samedi 11 avril 2026

Défi #919

  

 

Une jolie fleur dans une peau de vache,
Une jolie vache déguisée en fleur...

 


Stramoine

 

 


  

 

Ont pu jacter à l'aise...

 

 


 

Walrus ; Vegas sur sarthe ; Monsieur X ; Marie Sylvie ;

Kate ; Cavalier ; François ; Joe Krapov ;

 

Radoter, radoter... (Joe Krapov)

 



Vous ai-je déjà dit que je n'étais pas ici pour raconter ma vie ?

Oui ?

Eh bien aujourd'hui je ne le répèterai pas et je n'ajouterai pas "mais il se trouve que...".

Il se trouve qu'en effet je m'octroie une semaine de vacances. C'est donc "Bloganpoz" là où j'écris quotidiennement et ici où je dépose une bêtise chaque semaine ce sera une non-participation : je ne veux surtout pas qu'on dise que je radote... de la Méduse-te !







IL RABACHE (François)

  


 


Il a vécu beaucoup de décennies,

Énormément d'aventures,

Mais une seule qui pour lui est omni,

Il la rabâche tout le temps, ce n'est pas une sinécure.

 

Il radote toujours,

Inutile que je vous la raconte,

Parfois, Il vaut mieux être sourd.

Sa version change souvent au bout du compte.

 

Difficiles sont pour l'entourage ses propos séniles,

Ils finissent par vous épuiser,

Vous n'avez qu'une envie, faire un tour en ville

En cherchant à vous apaiser.

 

Toutes ses paroles sont peu sensées,

Et décousues, c'est dramatique,

Mais épuisé, vous pensez,

Que vous devez faire preuve d'éthique.

 

 


Radotage trop sage et sans âge (Cavalier)

  

 

D’après Adriano Cecchi

 

Quand j’étais enfant
On disait
Que j’étais un vaurien

Et je fus juge
Et j’ai mis des drôles
Au fond des tours de geôles
À tour de rôle

Je vis de peu
J’ai une chandelle qui siffle entre mes yeux
Des grelots qui résonnent dans mes oreilles
Qui me sonnent, m’assomment

On vient me voir
Pour écouter ces sons
Et pour fabriquer de la farine

Je raconte mes voix, mes bruits
Tout me va
Je souris
J’écoute
Ces demoiselles qui m’appellent
Et un buste m’obstrue le palais

Elles sont fines, jolies, et veulent me libérer
Me délier des cordages
Des ancres
De la cheminée qui m’étreint
Mais je dirige mon navire
Dans la tempête

Oui, juste les clochettes, les assourdir
Avec elles
Un peu

De peu je vis
Là, je suis si bien …
Quand j’étais enfant
On disait
Que j’étais un vaurien

 

Radotage en trente lignes seulement ! (Kate)

 

Et si ma vie
n'était qu'un radotage
l'amour qu'un mirage

Si de mon premier mariage
ne restaient que débris
je m'étais bien juré
de ne plus recommencer
Et puis déniant le sabotage
vers toi cher ami j'ai bondi
le bonheur m'était promis
Un nouveau paysage
le passé balayé avec rage
nos noces s'ensuivirent
bien vite surgirent
quelques nuages
qui incitèrent au cabotage
faisant fi de tout canot de sauvetage
tes tromperies m'ensevelirent
et ton permanent enfumage
me décida enfin à partir
sans armes ni bagages
Mon psy m'expliqua le capotage
découlant de l'auto-sabotage
la résilience
qui implique la patience
et comme si ma vie
n'était qu'un radotage...

Je tombais amoureuse de lui
et il m'offrit des orages
que j'aurais pu prédire !
(extraits du livre :

)

Radotage universitaire (Marie Sylvie)

 

 


 


On disait que je radotais.
Mais eux… ah eux !
Ils avaient inventé un radotage de compétition
Un refrain de cour de récré
Transposé dans les bancs trop sages de l’amphithéâtre.

Chaque Lundi
Chaque Mardi
Chaque jour pair ou impair
C’était la même litanie :
La teuf du week-end
La meuf du moment
Le keuf qui avait failli tout gâcher.

Trois mots en rime pauvre
Trois piliers d’un univers minuscule
Où l’aventure se résumait à un gobelet rouge
Un cœur hésitant
Et une fuite en baskets.

Je les regardais ces futurs notables
Ces héritiers de dossiers impeccables
Ces apprentis cadres supérieurs qui parlaient 
Comme si la vie se résumait à un épisode de série mal doublée.

            Le radotage parfois 
           C’est juste l’enfance
           Qui refuse de rendre les clés.


Et moi dans tout ça
Je jouais les professeurs sévères
Les gardiennes du bon usage
Les veilleuses du verbe.

Je leur reprochais leur rituel
Leur boucle sonore
Leur vocabulaire cabossé qui tournait en rond 
Comme un scooter sans pot d’échappement.

Mais au fond
Je les aimais bien dans leur chaos.
Ils radotaient pour se rassurer
Pour se reconnaître
Pour appartenir.

Et moi je radotais pour les réveiller
Pour les pousser un peu plus loin
Pour leur rappeler que les mots sont des portes
Pas des cages.



        Chaque génération radote à sa manière.
        L’important
       C’est ce qu’elle finit par comprendre en chemin.
    

 

Le premier radotage (Monsieur X)

  


La vie allait si douce au temps de l'herbe verte ;
C'était un grand jardin aux glaïeuls souriants, 
Un visage innocent aux yeux gourmands, brillants. 
C'était avant le vent - nous dormions porte ouverte. 

La vie avait l'amour comme un mot cultivé 
Sur le bout de la langue, et les jours de récolte
Sentaient bon le parfum de l'âge désinvolte ;
C'était avant le vent - tu m'avais captivé. 

La vie... Ah ! Cette vie intense, instable, ingrate, 
Que j'aime détester en détestant t'aimer, 
Ne sait plus où aller, se met à blasphémer ;
Son vert d'avant le vent, vois-tu, se déshydrate. 

Et la pluie, insistante, octobreuse à souhait, 
Ne fera que noyer ce qui ne peut plus boire. 
On ne revient jamais au début de l'histoire, 
Quand la vie était douce autant qu'elle jouait ;

Les souvenirs, déjà, nous prennent en otage
Dans le creux d'une ride où commence le deuil
D'une époque envolée en deux temps trois clins d'œil ;
Qui de nous deux dira le premier radotage ? 
 
 
 

 

La machine à remonter (Vegas sur sarthe)

   

 


Un matin - mais était-ce un matin -, il fallut bien se rendre à l'évidence : le temps avait bel et bien disparu.


Quand tout le monde ou presque se fut rendu à « L'Eve y danse » - la dernière guinguette encore ouverte dans le canton - le préfet prit la parole en promettant de la rendre : "Boudiou! Je vous donne ma parole que nous allons rapidement trouver une solution à ce fâcheux contre-temps".
La dernière fois qu'il avait dit ça, c'était quand notre fontaine municipale s'était tarie mais j'étais trop jeune pour m'en souvenir et le vieux Paniole n'avait pas son pareil pour en parler.


Vint le tour des questions et chacun tour à tour de faire le tour de la question.
Un garçon vacher voyait le mal en pis et jurait mort aux vaches qu'on était tous foutus tandis que les moissonneurs voyaient le mal en épis.
Monsieur Papillon l'horloger et son éternelle mauvaise foi s'étaient abstenus de venir, prétextant qu'ils n'avaient pas le temps et qu'ils donneraient leur avis en temps utile.
Notre
 jeune instituteur fit justement remarquer que nous avions désormais tout le temps pour y réfléchir sauf que lui était jeune et l'un des rares du canton à être équipé pour réfléchir.
Le clerc de notaire pour qui le temps n'était qu'argent tripotait sa montre dans l'espoir de voir gigoter sa trotteuse et déclara qu'à partir de dorénavant il faudrait gagner du temps.

Des bigotes égrenaient leurs chapelets, retenant dans leurs doigts flétris des perles d'un autre temps en priant Dieu pour qu'il revienne.
Les optimistes affirmaient que de tout temps on avait toujours eu le temps et qu'il allait revenir d'avant longtemps, ce qui ne rassura personne.
Un rastaquouère venu des calanques grecques ou d'on-ne-sait-où osa même prétendre qu'il fallait relativiser le problème mais un cri tonitruant l'interrompit.
"Qui a bien pu tuer le temps?"
La voix forte du 'gardian' avait résonné dans le troquet comme une plombe sur la grosse cloche du campanile aussi personne ne s'avisa de répondre, chacun ignorant qu'il existât une date d'ouverture de la chasse au temps.


Peut-être n'était-il pas tout à fait mort et l'idée d'un mi-temps commença même à circuler dans une assistance fébrile et prête à toutes les concessions. Les initiatives les plus folles fusèrent de toutes parts: laisser du temps au temps, chercher lanterneja (midi à quatorze heures) et bien d'autres galéjades encore.


Comme le vieux Paniole se levait le brouhaha finit en soupir; à le voir péniblement ouvrir la bouche, chacun comprit qu'il allait prendre son temps mais après tout c'était le sien et il était compté.

Il commençait toujours ses phrases par « De mon temps » mais pas cette fois.
"Depuis des lustres..." dit-il "j'ai dans ma remise une machine à remonter que m'avait laissé en gage un certain Wells... un excentrique à qui j'avais prêté ma mule mais qui n'est jamais revenu".


"Le vieux Paniole radote encore, on n'est pas sortis de la guinguette!" ironisa Monsieur Papillon l'horloger.
"Alors si le coeur vous en dit de la remonter..."conclut le vieux en se rasseyant "je l'échange volontiers pour une paire de mules".
Le soir même - mais était-ce le soir - il fallut bien quitter « L'Eve y danse » et le troc eut lieu: un couillon reçut une sorte de sablier géant avec deux cordages et le vieux Paniole une paire d'espadrilles...


D'accord ! (Walrus)

   

Ben, si c'est comme ça, je ne dirai rien :

Je ne voudrais pas qu'on m'accuse de radoter !

(mais je n'en pense pas moins...)

 

  

samedi 4 avril 2026

Défi #918

  

 

De quoi parler un peu :

 

Radotage

 

 


 

Se sont soumis à la question

 

 



 
 

Questionnaire (Lilousoleil)

  

 

 

Il existe, quelque part entre deux clics et trois soupirs, une créature étrange : le questionnaire. On ne le voit pas venir. Il attend. Tapi dans l’ombre d’un “Merci pour votre achat”, dissimulé derrière un innocent “Cela ne prendra que 2 minutes”. Mensonge délicieux. Promesse fragile. Car le questionnaire, lui, n’a pas de notion du temps — seulement celle de l’insistance.

On commence confiant.
“Sur une échelle de 1 à 10, comment évalueriez-vous votre expérience ?”
On hésite. 7 ? 8 ? Et déjà, le piège se referme. Car à peine a-t-on répondu qu’il enchaîne, insatiable :
“Pourquoi pas 9 ?”

Pire encore “Sur une échelle de 1 à 10, comment évalueriez-vous votre douleur, ” Comme si celle-ci était quantifiable ; sans compter que les médocs ne vous seront pas plus dosés. Vous comprenez Madame un doliprane c’est toutes les six heures !

Comme si le bonheur devait toujours se justifier de ne pas être parfait.

Alors il creuse. Il dissèque. Il soupçonne.
“Avez-vous trouvé ce que vous cherchiez ?”
Peut-être.
“Qu’aurions-nous pu améliorer ?”
La météo, le sens de la vie, mon café de ce matin ?

Le questionnaire devient poète malgré lui, inventeur d’absurde.
“Vous êtes-vous senti émotionnellement compris lors de votre interaction avec notre service automatisé ?”
Oui, bien sûr. Nous avons pleuré ensemble. Lui en code binaire, moi en silence.

Et plus on avance, plus il s’allonge. Hydra numérique : une question coupée, trois repoussent. Il veut tout savoir, tout comprendre, tout réduire à des chiffres bien rangés, comme si l’âme humaine tenait dans une case “Autre (précisez)”.

Mais le plus fou, c’est peut-être notre docilité. Nous répondons. Nous cliquons. Nous notons notre propre existence par fragments : aujourd’hui, je me sens 6, peut-être 7 si le soleil revient.

Et puis, à la fin, il nous remercie. Toujours.
“Votre avis est précieux.”
Précieux, vraiment ? Alors pourquoi ai-je l’impression d’avoir confié mes pensées à un formulaire qui ne sait même pas rêver ?

Le questionnaire disparaît, repu.
Et nous, un peu plus vides, un peu plus notés, nous reprenons notre route…
jusqu’au prochain “Cela ne prendra que 2 minutes”.

 

 

Le QCM (François)

  

Le QCM 
 

 

Pour le contrôle d’une unité de valeur.

On pouvait avoir droit à un QCM,

Comprenons questionnaires à choix multiples,

À chaque question, fallait ne pas faire d'erreur.

Les propositions de réponses étaient triples.

 

Faire attention aux tournures des phrases,

Une négation pouvait vous conduire dans l'erreur,

Vous aviez peu de temps de réfléchir faillait être en phase.

Le temps tournait vite pour votre malheur.

 

Parfois, deux réponses étaient bonnes,

Et vous deviez bien juger,

Sans hésiter, sous ces triples colonnes,

Le correcteur pouvait vous jauger.

 

Sa correction était des plus rapide,

Il posait une grille transparente.

 

Si vos marques et les siennes coïncidaient.

Vous connaissez cette joie qui vous enchante.

 

 

 

Les questionnaires de Madame Lia épouse Google (Joe Krapov)

 


Autrefois on allait sur Google pour obtenir des réponses à nos questions intelligentes.

Maintenant c’est Google qui nous demande de répondre des conneries à ses questions idiotes.

Cette semaine, je ne m’en suis pas privé !

***



- Qui a abattu l'avion de Saint-Exupéry ?
- Il est tombé tout seul en piqué et en avarie technique : sa gourmette s’était coincée dans le manche à balai.

- Quelle est la citation de Saint-Exupéry sur la vie ?
- La vie c'est comme une dent
D'abord on n'y a pas pensé
On s'est contenté de mâcher
Et puis ça se gâte soudain
Ça vous fait mal et on y tient
Et on la soigne et les soucis
Et pour qu'on soit vraiment guéri
Il faut vous l'arracher la vie. 1

- Quels sont les quatre romans de Saint-Exupéry ?
- Le Petit Prince, Le Petit Chose, Le Petit Poucet, la Petite Fadette.

- Pourquoi Saint-Exupéry est-il connu ?
- Parce qu’il passait tous ses week-ends à faire le coup de la panne aux filles dans le désert du Sahara.

- Quelle est la maladie de Rimbaud ?
- La lassitude. A la fin, il en avait plein les guibolles. Enfin la.

- Quel est le poème le plus connu de Rimbaud ?
- L’avion en vrille (inspiré de la vie et surtout de la mort de Saint-Exupéry).

- Qui est l'amoureux de Rimbaud ?
- Patti Smith.

- Est-ce que Rimbaud a fait la guerre ?
- A tous les cons de son époque ? Oui. Il s’est engagé dans l’armée hollandaise pour toucher la prime et une fois arrivé à Java il a déserté en compagnie d’une jolie fleur prénommée Riquita.

- Quelle viande pour la choucroute ? 
- Personnellement, pour la choucroute de la mer je mets plutôt du poisson. J’ai tort ?

- Est-il bon de manger de la choucroute ? 
- Aussitôt après avoir ingurgité un cassoulet ? Il y a des gens à qui cela ne fait pas peur.

- Comment réchauffer une choucroute déjà cuite ? 
- Frotte déjà deux silex pour allumer un feu après on verra comment on fait pour ouvrir la boîte sans s’éclabousser.

- Quelle quantité de choucroute cuite par personne ? 
- 3 kilos par Alsacien·ne mais il n’y en aura pas pour tout le monde.

- Qu'est-ce qu'un walrus ?
- C’est un oncle putatif.

- Que signifie un morse ?
- C’est un langage pas trait au point.

- Où voir des morses ?
- Dans le désert du Sahara, après une indigestion de cassoulet- choucroute. On les appelle alors « mirage ».

- Le morse est-il un poisson ?
- Oui avec deux incisives proéminentes pour mieux découper le plancton qui poireaute en attendant que la banquise fonde.

- Qu'est-ce que le walrus en Python ?
- L'opérateur « Walrus » est l'un des opérateurs les plus intéressants et figure parmi les raccourcis les plus utiles du langage Python. Par sa simplicité mais aussi sa fonction, il nous permet de nous tirer de situations épineuses en démontrant de notre capacité à aller plus loin que le programme. (Là, c’est vrai, j’ai usé d’une antisèche!)

- Pourquoi Charlotte Corday a-t-elle assassiné Marat ?
- Parce que sa tronche de Mélenchoniste ne lui revenait pas.

- Quel célèbre médecin fut assassiné par Charlotte Corday ?
- Le Docteur Petiot ?

- Quelle est l'origine sociale de Charlotte Corday ?
- Fille d’un prêtre et d’une religieuse elle faisait partie du bas-clergé ?

- Quels sont les derniers mots de Charlotte Corday ?
- Comme d’habitude, coiffeur, mais pas trop court quand même !

- Combien de femmes a eu Claude François ?
- La réponse est inscrite sur son compteur électrique.

- Qui a découvert Claude François mort ?
- Sa 248965ème épouse.

- Qui a hérité de la fortune de Claude François ?
- Mais on ne pense qu’au pognon chez Madame Lia ?

- Pourquoi France Gall a quitté Claude François ?
- Les sucettes à l’anis on s’en lasse quelquefois.

- Quelle est la vraie nationalité de Donald Trump ?
- Extra-terrestre.

- Combien d'enfants a Donald Trump avec Melania ?
- Moins qu’Elon Musk avec sa frénésie copulatoire.

- Est-ce que le père de Donald Trump était riche ?
- Non, il était bûcheron et devait abandonner ses enfants dans la forêt du côté de Twin Peaks.

- Quel est le salaire du président des États-Unis ?
- Mais on ne pense qu’au pognon chez Madame Lia ?

- Quel est le genre littéraire de Paul Verlaine ?
- Le genre vilain bonhomme.

- Pourquoi Paul Verlaine est-il un poète maudit ?
- Parce qu’il était carillonneur 2

- Verlaine a tué Rimbaud ?
- Non c’est l’inverse.

- C'est quoi un trou de verdure ?
- Un cimetière militaire ?

- Combien de cigarettes fumait Serge Gainsbourg par jour ?
- Un certain nombre !

- Quelle était la maladie de Serge Gainsbourg ?
- Un cancer du fumeur, peut-être ?

- Pourquoi Gainbourg buvait-il ?
- Pour oublier Gainsbarre ?

- Qui a hérité de la fortune de Serge Gainsbourg ?
- Mais on ne pense qu’au pognon chez Madame Lia ?


1 : Boris Vian

2  : Maudit sois-tu, carillonneur !






Tout premier choix (Vegas sur sarthe)

  


Si l'on est persuadés qu'au Septième jour de la Genèse 1.0 le Tout-Puissant se reposa, des scientifiques viennent d'avancer le contraire en exhumant un questionnaire laborieusement gravé sur tablette qu'IL aurait soumis à ses deux bipèdes fraîchement créés afin de guider leurs premiers pas à l'Eden Park.

Au chapitre vestimentaire Adam eut à choisir entre un slip en peau de kangourou avec la poche, un slip Noé de chez Petit Bateau ou une feuille de vigne des Vignes du Seigneur Premier Grand Cru Classé de l'humanité.


Eve de son côté devait choisir entre la classique et minimaliste tenue d'Eve ou un soutif cœur croisé de latex et feuilles de cannabis assorti d'une paire d'escarpins loup-bouquetin mi-canidé mi-chèvre pointure 37.


Il n'est jamais facile de choisir quand c'est la toute première fois, toute toute première fois comme le chanterait plus tard Jeanne Mas.


Au chapitre communication – bien que les voix du Seigneur soient impénétrables – il fallait choisir soit les paraboles au risque de se faire brouiller l'écoute par les Fèques-Niouses de Satan soit rien d'autre.

Rien qu'à l'idée de se retrouver en silencieux tête-à-tête tous les jours que Dieu fait, Adam et Eve cochèrent la case parabole avec toutes les conséquences qui s'ensuivirent.


Au chapitre descendance puisqu'il en fallait une, le choix du prénom du premier mâle créa la polémique.

Adam opta pour Caïn quand Eve voulut Caha, le troisième choix étant Abel, un certain Abel de Cadix aux yeux de velours comme chanterait plus tard Luis Mariano et son Chi-ca Chi-ca Chic ay ay ay.


Au chapitre Péché original puisqu'il y en eut un, IL leur laissait le choix entre un pêcher de la variété Grosse Mignonne et un pommier Reine des Reinettes. On sait quel choix ils firent et ce fut donc un fruit à gros pépin.


Au chapitre alimentaire le choix du fromage fut cornélien entre Saint Nectaire, le Caprice des Dieux et une tour de Babybel.


Enfin pour les breuvages il restait à choisir entre AOC : Appellation d'Origine Chrétienne et IGP : Indication Géographique du Pater mais pas de choix pour l'apéro du samedi ; IL leur imposa les RTT – Rhum, Téquila, Tabasco – ainsi tombèrent-ils d'accord pour la première fois, toute toute première fois et peut-être la dernière.



 

 

Qu'est-ce que tu diras ? (Kate)

 

"Questionnaire", prochain mot du défi que je découvre tôt, très tôt, trop tôt, ce matin... Pas d'idée, normal à cette heure, je vais me recoucher et y réfléchir (des fois, ça marche) ou m'endormir et me lever d'ci un moment pour me préparer à partir à ma compétition dans une ville voisine.
Je ne me suis pas rendormie, juste une vague idée m'est venue : écrire un formulaire titré, tout simplement "QUESTIONNAIRE" démarrant par les questions suivantes :
- Lisez-vous les questionnaires ? OUI / NON
- Acceptez-vous de répondre à quelques questions ? OUI / NON
et autres banalités tautologiques du même genre. Une idée, OUI, mais nulle OUI !
Je me lève (et je ne te bouscule pas), un air (comme souvent) trottant dans la tête, me prépare et arrive au lieu de rendez-vous. Voyage sans encombre en ce samedi matin encore bien hivernal, jazz en fond sonore. Au club, accueil sympathique avec café et petits gâteaux offerts. On discute. Ne reste qu'une madeleine sur une assiette sur le bar.
David :  Tu la veux ?
Judith : Non, prends-la.
D : Non merci. Cette madeleine me fait penser à Proust...
J : Ah oui ? Il paraît que c'était peut-être une biscotte...
D : Proust me fait penser à la musique. Il l'aimait beaucoup.
J : Et aussi la peinture...
(Mais où nous voilà partis ?... On attaque la compèt' dans cinq minutes, la salle est juste à côté. Tiens, il me donne une idée : le "questionnaire de Proust"...)
D : J'aime beaucoup la musique de Reynaldo Hahn, le compositeur évoqué par Proust...
J : Pas très connu...
D : Enfin, si, en son temps. Et c'était son amant.
(Mais où on va ?)
J : Ah ! Et ami... Tiens une affiche, une expo on dirait ?

D : Oui, elle est terminée. Joli dessin. 

Et cet air qui trotte dans ma tête : "Et si je te pose des questions ?..."
Et le questionnaire de Proust maintenant ! Son héroïne de fiction : Bérénice, passion versus devoir...
Et la musique...
Allez, on y va !
Fin d'après-midi, après deux tournois, des hauts et des bas, des adversaires gentils ou pas, bons ou pas, inspirés ou pas... Les résultats ? Bons ou pas ?
Bons, tant mieux. Mais on verra demain quand les autres sites de la région auront fait remonter leurs résultats à la Fédé.
Un pot, un buffet, des photos, ambiance. Retour sans musique. On discute, on débriefe.
Au retour, un peu d'infos à la télé et hop ! Ça y est ! La musique qui me trottait dans la tête, la voilà, un tube bien "vintage" que je chante : "Et si je te pose des questions, qu'est-ce que tu diras ?"

Et des questions, on s'en est posés, et beaucoup : va-t-on jouer une partielle, une manche, un chelem, contrer les adversaires ?... Une belle journée bien remplie !

 

 

Où cha vous mène... ! (Yvanne)

  


Mauricette Mathou à la gendarmerie.

- Bonjour Madame Mathou. Asseyez vous.
- Pourquoi je suis là ? Qu'est ce qui se passe ?
- Je vais tout vous expliquer Madame Mathou. Déclinez votre identité s'il vous plaît.
- Hein ? Quoi ? Vous le savez comment je m'appelle puisque vous m'appelez par mon nom.
- C'est la procédure Madame Mathou. Alors vos nom, prénom, date de naissance...
- Je veux savoir pourquoi vous m'avez fait venir ici. D'abord ouvrez la fenêtre. Ça pue la sueur et le tabac dans cette pièce.
- Soyez polie Madame Mathou. Faites ce que je vous demande, on verra ensuite.
- Mauricette Mathou née le 15 août 1946 au château de Cazillac. Vous connaissez mon adresse puisque vous m'avez envoyé une lettre.
Soupir du gendarme.
- Vos parents ?
- Ben ils sont morts vous vous en doutez non, vu mon âge. D'ailleurs je n'ai pas eu de père. Ma mère était bonne au château et on peut dire qu'elle servait, oui, à tout et surtout au...
- Je ne vous demande pas ça Madame Mathou.
- Ben alors vous voulez savoir quoi ?
- Ce que vous faisiez hier soir à la tombée de la nuit  dans la rue.
- Je sortais ma poubelle.
- Il y avait quoi dans votre poubelle ?
- ???
- Nous on le sait Madame Mathou ce qu'il y avait dans votre poubelle.
- Hé Michou ! Michou ?
Le gendarme interpellé par la bonne dame passe dans le couloir en baissant la tête.
- C'est Michou. Ah je lui en ai donné des bonbons à ce gamin et même plus mais...Un ingrat. Il ne veut pas me parler.
- Il est en service Madame Mathou.
- Ça change quoi. C'est un ingrat je vous dis. Je lui ai tout appris si vous voyez ce que je veux dire...
- Hum hum. Alors Madame Mathou dites nous un peu : il y avait quoi dans votre poubelle ?
- Rien. J'en ai marre de ce questionnaire à la …
- Madame Mathou, ce n'est pas un questionnaire. On est pas chez le médecin ici. C'est un interrogatoire et vous devez répondre aux questions.
- Si je dois répondre aux questions c'est bien un questionnaire. Qu'est ce que vous voulez que je vous dise ? Je ne sais même pas pourquoi je suis là.
- Bon. Voilà. Votre voisine, Madame Michel a perdu un chat et elle vous accuse de l'avoir tué et jeté dans votre poubelle. Elle a porté plainte contre vous.
- C'est la meilleure ! La mère Michel est folle et elle a tellement de chats qu'elle ne les nourrit pas tous. Ils viennent miauler chez moi et je leur donne à manger, pauvres bêtes. D'ailleurs, vous pouvez demander à Monsieur le curé. Je suis allée me confesser ce matin pour faire mes Pâques dimanche et si j'avais commis un crime je le lui aurais dit.
- Commis un crime ?
- Mais tuer un chat c'est un crime non ?
- Euh oui. Certainement. Signez votre déposition Madame Mathou. Vous pouvez y aller merci. On vous tiendra au courant.
En sortant Mauricette tombe nez à nez avec Michou dans le couloir.
- Ben alors mon petit Michou, on fait pas la bise à Momo aujourd'hui ?

L'expression « faire ses Pâques » signifie se confesser et communier pendant le temps pascal dans la religion catholique.

 

C'est bien joli (Monsieur X)

  


C'est bien joli, sur ton perron ;
Le printemps a mis des tulipes. 
Mais j'y tourne toujours en rond, 
Le temps de plaire à tes principes.

Il faut arroser les tulipes...

Il en est des formalités 
Avant de franchir ton sourire 
Et d'accéder aux cavités 
Si secrètes de ton empire. 

Pour voir l'envers de ton sourire...

Remplirai-je tes conditions 
En répondant au questionnaire 
Fait pour sonder mes ambitions 
D'amoureux extraordinaire ? 

Incontournable questionnaire...

Est-ce gagné si je m'en sors ? 
On m'a parlé d'un vestibule
D'où partiraient des corridors ;
Un seul mènerait à ta bulle. 

Je crois que la foule affabule... 

C'est bien joli, sur ton perron ;
Le printemps a mis des tulipes. 
Mais j'y tourne toujours en rond 
Avec au moins deux autres types. 

J'ai beau arroser les tulipes... 


 

Variable Cachée sur la Barricade (Cavalier)

  


 

« Je suis au carrefour du boulevard Arago et de l’avenue des Gobelins où depuis 4 heures du matin la bataille fait rage. Mais, euh, voici un jeune homme qui a un pavé à la main. J’enjambe la barricade et je m’approche de lui. Peut-être, lui, saura-t-il me fournir des éléments.» 

– Ah , mais on gueule nous, on gueule ! Eh, euh, ben, oui, on est les jeunes directeurs de banque et on trouve pas de boulot… Et alors? Bien sûr qu’on a du pogon! Les gens y disent : « Ah bon, ils ont du pognon. » Eh alors? On a du pognon et alors? On va pas faire les barricades avec nos bagnoles, non? Elles sont toutes neuves, et alors? Pour quoi ils nous prennent les gens? Sans blague ! Et alors?

– Écoutez, je viens déjà d’interviewer votre collègue, là, celui tout enfariné au nez rouge. C’est un questionnaire, le questionnaire de Proust. Ça aidera à ouvrir des banques nouvelles ! «

Allons-y,

Bon, messieurs, on va faire ça proprement. C’est pour le dossier d’aide gouvernementale. Le fameux questionnaire proustien. Vous êtes prêts ?

Jeune banquier : Je suis né prêt. Enfin, prêt à 8h30, après le café et les marchés asiatiques.
Clown : Moi j’étais prêt hier, mais j’ai oublié pourquoi :

1. Ma vertu préférée – La rigueur. Sans elle, même les yachts chavirent.
 – Et moi, c’est l’oubli des comptes !

2. Le principal trait de mon caractère – La précision. Il faut savoir aligner bien les olives sur la table basse.
– Tu veux dire : l’obsession du centime d’Euro?

3. La qualité que je préfère chez les autres – La fiabilité.
– J’aime mieux ceux qui arrivent en retard mais avec des fleurs.

4. Mon principal défaut – L’impatience. Tout futur a son heure.
– C’est pour ça que tu tapes du pied quand le monde ne tourne pas rond ?

5. Ma principale qualité – La capacité d’anticipation. Des vacances reglées au millimètre.
– Moi j’anticipe rien, je tombe exprès. Et je m’en relève mieux.

6. Ce que j’apprécie le plus chez mes amis – Qu’ils ne parlent pas trop de politique. Ni trop de moi.
– Ha, ha ! Moi, j’aime ceux aux silences bruyants surtout quand ils ont du rouge au nez.

7. Mon occupation préférée – Analyser les marchés. En peignoir, avec vue sur le lac.
– Oui, et refaire semblant de me cogner dans un mur d’eau.

8. Mon rêve de bonheur – Un portefeuille équilibré et une vie sans volatilité à Mykonos.
– Hé bien ! Mais moi je rêve d’un trapèze sans filet et d’un public qui pleure de rire.

Vingt-huit questions. Huit réponses ici. Les autres traînent encore sur la barricade…
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Sur la barricade absurde — Dialogue libre après Proust

(Une barricade improbable. Des pavés, des banderoles, un banc bancal. Le clown blanc est assis sur une caisse de vin vide, le banquier suisse debout, tiré à quatre épingles. Un micro pend d’un fil électrique. Le reporter est parti depuis longtemps. Mais les deux protagonistes continuent.)

Banquier stagiaire : Bon. On a répondu au questionnaire. Vingt Huit questions. C’est fait. Rigueur, fiabilité, portefeuille équilibré. Je suis un homme structuré.

Clown : (tapote la caisse) Et moi, pantin, j’ai dit marguerite, saule pleureur, trapèze sans filet. Je suis un homme qui tombe. Il y a des cordes, Mais je tombe bien. Sans m’y faire prendre, sans m’y faire pendre.

Banquier stagiaire : Vous tombez dans l’émotion. Moi, je reste dans le rendement. C’est une question de posture.

Clown : (mime un banquier qui glisse sur une banane) Et si la posture glisse ? Si le rendement se prend les pieds dans le tapis rouge du chapiteau ? Vous avez prévu ça dans vos modèles ?

Banquier stagiaire : Je modélise les risques. Mais pas les clowns.

Clown :  Erreur stratégique. Les clowns sont des variables cachées. Collés aux contrecoups du sort, on surgit dans les bilans, on fait rire les colonnes, on déséquilibre les ratios. Et parfois, on fait pleurer les actionnaires.

Banquier stagiaire :  (soupire) Je ne comprends pas votre logique.

Clown : C’est normal. Elle est illogique. Mais elle tient debout. Comme moi, sur un monocycle.
(Un silence. Le vent soulève une banderole : “Ouvrez des banques !”)

Banquier stagiaire : Vous savez, j’ai dit que je voulais vivre en Suisse. Mais parfois, je rêve d’un pays où les nuages sont assez bas pour qu’on puisse les attraper.

Clown : (sourit) Ah. Vous voyez. Vous êtes contaminé. C’est le syndrome du poète latent. Il commence par rêver de nuages, et finit par écrire sur des confettis.

Banquier stagiaire : Et vous, vous avez dit que vous vouliez mourir en coulisses, maquillé, sous les applaudissements.

Clown : Oui. Et vous, vous avez dit : “Sans douleur, entouré de mes proches.” C’est presque pareil. Mais moi, je veux qu’on rie. Même un peu trop.

Banquier stagiaire : (regarde les pavés) Vous croyez qu’on peut faire une banque avec ça ? Une banque de souvenirs. De sourires. De sciure.

Clown : Oui. Mais il faudra un clown à la direction. Et un banquier au trapèze.

(Ils se regardent. Le vent fait tomber une feuille. Le clown la ramasse et la glisse dans l’attaché-case du banquier.)

Clown : C’est votre premier dividende poétique. Ne le perdez pas.

 

Défi #919

     Une jolie fleur dans une peau de vache, Une jolie vache déguisée en fleur...   Stramoine