Ce soir n’attendra pas demain
Le temps avance trop vite
Même si on rechigne pour en venir à bout
Tes cheveux d’un blond ficelle
A défaut d’un noir de jais
Je te l’assure seront tressés
Mieux qu’un macramé
Pour ta soirée ethnique
J’ai regardé les coiffures
Ce sera tendance, c’est sûr !
Quelles tresses préfères-tu
les Bohos décontractées
Pour un look libre et artistique
Des Fulanis éthiques
Culturelles et esthétiques
Ornées de perles bleues
Des Knotless braids sans nœuds
Qui tirent moins les cheveux
Des Vanilles tressées avec un fil
De couleur audacieuse
Avec des torsades de plumes
Pour les rendre vaporeuses
Des boxer Braids , sports typiques
Structurées et dynamiques
Pour que tu te démènes
Libre comme l’air ???
Mais … Mam !
Qu’est-ce que tu me chantes-là
Je veux seulement des Rastas
Voilà !
La ficelle qui refuse de prendre sa retraite
On la garde parce qu’elle pourrait servir. Et elle sert… un jour, peut-être.
La ficelle est un objet d’avenir.
On ne sait jamais lequel, mais on sait qu’il sera ficelé.
Alors on la range dans un tiroir, avec les élastiques, les boutons orphelins et
les vis dont on ignore la provenance.
Et quand on ouvre le tiroir, elle a réussi à faire trois nœuds toute seule.
La ficelle ne vieillit pas : elle
acquiert de l’expérience.
La ficelle, véritable animal domestique
Et si ce bout de ficelle n’était pas un objet, mais une petite bête qui se déplace ?
J’ai beau la ranger, elle revient.
Je la pose sur la table : elle finit sous la chaise.
Je la mets dans un tiroir : elle ressort derrière le meuble.
Je commence à me demander si la ficelle ne serait pas un animal domestique.
Un animal discret, certes, mais qui laisse des traces.
Elle ne miaule pas, elle ne réclame pas
à manger… mais elle adore se faire remarquer.
La ficelle, une affaire de famille
En regardant cette photo, je me dis que j’ai peut-être sous-estimé ma collection de ficelles.
Ce ne sont pas de
simples morceaux abandonnés au hasard. Ce
sont les membres d’une famille nombreuse, dont je devrais entreprendre la
généalogie.
Tout commence avec l’ancêtre, une respectable ficelle d’emballage,
probablement née dans un atelier ou récupérée sur un colis. Puis viennent les
descendants : la ficelle de jardin, la ficelle de cuisine, la ficelle de rôti,
la ficelle de paquet cadeau…
Certaines branches ont prospéré. D’autres se sont réduites à quelques
centimètres, mais je refuse de les considérer comme éteintes. En généalogie, on ne sait jamais : un petit
bout peut cacher une grande histoire.
Il y a aussi les alliances : la ficelle qui s’est unie à un ruban, celle
qui a fréquenté un élastique, celle qui a été adoptée par un sac de courses.
Et comme dans toute bonne famille, certaines ont disparu sans laisser
d’adresse. Mais je garde espoir : un
jour, au fond d’un tiroir, je retrouverai peut-être la ficelle perdue de 1987.
Et on oublie pas
La ficelle et la théorie du complot : Pourquoi y en a-t-il toujours une ? Parce qu’elles se multiplient en secret ! les ficelles s’organisent.
La ficelle, symbole de notre incapacité à jeter : Nous vivons dans un monde où l’on jette tout. Mais la ficelle, non, parce qu’une ficelle, ça peut servir !
Celle qui reste,
Reste en vie
Vie, nos cœurs
Cœurs à l'unisson
Son du téléphone
Téléphone, message
Sage comme une image
Magie des mots
Mots qui guérissent
Guérissent les maux
Maudit soit ceux
Ceux qui disent
Disent de la merde
Merde à vous
Vous dites qu'il
Est mort d'avoir vécu
Cul et chemises avec
moi
Moi qui vit pour deux
Deux corps en feu
Feu de vie
Qui effraie
Frayer avec les limites
Limites des tièdes
Destinés, on était
Taire ses peurs
Peurs de solitude
Solitude
De la mort
Mords la vie
Vie de marabout
Bouts de ficelle
Ficelle, c'est mon chien. Je l'ai trouvé l'an dernier, un matin de juillet au coin de ma maison. Un bâtard de teckel beige et noir, petit saucisson court sur pattes, avec de grandes oreilles, maigre comme un clou. Il geignait, se faisait encore plus petit qu'il ne l'était en réalité. Je ne pouvais pas le laisser dans cet état. J'ai ouvert le portail et il s'est immédiatement traîné dans la cour. Ce regard. Ce pauvre regard. Je n'oublierai jamais. Abandonné par ses maîtres très certainement alors qu'il les encombrait pour leurs vacances. C'est tellement souvent le cas en cette période de l'année.
Je me suis approchée doucement pour le caresser. Le malheureux avait dû être jeté d'une voiture ou avait reçu un mauvais coup car il était dans l'incapacité de se redresser. J'ai cru tout d'abord qu'il avait un membre cassé ou peut être même la colonne vertébrale. Je lui ai porté de l'eau et un peu de jambon à manger. Il mourrait de faim et de soif. Il a tout englouti vite fait puis il s'est endormi là, pelotonné sur lui même. Je suis allée à la mairie et à la gendarmerie de mon village pour signaler sa présence chez moi. On ne sait pas : peut être avait-il simplement fugué ? Il ne portait cependant pas de collier.
A mon retour, plus de chien sur la pelouse. Alors que je le cherchais, une boule de poils est venue vers moi en se contorsionnant. « Attention Ficelle, tu vas te faire des nœuds » lui ai je dit en riant. Sans m'en rendre compte je lui avais donné un nom. Ficelle était en pleine forme. Rien de cassé. Il était juste sous alimenté. Il m'a suivie dans la maison qu'il a tout de suite fait sienne. Personne ne l'ayant réclamé, j'ai décrété que Ficelle était mon chien avec l'accord de la SPA. Il allait remplacer mon vieux Corgniaud mort pendant l'hiver. Le vétérinaire lui a donné l'âge approximatif de deux ans mais n'a pu en dire plus Ficelle n'étant pas pucé si on peut dire car les bébêtes noires pullulaient sur tout son pelage. Il avait un besoin urgent de toilettage mais à part ça, tout allait bien.
Ficelle et moi faisons
bon ménage malgré son manque évident d'obéissance. Il est têtu,
roublard et sait exactement comment s'y prendre pour me faire tourner
en bourrique. De temps en temps il a des envies d'ailleurs et si je
n'y prends garde, il a tôt fait de se faire la malle. Il sait
comment et par où se faufiler pour s'échapper en douce. C'est le
cas aujourd'hui. Je l'aperçois, courant vers la ferme voisine, celle
de Nana. Je me précipite.
Ficelle !
Ficelle ! Mais il est passé où ? Ah, je vois. Dans la
cour c'est la débandade. Les poules Simone, Monette, Coupelette et
leurs copines volent dans tous les sens, abandonnant de ci de là
leur plumage. Leur frayeur est telle qu'elles laissent échapper
leurs œufs qui se brisent sur le sol. On dirait une omelette baveuse
se répandant devant le poulailler. Bruno est complètement dépassé.
Il a beau gonfler le poitrail et se dresser sur ses ergots c'est
peine perdue. Ficelle s'en donne à cœur joie, poursuivant la
volaille comme un petit fou. Et Ronchonchon, les bras croisés
observe la scène en ricanant. Ce qui horripile encore plus le coq en
colère.
« Ficelle ! Ficelle ! Viens ici voyons. »Je suis là à ne savoir que faire quand une femme sort au pas de course de la maison de Nana. Grand chapeau de paille sur la tête, tablier à fleurs, en chaussettes et à la main, des sabots de bois. Mais non, ce n'est pas Nana. Qui alors ?
- Bonjour Madame. Nana n'est pas ici ?
- Nana est en vacances. C'est votre chien ? Dépêchez vous de le récupérer sinon je m'en charge.
- Vous êtes qui ?
- La cousine Bretonne de Nana. Voyez : j'ai beau taper mes botou-koat l'un contre l'autre pour lui faire peur, cet animal n'écoute pas. Regardez le grabuge. Il ne va plus me rester un seul œuf pour mon Kouign amann. Si c'est pas malheureux, moi qui voulais faire une surprise à Nana.
Avant que la cousine aplatisse mon Ficelle comme une crêpe avec ses sabots, j'attrape mon chien par la peau du cou et je me sauve. J'en parlerai à Nana à son retour. Elle n'est pas commode la cousine ! Ils sont tous comme ça les Bretons ?
Les économies de bout de ficelles effilochent les liens.
Cette semaine, le cœur de Simone bât à 200 Mil !
Enfin, Ronchonchon a daigné partir en week-end avec elle...
Simone est sur un petit nuage de paille.
Elle s'imagine au bord d'un lac, à contempler les paysages,
à déguster le pique-nique que Ronchonchon aura préparé pour elle.
Il aura apporté une boisson à bulles qu'il sortira de l'eau dans un seau.
Ils trinqueront à leur amour sous une douce musique jouée aux violons.
Ronchonchon avait bien tout préparé pour partir en virée
avec sa petite Simone, frivole et joyeuse.
Il est passé à boul'ange récupérer du pain et du pâté.
Il a rassemblé toutes les affaires et "en route Simone !"
Arrivés près du Lac, il monta la tente, sortit le pack de boissons à bulles,
posa les ficelles et le pâté dessus et partit installer les cannes à pêche.
Simone déchanta, les violons laissèrent place à la noirceur du piano mécontent.
Elle se rappelle que dans son rêve éveillé,
les personnages faisaient la gueule...
Ça aurait dû lui mettre la puce à l'oreille sur l'ambiance à venir.
Ahhh l'amour, il a tendance à rendre aveugle,
Ronchonchon ne pourrait jamais lui offrir autre chose qu'une relation légère,
un effiloché de liens passagers.
Je me souviens de cet enfant,
Qui avait deux jolies tresses,
Je pensais à sa maman
Qui les confectionnait avec délicatesse.
Elle séparait les cheveux en trois branches,
Vers le centre, les croisant alternativement.
C'est un travail où une mère se penche,
Pour que le résultat soit évident.
Mais si vous devez faire une corde,
Cela relève d’une unique inspiration,
Ce sont des gestes qui s'accordent.
Quand la machine à tresser entre en action.
Un jeu de quatre bouts de ficelle,
Bien fixé et torsadé à contre-sens,
On tourne la manivelle,
Et la corde prend un sens.
Et si vous allez à Rochefort,
Il y a une immense corderie,
Où on vous démontrera sans effort,
Comment la marine jadis était fournie.
Pour être honnête (Attention : j'entends votre grommellement dubitatif !) j'avais d'abord pensé proposer Fougasse.
Ce qui, dans mon esprit tordu, m'a immédiatement évoqué Focaccia (oui, mon pays, en ses heures de gloire, a connu une importation massive d'Italiens creuseurs de galeries de houillères (personne ici n'emploie ce mot, c'est juste pour faire cultivé)).
La différence entre ces deux produits de boulange dégoulinant d'huile d'olive, c'est que, traditionnellement, la garniture (s'il y en a une) est en surface sur la deuxième et à l'intérieur pour la première. Mais on sait aujourd'hui combien les traditions se perdent et le distinguo est de plus en plus flou et du coup, c'est nous qui sommes flou(t)és !
Pour éviter de vexer qui que ce soit en optant pour un des deux produits (on sait combien ces populations du sud* ont la tête près du bonnet, si si : j'ai visité Toulouse !) j'ai choisi la ficelle picarde plus proche de chez moi qui vis au nord du Nord.
Et finalement, j'ai éliminé toute référence régionale en utilisant simplement Ficelle, un produit vulgaire unanimement répandu qui ne devrait poser de problème à aucun des participants.
* Je m'en voudrais de passer ici sous silence une des sentences favorites de mon fils : "Au sud de la Loire (dans sa portion atlantique) c'est déjà l'Afrique !"