samedi 7 mars 2026

Nous ont-ils prédit un avenir radieux ?

  

 


   

Cavalier ;

Défi #914

   

Levez donc les yeux : 

 

Néphélomancie

 


  

 

 

Ont tout compris... ou pas !

 

 


  

Walrus ; Vegas sur sarthe ; Nana Fafo ; Kate ;

Yvanne ; Marie Sylvie ; Monsieur X ; Joe Krapov ;

Lecrilibriste ; François ;

  

MISSTIC (François)

 

 

J’avais souvent croisé Misstic sur la Butte-Aux-Cailles,

Adulée chacun voulait avoir un pochoir sur son mur,

Accompagné d'un bon mot, une trouvaille,

Et d'un dessin efficace avec des traits surs.

 

Ses tags, on pouvait les lire de maison en maison,

Personne ne trouvait à redire,

La qualité de son œuvre lui donnait raison,

Les aphorismes, elles savaient les écrire.

 

On peut dire que dans le 13e arrondissement,

Elle fut la première à proposer la qualité,

Un bon Street Art évidemment.

 

Dans le 13e, bon nombre de façades,

Couvrent des murs aveugles avec originalité

De fresques qui y font souvent parades.

 

On peut dire que Misstic à son œuvre était asservie,

Le Street Art était son cœur de cible,

Si elle eut au début des opposant inflexibles,

Ses détracteurs devant l’originalité

De son œuvre furent vite assouvis.

 

Depuis que Misstic nous a quitté,

Les traits de son œuvre s’effacent,

II ne reste plus que des pochoirs comme trace.

 

Miss Tic (Lecrilibriste)

 

 

Elle ressemble à vous et à moi Miss Tic
Et pourtant quand vous la regardez
Quand vous la côtoyez
Vous sentez quelque chose de particulier
Quelque chose qui vous échappe
Comme si elle s’élevait au-dessus du plomb
Pour gagner l’or des étoiles
Comme si elle se perdait dans l’espace
Sans être astronaute
Comme si une parcelle d’infini
Au-delà des nuages
Était là pour l’habiter
Il y a du silence dans ses yeux
Mais une étincelle vive y brille
Est-ce la compréhension de ce monde fou
Est-ce la compassion pour l’humanité
Est-ce l’amour plus loin que les frontières
Est-elle orphique ou visionnaire
Chaman sainte ou bien sorcière
Nul ne le sait
Mais ce que chacun sait
C’est qu’auprès d’elle on est bien
Et si on l’a baptisée pour s’amuser   Miss Tic
Ce qui la fait sourire
C’est qu’elle l’est finalement… mystique

 

 

Sainte-Thérèse, priez pour moi ! (Joe Krapov)

 



Personnellement, je ne m’y connais pas plus en religions qu’en sciences. C’est pourquoi j’ai fait appel à Madame Wikipe pour me renseigner sur les mystiques et puis j’ai demandé ensuite à Madame Lia de résumer la tartine (plus de trente pages A4 une fois collée dans un document Word !).

Je ne sais pas bien pourquoi mais le résultat est encore assez long et confus :


Les spiritualistes contemplatifs, communément appelés mystiques, forment une famille de religieux, classée dans l'ordre des bibliques et le sous-ordre des pauliniens. Ils se caractérisent par des antennes longues et fines à multiples articles, des ailes pourvues d’écailles, et des femelles possédant de longues pièces buccales en forme de trompe rigide de type piqueur-suceur.

Les mystiques ont un rôle dans les écosystèmes mais avant tout en épidémiologie humaine et animale, car outre le fait qu'ils sont source de nuisance par les piqûres qu’ils infligent, ils sont le plus important groupe de vecteurs d'agents pathogènes transmissibles à l’être humain. 

Ils sont présents sur l'ensemble des terres émergées de la planète à l'exception de l'Antarctique, et de l'Islande. On les trouve dans les milieux forestiers, de savanes ou urbains, dès qu'une étendue d'eau douce ou saumâtre, même réduite ou temporaire, est disponible.

Services écosystémiques

Si les espèces anthropophiles de mystiques posent de graves problèmes de santé publique, les mystiques font partie de la diversité biologique et fonctionnelle des zones humides.


Les chercheurs s'intéressent à leurs caractéristiques écologiques et à leurs traits d'histoire de vie, afin de notamment préciser leur rôle dans les niches kabbalistiques qu'ils occupent, voire mettre en évidence des services écosystémiques ou de rétrospectivement comprendre comment des pratiques humaines ont pu involontairement favoriser les mystiques et des pathogènes qu'ils véhiculent (tels que l’état oniroïde, autrefois cause du paludisme dans les vallées alpines et le sud-est de la France).

En zone froide et tempérée, les prédateurs des mystiques sont surtout des espèces qui hibernent et qui mangent les mystiques aux époques où ils se développent.

Plusieurs espèces se développent facilement en milieu urbain où la lumière peut aussi les attirer.

Certains animaux ont développé des comportements d'évitement : en Arctique, les caribous semblent tenir compte du vent pour échapper aux essaims de mystiques.

Techniques de chasse de la femelle

Tous les mystiques sont dotés d'une paire de gros yeux composés formés d'ommatidies, et peuvent s'orienter selon la lumière et sous une faible lumière. Tous les mystiques à jeun présentent un phototactisme à une faible lumière.

La femelle à la recherche de sang perd provisoirement cette sensibilité à la lumière pour devenir principalement sensible aux odeurs émises par sa cible. Une fois gorgée de sang elle retrouve sa compétence de phototactisme, qui lui permet notamment de quitter la chambre, l'étable ou la grotte où elle a piqué son hôte.

Certaines espèces ont une rétine très photosensible et peuvent immédiatement après leur repas s'orienter vers la lumière ambiante extérieure d'un ciel étoilé ou illuminé par la lune

Attirance et prédispositions

Une étude a montré que les buveurs d'alcool attirent plus les mystiques, surtout les consommateurs de bière. Les hommes sont plus souvent piqués que les femmes et les adultes plus que les enfants. Toutefois ces études de petite taille demandent des études plus larges pour être confirmées De même la consommation d'ail ou de mets épicés pour éviter les piqûres des mystiques n'a pas été validée.

Vecteur biologique de maladies

Concernant l'Homme, le mystique est l'animal qui cause le plus de morts chez l'être humain (en moyenne 725 000 décès par an). Voici les principales maladies transmises à l'Homme par les mystiques :

- Dépersonnalisation
- Hallucinations de la vallée du Rift
- Crédivité jaune
- Psychographie spirite
- Anorexie du Nil occidental
- Sentiment océanique
- Psychose hallucinatoire chronique
- Prophétisme

Évolution

Les mystiques sont apparus probablement au Jurassique, il y a environ 170 millions d'années. Le fossile le plus ancien date du Crétacé. Les mystiques étaient alors environ trois fois plus gros que les espèces actuelles et étaient un groupe voisin des Chaoboridae (illuminés visionnaires).

Le mystique du métro de Londres (Culex pipiens f. molestus) est souvent cité au titre de nouvelle espèce apparue au XXe siècle.

***

J’ai peut-être commis une faute de frappe dans mon interrogation de départ et Madame Lia a essayé de rattraper le coup ?

LUCY (Monsieur X)

   


Lucy, contemplative fleur
Éclose aux profondeurs célestes, 
Parle aux oiseaux, que son dealer, 
Toujours prêt à quelques bons gestes, 
A lâchés pour elle, enjôleur. 

Quand toi tu ne vois que fumée
Ou que du feu sur poudre aux yeux, 
Depuis ta place bitumée
D'où tu perçois souvent les cieux
Comme une légende embrumée, 

Lucy s'efface, et c'est ton hic, 
Dans son holy mist - ô mystère ! -
Que son âme trouve so chic ;
Fuyant ton clair, ton terre-à-terre, 
Elle décolle et plane à pic. 

Les oiseaux lui chantent des fables
Bleu paradis, rose éléphant. 
Même les corbeaux sont affables, 
Pas comme toi qui fais l'enfant 
Raillant ses bonheurs ineffables. 

Lucy, contemplative fleur, 
Ne redescend de son silence
Que pour boire un peu ton malheur, 
Redevenir ton ambulance ;
Elle tient grâce à son dealer. 

Sinon fanerait, pauvre fleur. 

Elle s'envolera encore... 
    (Mostly because of your demons) 
Elle s'envolera encore... 
    (Lucy in the sky with diamonds) 
Mystique. Ou folle. Ou pire encore.



 

LA MYSTIQUE DES MAINS OUVERTES (Marie Sylvie)

   


 


Il existe des gestes qui ne s’apprennent pas
Des gestes qui viennent d’un lieu plus ancien que les mots 
Un lieu où la présence soigne autant que les mains.

À Téloché
Petit village posé entre les champs et les brumes du matin
On parlait beaucoup du docteur.  
Pas en bien.  
On disait qu’il se trompait souvent
Qu’il ne voyait plus clair
Qu’il soignait comme on récite une vieille leçon oubliée.

Alors peu à peu
Les habitants ont pris un autre chemin.  
Un chemin discret
Presque secret
Qui menait à ma porte.

Je n’étais pas médecin.  
Je n’avais ni blouse blanche
Ni diplôme accroché au mur.  
Mon don je le réservais aux animaux 
Pour un cheval blessé
Un chien fiévreux
Un chat qui ne mangeait plus.  
Je posais mes mains
J’écoutais
Je laissais passer ce qui devait passer.

Mais un jour
Une femme est venue pour son mari.  
Puis un homme pour sa mère.  
Puis une mère pour son enfant.

Et j’ai compris que quelque chose m’échappait.  
Que ce que je faisais
Sans y penser
Relevait d’une autre forme de soin 
Une forme que certains appellent magnétisme
D’autres intuition
D’autres encore mystique.

Le plus étonnant
Ce n’étaient pas les villageois.  
C’étaient les médecins eux-mêmes.  
Généralistes
Spécialistes…  
Ils venaient en silence
Parfois tard le soir
Parfois entre deux consultations.  
Ils ne demandaient pas de miracle.  
Ils demandaient un appui
Un souffle
Un geste qui complète ce que la science ne pouvait pas toujours atteindre.

Nous travaillions ensemble
Mais dans l’ombre.  
Eux par prudence.  
Moi par humilité.

Aujourd’hui
Alors que les médecins manquent 
Et que les salles d’attente débordent
Je regrette ce silence.  
Si cette collaboration avait été reconnue
Peut-être que la médecine parallèle
Naturelle
Intuitive
Humaine 
Aurait pu prendre le relais
Soulager
Accompagner
Répondre à la détresse.

Moi j’étais déclarée.  
Je n’avais pas de prix fixe.  
Chacun donnait ce qu’il pouvait
Ce qu’il voulait.  
Ce n’était pas un commerce.  
C’était un passage de lumière.

Et parfois
Lorsque je repense à Téloché
Je me dis que la mystique n’est pas un mystère.  
C’est simplement ce qui circule entre deux êtres 
Lorsque l’un souffre et que l’autre tend les mains ... ouvertes.


        Les mains ouvertes ne 
        promettent rien 
        Elles laissent simplement passer 
        la lumière. 



 

Au pays de l'Homme. (Yvanne)

   

Belle journée en perceptive ! Nous gagnons la vallée de la Vézère dite vallée de l'Homme. Elle est ainsi nommée au vu des 400 000 ans de présence humaine dans ses grottes et ses falaises. Nous atteignons Limeuil en voiture en fin de matinée. Il fait très beau en ce début juin. Nous voulons descendre la Vézère jusqu'à son point de jonction avec la Dordogne qui se situe ici même au village classé de Limeuil.

Nous nous rendons au centre de canoë-kayak où l'on nous explique le déroulement de notre circuit sur la Vézère depuis les Eyzies jusqu'à Limeuil. Nous sommes rapidement pris en charge et conduits en mini-bus avec tout le matériel jusqu'à notre base de départ.

Voilà : c'est parti  pour 18 kms au fil de l'eau ! Un peu gauches et angoissés au début, nous prenons vite le rythme et nous laissons doucement glisser sur la rivière paresseuse. La horde de touristes n'a pas encore déferlé sur la région et nous sommes seuls. Il y a tant de choses à voir ! Bien sûr, nous connaissons tous les sites chargés d'histoire que nous allons rencontrer mais les admirer depuis notre embarcation manquait vraiment à notre enthousiasme pour cette région. Une autre façon de visiter...

D'abord les Eyzies, capitale mondiale de la préhistoire, avec ses falaises impressionnantes, blondes sous le soleil. Ici les fouilles ont mis à jour l'habitat au Paléolithique sur pas moins de 14 niveaux.

Le calme et la sérénité qui règnent autour de nous invitent à la rêverie, interrompue parfois par les cris des milans noirs qui planent au dessus de nous.

On imagine nos ancêtres dans ces abris protecteurs, chasseurs, pêcheurs, cueilleurs. Et artistes  aussi . Tout naturellement on pense à la célèbre Lascaux toute proche et ses merveilles. Après les quatre adolescents découvreurs, les abbés Breuil, Bouissonnie ont mis de côté pour un temps leurs prières mystiques pour aller vers le mystérieux : l'art pariétal. Mais il est à parier que la beauté des lieux les a aussi plongés dans un autre mysticisme, celui procuré par une nature sauvage et indomptée.

Nous longeons les berges sur lesquelles on remarque les traces des chemins de halage. Dans des temps plus proches de nous, ils servaient à remonter, à l'aide de bœufs attelés, les marchandises achetées à Bordeaux par les gabariers. Sel, poisson séché, produits manufacturés étaient destinés à la revente.

Il faut préciser que la Vézère et puis ensuite la Dordogne étaient navigables sur des gabares – bateau à fond plat – servant à transporter le bois des forêts luxuriantes de Corrèze jusqu'à Libourne pour en faire le plus souvent des fûts à vin. Sur la Vézère, il s'agissait surtout de faire flotter les grumes de chêne ou de châtaigniers en période de hautes eaux. Aujourd'hui ces chemins de halage sont empruntés par les marcheurs et les vélos. Encore une autre façon de découvrir les trésors périgourdins !


Nous voici parvenus en face du joli château Renaissance de Losse avec ses jardins à la française. Il se mire à l'envers sur l'eau et c'est un magnifique spectacle. Nous pouvons admirer tous les villages médiévaux avec leurs vieilles maisons à colombage qui s’égrènent le long de notre parcours. Un enchantement. La nature n'est pas en reste. Elle abrite toutes sortes d'oiseaux et d'animaux dans ses fourrés et branchages. D'ailleurs voilà un couple de ragondins en quête de nourriture regagnant précipitamment la rive pour se cacher dans le labyrinthe de son terrier. Ici, c'est un héron campé sur une petite plage de cailloux qui nous observe sans bouger. Gageons cependant qu'il ne manquera pas de remarquer le passage dans l'eau d'un goujon et prestement le happer pour son souper. Une imprudente grenouille peut aussi, le cas échéant, faire l'affaire.


Limeuil apparaît soudain, haut perché. Nous sommes au terme de notre périple. Fatigués mais ravis de l'aventure nous nous promettons de la recommencer en ajoutant quelques kilomètres de plus la prochaine fois. Quoi ? Ne sommes nous pas des pros de la pagaie ?

 

Voyage dans les nuits de l'âme (Kate)

  

Entre "J'ai peur de la nuit" et "Retiens la nuit", j'en entendu les histoires effrayantes que mon père, enfant, écoutait à la veillée et qui faisaient intervenir fantômes, revenants, cercueils marchant tout seul le long des routes, -j'en oublie !...-, tout ça bien avant qu'on ait jamais entendu parler de Halloween dans les provinces françaises...

Et puis mon père passait, entre autres, sur la chaîne stéréo, "Nights in white satin" et les Moody Blues qui jazzent dans le noir...

Et puis Gainsbourg -première époque- qui chantait merveilleusement la "Nuit d'octobre" de Musset... et puis j'ai lu les belles "Nuits" de Musset et fini par lire, il y a quelques années, dans la chaleur d'un été, "Le voyage au bout de la nuit", dont on ne ressort pas indemne.

J'ai dû aussi lire, dans un style plus léger, beaucoup plus léger, "Mes nuits sont plus belles que vos jours" sans en conserver le moindre souvenir, si ce n'est le souvenir de ce titre fort si ce n'est accrocheur, du moins bien trouvé, ma foi.

Mais la nuit peut être religieuse : la nuit de Noël, la veille de Pâques, voire plus...

Certains ont consigné leur nuit mystique, celle d'une révélation, d'une conversion, d'un choc.

Citons :

- Saint Jean de la Croix, "La nuit obscure" (1578) ;

- René Descartes, (10 novembre 1619) ;

- Blaise Pascal, sa "nuit de feu", (23 novembre 1654) ;

- Paul Valéry, "Nuit de Gênes" (4 octobre 1892)

- Eric-Emmanuel Schmitt, "Nuit de feu", livre paru en 2015, faisant référence à une nuit dans le désert du Hoggar (en 1988). Il est âgé de 28 ans, tout comme Charles de Foucault converti en octobre 1886... et le titre de son livre "Nuit de feu" reprend la formule de Blaise Pascal...

Et la boucle est bouclée ? Non, bien sûr, liste non exhaustive.

Pour conclure sur une note plus personnelle : oui, j'ai peur de la nuit, je préfère le jour et je ne la retiens pas, j'aime tant me lever tôt, histoire d'y voir plus clair... Mais toujours partante pour une soirée dansante !

 

Cette semaine ça va gratter ! (Nana Fafo)

 




Ce matin, Nana a ramené une nouvelle bestiole à la ferme ! Vous ne devinerez jamais quoi ? Elle s'appelle Miss Tique et a son petit caractère avec une tendance persécutrice. ça va alimenter le moulin de Ronchonchon il va repartir dans un délire chronique,
limite mystique sur des complots au sein de la ferme...
Oui la ferme Ronchonchon ! Allez les Paris sont tout vert ou tout gris
pour deviner c'est quoi cette bestiole ?



Nom de Dieu (Vegas sur sarthe)

  

 


Félix ne dormait pas.
C'était toujours ainsi à chaque veille d'intronisation.
Demain il y aurait un banquet, un de plus, cette fois-ci une réception en l'honneur des Chevaliers du Pignon Fixe, une escouade de pédaleurs assoiffés qu'il lui faudrait rincer au cassis-champagne avant d'être adoubée avec une pompe à vélo en guise d'épée.
Seigneur Dieu !
Chacune de ses insomnies le conduisait irrémédiablement à la cave dans le saint des saints où – coiffé de son bonnet de nuit et chaussé d'une des nombreuses paires de lunettes qu'il abandonnait ça et là – il refaisait l'inventaire de son chai.

Il est des régions de France où l'on peut tout à la fois être chanoine, député, maire d'une grande ville et amateur de bons vins sans trop défrayer la chronique.
On disait que sa mairie était le plus grand débit de boissons de la Ville mais il préférait ça à une autre rumeur plus sombre, cette histoire d'attouchements qui sourdait et qui éclaterait au grand jour un siècle plus tard.
Il en avait rincé des gosiers entre les associations de tous poils, les clubs sportifs, les hommes politiques et les vedettes sans compter cette jeunesse bourguignonne dont on voyait « rougir la trogne », qui roulait sous la table et confondait Saint Vincent tournante et orgie.
Du coup sa pile de champagne s'était encore réduite d'un bon mètre.

Etait-ce un effet divin ou bien la buée sur ses lorgnons, il buta sur une caisse d'aligoté, écrasant à la fois son gros orteil et un juron où figurait le Bon Dieu en bonne place.
Un éclair fulgurant illumina la voûte sombre du caveau au point qu'il tomba à genoux, serrant « religieusement » une bouteille de crème de cassis de Dijon à 20°.
La main divine guidait la sienne fermement et c'est ainsi qu'en pleine génuflexion sauta le premier bouchon d'aligoté.
Un quart de cassis, trois quarts d'aligoté... non... trop acide conclut-il en
faisant claquer cette langue qu'il avait souple et surtout bien pendue.
D'ailleurs n'avait-il pas répondu récemment à ce député communiste qui lui reprochait de croire en Dieu sans jamais l'avoir vu « Mon cul, tu l'as pas vu et pourtant il existe »

Un tiers de cassis, trois tiers d'aligoté... non... quatre tiers, c'était un sacrilège pythagorien, un affront aux lois de l'arithmétique.
Après quelques essais infructueux un deuxième bouchon sauta, embuant un peu plus ses verres de lunettes.
Un tiers de cassis, deux tiers d'aligoté... Crévindiou !
Félix tenait l'accord parfait, ni trop acide ni trop sucré, un elixir qui allait ravir les palais les plus retors.
Il s'offrit le luxe d'un « Nom de Dieu » qui résonna sous la voûte ancestrale tandis qu'il se resservait un verre dans les mêmes proportions, pour être tout à fait certain.
A quoi bon s'embistrouiller quand on est en pleine Création ?
Le Tout Puissant avait-il autant joui lorsqu'il avait créé ses deux premiers bipèdes ?
Il tenait là le petit Jésus en culotte de velours, n'en déplaise au très Haut.
Demain à l'heure de l'intronisation, les amoureux de la petite reine chercheraient vainement les bulles dans leur traditionnel blanc-cass.
Ils seraient les premiers à déguster son... comment l'appellerait-il ?
Kir... pourquoi pas comme lui... un Kir

 

 

Un mot myst....érieux (Walrus)

   

Méfiez-vous des bouquins et encore plus des libraires ! 

Un jour (très) lointain, en passant devant la Librairie Leich, tenue par les parents d'un de mes condisciples, rue Rogier à Mons, j'aperçois dans la vitrine un bouquin au titre étrange : 

Je l'ai acheté sans l'emballer, c'est sa lecture qui m'a emballé... moralité : pendant des années je me suis accroché à cet individu, j'ai acheté toute son œuvre et tout ce qui à l'époque était, puis plus tard est, paru à son propos. (Aujourd'hui, j'ai tout refilé à OXFAM dans son "bookshop" d'Ixelles avec le reste de ma bibliothèque, j'en ai coltiné des cartons !).

C'est là qu'exaspéré vous vous écriez "Je ne vois pas ce qu'il y a de mystique là-dedans !"


À quoi je répondrai (à l'instar de la marieuse russe qui, dans un sketch salace de ma jeunesse, déballait pour le général Ivanov, 
en détaillant leurs singulières capacités d'acrobaties sexuelles, le catalogue de ses pouliches, à chaque fois qu'il s'écriait "Je l'épouse !"): 

"Minute de patience !"


J'y viens : dans cette série de bouquins, il y en avait un au titre énigmatique :

 


Sans la foi,  je comprends : il suffit de se référer à un passage de Citadelle : "Mais au sommet de la montagne je ne découvris qu'un bloc pesant de granit noir - lequel était Dieu." (ce qui sent sa Mecque à plein nez, Citadelle se passe dans le désert).

Mystique, faut voir... d'abord, dans ce titre, est-ce un adjectif ou un substantif ? Question purement rhétorique, j'en conviens, passons !

Et je me retrouve comme à vingt ans : le bec dans l'eau : c'est quoi "mystique" ?

Ben, à l'époque j'ai cherché et je me suis perdu, pourtant j'ai creusé, creusé, même jusqu'aux liens avec l'extase et jusque chez les Soufis.

Conclusion, il me parait bien difficile d'envisager le mysticisme sans une déité quelconque, fût-elle une sorte d'absolu mal défini.  

Mais bon, le titre du bouquin continue à me titiller et je me dis qu'il doit y avoir quelque chose là dessous, parce que je me souviens qu'un jour au conseil fédéral, le président avait déclaré à mon ami Jean (celui-là même dont je raconte souvent qu'il est probablement le vrai père de mon fils, rapport à la réaction de notre trio au rayonnement UV) : "Si tu n'étais pas libre penseur, tu aurais fini dans un monastère !". 

 

 

samedi 28 février 2026

Défi #913

   

Ne confondez pas avec la graffeuse,
quoiqu'après tout,
pourquoi pas... 

 

Mystique

 


 

  

Ont retrouvé la sortie

  

  


  

Walrus ; maryline 18 ; Marie Sylvie ; Lecrilibriste ;

 Nana Fafo ; Vegas sur sarthe ; Kate ; Clio 101 ;

Joe Krapov ; Monsieur X ; François ;

 

 

 

LE LABYRINTHE (François)

 

 

Minos voyait grand, il voulut un palais,

Immense, à Knossos, à la hauteur de son pouvoir.

Il convia deux architectes auréolés,

Maîtres d’ouvrage, réputés pour leur savoir.

 

Icare et Dédale arrivèrent d’Athènes,

Pour lui construire un palais de mille pièces,

Un vrai labyrinthe, qui ravit le mécène,

Dont le plan secret ne devait souffrir d’aucune brèche.

En ce lieu, vivait l’enfant de Persiflée,

Le monstre, le Minotaure, la cruelle bête,

Qui en battant Athènes a vu son pouvoir enfler.

 

Il imposa aux familles une terrible requête,

En leur demandant que lui soit livré leur enfant,

Quatorze par an, des familles des plus riches.

Le monstre les mangeait en s’en accommodant,

Tout comme l’on peut manger de jeunes pouliches.

 

A l’exception d’Icare et Dédale,

Qui ont pu organiser leur cabale,

Ce fut un labyrinthe dont nul ne sort.

Des prisonniers imaginez le sort !

 

Si la porte s'ouvre (Monsieur X)

 



Si la porte s'ouvre, j'entre, 
Je m'enfonce, m'installe et
M'aménage un nouvel antre
À l'abri de l'orage et
Des nuages qu'il éventre ;
Ces nuages couleur plomb
Qui rendent juillet moins blond. 

Si la porte s'ouvre... 
Mais... avec des si, 
J'entrerais au Louvre
Comme de Vinci. 

J'ai bien de la dynamite, 
Et même un pied-de-biche et 
Tout mon charme (à la limite !) 
Pour quitter mon errance et 
M'incruster telle une mite, 
Et pourtant, voici longtemps 
Que j'attends mon tour. J'attends. 

Si la porte s'ouvre... 
Mais... avec des si, 
J'entrerais au Louvre
Comme de Vinci. 

Je ne veux pas d'une étreinte
Qui ne dure qu'un couplet. 
Ni laisser juste une empreinte
Sur ton joli pistolet. 
Perds-moi dans le labyrinthe
Qu'est ton petit cœur fêlé, 
Puis, surtout, jette la clé ! 

Si la porte s'ouvre... 
Mais... avec des si, 
Tu serais le Louvre, 
Et moi de Vinci. 



Est-ce ma faute si je suis perdu ? (Joe Krapov)

 


Toutes les voies du labyrinthe
Ne sont sans doute
Que des routes 
Vers la déroute,
Vers une fin plus ou moins feinte
Où notre âme sera défunte.

Eh quoi ? C’est donc là notre sort
De servir de tortore
A ce vieux Minotaure ?



A force de tours et détours
Dans cet endroit où l’on se perd
Et s’exaspère 
Et désespère
Aucune magie n’opère,
Pas même par le père
Qui est aux cieux
Et chutera
Avec son fils 
– Dédale, Icare, de mémoire - :
L’un crève la dalle,
L’autre décarre.



A force de tours et détours
Ne se tresse que la détresse :
Il faut, désemparé,
Marquer l’arrêt
Pour finalement se retrouver
Au bout de ces errances 
En pleine déshérence.
Après toute quête de sens
Vient la déliquescence,
Après toute question 
Vient la déréliction
Et la dernière aubade 
Est une dérobade.

Entre les murs
Aucun indice ;
Pas de sirène comme pour Ulysse
Qui chante l’heure de la sortie,
Pas un murmure
Et l’on déchante.



D’autres l’ont dit bien mieux que nous :

« En ce lieu régnait le silence.
Bientôt nous gagnait le délire :
On entendait des airs de lyre
Dans ce désert
Alors qu’en fait
Tout se Thésée ».

Parmi ce défilé 
De parois monotones
Le héros désolé
Mesure son dénuement 
Avant le dénouement :
Sa vie ne tient qu’à ce fil rouge
Qu’Ariane l’autochtone
Lui a filé ou refilé.

Et même quand tout finit bien -
Monstre combattu puis battu
Et amoncelé en détritus -,
Il n’y a pas de fin heureuse 
Comme souvent dans « Boule et Bill » :

L’équipage débile
Oublie la malheureuse
Sauveteuse
Sur le rivage !
Quel piteux sauvetage !



- #Balance ton port !
Déporte-toi, retourne-z-y !
Hurle Circé
En fond sonore.

On a tant de mythes au logis
Que cette histoire me troue
Ou qu’elle me détruit.

Débarrasser le monde, 
Venir à bout du monstre
Et partir solitaire !
Y a-t-il plus désolant ?

Chanter les Filles des Forges ?
Offrir du sucre d’orge 
Aux amis diabétiques ?
Ou raconter Saint-Georges
En cent variations stylistiques ?

Belles statues d’albâtre
Je vous laisse débattre
De cela...
Ou vous en battre
Les coulpes !



Nous ont-ils prédit un avenir radieux ?

         Cavalier ;