou bien il réfléchit au mot bien ardu du prochain samedi. Il ne me remarque pas non plus. Je dois être transparente.

Sur le tonneau est posé un parchemin où sont apposées à l'encre les empreintes des loustics. Qu'est ce qu'ils trafiquent encore ? Je n'y comprends rien. Ronchonchon parle doctement de vc ou d'avc, que sais-je. J'espère qu'il n'est rien arrivée de grave à mon amie Nana ? En écoutant mieux je me rends compte que le cochon donne une leçon d'initiation à mon imbécile de chien à la cervelle grosse comme un petit pois. Il lui transmet des consignes précises relatives à une sorte de machine que Walrus cache derrière son bar. Il semblerait que l'on peut voyager avec. Un genre Spoutnik. Encore un filou ce morse avec ses inventions délirantes ! Oh mais je commence à comprendre : ils veulent envoyer mon Ficelle en mission dans l'espace. Peut être pour remplacer Sophie Adenot . Allez savoir. Hein ? Quoi ? Il y a bien eu un précédent avec Laïka. Olala il y a même une combinaison et un casque de cosmonaute derrière le fût à bière. Remballons vite notre chien avant qu'il ne s 'élève dans les airs !

 


Initiation à la notation échiquéenne (Joe Krapov)

 


Nous posons en préamvestibule que vous avez acquis les présuppositoires suivants : on joue au jeu d’échecs sur un plateau carrément carré de 64 cases (8x8, donc) alternativement blanches et noires.

Quand on a les blancs, les rangées (horizontales) sont numérotées de 1 à 8 du bas vers le haut, les colonnes (verticales) sont nommées de a à h de la gauche vers la droite.

Quand on a les noirs, les rangées (horizontales) sont numérotées de 8 à 1 du bas vers le haut, les colonnes (verticales) sont nommées de h à a de la gauche vers la droite.

Ça y est ? Y’a déjà du naufrage mental ? J’en ai perdu combien ?

Comme dans le jeu de la bataille navale, une case est désignée par la lettre de la colonne dans laquelle elle se trouve à laquelle on adjoint le chiffre de la rangée dans laquelle elle se trouve.

Si on joue au jeu des quatre coins on ne s’occupe donc que des cases a1, a8, h1 et h8.

Les pièces du jeu sont nommées d’après l’initiale, en capitales, du mot qui les désigne :

La tour devient T
Le cavalier devient C
Le fou devient F
La dame devient D
Le roi devient R

Au début du jeu seuls les cavalier peuvent sortir car eux seuls peuvent passer par-dessus les pièces. Une partie peut donc commencer avec le coup Cf3 ou avec le coup Cc3.

Même s’ils sont l’âme des échecs selon François-André Danican Philidor, les pions ne sont désignés par aucune lettre.

Autrefois le mouvement de deux cases du pion central placé devant le roi s’écrivait e2-e4. Aujourd’hui on écrit plus simplement e4.

Quand un pion ou une pièce effectue une prise on l’indique par le signe « multiplié » soit « x » : Dxf7, Txh8, Fxc6 etc. Puis on soustrait la pièce prise du plateau de jeu.

Quand un pion blanc prend un pion noir ou une pièce placée sur une des deux cases situées en diagonale devant lui on écrit exd5 ou exf5 suivant qu’on prend à gauche ou à droite. Si on hésite sur ce point de prendre à droite ou à gauche, on peut aussi consulter son GPS ou sa carte Michelin. S’il y a un cavalier en prise en d5 et une dame en prise en f5 il est théoriquement plus intéressant de prendre la dame. Mais il faut voir : c’est peut-être un sacrifice gagnant de votre adversaire, auquel cas c’est vous qui perdrez !

Quand un pion blanc rendu sur la cinquième rangée prend un pion noir qui vient d’avancer sur la colonne adjacente de la septième à la cinquième rangée, on note cela ainsi : « exd6 e.p. ». « e.p. » signifie « en passant », je le dis en passant pour ceux et celles d’entre vous qui auraient ignoré que cette possibilité de la prise en passant existât.

Quand un pion blanc atteint la huitième rangée il est récompensé par une promotion à un grade supérieur : il peut devenir sous-chef de bureau, officier de cavalerie, sergent-major, fou de Bassan, grandmamamouchi, cavalier, fou, tour voire même, par ces temps ou il y a plus de transsexuels que de zazous dans mon quartier, dame. Cela s’écrit « e= D », « e=T », etc.

Quand un pion ou une pièce donnent un échec au roi, on note cela en ajoutant le signe+ à la notation du déplacement. Cc7+, Dd8+, etc.

On note les coups dans l’ordre où ils ont joués. Ce sont toujours les blancs qui commencent. On note le n° du coup puis le premier coup blanc puis le 1er coup noir.

Par exemple1. e4 e5 signifie que le premier joueur a poussé son pion du roi en e4 et que le joueur des noirs a répondu en poussant son pion du roi en e5. Les deux pions sont bloqués et ne peuvent plus avancer. Heureusement on a sept autres pions et huit pièces pour complexifier le tableau.

Lorsque, chez les blancs, le fou de cases blanches et le cavalier roi ont été sortis on peut procéder au petit roque : le roi se déplace de deux cases sur sa droite et la tour vient prendre la place qui est tout de suite à sa gauche. Cela se note : « o-o ».

Idem chez les noirs avec le fou de cases noires et le cavalier roi, en changeant la droite par la gauche et lycée de Versailles.

On peut aussi choisir de faire le grand roque. Pour cela il faut avoir déplacé le fou dame, le cavalier dame et la dame. Ensuite de quoi le roi se déplace de deux cases sur sa gauche et la tour vient prendre la place qui est tout de suite à sa droite. Cela se note : o-o-o. Même chose en inversant droite et gauche pour les noirs.

Le résultat de la partie terminée est noté sur la feuille. 1-0 signifie que les blancs ont gagné, 0-1 qu’ils ont perdu, 1/2-1/2 que la partie s’est terminée par la nullité.

J’ai zappé le cas particulier des tours et des cavaliers qui peuvent effectuer un même déplacement ou une même prise. Si ça vous passionne vraiment, vous pouvez aller en prendre connaissance ici ou tout ce que je viens d’écrire est repris bien plus sérieusement :


Maintenant - je vous connais comme si je vous avais fait·e·s -, vous allez me demander : « A quoi ça sert, toutes ces chinoiseries » ?

A rien, bien sûr ! Ça sert juste aux pervers dans mon genre à « rejouer » une partie, à regarder son déroulement a posteriori (analyse post mortem est le nom latin du truc) pour y déceler des erreurs (très souvent) ou des coups brillantissimes (très rarement).

Peut-être qu’un jour futur, quand je serai en retraite et que j’aurai tout mon temps à moi je mourrai de rire en reconstituant cette partie de l’autre jour où j’ai balancé quatre pseudo-sacrifices de pièces à mon adversaire.

Ou cette autre miniature jouée contre le robot Wendy (1500 ELO) chez Chess.com.


Que ce billet vous serve de leçon : le jeu d’échecs rend fou !





Initiation au CDI (Laura)

  

Voilà ce qui est écrit dans l'emploi du temps des sixième que j'ai en demi-groupes une heure tous les quinze jours et j'ai donc environ vingt heures pour leur faire comprendre que je ne leur fait pas une initiation au CDI mais que je suis une professeur -documentaliste qui enseigne une matière qui se nomme Education aux Médias et à l'Information(EMI) ou Sciences de l'Information et de la Communication(SIC) dont je suis l'experte. Les heures qu'ils passent avec moi  ne sont pas de l'initiation mais des cours, des séances info-documentaires. Ca commence mal avec leur carnet de correspondance où je figure dans l'équipe éducative avec la secrétaire, la CPE et les surveillants. Je n'ai rien contre ses personnes mais je devrais figurer parmi les profs. Je ne suis donc pas la documentaliste, ni la cdiaire, ni la CDItiaire (comme ils disent ou la litière plus méchamment) par analogie avec la bibliothécaire que je ne suis pas et mon nom n'est pas celui de l'ancienne documentaliste, toujours dans le carnet alors que suis là depuis trois ans. La première année comme je suis arrivée à l'arrache et que je faisais une formation pour préparer le capes de documentation (pour être titulaire de mon poste et être payée plus), j'ai repris beaucoup des séances de ma prédecesseuse(ça se dit?)(Ça se dit comment?). L'année dernière où je préparais le concours seule, j'ai inclus plus de séance de culture numérique qui est aussi ma matière d'enseignement. Cette année, j'ai conçu avec l'aide de l'IA une progression d'apprentissage de séquences et de séances pédagogiques qui alternent numérique et papier(le livre et les autres documents) sans oublier le printemps de la poésie, la semaine de la presse et de la langue française.

 

LA BOTANIQUE (François)

 

Faner c’est batifoler dans les champs,

Disait Madame de Sévigné,

L’image est idyllique, évidemment,

Au labeur, il faut se résigner.

 

Mais travailler sans connaissance,

C'est récolter quelques bricoles,

C'est ignorer avec insistance,

Que la botanique, joue son rôle.

 

Elle distingue le bon grain de l’ivraie,

Permettant le choix de la semence,

En choisissant le bon engrais,

La récolte aura de belles incidences.

 

Elle devient aussi le dictionnaire,

De toutes les fleurs et les plantes,

Parfois un peu différentes,

Classées par des familles mères.

 

C'est un voyage sur papier,

Avec de jolies planches,

Parfaitement dessinées.

Un éloge à la nature avec nuances.

 

Méfiez-vous ! (Walrus)

 

Généralement, ils vous abordent d'un air benoît et vous proposent une "petite" initiation à leur art(ifice). Ce sera simple, facile , agréable.

Et une fois votre attention attirée, paf ! ça creuse, ça creuse, ça s'étend, se répand, se développe et vous vous voilà  piégé! 

Vous auriez dû vous douter pourtant qu'avec un mot comme "initiation" ce ne serait pas de la tarte lorsqu'il s'agirait de mettre les points sur les i...

 

samedi 3 octobre 2026

Défi #944

  

Faut un début à tout : 

 

Initiation

 


 

S'espèrent du côté du manche

 

 


Walrus ; Laura ; Nana Fafo ; Monsieur X ;

Marie Sylvie ; Kate ; Yvanne ; Joe Krapov ;

François ; 

 

 

Caniculi canicula (Joe Krapov)

 


1

Assez
De cette chaleur !
On veut qu’il pleuve,
Des hallebardes,
Des hallebardes !

Ras l’ bol,
De cette sécheresse
Qui nous stresse !
Il faut qu’ça barde,
Il faut qu’ça barde.

Hier
On s’lamentait
D’être inondés
Par tant de flotte
Par tant de flotte

Maint’nant
Catherine Deneuve
Demande qu’il pleuve
Comme à Gravelotte
Comme à Gravelotte

Refrain

De l’eau, de l’eau, nous voulons de l’eau
Sinon l’hiver aussi sera chaud !

Caniculí - Canicula, Caniculí - Canicula.
Cessons ces folies, Caniculí - canicula.

On veut on veut chanter sous la pluie
Danser comme le faisait Gene Kelly

Caniculí - Canicula, Caniculí - Canicula.
Cessons ces folies, caniculí - canicula.

2

C’est Eve
Qui a croqué
Jadis la pomme
De la discorde
De la discorde

Ensuite
Y eut du grabuge
Ce fut l’déluge
Il plut des cordes
Il plut des cordes

Hier
On se moquait
D’Greta Thunberg
Et d’ses icebergs
Et d’ses icebergs

Maint’nant
Même la police
Demande qu’il pleuve
Comme vache qui pisse
Comme vache qui pisse

(au refrain)

3

Les Cli-
Matosceptiques
Vont déclarer
Qu’on les bassine
Méga-bassine

Décli-
Nant le constat
Qu’c’est la planète
Qu’on assassine
Qu’on assassine

Hier
Ils promettaient
De mettre en oeuvre
Le ruissell’ment
Le ruissellement

Maint’nant
S’ils pouvaient faire
Qu’il drache un peu
Un peu seulement
Un peu seulement


(au refrain)




Ah ! Le barde... (Monsieur X)

  



Ah ! Le barde qui chantait
Tellement faux qu'il plantait
Des hallebardes
Sur le parasol
Et dans l'apérol
De tes vacances sardes !

Cet Assurancetourix,
Aussi rougeaud qu'un béryx,
Tentant sa chance
Avec ses canards
Affreux - mais peinards -,
Rêvait avec aisance...

C'était un faux celte, un gus
De Saint-Aygulf à Fréjus !
D'Audierne à Vannes,
On aurait bien ri,
On l'aurait nourri
D'un déluge de vannes !

Et pendant qu'il te chantait
Que ses concurrents ne valaient pas un torque,
Ton petit cœur déchantait, 
Tout aussi moqueur - c'était gros comme une orque
Échouée au Cabellou
Que tu le trouvais relou !

Il pleuvait des hallebardes
Sur Budoni,
À préférer les bombardes
De Loctudy
Dans l'automne folklorique
Des tempêtes d'Armorique !



 

LORSQUE LA PEUR APPREND À SE DÉFENDRE (Marie Sylvie)

  


 


Lorsque je suis arrivée dans cet appartement je pensais simplement y vivre.  
Je n’imaginais pas que j’allais devoir y survivre.

Les cambriolages n’étaient pas des soupçons : 
Ils étaient réels.  
À chaque retour de mon travail quelque chose avait disparu.  
Parfois un objet
Parfois un meuble entier.  
Une chaise
Un petit meuble
Un bibelot… comme si quelqu’un se servait chez moi
Tranquillement
Méthodiquement
Pendant mes absences.  
Je rentrais et je savais immédiatement que quelqu’un avait été là.  
Ce n’était pas une intuition : 
C’était un constat.

Mais la police n’a pas voulu entendre.  
《 Logement social 》 Ont-ils dit
Comme si ces mots suffisaient à effacer la réalité.  
Comme si mon appartement était trop insignifiant pour être cambriolé.  
Comme si ma parole n’avait pas de valeur.

Alors j’ai dû me protéger seule.  
Et lorsque l'on est seule on invente.

Les pierres que je plaçais derrière les portes n’étaient pas là pour éviter un courant d’air.  
Elles étaient là pour moi.  
Si un agresseur me plaquait au sol ces pierres deviendraient une arme.  
Une masse improvisée pour assommer
Pour reprendre une chance de m’en sortir.  
Je vivais avec cette idée
Cette anticipation.
Cette peur qui oblige à prévoir l’impensable.

Pour dormir j’ai trouvé une autre solution.  
J’ai volontairement brisé un pot de confiture et j’ai versé les débris de verre devant la porte d’entrée.  
Si quelqu’un tentait d’entrer le bruit me réveillerait.  
Et si je n’entendais rien les débris bloqueraient la porte.  
C’était rudimentaire mais c’était tout ce que j’avais.

Les couteaux de cuisine étaient là mais ils ne suffisaient pas.  
La peur demande des armes plus grandes que le danger.

Un jour dans une brocante j’ai vu des armes blanches.  
Et j’ai pensé : 
Si une hallebarde avait été là je l’aurais prise.  
Sans hésiter.  
Parce qu’une hallebarde c’est une présence.  
Une verticalité.  
Une manière de dire : 《 Ici je veille. 》

Je n’en ai pas trouvé mais j’ai trouvé autre chose.  
Un couteau semblable à celui de Rambo que j’ai placé dans ma chambre.  
Un sabre de samouraï suspendu dans le séjour.  
Des armes qui pour d’autres auraient été des pièces de collection mais qui pour moi étaient des compagnons silencieux.  
Des gardiens.

Je ne les ai jamais utilisés.  
Je n’ai jamais eu à les brandir.  
Mais leur présence me rassurait.  
Elles faisaient partie de mon quotidien comme des talismans contre l’intrusion
Contre l’angoisse
Contre l’indifférence des autorités.

Aujourd’hui encore je sais que ce n’était pas la violence que je cherchais.  
C’était la possibilité de ne plus être impuissante.  
La hallebarde que je n’ai jamais eue je l’ai remplacée par ces objets suspendus
Par cette force que j’ai dû inventer pour survivre dans un lieu où l’on ne me croyait pas.

Mon témoignage c’est celui d’une femme qui a dû devenir sa propre garde.  
Une femme qui a appris à se défendre lorsque personne ne la défendait.  
Une femme qui a tenu debout malgré tout.
 
 
 

 

Bébé fugueur. (Yvanne)

 


Elle court, Cloé. Elle court et elle a peur. Il pleut des hallebardes. La pluie se mêle à ses larmes et elles dégoulinent sur son visage. Boum boum. Le bruit est assourdissant. Dans sa panique, elle pense que l'orage gronde. Elle ne sait pas, ne se rend pas compte que c'est son cœur affolé qui tambourine dans sa poitrine. Elle est partie, totalement paniquée de la maison sans parapluie, sans imperméable. Elle est trempée jusqu'aux os. Qu'importe. Elle crie : « Morgan, Morgan mon amour où es-tu ? » et répète cette phrase à l'infini faisant se retourner les gens sur son passage. Elle ne les voit pas.
Elle a glissé, failli s'étaler sur le trottoir où s'amoncellent les premières feuilles mortes et mouillées de l'automne. Elle a évité la chute grâce à une main secourable qu'elle repousse sans ménagement laissant le jeune homme qui l'a aidée, stupéfait devant une telle impolitesse.

Elle s'en veut à mort. Au lieu de récupérer son petit Morgan à la maternelle à 15 heures comme d'habitude à la sortie de son travail, elle s'est accordé un peu de temps pour elle. Elle avait envie de faire du lèche vitrine et éventuellement de s'octroyer un petit plaisir. Ils avaient convenu avec Julien, son compagnon que ce serait lui qui prendrait leur fils à 16 heures et prévenu l'école.

Il est 17 heures. Elle vient de regagner leur domicile, savourant son achat coup de cœur. Une folie mais tant pis. Elle n'a pas pu résister : ce joli top en dentelle ivoire griffé était fait pour elle.

Cloé remarque immédiatement l'absence de la voiture de Julien devant chez eux. Un pressentiment l'assaille. Où sont-ils à cette heure là ? Pourquoi n'a-t-elle pas eu de message ? Elle cherche son portable dans son sac, ne le trouve pas.  Elle vide nerveusement son contenu sur la table de jardin. Pas de portable. Bon sang, elle a dû l'oublier sur son bureau. Ça lui arrive quand elle a la tête ailleurs comme aujourd'hui. Elle attrape ses clefs et rentre à toute vitesse dans la maison. Elle avise tout de suite la feuille de papier posée sur la console de l'entrée : « Où es tu ? Pourquoi tu ne réponds pas au téléphone ? Vite. Rejoins moi à l'école. Morgan a disparu »

Cloé arrive à l'école et déboule en trombe dans le hall. Il n'y a personne. Elle appelle. La directrice sort de son bureau. Cloé, rouge, confuse lui demande :
- Morgan ? Dites moi où il est ?   Vous ne l'avez pas surveillé, c'est inadmissible. Il est où ?
- Madame, calmez vous. Tout va bien. Morgan vient de partir avec son papa. Rentrez chez vous. Vous êtes exténuée, je le comprends. Il vaut mieux que je vous ramène.

Cloé accepte l'offre de la directrice. Cette dernière lui raconte ce qui s'est passé pendant leur court trajet. A 15 heures, après la récréation, sa maîtresse a constaté l'absence de l'enfant. Il était pourtant à sa place dans le rang pour regagner la classe. C'est à ce moment là sans doute qu'il s'est éclipsé. Immédiatement tout le monde s'est mis à sa recherche. La directrice affirme avoir téléphoné tout de suite à Cloé et comme elle ne répondait pas elle a appelé Julien. Ils ont vite retrouvé Morgan sagement assis devant le portail de l'école.

Cloé pleure de soulagement cette fois. Elle ne pense même plus à demander des comptes à la directrice. Quelqu'un a manqué de vigilance. Il faudra bien obtenir quelques explications. Ce sera plus pour plus tard. Pour le moment, elle serre son petit garçon contre elle et l'embrasse encore et encore. Lui la regarde, un peu étonné et lui assène d'un air boudeur :
- Maman, pourquoi t'es pas venue comme d'habitude ? Je t'attendais moi.

 





Il tombe des hallebardes (Laura)

  

 

La pluie dont la terre a besoin arrive enfin
L'eau que mes maraichers préférés attendaient
L'eau qui nous nourrit tombe partout, indifférente
Aux râleries des jamais satisfaits, qu'il pleuve
Ou qu'il chauffe; il tombe des hallebardes
Et j'ai envie de danser dessous comme lorsque
J'étais enfant; j'ai tant marché, pédalé sous la pluie
Rien ne sert de courir, il faut se vêtir en prévision
Ou prendre la rincée et choper la crève
Les bretons ne ferait-il pas tomber la pluie
Pour faire fuir les cons? Il tombe des hallebardes
Et me revient l'envie de visiter le musée 
De la Renaissance à Ecouen, les visites historiques
De l'enfance encore ou les hallebardes de Rembrandt
De la maturité; retrouver les images dans ma tête
Du voyage à Amsterdam à défaut des photos prises.
Retourner en Italie sur les pas de Pontormo.
Il pleuvait des hallebardes à la Haye
Le jour où j'ai vu "Le chardonneret" grâce à toi
Il est là dans mon couloir et des hallebardes
De larmes après presque sept ans de ton absence.
Il est tombée des hallebardes de méchancetés 
Crachées qui remettaient en question notre amour,
Ma vie avec toi et sans toi: des hallebardes 
De larmes de plaisir d'aimer et de découvrir le monde.

 

Défi #945

  Voyons un peu double :    Jumeau(x)       Oui, j'ai mis une photo de jumelles pour éviter des embrouilles avec les inclusivistes...   ...