samedi 29 août 2026

Défi #939

   

 


 




Ont peut-être dialogué avec le personnage

 

 


 
 

À TRAVERS LA FENÊTRE DU TEMPS (Marie Sylvie)

  



Cette petite figurine blanche
Assise sur le rebord de la fenêtre grillagée
Me rappelle aussitôt un autre lieu
Bien plus enfoui
Bien plus intime : 
Le sous‑sol de ma maison de Teloché rue de l’Arche. 
Là aussi il y avait une ouverture protégée par des barreaux
Une frontière mince entre l’intérieur et le dehors
Entre ce que l’on garde et ce que l’on offre.

Dans cette cave je déposais les présents que les gens m’apportaient en passant : 
Des paniers de pommes encore tièdes de soleil
Des tomates lourdes de jus
Des haricots verts alignés comme des promesses
Et parfois une bouteille de vin ou de champagne
Offerte avec une gratitude silencieuse.

C’était un lieu de passage 
Mais aussi un lieu de soin. 
On venait me voir pour une douleur
Une peur
Un examen qui approchait. 
On venait chercher un apaisement
Et moi je recevais leurs offrandes comme on recueille des fragments de vie.

Chaque année en Septembre
Lorsque revenait la Journée du Patrimoine
J’ouvrais cette cave comme on ouvre un cœur. 
Je les invitais à un pot de l’amitié pour les rencontrer autrement : 
Non plus en souffrance
Non plus en urgence
Mais simplement en humains rassemblés autour d’un verre
D’un sourire
D’un moment suspendu. 
C’était ma manière de leur dire que la guérison ne se limite pas aux gestes
Mais qu’elle se tisse aussi dans la chaleur d’une présence.

Et devant cette fenêtre 
La petite figurine semble se souvenir de tout cela. 
Comme si elle avait elle aussi gardé quelque chose pour plus tard. 
Comme si elle attendait que quelqu’un vienne enfin ouvrir la porte.


 Certains lieux continuent de vivre en nous
 Même lorsqu'ils ont disparu du paysage.


 

En mode description (Kate)

   

"Mettez votre photo sur l'appli de recherche"
Je ne suis pas contre
mais je dois peser le pour et le contre
pour savoir comment je me montre :

Petit
assis
homme
bonhomme
pas tout blanc
mais franc
vigneron
mon nom : Gaston
Réponse à toutes assurée
photo exigée
Allez, je fonce
j'attends les réponses !
En voici
trois jolies :

Chère Élisabeth,
Votre beauté est parfaite
ne manque que votre tête
c'est un peu bête !

Chère Dorothée,
Vous n'êtes que beauté
invitation à la volupté
mais vous avez l'air fatigué !

Chère Marion,
Assurément canon
mais je dois vous dire non
car je reconnais votre maison
c'est celle de mon patron !
P.S. : ne faites pas l'ingénue,
vous m'aviez reconnu ?...

 

 

En y regardant de plus près... (Walrus)

 

... et de haut en bas,

 


ça démarre bien, avec des contours assez nets pour la tête, mais, ça se détériore rapidement ! 

S'il n'y avait les cheveux, on pourrait croire que c'est mon portrait : tout dans la tête, rien dans les mains !

Ni dans le reste d'ailleurs...

Un ectoplasme, en quelque sorte.

 

  

Vieille ville (Monsieur X)

 

  



Le ciel est par-dessus le mur, 
Presque invisible. 
Un jour, j'ai su faire le mur ;
Et c'est risible, 
Mais... je n'ai jamais retrouvé 
Ce talent cent fois éprouvé. 

Le clocher qui me fait de l'ombre
Est un crâneur ;
Chaque nuit vient boire son ombre,
Pour mon bonheur. 
Mais c'est un bonheur de façade, 
À peine un semblant de passade. 

On me croit riche, or, je n'ai rien 
Qu'un fond de rêve 
À vendanger - C'est moins que rien ;
Le jour se lève,
Mais il a le goût des pavés, 
Et des tunnels mal excavés. 

Depuis ma fenêtre avec vue
Sur les tourments
Qu'invente sans fin la Grand-Rue, 
Pour ses romans, 
Enclavé dans le temps qui file, 
Je ressemble à la vieille ville.

Le ciel est par-dessus le mur. 
Et les touristes
Me flashent en rasant mon mur
Aux briques tristes. 
Puis ils m'oublieront quelque part, 
Sur un disque dur au placard.


 

Lever les yeux... et partager? (Laura)

  

 

Lever les yeux
Vers les détails
Des façades:
Un petit personnage,
Moderne, énigmatique. 

Un dieu ou une vierge
Médiévale ou Renaissance
Romane ou gothique
Une niche pour qui veut
Y nicher son regard. 

Prendre une photo
Et l'envoyer
Partager avec celui
Ou celle qui est cher
À votre cœur
Et qui n'y répond
Que par le silence 

Alors lever les yeux
Vers le ciel
Lui demander
La force de continuer seul de 

Lever les yeux
Vers les détails
Des façades:
Un petit personnage,
Moderne, énigmatique. 

Et l'écrire
Le cracher
Une revanche
Une revanche
Pour ceux qui ne veulent pas 

Aimer et voir

 

 

 

 

Dans les vignes du Seigneur (Joe Krapov)

 





1

Jour après jour,
Seul sur la colline
Le gars qu’a perdu l’esprit
Reste parfait'ment tranquille

Personne ne veut le connaître
Tout le monde pense qu’il est fou
Il ne donne jamais de réponse

Mais le fou sur la colline,
Voit le soleil se coucher
Et perdu dans ses rêves
Voit le monde qui tourneboule

***


Quand ils vont en vacances au bord de la mer les sado-masochistes adorent se faire fouetter par les vagues.

***

Faut pas te préoccuper de ta vésicule d’hier !
Prends plutôt soin de celle d’aujourd’hui !
Vésicule d’aujourd’hui, moins d’ennuis !



2

Bien sur sa route
La tête dans les nuages
L'homme aux mille voix
Envoie ses vérités surprenantes

Mais personne jamais ne l’écoute,
Ni n’entend ce qu’il prononce
Personne ne semble remarquer

Que le fou sur la colline,
Voit le soleil se coucher
Et perdu dans ses rêves
Voit le monde qui tourneboule

***


Utilisez l’insecticide Campéador ! Élimine la guêpe, la fourmi et le coléotpère de Chimène !



***

L’impressionnihilisme est un mouvement pictural de la fin du XIXe siècle dont la doctrine pourrait se résumer de la façon suivante :

« Ça ne sert à rien de se casser le cul pour représenter le monde de la manière la plus ressemblante possible.

Ça ne sert à rien de se casser le cul pour représenter le monde.

Ça ne sert à rien de se casser le cul.

Ça ne sert à rien. »


3

La la la la
La la la la la
La la la la la la la
La la la la la la la


Le coccyx est une chose bien trop sérieuse pour qu’on la confie à des grues

***

Un été sans moules-frites, c’est comme un baiser sans moustache !

- T’as déjà essayé ?

- Non et c’est pour ça que je me paie une moules-frites tous les étés plutôt que de fantasmer sur Freddy Mercury ou de m’imaginer en Eva Braun ou en Madame Staline !

***

Personne n’apprécie sa présence
On attend qu’il entre en crise
Mais lui se contente de sourire

Et le fou de la colline
Voit le soleil se coucher
Et perdu dans ses rêves
Voit le monde qui tourneboule


N.B. Les parties en italiques sont une traduction-trahison-adaptation par mes soins (?) de" The Fool on the hill" des Beatles.

BALADE DANS LE VIEUX SIENNE (François)

  

 

Si vous allez à Sienne en Italie,

En vous promenant dans le quartier historique,

Vous verrez des œuvres d’art réunies,

De petites figurines magnifiques.

 

Sur de vieux murs en briques,

Aux fenêtres aux grillages métalliques,

Sont déposées des figurines,

Toutes blanches à l’apparence câline.

 

Ici un artisan local,

A fabriqué une statuette

En argile, ce n’est pas banal,

Pour vous faire lever la tête.

 

Mais si vous regardez bien,

Vous verrez une grappe de raisin,

Montée sur un jeune rameau,
Un pampre qui contraste et qui est beau.

 

Ces œuvres sont agréables,

Pour qui apprécie ce type de balade.


 

Vendanges stériles (Lecrilibriste)

  

 

 

Dionysos est pétrifié
Il regarde, atterré
Dans une trouée de lumière
Sa treille muscate qui portait ses espoirs 

La treille qu’il taillait
La treille qu’il soignait
La treille qu’il cajolait
En vue de vendanges
En corne d’abondance
Et de réjouissance
Porteuse d’ultime transe 

Sa belle treille est tavelée
Les grappes toutes piquetées
Par des oiseaux effrontés
Qui ont tout dévoré
Ne laissant tristement
Que feuilles et sarments 

Et des capsules d’amertume
Eclatent dans sa bouche
En fades relents de mort

 

 

Dialogue avec le bonhomme (Lilousoleil)

 

 

— Bonjour !
— Ah ! Enfin quelqu’un qui me parle !
— Vous vous ennuyez ?
— À votre avis ? Je suis assis sur un rebord de fenêtre depuis je ne sais combien de temps. Je regarde les gens passer, les oiseaux voler et les araignées tisser leur toile. Une vie passionnante !
— Vous pourriez descendre.
— Descendre ? Vous avez vu la hauteur ? Et puis mes jambes sont bien trop courtes.
— Pourtant, elles pendent dans le vide.
— C’est ma façon de prendre l’air.
— Et cette vigne derrière vous ?
— Ma voisine. Très envahissante. Elle me raconte sans arrêt qu’elle a de belles grappes.
— Vous n’aimez pas le raisin ?
— Si. Mais je préfère le vin.
— Vous êtes donc là depuis longtemps ?
— Suffisamment pour avoir vu passer plusieurs générations de chats.
— Et qu’attendez-vous ?
— Quelqu’un.
— Qui donc ?
Le petit bonhomme tourne lentement la tête vers moi.
— Je ne sais pas. Mais je suis certain qu’il viendra.
— Et s’il ne vient jamais ?
Il hausse les épaules.
— Alors je resterai là.
— Sans bouger ?
— Sans bouger. Mais en regardant.
Je m’apprête à partir.
— Attendez !
— Quoi encore ?
— Revenez demain.
— Pourquoi ?
Le petit bonhomme sourit.
— Parce qu’on ne sait jamais. Peut-être que cette fois… ce sera moi qui vous poserai une question.

 

 

Gastropodus d'anusus le retour (Nana Fafo)

 



Ce samedi matin, à l'estaminet, une nouvelle agite toute la ménagerie. 

Rappelez-vous la grande chianlie de gastropodus d'anusus,

c'est la rentrée et elle est de retour.

Tous les cabinets ont été pris d'assaut,

il n'y a plus de place disponible pour évacuer

tous les agglutinats restés bloqués.

Une longue liste d'attente étend les files

qui débordent des cabinets jusque dans les rues.

Ça peut prendre des mois avant d'obtenir

le fameux sésame ordonné d'une dissolution.

Des fenêtres d'attente ont alors été créées

pour soutenir la population...

au lieu de voir des chaises les unes derrière les autres

on voit des gens assis côte à côte

sur le rebord des fenêtres

pour favoriser le soutien.

Et ça marche, même Ronchonchon a pris son ticket...

décrochera t'il un ticket avec le gars d'à côté ? 

Non... le type est resté figé... décidément, Walrus,

notre maître du jeu s'est entiché de l'inerte.

Doit-on y voir un message ?

Défi #939