dimanche 12 juillet 2026

Se sont fait prendre en main

  

Attention !  

 

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Désolé !

  

 

 

Laura

 

 

samedi 11 juillet 2026

Défi #932

   

  


 

 

Se sont emberlificotés ... ou pas

  


  

Lecrilibriste ; Nana Fafo ; Monsieur X ; Kate ;

Marie Sylvie ; Lothar ; Laura ; Walrus ;

Julien ; Joe Krapov ; Lilousoleil ; François ;

 

 

 

Dimanche, c'est lessive ! (Nana Fafo)

 

Dimanche c'est lessive ! 




Lorsque le tissu craqua, le sang se répandit sur le sol,

il se confondait avec la couleur du lien

censé assurer Nana dans ces mouvements noués.


Son regard s'attarda sur sa copine Lulu toujours en l'air,

comme si elle n'avait pas remarqué l'accident,

comme si le spectacle devait continuer sans elle,

comme si Nana devenait transparente noyée dans cette mare de rouge.


C'est avec effroi que Nana sortit de sa rêverie sur cette idée :

et si Lulu l'avait exprès ?


Chaque dimanche, Nana est lessivée et
se réserve une petite sieste sur son canapé... rouge.


Elle se dit que ce bout de rêve étrange, sera un bon sujet à traiter

avec le Doc à leur prochain rendez-vous :

comment trouver l'équilibre dans tous les nœuds de son linge de vie ?



Les Tisseurs de Vide (Lilousoleil)

 

 

Sous le chapiteau, le monde semble s'effacer. Il ne reste qu'un souffle, une lumière, et deux rubans de soie rouge qui descendent du ciel comme un chemin vers l'inconnu.

Peu à peu, les corps s'abandonnent. Ils glissent, se renversent, se balancent. On ne sait plus très bien où commence la terre, où finit le ciel. Suspendues dans leur écrin de velours écarlate, les deux artistes dessinent un langage que les mots ne savent pas dire.

Elles ne se regardent pas, pourtant elles se répondent. Entre elles circule cette confiance invisible qui permet de défier le vide. Chaque mouvement est une respiration, chaque silence une promesse. La soie les porte autant qu'elles l'apprivoisent, et l'on oublie la prouesse pour ne voir que la grâce.

Le temps ralentit. Le public retient son souffle, comme si un geste trop brusque pouvait rompre le fragile équilibre de cet instant. Les rubans deviennent des ailes, des voiles, parfois même des cocons où l'on aimerait s'abriter quelques secondes encore.

Puis vient le retour. Lentement, les étoffes se replient, les corps redescendent vers la piste. Le rêve se dissipe sans bruit, mais il laisse au fond des regards une étrange légèreté, comme si, l'espace d'un instant, nous avions tous appris à flotter entre ciel et terre.

 

  

Emberlificotée (Laura)

 

 

Tous les enfants tombent, je pense

Tous les enfants ont les genoux abîmés. Des pansements des coudes d'abîmés, c'est à ça que servent, c'est à ça que servaient les protège-coudes. Mais certains enfants tombent plus que d'autres. Et je crois que Cannelle en faisait partie.  D'autant plus qu'elle semblait manquer d'équilibre, avoir deux pieds gauches comme on dit. On mettait aussi les chutes  sur le fait qu'elle était toujours dans la lune, toujours ailleurs. Les cours de sport étaient un cauchemar. Elle se sentait empêtrée dans son corps, pas du tout aérienne, comme ces gymnases dans leurs tissu. Grande pour son époque, on se moquait d elle

Timide, elle paraissait hautaine et fut harcelée 

Elle n avait pas confiance en elle et sa famille ne l' aida pas beaucoup a ce niveau

Elle se prit en main toute seule

Le sport l' y aida et de spectatrice avec son père elle était devenue pratiquante

Mais les chutes continuèrent 

Le médecin lui demanda si elle ne sentait pas tomber

Non docteur en fait j 'adore tomber, me démonter le dos et le genou 

Elle commença à se surveiller

Et le docteur mit un mot sur ces chutes: malaise vagal et elle se sentait presque toujours tomber et tombait moins

Alors comme elle se sentait mieux dans son corps, qu'elle a souvent vaincu sa peur du vide,

elle pourrait essayer de s'emberlificoter dans des tissus la tête en bas... ou pas

 

Acrobaties électorales (Joe Krapov)

 

                                   Rennes, le 10 juillet 2026

                        Cher Docteur Zigmund

Nous voici revenus sains et saufs du Festival des Affranchis à La Flèche. Il n’y a pas eu d’accident. Juste une tentative de meurtre. Certains bas du front ont en effet décidé d’assassiner ce festival de théâtre de rue en retirant plus de 50 000 euros de subventions à l’association organisatrice des événements culturels de cette petite ville de la Sarthe.

C’était la 33e édition – un bel âge pour mourir de canicule ! - et elle a été écrasée de soleil. Même si gratuites, les places à l’ombre étaient encore plus chères que le Loir qui traverse la ville. Oui, ici même le Loir est cher aux yeux des nouveaux édiles !

Côté spectacles nous avons vu une excellente version du « Cendrillon » de Joël Pommerat, un duo de clowns grimés en shérifs américains assez désopilant, de la danse, des marionnettes géantes, des acrobates, du théâtre d’objets...

Mais la joie a déserté les rues où, de nouveau, circulaient les voitures et il y a eu des choses encore plus attristantes. Même en votre absence nous avons pris soin de réserver une table dans notre restaurant préféré, celui où, une fois par an nous devisons d’ophtalmologie, de botanique et de jeu d’échecs avec vous-même et la belle Gabrielle, votre compagne, votre – j’ai trouvé ça juste cette semaine - « dame du lac » ! ;-)

Las, le dimanche midi nous avons trouvé porte close et un message sur le téléphone annonçant que le restaurant était fermé. Le sympathique patron de cette échoppe était peut-être aussi souffrant que le festival ou déprimé par le vote récent des Fléchois ? Zut alors ! Si le retour aux bonnes vieilles traditions franchouillardesçaises fait qu’on ne peut plus se nourrir de couscous à La Flèche, où va-t-on ?

J’abrège en vue de lister les aspects les plus scandaleux de ce séjour. Le spectacle de l’acrobate Marta Matovelle s’intitulait « Broken ». Si on a cassé notre jouet, son trapèze a elle lui a joué des tours et elle s’est retrouvée… sur la corde raide. C’était très beau mais hélas aussi très symbolique.

Quatre gamins ont circulé à vélo dans les rues de la ville effectuant force freinages et dérapages et poussant des cris de bestiaux au lieu d’aller se poser devant les spectacles pour s’ouvrir un peu l’esprit à autre chose que le trio bistrot-burger-ballon rond.

Christelle Morançais, coupeuse de bourses en chef au Conseil régional des pays de Loire n’a elle pas craint de venir, telle Jeanne d’Arc montrant l’oriflamme mais vêtue façon star, donner des exemples de gestion et ouvrir de beaux horizons aux mangeurs de rillettes de l’endroit.

Pendant la conférence de la famille Goldini, on a entendu le comédien se moquer ouvertement de la vénération de François Fillon pour Milton Friedman, de son mépris des fonctionnaires qui ne l’a cependant pas empêcher de faire engager sur un poste d’assistante parlementaire son épouse Pénélope qui n’y a, paraît-il, fait que tapisserie.


La compagnie Tétrofort s’est ouvertement gaussée des spectacles du Puy-du-Fou.

Le trio de musiciens Gadjé mundi a enflammé le parc des Carmes avec Trans Balkan express, rien que de la musique de voleurs de poules, allant jusqu’à faire l’éloge de la kalachnikov !

Enfin, agélaste butte note liste, le mercredi suivant, Marine Le Pen en personne est venue réécrire les décisions prises par la justice à son égard sur la place du Marché au blé !

Une chose est sûre : devant ce défilé de délinquantes et délinquants de tous poils, moi, si j’étais Fléchois, je n’hésiterais pas ! À la prochaine présidentielle, je voterais pour l’extrême-droite !

Bel été à vous deux !

Très amicalement

Joe K. et Marina B.

LE DIABOLO (François)

 

 

Jadis au cirque on faisait jouer des animaux,

Ils étaient partie intégrante du spectacle,

Mais il apparut un plateau nouveau.

Pour les animaux ce fût la débâcle !

 

Le cirque du soleil a donné l’exemple,

Seuls les artistes font les numéros,

Dont la liste peut être ample,

Mais le résultat est des plus beaux.

 

Il est un exercice aérien,

Chargé d’émotion qui fait du bien,

Enveloppé dans un tissu autour d’une corde,

On se laisse glisser quand le public crie miséricorde,

En maitrisant parfaitement sa chute,

Aussi rapide qu’abrupte, avec adresse et dextérité,

Autour de son étoffe rouge bien lovée,

En faisant des figures de voltiges,

Toutes belles et féeriques,

Empreintes d’une beauté poétique,

Avec un savoir-faire qui relève du prestige.

On appelle ce numéro le « Diabolo »

Pour le réaliser imaginez le talent qu’il faut !

 

 

C’est mon métier ! (Lothar)

 

Je retiens.
Je tiens.
Deux lignes tombent du plafond du noir.
Je ne tombe pas.
Je n’ai jamais su tomber.

Je ne pèse rien
jusqu’à ce que des mains arrivent,
jusqu’à ce qu’un corps me confie
sa peur mal pliée.

Alors je chauffe,
je brûle,
je glisse,
je reprends.
Je serre juste assez.

Les mains viennent
avec leur craie,
leur tremblement discret,
leur confiance posée trop vite.
Le corps monte,
s’efface,
revient.

Je ne dis rien.
Je laisse passer.
Parfois un souffle se suspend.
Parfois un rire descend
plus vite qu’un poids.

Je cède,
je me courbe,
je fais place.
Je connais la fatigue des bras,
la morsure des cuisses,
la seconde avant la chute,
la seconde où tout se retient.

On dit que je suis partenaire.
C’est trop.
Je ne fais rien.
Je tiens.
Quand tout va bien,
on m’oublie.
Je préfère.

Je reste là.
Immobile.
Tendu.

Quand tout se passe bien, personne ne pense à moi.


 

______________

Aux filles aussi, c’est leur métier

Mais sachez que ce n’est pas cher payé. Un autre petit boulot est bien venu.

Elles invitent souvent des célébrités.

on vient de loin pour s’entrainer ici.

Le cirque (Lecrilibriste)

  

 

« Le cirque a posé
Son chapeau pointu
Sur la place publique »
Dans la petite école d’à côté
C’est l’heure de la récré
Les petits ont glissé leur nez
Contre la clôture grillagée
Pour ne rien manquer
Ce soir ce sera la fête…
Le cirque,
 les clowns avec leurs drôles de tête
Les font rêver … 

Mais tandis que les acrobates
Se lancent autour d’un drap rouge
Pour tournoyer dans les airs
Et que les petits en récré
Jouent en chantant la comptine
« Enroulez le fil
Et déroulez le fil
Et tire, et tire
Et tape, tape, tape » 

Les musiciens illico en ont fait une impro
Et Les acrobates tournent, tournent,
Tournent et t jouent sur le tempo
Et le fil du drap rouge
S’enroule jusqu’en haut
Et se déroule prestissimo
« Enroulez le fil
Et déroulez le fil »
Et tire, et tire
Et tap ! tap ! tap ! »  

Ce soir au diapason du nouveau numéro
Les enfants conquis, en rythme
Frapperont dans leurs mains
Et le chapiteau crépitera de bravos

 

 

Les sœurs Angoisse (Monsieur X)

  



Les sœurs Angoisse,
Chacune au bout d'un fil ténu,
Dessinent la chorégraphie
De leur délire saugrenu.
C'est tape-à-l'œil ; je m'en méfie.

La nuit revient.

Les sœurs Angoisse,
Chacune araignée au sommet
D'un art qui me met en pelote,
Sans ouvrir un seul guillemet,
Savent abuser mon pilote.

La nuit est là.

Les sœurs Angoisse
Veulent m'en mettre plein les yeux.
C'est un fil rouge qu'elles tissent ;
Ça sent presque le sang, c'est mieux 
Quand les sourires rapetissent.

La nuit me tient.

Les sœurs Angoisse
Carburent à ma peur du noir.
Et leur spectacle me harcèle.
Rangez-les moi dans un tiroir !
Passez-les au lave-vaisselle !
Faites-en ce que vous voudrez,
Des confettis, ou du fromage, 
Quelque chose que vous vendrez...
Emportez tout ! Le son, l'image...

La nuit est là. 

Sur mon lit comme sur la ville.

Pourrai-je enfin dormir tranquille ?



 

LA TÊTE À L'ENVERS MAIS LE CŒUR DEBOUT (Marie Sylvie)

  





Je suis suspendue dans l’air
La tête en bas
Comme si le monde avait décidé de me regarder autrement.  
Le tissu rouge glisse contre ma peau
Solide et brûlant
Et je sens sa présence comme on sent une vérité que l’on n’a pas choisie 
Mais qui s’impose.  
Je ne suis pas une acrobate
Pourtant je connais cet état : 
L’équilibre précaire
La respiration qui se concentre
La vie qui tient à un fil 
Un fil que je n’ai pas tissé
Mais que j’ai appris à saisir.

Depuis longtemps
Je marche dans un univers où les repères se renversent.  
Les tragédies ont été mes chapiteaux successifs
Dressés sans prévenir
Et chaque fois j’ai dû grimper
M’accrocher
Trouver un point d’appui pour ne pas tomber.  
Je n’ai pas toujours su comment faire
Mais j’ai toujours su que je devais tenir.  
Alors j’ai développé cette étrange aptitude : 
Vivre la tête à l’envers sans perdre le nord.

Le rouge du tissu m’interpelle.  
Je n’aime pas cette couleur.  
Je lui préfère le bleu
Surtout le turquoise
Cette nuance qui respire
Qui apaise
Qui ouvre des portes vers des horizons plus doux.  
Mais le rouge lui me ressemble davantage.  
Il est la couleur de ma colère 
Pas celle qui détruit
Mais celle qui protège.  
La colère qui dit : 
《 Je refuse de m’effondrer. 》
La colère qui m’a tenue debout lorsque mes larmes ont cessé de couler.

J’ai pleuré longtemps
Pour ceux qui sont partis
Pour ceux que la vie m’a arrachés.  
Un jour les larmes se sont taries.  
Non pas par dureté
Mais par épuisement.  
Comme si mon corps avait décidé qu’il avait atteint son quota
Qu’il ne pouvait plus offrir davantage de sel au monde.  
Depuis je ne pleure plus.  
Je ne suis pas triste
Je ne suis pas dépressive.  
Je suis colérique 
Une colère claire
Lucide
Qui garde la tête sur les épaules même lorsque tout est à l’envers.

Alors dans cette photographie je me vois.  
Je suis cette silhouette suspendue
Tenue par un fil rouge que je n’ai pas choisi 
Mais qui m’a sauvée.  
Je suis ce mélange étrange :  
Un cœur rouge qui refuse de mourir
Une âme turquoise qui cherche la paix
Et une tête qui reste droite même lorsque le monde bascule.

Je me sens comme ces acrobates :  
En équilibre dans le déséquilibre
En suspension dans le mouvement
En vie dans la chute.  
Je ne sais pas si je danse ou si je lutte
Si je m’élève ou si je me retiens
Mais je sais que je suis là
Présente
Entière
Accrochée à ce fil rouge qui me traverse et me porte.

Et peut-être que c’est cela ma manière d’exister :  
Avancer dans un monde renversé
Porter une colère qui protège
Chercher le turquoise dans chaque horizon
Et continuer
Encore
À tenir le fil.
 
  


 

Se sont fait prendre en main

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