Un truc répandu de nos jours
(mais absent du CNRTL)
Oniomanie
Connaître mon avenir en observant les nuages
J’ai voulu apprendre
J’ai suivi la trace de ce nuage étrange
Qui ressemblait à une guitare
Et dans l’instant s’effilochait
J’ai eu le temps d’entendre
La musique des sphères vibrer
Sur des accords de jazz
que plaquait le vent sidéral
Mais je n’arrivais pas à les retenir
J’ai voulu fouiller ce vide au-dessus de ma tête
Jusqu’à l’autre rive de l’espace infini,
Pour rencontrer une vie
Une vie ou peut-être une chanson
qui me fredonnerait
mon avenir
Mais je n’ai trouvé que le ciel et le vent
La nuit qui précède le jour
Et les grains d’or des étoiles
Étincelants dans le ciel
Mais elles avaient fermé leur porte
Et je n’ai pas pu y entrer
Et je suis redescendue
Ma guitare de nuage à la main
Sans connaître mon lendemain
Le regard perdu dans les nuages,
Je scrute et j'imagine,
Y trouver quelques belles images,
Plus ou moins anodine.
Elle porte pour moi des messages,
Lorsque leur contour s'affine,
Ce ne sont point des mirages,
Mais des vérités qui, dans mon esprit, s'illuminent.
À quoi bon mettre en cage,
Ce savoir que j'examine.
On ne se moque pas quand on le dévisage.
Heureusement, je sais en faire bon usage,
Surtout si je lis les contours des visages,
De séduisantes beautés féminines.
Nuées volages et vagabondes
Emportées par le vent d'autan
Présages éthérés d'avenir
Hypnotiques apparences
Étranges voiles mouvants
Légers passagers de l'air
Oracles du temps passé
Mystérieux et furtifs nuages
Alchimistes de la poésie
Nourrie
de tous nos rêves
Chers à l'âme de Baudelaire
Infiniment libres et secrets
Emmenez nous vers la sérénité.
J'ai regardé les nuages, je les regarde, les photographie, parfois, quant à leur faire prédire l'avenir... Même les nuages du matin ne donnent pas le temps de l'après-midi, pas plus que ceux du soir celui du lendemain, mais ça arrive et peu importe.
Après le mysticisme, voici le prévisible ésotérisme : bel enchaînement ! Si, comme Joe Krapov (dit-il), je ne m'y entends guère en religion et en sciences, je penche plus vers la littérature et l'humour, dans la mesure du possible...
Alors, ce terme "néphélomancie", jusqu'ici inconnu de mes services, m'évoque instantanément le livre d'Umberto Eco, "Le pendule de Foucault" (pendule que j'ai eu la chance et le bonheur de voir en action et dans toute sa splendeur au Panthéon), qui m'a à la fois passionnée (tel un "page turner") et fait mourir de rire !
Ainsi, pour illustrer mon texte de nuages par une pirouette, un brin de poésie (j'aime bien), va pour :
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ici :
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ou là :
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sans oublier en tête de la playlist : "Nuages"...
C'est
dans le blanc laiteux d'un méchant cumulus
ou
dans l'œil d'un stratus aux formes biscornues
qu'une
experte voyante haussant les bras aux nues
te
dira « Méfie-toi, prends garde à l'autobus »
Pointant
la troposphère où traînent les cirrus
chargés
de particules aux déserts arrachées
la
sorcière habitée s'en va jurer, cracher
que
tu seras prochainement chinois ou russe
Ainsi
troue le destin notre couche d'ozone
inspirant
les devins, prophètes de tout poil
quand
d'autres lisent au marc de café, au gasoil
ou
que les plus « chébran » à coups de mégabits
nous
prédisent l'amour ou bien la mort subite
en
surfant sur Snapchat ou le fleuve Amazon
Je suis là, dans le ciel vaste et sans fin,
Je m'étire, me transforme, sans frein.
Parfois calme, parfois fougueux,
Je m'élance vers l’horizon, mystérieux.
Mes doigts effleurent la mer et la terre,
Mais ne les touchent jamais, car éphémère.
Lorsque je prends une forme gracieuse,
Mes allées et venues sont silencieuses.
On dit de moi que l’avenir est radieux,
Que les vents donnent des jours heureux.
Je suis le témoin du ciel et des promesses,
Je porte des signes de joie et de tendresse.
Alors, qui suis-je, que cherche-t-on à savoir,
Et quel message porte mon étrange miroir ?
Moi qui ai toujours cru qu'un mec qui tentait de lire l'avenir dans les nuages c'était un météorologiste, comme on peut se tromper !
À l'époque de mes débuts sur ce blog (le temps béni où Canalblog était efficace et gratuit) où je ne faisais que participer, je m'en serais tenu là, question de ne pas écorner ma réputation de meilleur botteur en touche du lieu.
Mais aujourd'hui, faut que j'allonge la sauce, le verbiage intempestif doit venir avec l'âge, d'ailleurs les deux mots riment.
Vous le saviez, vous, qu'en grec antique nuage se disait Νεφέλη (néphélé) ? Moi pas, vous en avez de la chance !
Pourtant à un moment de ma carrière en laboratoire, j'ai fait des mesures de néphélométrie. J'ai même tenté de fabriquer (à la demande d'Arthur, mon patron de l'époque) une échelle de turbidité à partir de suspensions de silice colloïdale, un truc que j'avais deviné voué à l'échec pour cause de floculation, mais le chef est le chef, même en maillot de bain, comme le spécifiait le règlement. Mais je ne m'étais même pas à l'époque penché sur l'étymologie du mot, faut croire que ma curiosité proverbiale était dirigée sur autre chose... (enfin, chose...)
Je viens sans prévenir.
Un froissement d’air,
et déjà je me défais.
Je passe
entre vos toits,
vos antennes,
vos gestes levés sans raison.
Je ne pèse rien
mais je vous recouvre
d’ombre et de lumière.
Et moi je ne dis rien.
Je glisse.
Parfois je me rassemble,
parfois je fuis.
Je prends la forme
de ce que vous croyez voir.
Un animal,
un visage,
un souvenir qui tremble.
Je ne garde rien.
Je porte,
je laisse,
je recommence.
Vous m’attendez
pour lire l’heure,
pour deviner la suite,
pour savoir si quelque chose
va tomber.
Je ne promets rien.
Je traverse.
Je m’effiloche.
Je n’ai pas de frontière.
Je reviens autrement.
Certains lèvent
de petits appareils.
Ils grésillent.
Mais d’autres continuent
à chercher
un cheval,
un visage,
une île.
J’avais souvent croisé Misstic sur la Butte-Aux-Cailles,
Adulée chacun voulait avoir un pochoir sur son mur,
Accompagné d'un bon mot, une trouvaille,
Et d'un dessin efficace avec des traits surs.
Ses tags, on pouvait les lire de maison en maison,
Personne ne trouvait à redire,
La qualité de son œuvre lui donnait raison,
Les aphorismes, elles savaient les écrire.
On peut dire que dans le 13e arrondissement,
Elle fut la première à proposer la qualité,
Un bon Street Art évidemment.
Dans le 13e, bon nombre de façades,
Couvrent des murs aveugles avec originalité
De fresques qui y font souvent parades.
On peut dire que Misstic à son œuvre était asservie,
Le Street Art était son cœur de cible,
Si elle eut au début des opposant inflexibles,
Ses détracteurs devant l’originalité
De son œuvre furent vite assouvis.
Depuis que Misstic nous a quitté,
Les traits de son œuvre s’effacent,
II ne reste plus que des pochoirs comme trace.
Elle ressemble à vous et à
moi Miss Tic
Et pourtant quand vous la
regardez
Quand vous la côtoyez
Vous sentez quelque chose de
particulier
Quelque chose qui vous
échappe
Comme si elle s’élevait
au-dessus du plomb
Pour gagner l’or des étoiles
Comme si elle se perdait dans
l’espace
Sans être astronaute
Comme si une parcelle
d’infini
Au-delà des nuages
Était là pour l’habiter
Il y a du silence dans ses
yeux
Mais une étincelle vive y
brille
Est-ce la compréhension de ce
monde fou
Est-ce la compassion pour
l’humanité
Est-ce l’amour plus loin que
les frontières
Est-elle orphique ou
visionnaire
Chaman sainte ou bien
sorcière
Nul ne le sait
Mais ce que chacun sait
C’est qu’auprès d’elle on est
bien
Et si on l’a baptisée pour
s’amuser Miss Tic
Ce qui la fait sourire
C’est
qu’elle l’est finalement… mystique