Cherchons la sortie...
Labyrinthe
(Did they hunt the walrus ?)
Ecridelle ; Walrus ; Marie Sylvie ; Vegas sur sarthe ;
Nana Fafo ; Monsieur X ; Kate ; Joe Krapov ;
François ; Clio 101 ; Lecrilibriste ;
Anoki signifie « comédien »
C’est ce que sa mère lui a dit
Et il jongle avec sa pagaie Anoki
Dans un décor à jamais
préservé de toute destruction
Il part à la chasse au castor
Ou bien à la chasse au trésor
Au morse ou au saumon
Ça n’a pas d’importance
Il l’aura de toute façon !
Même si c’est le benjamin,
Le tout petit
Il a l’âge de raison Anoki
pour attraper les poissons.
Il est le maitre de sa rivière
et il sait manier son harpon
Son kayak fend les eaux vives
Et glisse sur le tapis élimé
de la salle à manger
Loin du tumulte du monde
Il est à la chasse, Anoki
Rien ne peut l’arrêter
Et il bataille, il pagaie, il pagaille
et soudain il crie !
Ça y’est, je l’ai !!!
« J'y allais tous les étés quand j’étais gamin. » « Sur la falaise, tu vois, ce sont des grottes troglodytes. A la Préhistoire, les gens… » « Je rêve de m’installer dans le coin quand j’aurai un boulot stable. Une maison sympa avec un jardin pour accueillir mes amis… »
Et blablabla, blablabla, blablabla. Ça fait quinze minutes qu’on est partis, autant de temps que Nathan parle, sans que je puisse en placer une. Moi qui voulait profiter du paysage, du ronronnement de la rivière, du chant des oiseaux et de la caresse du vent, tout ce que j’entends c’est la voix de Nathan.
Assise en face de lui, Margot s’efforçait d’empêcher ses yeux de se fermer, tout en essayant de garder un visage avenant. La promenade en kayak n’était pas désagréable, loin de là, mais le débit constant de son interlocuteur en gâchait tout le plaisir. Un sourire de plus en plus forcé à mesure que les minutes s’écoulaient, elle le guettait du regard, attendant une pause dans son discours pour tenter de lui poser une question.
De nature timide, Margot n’osait jamais interrompre quelqu’un qui lui parlait. Surtout si la personne en question ne lui était pas indifférente.
Pour sa part, Nathan poursuivait ses explications, inconscient de la tempête de pensées qui occupaient l’esprit de son joli vis-à-vis. Très attaché à la région où il avait grandi, il s’emportait presque toujours quand il voulait la faire découvrir à des inconnus. Surtout si son interlocutrice lui plaisait. Dans ces cas-là, il en rajoutait, encore et encore, jusqu’à ce qu’on le supplie d’arrêter. Ce qui, à l’évidence, n’était pas le cas de Margot qui buvait littéralement ses paroles.
Quand il vit son doux visage se crisper et elle se lever à demi, il s’interrompit, alarmé. Moins d’une seconde plus tard, il sentit sa rame se bloquer dans un rocher. Pour se dégager, il accentua sa poussée.
Un peu trop.
Le mouvement de balancier imprimé par son bras, projeta le kayak vers l'avant et les envoya à l’eau. Habitué des naufrages, il se releva d’un bond. En quelques enjambées, il rejoignit son embarcation, la retourna et s’empara du bidon en plastique qui contenait leurs affaires. Il le projeta sur la rive toute proche et chercha Margot du regard.
Assise sur un rocher un peu en surplomb, elle se tenait une cheville en grimaçant. Les pires scénarios se mirent à défiler dans son esprit. Il nagea plutôt qu’il ne marcha dans sa direction.
- Mon Dieu, je suis désolé, tellement désolé. Tu t’es coupée ? Tu saignes ? Ta vison n’est pas troublée ? Tu veux qu’on appelle les secours ?
- Je crois…que je me suis foulée la cheville en tombant.
La grimace de douleur qui apparut sur son visage coupa net son débit affolé. Ses réflexes revinrent alimenter son cerveau.
- Il ne faut surtout pas que tu poses le pied par terre. Ne bouge pas et laisse-moi faire.
Avec délicatesse, il passa un bras autour de ses épaules, un autre sous ses genoux et la souleva doucement. Il la porta jusque sur la rive, l’adossa contre un rocher, avant de sortir une serviette du bidon et de l’envelopper. Il l’aida à ôter ses vêtements mouillés et à en passer des secs puis s’assit contre elle pour la réchauffer avant d’appeler la société de location de kayaks.
Une douce chaleur se lova dans le cœur de Margot, une chaleur qui n’avait rien à voir avec sa serviette. De bavard intempestif, Nathan s’était montré prévenant et attentif. Le rendez-vous avait eu beau commencer de façon un peu étrange et se finir à l’eau, elle avait un léger goût d’inattendu. Avec un sourire, elle se blottit un peu plus contre lui et lui posa une question.
Quand les secours arrivèrent, ils avaient déjà planifié leur prochain rendez-vous.
Deux inuits dans la baie d'Hudson,
Dans leur kayak de mer s'approchaient du rivage,
À coups de pagaie, ils avaient tracé leur sillage,
Parmi les glaces, sans connaître le moindre frisson.
D'habits De peau de phoque ils étaient couverts,
Ils allaient repartir munis de leur arpon.
Pour chasser des animaux et les poissons,
Ils n’avaient pas de légume dans leur univers.
On dit même qu'ils pouvaient chasser la baleine,
De quoi faire de grandes réserves pour la communauté,
Cette pêche était particulièrement risquée.
Dans leur embarcation, ils pouvaient connaître de grandes peines.
Leur nourriture étant essentiellement carnée,
Ils avaient des besoins de graisse pour vivre l'éternel hiver.
Pour nous, ce régime, cette froidure seraient un enfer,
Par ce climat, nous serions vite enchaînés.
L'appel au 911 (quelle pelle !)
Comme chaque samedi matin,
toute la ménagerie est réunie à l'estaminet
pour discourir et jouter verbalement sur les péripéties de la ferme,
tandis que Nana s'affère dans sa cuisine.
Un petit rituel intrigue Ronchonchon :
Bruno s'approprie toujours le journal "le Samatin"
à la Une, des gros titres du samedi pour atteindre le coeur des lecteurs.
Il tourne discrètement les pages pour aller lire d'abord quelque chose
et revient à la première page.
Ronchonchon remarque aussi que Walrus observe la scène
avec un petit rictus en coin.
Voilà un nouveau mystère à éclaircir...
Que cache Bruno ?
De quoi Walrus est au courant ?
Serait-ce un complot contre lui ?
Tout le monde papote tranquillement et bruyamment
sauf Ronchonchon qui reste silencieux devant son lait de poule au café.
Walrus, lui lance "t'es toujours en colère contre Valentin ?"
Ronchonchon lève les yeux et souffle...
Il décide de suivre Bruno.
Ce coq, laid pour un cochon, se dandine dans la cour de la ferme
et se rend, l'air de rien, près de l'étable de Boss
le Yak que Nana avait ramené de son voyage.
Bruno lui tend quelque chose et s'en va discrètement...
C'est quoi ce trafic ?
Ronchonchon décide de suivre Boss.
Ce dernier se dirige vers le lac
il sort des fourrés un truc couleur chocolat
ça ressemble à une barquette, une petite barque
à l'intérieur de laquelle il se glisse.
Mais dans son cas, Yak de milles livres
il va couler et se noyer dans ce Kayak.
Ronchonchon se demande :
Mais où va-t'il ?
Doit-il appeler le 911 ?
Suite au prochain numéro...
- Allô Jack ?
C'est Mark.
- Hello, t'es à Bergerac ?
- Oui, pas à la fac
à Bordeaux.
On va faire du bateau.
Les gosses feront du canoë
J'ai réservé.
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- C'est d'accord !
Les copains d'abord !
- On mettra le triplace à l'eau...
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- Pour le remake de "Trois hommes dans un bateau"
et on chantera "C'est de l'eau, Jack" !
- Et vive le kayak !
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(juillet 2022, Bergerac)
Le kayak est une sorte de pirogue à deux bouts semblables dite palindrome car tout comme son nom se lit dans les deux sens il se manœuvre dans les deux sens sans avoir à le retourner (du moins dans le sens longitudinal)
Les
amateurs de palindromes adorent mener leur kayak en ETE sur la
rivière ERDRE en écoutant ABBA.
Ainsi
disait Victor Hugo en pagayant à contre sens : « Et la
marine va venir à Malte »
Il
faut se méfier des imitations, ainsi le kayac n'est pas une pirogue
palindrome et doit être utilisé dans le bon sens du terme sous
peine de naufrage.
Le
mot kayak signifie « bateau de l'homme » alors que les
peaux de phoque servant à sa construction sont épilées puis
cousues exclusivement par les femmes.
En
inuit on n'a pas trouvé de mot pour « bateau de la femme ».
Le
kayak originel est un objet singulier : il ne possède donc
qu'une seule place.
Le
kayak est un bien personnel adapté à la morphologie de son
propriétaire, qu'il soit épilé ou poilu.
L'inuit
est lui-même vêtu de peaux de phoque épilées puis cousues par les
femmes, ce qui lui permet d'épouser son kayak sans pour autant
qu'ils soient cousus ensemble.
La
qualité d'un kayak tient à celle de l'aiguille en os et du fil en
tendon de caribou mais surtout de la dextérité de la couturière.
Un
proverbe inuit dit «Si tu vois le doute dans l'oeil de ton voisin de
kayak, accuse sa femme »
Le
kayak possède un squelette en bois flotté qui assure son
insubmersibilité (pour plus de précisions se référer à Titanic).
La
rame se nomme pagaie et s'appelle Reviens dès l'instant où elle est
en bois flotté.
« Si la vie est comme un kayak dans une rivière déchaînée, alors la sagesse en est la pagaie » (Orrin Woodward)
`
Blanc, jaune, rouge ébène
La nature nous a ainsi fait,
Mais alors, pourquoi tant de haine ?
Qu'est-ce que les autres nous ont fait ?
Tout cela pour une couleur de peau,
Une différence non acceptée.
Au repoussoir, nous pouvons être accros,
Adieu toute forme de neutralité.
Je ne prendrai ici qu'un seul exemple.
L'apartheid fût désorganisé
Alors qu'il était déjà fragilisé,
À la suite d'une opération,
Il y eut une répercussion ample,
Qui a bouleversé cette nation.
Quand le cœur d'une femme noire,
Fut greffée sur une blanche,
Il y eut des prises de conscience.
Depuis, il est des certitudes qui flanchent !
Symbolique devenait cet échange,
L’opération eut des conséquences étranges.
Si tous les gars du monde
Pouvaient un jour s'unir,
Le racisme disparaîtrait à la ronde.
La grandeur de l'humain pourrait s'épanouir.
Cher Martin,
futur ex-conjoint,
Te joindre est difficile
te rejoindre futile
t'enjoindre inutile
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Tu trouveras ci-joint
les coordonnées
de mon avocat
(ton ami Nicolas,
il a déménagé)
pour qu'on s'entende avant juin
sur la façon la plus rapide pour nous disjoindre
entraînant des conséquences moindres
sur le fait que tu es mon adjoint
et que la conjoncture actuelle
ne me permet pas de te garder
puisque tu as choisi de vivre avec elle,
Laurence
partie à la concurrence
et de sauter à pieds joints
sur notre couple, notre famille
dès ta première rencontre avec cette fille
que j'avais embauchée
pour nous épauler...
Elle t'a enjoint
dis-tu
de la rejoindre
sans que tu
jettes sur l'impact de ton départ
le moindre regard
ni que tu
te donnes la peine de feindre...
Tu trouveras aussi ci-joint
ta lettre de démission
sans conditions
que tu as juste besoin
de signer
et de me retourner
dès demain,
Martin
Alex,
ton ex
Tes mots semblaient à ma portée,
Les miens se pensaient pertinents,
Mais... chaque tournure adoptée
Nous laissait sur nos continents
À la dérive, en fin de compte ;
La distance est un mastodonte.
Sais-tu que depuis Uranus,
D'où mon cœur te fait des grands signes,
Je ne vois pas vraiment Vénus ?
Est-ce bien moi que tu désignes
À chaque message envoyé ?
Est-ce un spam qui m'a foudroyé ?
J'ai du mal avec la friture
Qui fume à l'heure du repas,
La mauvaise littérature,
Les gens qui n'articulent pas,
Ceux qui ont la syntaxe en peine,
Ceux qui parlent la bouche pleine...
Que dire alors des connexions
Qui ne trouvent jamais la route ?
Dix plantages sur dix jonctions,
Et des espoirs en banqueroute,
Ça fait beaucoup de liens ratés...
Cessons les frais illimités !
Vous voulez vous joindre à la fête ?
Ce samedi matin, n'en pouvant plus de le garder à vue,
les poulets ont foutu Ronchonchon dehors.
Ils n'arrivaient plus à joindre Les Debout,
les juges qui ont débouté Ronchonchon de son appel.
Fier comme un forban,
Ronchonchon rentre à la ferme de Nana Fafo triomphant.
En chemin, il s'arrête au Jonction-Market,
la seule supérette des fermes alentour pour s'acheter de la gnole du coin,
c'est Monsieur Canard qui la fabrique et elle décape !
Arrivé à la Taverne pour fêter sa victoire,
Ronchonchon constate que toute la ménagerie s'agite à préparer une fiesta...
Il se demande, serait-ce pour moi ?
Comment ont-ils su que je sortais ?
Alors, il se cache et observe tout ce petit monde afféré aux préparatifs.
Walrus concocte des breuvages onctueux.
Monette et Simone accrochent des guirlandes de coeurs.
Bruno sort des plans sur la comète pour orchestrer les préparatifs.
Et Kate a apporté des jeux pour animer le tout.
Voilà une fête qui va faire un tollé pour un mec qui sort de tôle c'est pas banal !
Kate et Walrus se retrouvent au comptoir pour observer un grand livre.
Sur la couverture on peut lire " Les origines de la Saint-Valentin".
Alors, Ronchonchon comprend que ce n'est pas pour lui tout ce remue méninge,
et sans ménager la ménagerie, il explose en criant haut et fort,
que lui, il n'aime pas Valentin
et se lance dans une tirade inter-minable sur son mépris...
"Non mais, j'y crois pas !
Tout ce foin pour fêter un 14 qui défraie la chro-nique.
Ben oui, la finalité tout le monde la connaît...
Vous voulez me faire croire
que personne n'essaie de s'emboîter pour joindre l'utile à l'agréable ? hein ?
Et vous là, les zamoureux, vous mettez en scène votre zamour
pour faire passer la pillule... le lendemain,
de la douloureuse ardoise de la veille ? Espèce de naïfs !
Comme si un ange boudiné pouvait se faire passer
pour un archet du destin de la pulsion !
C'est un poète pouette pouette arrosant de ses flèches parfumées au Mouette et Chantons
les chatouilleux du chamalow à la guimauve pour endormir les poulettes.
Vous le voyez pas ça ?
Mais le pire...
C'est que vous, les Miss Poulette, vous feignez d'y croire
pour quand même finir par passer à la casserole !
Il suffit de quelques gouttes d'huile d'onction pour que ça glisse tout seul...
Sans même avoir besoin de vous faire le coup de la panne !
Quelle mascarade !
Mais bon... que peut bien comprendre une bête
à bouffer du foin comme moi à tout cela ?"
Puis, Ronchonchon détale comme un lapin, laissant son auditoire pantois.
Ne serait-il pas jaloux qu'un gars dodu ait une fête rien qu'à lui ?