samedi 4 avril 2026

Défi #918

  

 

De quoi parler un peu :

 

Radotage

 

 


 

Se sont soumis à la question

 

 



 
 

Questionnaire (Lilousoleil)

  

 

 

Il existe, quelque part entre deux clics et trois soupirs, une créature étrange : le questionnaire. On ne le voit pas venir. Il attend. Tapi dans l’ombre d’un “Merci pour votre achat”, dissimulé derrière un innocent “Cela ne prendra que 2 minutes”. Mensonge délicieux. Promesse fragile. Car le questionnaire, lui, n’a pas de notion du temps — seulement celle de l’insistance.

On commence confiant.
“Sur une échelle de 1 à 10, comment évalueriez-vous votre expérience ?”
On hésite. 7 ? 8 ? Et déjà, le piège se referme. Car à peine a-t-on répondu qu’il enchaîne, insatiable :
“Pourquoi pas 9 ?”

Pire encore “Sur une échelle de 1 à 10, comment évalueriez-vous votre douleur, ” Comme si celle-ci était quantifiable ; sans compter que les médocs ne vous seront pas plus dosés. Vous comprenez Madame un doliprane c’est toutes les six heures !

Comme si le bonheur devait toujours se justifier de ne pas être parfait.

Alors il creuse. Il dissèque. Il soupçonne.
“Avez-vous trouvé ce que vous cherchiez ?”
Peut-être.
“Qu’aurions-nous pu améliorer ?”
La météo, le sens de la vie, mon café de ce matin ?

Le questionnaire devient poète malgré lui, inventeur d’absurde.
“Vous êtes-vous senti émotionnellement compris lors de votre interaction avec notre service automatisé ?”
Oui, bien sûr. Nous avons pleuré ensemble. Lui en code binaire, moi en silence.

Et plus on avance, plus il s’allonge. Hydra numérique : une question coupée, trois repoussent. Il veut tout savoir, tout comprendre, tout réduire à des chiffres bien rangés, comme si l’âme humaine tenait dans une case “Autre (précisez)”.

Mais le plus fou, c’est peut-être notre docilité. Nous répondons. Nous cliquons. Nous notons notre propre existence par fragments : aujourd’hui, je me sens 6, peut-être 7 si le soleil revient.

Et puis, à la fin, il nous remercie. Toujours.
“Votre avis est précieux.”
Précieux, vraiment ? Alors pourquoi ai-je l’impression d’avoir confié mes pensées à un formulaire qui ne sait même pas rêver ?

Le questionnaire disparaît, repu.
Et nous, un peu plus vides, un peu plus notés, nous reprenons notre route…
jusqu’au prochain “Cela ne prendra que 2 minutes”.

 

 

Le QCM (François)

  

Le QCM 
 

 

Pour le contrôle d’une unité de valeur.

On pouvait avoir droit à un QCM,

Comprenons questionnaires à choix multiples,

À chaque question, fallait ne pas faire d'erreur.

Les propositions de réponses étaient triples.

 

Faire attention aux tournures des phrases,

Une négation pouvait vous conduire dans l'erreur,

Vous aviez peu de temps de réfléchir faillait être en phase.

Le temps tournait vite pour votre malheur.

 

Parfois, deux réponses étaient bonnes,

Et vous deviez bien juger,

Sans hésiter, sous ces triples colonnes,

Le correcteur pouvait vous jauger.

 

Sa correction était des plus rapide,

Il posait une grille transparente.

 

Si vos marques et les siennes coïncidaient.

Vous connaissez cette joie qui vous enchante.

 

 

 

Les questionnaires de Madame Lia épouse Google (Joe Krapov)

 


Autrefois on allait sur Google pour obtenir des réponses à nos questions intelligentes.

Maintenant c’est Google qui nous demande de répondre des conneries à ses questions idiotes.

Cette semaine, je ne m’en suis pas privé !

***



- Qui a abattu l'avion de Saint-Exupéry ?
- Il est tombé tout seul en piqué et en avarie technique : sa gourmette s’était coincée dans le manche à balai.

- Quelle est la citation de Saint-Exupéry sur la vie ?
- La vie c'est comme une dent
D'abord on n'y a pas pensé
On s'est contenté de mâcher
Et puis ça se gâte soudain
Ça vous fait mal et on y tient
Et on la soigne et les soucis
Et pour qu'on soit vraiment guéri
Il faut vous l'arracher la vie. 1

- Quels sont les quatre romans de Saint-Exupéry ?
- Le Petit Prince, Le Petit Chose, Le Petit Poucet, la Petite Fadette.

- Pourquoi Saint-Exupéry est-il connu ?
- Parce qu’il passait tous ses week-ends à faire le coup de la panne aux filles dans le désert du Sahara.

- Quelle est la maladie de Rimbaud ?
- La lassitude. A la fin, il en avait plein les guibolles. Enfin la.

- Quel est le poème le plus connu de Rimbaud ?
- L’avion en vrille (inspiré de la vie et surtout de la mort de Saint-Exupéry).

- Qui est l'amoureux de Rimbaud ?
- Patti Smith.

- Est-ce que Rimbaud a fait la guerre ?
- A tous les cons de son époque ? Oui. Il s’est engagé dans l’armée hollandaise pour toucher la prime et une fois arrivé à Java il a déserté en compagnie d’une jolie fleur prénommée Riquita.

- Quelle viande pour la choucroute ? 
- Personnellement, pour la choucroute de la mer je mets plutôt du poisson. J’ai tort ?

- Est-il bon de manger de la choucroute ? 
- Aussitôt après avoir ingurgité un cassoulet ? Il y a des gens à qui cela ne fait pas peur.

- Comment réchauffer une choucroute déjà cuite ? 
- Frotte déjà deux silex pour allumer un feu après on verra comment on fait pour ouvrir la boîte sans s’éclabousser.

- Quelle quantité de choucroute cuite par personne ? 
- 3 kilos par Alsacien·ne mais il n’y en aura pas pour tout le monde.

- Qu'est-ce qu'un walrus ?
- C’est un oncle putatif.

- Que signifie un morse ?
- C’est un langage pas trait au point.

- Où voir des morses ?
- Dans le désert du Sahara, après une indigestion de cassoulet- choucroute. On les appelle alors « mirage ».

- Le morse est-il un poisson ?
- Oui avec deux incisives proéminentes pour mieux découper le plancton qui poireaute en attendant que la banquise fonde.

- Qu'est-ce que le walrus en Python ?
- L'opérateur « Walrus » est l'un des opérateurs les plus intéressants et figure parmi les raccourcis les plus utiles du langage Python. Par sa simplicité mais aussi sa fonction, il nous permet de nous tirer de situations épineuses en démontrant de notre capacité à aller plus loin que le programme. (Là, c’est vrai, j’ai usé d’une antisèche!)

- Pourquoi Charlotte Corday a-t-elle assassiné Marat ?
- Parce que sa tronche de Mélenchoniste ne lui revenait pas.

- Quel célèbre médecin fut assassiné par Charlotte Corday ?
- Le Docteur Petiot ?

- Quelle est l'origine sociale de Charlotte Corday ?
- Fille d’un prêtre et d’une religieuse elle faisait partie du bas-clergé ?

- Quels sont les derniers mots de Charlotte Corday ?
- Comme d’habitude, coiffeur, mais pas trop court quand même !

- Combien de femmes a eu Claude François ?
- La réponse est inscrite sur son compteur électrique.

- Qui a découvert Claude François mort ?
- Sa 248965ème épouse.

- Qui a hérité de la fortune de Claude François ?
- Mais on ne pense qu’au pognon chez Madame Lia ?

- Pourquoi France Gall a quitté Claude François ?
- Les sucettes à l’anis on s’en lasse quelquefois.

- Quelle est la vraie nationalité de Donald Trump ?
- Extra-terrestre.

- Combien d'enfants a Donald Trump avec Melania ?
- Moins qu’Elon Musk avec sa frénésie copulatoire.

- Est-ce que le père de Donald Trump était riche ?
- Non, il était bûcheron et devait abandonner ses enfants dans la forêt du côté de Twin Peaks.

- Quel est le salaire du président des États-Unis ?
- Mais on ne pense qu’au pognon chez Madame Lia ?

- Quel est le genre littéraire de Paul Verlaine ?
- Le genre vilain bonhomme.

- Pourquoi Paul Verlaine est-il un poète maudit ?
- Parce qu’il était carillonneur 2

- Verlaine a tué Rimbaud ?
- Non c’est l’inverse.

- C'est quoi un trou de verdure ?
- Un cimetière militaire ?

- Combien de cigarettes fumait Serge Gainsbourg par jour ?
- Un certain nombre !

- Quelle était la maladie de Serge Gainsbourg ?
- Un cancer du fumeur, peut-être ?

- Pourquoi Gainbourg buvait-il ?
- Pour oublier Gainsbarre ?

- Qui a hérité de la fortune de Serge Gainsbourg ?
- Mais on ne pense qu’au pognon chez Madame Lia ?


1 : Boris Vian

2  : Maudit sois-tu, carillonneur !






Tout premier choix (Vegas sur sarthe)

  


Si l'on est persuadés qu'au Septième jour de la Genèse 1.0 le Tout-Puissant se reposa, des scientifiques viennent d'avancer le contraire en exhumant un questionnaire laborieusement gravé sur tablette qu'IL aurait soumis à ses deux bipèdes fraîchement créés afin de guider leurs premiers pas à l'Eden Park.

Au chapitre vestimentaire Adam eut à choisir entre un slip en peau de kangourou avec la poche, un slip Noé de chez Petit Bateau ou une feuille de vigne des Vignes du Seigneur Premier Grand Cru Classé de l'humanité.


Eve de son côté devait choisir entre la classique et minimaliste tenue d'Eve ou un soutif cœur croisé de latex et feuilles de cannabis assorti d'une paire d'escarpins loup-bouquetin mi-canidé mi-chèvre pointure 37.


Il n'est jamais facile de choisir quand c'est la toute première fois, toute toute première fois comme le chanterait plus tard Jeanne Mas.


Au chapitre communication – bien que les voix du Seigneur soient impénétrables – il fallait choisir soit les paraboles au risque de se faire brouiller l'écoute par les Fèques-Niouses de Satan soit rien d'autre.

Rien qu'à l'idée de se retrouver en silencieux tête-à-tête tous les jours que Dieu fait, Adam et Eve cochèrent la case parabole avec toutes les conséquences qui s'ensuivirent.


Au chapitre descendance puisqu'il en fallait une, le choix du prénom du premier mâle créa la polémique.

Adam opta pour Caïn quand Eve voulut Caha, le troisième choix étant Abel, un certain Abel de Cadix aux yeux de velours comme chanterait plus tard Luis Mariano et son Chi-ca Chi-ca Chic ay ay ay.


Au chapitre Péché original puisqu'il y en eut un, IL leur laissait le choix entre un pêcher de la variété Grosse Mignonne et un pommier Reine des Reinettes. On sait quel choix ils firent et ce fut donc un fruit à gros pépin.


Au chapitre alimentaire le choix du fromage fut cornélien entre Saint Nectaire, le Caprice des Dieux et une tour de Babybel.


Enfin pour les breuvages il restait à choisir entre AOC : Appellation d'Origine Chrétienne et IGP : Indication Géographique du Pater mais pas de choix pour l'apéro du samedi ; IL leur imposa les RTT – Rhum, Téquila, Tabasco – ainsi tombèrent-ils d'accord pour la première fois, toute toute première fois et peut-être la dernière.



 

 

Qu'est-ce que tu diras ? (Kate)

 

"Questionnaire", prochain mot du défi que je découvre tôt, très tôt, trop tôt, ce matin... Pas d'idée, normal à cette heure, je vais me recoucher et y réfléchir (des fois, ça marche) ou m'endormir et me lever d'ci un moment pour me préparer à partir à ma compétition dans une ville voisine.
Je ne me suis pas rendormie, juste une vague idée m'est venue : écrire un formulaire titré, tout simplement "QUESTIONNAIRE" démarrant par les questions suivantes :
- Lisez-vous les questionnaires ? OUI / NON
- Acceptez-vous de répondre à quelques questions ? OUI / NON
et autres banalités tautologiques du même genre. Une idée, OUI, mais nulle OUI !
Je me lève (et je ne te bouscule pas), un air (comme souvent) trottant dans la tête, me prépare et arrive au lieu de rendez-vous. Voyage sans encombre en ce samedi matin encore bien hivernal, jazz en fond sonore. Au club, accueil sympathique avec café et petits gâteaux offerts. On discute. Ne reste qu'une madeleine sur une assiette sur le bar.
David :  Tu la veux ?
Judith : Non, prends-la.
D : Non merci. Cette madeleine me fait penser à Proust...
J : Ah oui ? Il paraît que c'était peut-être une biscotte...
D : Proust me fait penser à la musique. Il l'aimait beaucoup.
J : Et aussi la peinture...
(Mais où nous voilà partis ?... On attaque la compèt' dans cinq minutes, la salle est juste à côté. Tiens, il me donne une idée : le "questionnaire de Proust"...)
D : J'aime beaucoup la musique de Reynaldo Hahn, le compositeur évoqué par Proust...
J : Pas très connu...
D : Enfin, si, en son temps. Et c'était son amant.
(Mais où on va ?)
J : Ah ! Et ami... Tiens une affiche, une expo on dirait ?

D : Oui, elle est terminée. Joli dessin. 

Et cet air qui trotte dans ma tête : "Et si je te pose des questions ?..."
Et le questionnaire de Proust maintenant ! Son héroïne de fiction : Bérénice, passion versus devoir...
Et la musique...
Allez, on y va !
Fin d'après-midi, après deux tournois, des hauts et des bas, des adversaires gentils ou pas, bons ou pas, inspirés ou pas... Les résultats ? Bons ou pas ?
Bons, tant mieux. Mais on verra demain quand les autres sites de la région auront fait remonter leurs résultats à la Fédé.
Un pot, un buffet, des photos, ambiance. Retour sans musique. On discute, on débriefe.
Au retour, un peu d'infos à la télé et hop ! Ça y est ! La musique qui me trottait dans la tête, la voilà, un tube bien "vintage" que je chante : "Et si je te pose des questions, qu'est-ce que tu diras ?"

Et des questions, on s'en est posés, et beaucoup : va-t-on jouer une partielle, une manche, un chelem, contrer les adversaires ?... Une belle journée bien remplie !

 

 

Où cha vous mène... ! (Yvanne)

  


Mauricette Mathou à la gendarmerie.

- Bonjour Madame Mathou. Asseyez vous.
- Pourquoi je suis là ? Qu'est ce qui se passe ?
- Je vais tout vous expliquer Madame Mathou. Déclinez votre identité s'il vous plaît.
- Hein ? Quoi ? Vous le savez comment je m'appelle puisque vous m'appelez par mon nom.
- C'est la procédure Madame Mathou. Alors vos nom, prénom, date de naissance...
- Je veux savoir pourquoi vous m'avez fait venir ici. D'abord ouvrez la fenêtre. Ça pue la sueur et le tabac dans cette pièce.
- Soyez polie Madame Mathou. Faites ce que je vous demande, on verra ensuite.
- Mauricette Mathou née le 15 août 1946 au château de Cazillac. Vous connaissez mon adresse puisque vous m'avez envoyé une lettre.
Soupir du gendarme.
- Vos parents ?
- Ben ils sont morts vous vous en doutez non, vu mon âge. D'ailleurs je n'ai pas eu de père. Ma mère était bonne au château et on peut dire qu'elle servait, oui, à tout et surtout au...
- Je ne vous demande pas ça Madame Mathou.
- Ben alors vous voulez savoir quoi ?
- Ce que vous faisiez hier soir à la tombée de la nuit  dans la rue.
- Je sortais ma poubelle.
- Il y avait quoi dans votre poubelle ?
- ???
- Nous on le sait Madame Mathou ce qu'il y avait dans votre poubelle.
- Hé Michou ! Michou ?
Le gendarme interpellé par la bonne dame passe dans le couloir en baissant la tête.
- C'est Michou. Ah je lui en ai donné des bonbons à ce gamin et même plus mais...Un ingrat. Il ne veut pas me parler.
- Il est en service Madame Mathou.
- Ça change quoi. C'est un ingrat je vous dis. Je lui ai tout appris si vous voyez ce que je veux dire...
- Hum hum. Alors Madame Mathou dites nous un peu : il y avait quoi dans votre poubelle ?
- Rien. J'en ai marre de ce questionnaire à la …
- Madame Mathou, ce n'est pas un questionnaire. On est pas chez le médecin ici. C'est un interrogatoire et vous devez répondre aux questions.
- Si je dois répondre aux questions c'est bien un questionnaire. Qu'est ce que vous voulez que je vous dise ? Je ne sais même pas pourquoi je suis là.
- Bon. Voilà. Votre voisine, Madame Michel a perdu un chat et elle vous accuse de l'avoir tué et jeté dans votre poubelle. Elle a porté plainte contre vous.
- C'est la meilleure ! La mère Michel est folle et elle a tellement de chats qu'elle ne les nourrit pas tous. Ils viennent miauler chez moi et je leur donne à manger, pauvres bêtes. D'ailleurs, vous pouvez demander à Monsieur le curé. Je suis allée me confesser ce matin pour faire mes Pâques dimanche et si j'avais commis un crime je le lui aurais dit.
- Commis un crime ?
- Mais tuer un chat c'est un crime non ?
- Euh oui. Certainement. Signez votre déposition Madame Mathou. Vous pouvez y aller merci. On vous tiendra au courant.
En sortant Mauricette tombe nez à nez avec Michou dans le couloir.
- Ben alors mon petit Michou, on fait pas la bise à Momo aujourd'hui ?

L'expression « faire ses Pâques » signifie se confesser et communier pendant le temps pascal dans la religion catholique.

 

C'est bien joli (Monsieur X)

  


C'est bien joli, sur ton perron ;
Le printemps a mis des tulipes. 
Mais j'y tourne toujours en rond, 
Le temps de plaire à tes principes.

Il faut arroser les tulipes...

Il en est des formalités 
Avant de franchir ton sourire 
Et d'accéder aux cavités 
Si secrètes de ton empire. 

Pour voir l'envers de ton sourire...

Remplirai-je tes conditions 
En répondant au questionnaire 
Fait pour sonder mes ambitions 
D'amoureux extraordinaire ? 

Incontournable questionnaire...

Est-ce gagné si je m'en sors ? 
On m'a parlé d'un vestibule
D'où partiraient des corridors ;
Un seul mènerait à ta bulle. 

Je crois que la foule affabule... 

C'est bien joli, sur ton perron ;
Le printemps a mis des tulipes. 
Mais j'y tourne toujours en rond 
Avec au moins deux autres types. 

J'ai beau arroser les tulipes... 


 

Variable Cachée sur la Barricade (Cavalier)

  


 

« Je suis au carrefour du boulevard Arago et de l’avenue des Gobelins où depuis 4 heures du matin la bataille fait rage. Mais, euh, voici un jeune homme qui a un pavé à la main. J’enjambe la barricade et je m’approche de lui. Peut-être, lui, saura-t-il me fournir des éléments.» 

– Ah , mais on gueule nous, on gueule ! Eh, euh, ben, oui, on est les jeunes directeurs de banque et on trouve pas de boulot… Et alors? Bien sûr qu’on a du pogon! Les gens y disent : « Ah bon, ils ont du pognon. » Eh alors? On a du pognon et alors? On va pas faire les barricades avec nos bagnoles, non? Elles sont toutes neuves, et alors? Pour quoi ils nous prennent les gens? Sans blague ! Et alors?

– Écoutez, je viens déjà d’interviewer votre collègue, là, celui tout enfariné au nez rouge. C’est un questionnaire, le questionnaire de Proust. Ça aidera à ouvrir des banques nouvelles ! «

Allons-y,

Bon, messieurs, on va faire ça proprement. C’est pour le dossier d’aide gouvernementale. Le fameux questionnaire proustien. Vous êtes prêts ?

Jeune banquier : Je suis né prêt. Enfin, prêt à 8h30, après le café et les marchés asiatiques.
Clown : Moi j’étais prêt hier, mais j’ai oublié pourquoi :

1. Ma vertu préférée – La rigueur. Sans elle, même les yachts chavirent.
 – Et moi, c’est l’oubli des comptes !

2. Le principal trait de mon caractère – La précision. Il faut savoir aligner bien les olives sur la table basse.
– Tu veux dire : l’obsession du centime d’Euro?

3. La qualité que je préfère chez les autres – La fiabilité.
– J’aime mieux ceux qui arrivent en retard mais avec des fleurs.

4. Mon principal défaut – L’impatience. Tout futur a son heure.
– C’est pour ça que tu tapes du pied quand le monde ne tourne pas rond ?

5. Ma principale qualité – La capacité d’anticipation. Des vacances reglées au millimètre.
– Moi j’anticipe rien, je tombe exprès. Et je m’en relève mieux.

6. Ce que j’apprécie le plus chez mes amis – Qu’ils ne parlent pas trop de politique. Ni trop de moi.
– Ha, ha ! Moi, j’aime ceux aux silences bruyants surtout quand ils ont du rouge au nez.

7. Mon occupation préférée – Analyser les marchés. En peignoir, avec vue sur le lac.
– Oui, et refaire semblant de me cogner dans un mur d’eau.

8. Mon rêve de bonheur – Un portefeuille équilibré et une vie sans volatilité à Mykonos.
– Hé bien ! Mais moi je rêve d’un trapèze sans filet et d’un public qui pleure de rire.

Vingt-huit questions. Huit réponses ici. Les autres traînent encore sur la barricade…
___

Sur la barricade absurde — Dialogue libre après Proust

(Une barricade improbable. Des pavés, des banderoles, un banc bancal. Le clown blanc est assis sur une caisse de vin vide, le banquier suisse debout, tiré à quatre épingles. Un micro pend d’un fil électrique. Le reporter est parti depuis longtemps. Mais les deux protagonistes continuent.)

Banquier stagiaire : Bon. On a répondu au questionnaire. Vingt Huit questions. C’est fait. Rigueur, fiabilité, portefeuille équilibré. Je suis un homme structuré.

Clown : (tapote la caisse) Et moi, pantin, j’ai dit marguerite, saule pleureur, trapèze sans filet. Je suis un homme qui tombe. Il y a des cordes, Mais je tombe bien. Sans m’y faire prendre, sans m’y faire pendre.

Banquier stagiaire : Vous tombez dans l’émotion. Moi, je reste dans le rendement. C’est une question de posture.

Clown : (mime un banquier qui glisse sur une banane) Et si la posture glisse ? Si le rendement se prend les pieds dans le tapis rouge du chapiteau ? Vous avez prévu ça dans vos modèles ?

Banquier stagiaire : Je modélise les risques. Mais pas les clowns.

Clown :  Erreur stratégique. Les clowns sont des variables cachées. Collés aux contrecoups du sort, on surgit dans les bilans, on fait rire les colonnes, on déséquilibre les ratios. Et parfois, on fait pleurer les actionnaires.

Banquier stagiaire :  (soupire) Je ne comprends pas votre logique.

Clown : C’est normal. Elle est illogique. Mais elle tient debout. Comme moi, sur un monocycle.
(Un silence. Le vent soulève une banderole : “Ouvrez des banques !”)

Banquier stagiaire : Vous savez, j’ai dit que je voulais vivre en Suisse. Mais parfois, je rêve d’un pays où les nuages sont assez bas pour qu’on puisse les attraper.

Clown : (sourit) Ah. Vous voyez. Vous êtes contaminé. C’est le syndrome du poète latent. Il commence par rêver de nuages, et finit par écrire sur des confettis.

Banquier stagiaire : Et vous, vous avez dit que vous vouliez mourir en coulisses, maquillé, sous les applaudissements.

Clown : Oui. Et vous, vous avez dit : “Sans douleur, entouré de mes proches.” C’est presque pareil. Mais moi, je veux qu’on rie. Même un peu trop.

Banquier stagiaire : (regarde les pavés) Vous croyez qu’on peut faire une banque avec ça ? Une banque de souvenirs. De sourires. De sciure.

Clown : Oui. Mais il faudra un clown à la direction. Et un banquier au trapèze.

(Ils se regardent. Le vent fait tomber une feuille. Le clown la ramasse et la glisse dans l’attaché-case du banquier.)

Clown : C’est votre premier dividende poétique. Ne le perdez pas.

 

LEÇON D'HUMANITÉ EN DEUX UNIFORMES (Marie Sylvie)

   

 



Le couloir de l’hôpital sentait le désinfectant et la fatigue. 
Une lumière pâle glissait sur les murs comme si elle hésitait à vraiment éclairer. 
On m’avait appelée
non pas comme témoin
ni comme proche
mais pour ce don étrange et ancien que certains reconnaissent encore
celui qui apaise les corps lorsque les mots ne suffisent plus.

Dans la chambre l’accidenté gisait encore secoué de l’intérieur. 
Sa moto avait dansé un instant de trop et la route avait repris ses droits. 
Il respirait comme quelqu’un qui revient d’un autre monde.

Le médecin entra le premier
suivi d’une nuée d’infirmiers. 
Leur voix n’était pas tranchante
non… elle était lourde 
et chargée d’un reproche qui tombait comme une pluie froide.

《 Si vous aviez mieux tenu votre guidon…
 On pourrait enfin souffler pendant cette garde…
Vous n’imaginez pas ce que ça représente pour nous… 》

Chaque phrase frappait l’air comme une gifle. 
Leur sévérité n’était pas méchante mais elle tombait mal. 
Le blessé lui encaissait en silence.

Puis les gendarmes sont arrivés. 
Leur présence aurait pu peser mais elle fut au contraire une respiration. 
Ils parlèrent doucement avec une humanité simple.

《 Nous allons devoir vous poser quelques questions. 
C’est pour l’assurance 
pour comprendre ce qui s’est passé.
Rien contre vous.

《 Vous avez eu de la chance. 
Le mal est fait certes oui… mais vous êtes vivant. 
Et c’est pour éviter que d’autres finissent ici que nous veillons sur les routes.》

Le questionnaire n’était plus un interrogatoire mais une main tendue.
Une manière de dire : 
Tu es adulte
Tu as chuté
mais nous sommes là pour remettre un peu d’ordre autour de toi.

Ce jour-là j’ai appris que la douceur ne porte pas toujours la blouse blanche
et que la sévérité ne porte pas toujours l’uniforme. 
La véritable guérison commence souvent par une voix qui ne juge pas. 


          Il arrive que la lumière se glisse 
          là où l'on attendait l'ombre
          et que l'ombre tombe 
          là où l'on cherchait refuge. 



Inquisition et le reste (Walrus)

   

Mon épouse a une carte de fidélité dans un magasin de la grande distribution.

Évidemment, pour l'obtenir, il lui a fallu donner un tas de détails comme son identité, son adresse, son numéro de téléphone, son adresse mail.

Vous me direz très logiquement que si ça l'embêtait, elle avait qu'à pas prendre de carte. Mais évidemment la dite carte donne droit à des (petites) réductions et elle est nécessaire si vous souhaitez passer par les caisses "self scanning".

Son magasin a été victime d'un incendie et a rouvert après de multiples semaines de travaux.

Dès mon premier passage en caisse après cet événement (oui mon épouse a la carte, mais c'est moi qui erre dans le magasin (z'ont tout changé de place et ont même retiré le Noilly Prat dry de l'assortiment) pendant qu'elle se fait malaxer par son kinésithérapeute), elle a reçu un questionnaire de satisfaction sur la situation après réouverture.

Nous n'avons pas répondu : ce n'était pas un questionnaire d'insatisfaction ! 

Déjà que dans ce genre  de document ils vous appellent par votre prénom et vous tutoient comme si vous aviez gardé les cochons ensemble, alors...

 

Lorsque les toilettes sont occupées (Nana Fafo)

 


Cochon au crochet Ronchonchon dans l'estaminet de Walrus pour le mot de la semaine 917 Questionnaire CQQCOQP

Questionnaire  N°917 - Prière de répondre


Combien de fois as-tu joué au Défi du Samedi ?

(Si tu comptes sur tes doigts, c'est de la triche)

Quand écris-tu dans la semaine ? 

(Tu as le droit de répondre la nuit)

Quoi motive toi à jouer ?

(Pour Ronchonchon c'est raconter des co"cho"nneries)

Comment trouves-tu l'inspiration ?

(Comme Ronchonchon est génial il ne se pose pas la question)

Où préfères-tu t'installer pour écrire ?

(Comme Ronchonchon est fainéant : Canapé, lit ou canapé-lit)

Qui attends-tu de lire avec impatience ?

(Interdiction de répondre autre chose que Ronchonchon)

Pourquoi aimes-tu ce Défi ?

(Obligation de répondre "parce que Walrus pond des mots à la noix")


Lorsque Walter est closed c'est parce...

CQQCOQP "c'est cucu c'est occupé"

Quel mémo technique !


Ronchonchon a chopé le syndrome de la page rose,

alors il fait une tite pause sur les histoires à la ferme.





samedi 28 mars 2026

Défi #917

 

Prière de répondre :

 

Questionnaire

 




 

Ont gratté leur parchemin

 


 

Walrus ; Marie Sylvie ; Kate ; Lilousoleil ;

Cavalier ; Vegas sur sarthe ; Nana Fafo ; Yvanne ;

Lecrilibriste : Monsieur X ; Joe Krapov ; François ;

 

 

PALIMPSESTE (François)

 

 

Non, ce n'est pas un repenti,

Que le peintre a recouvert,

Mais si l’œuvre est réussie,

Magique peut être ce qui est recouvert.

 

On connaît la Palimpseste d’Archimède,

Antérieur à un texte liturgique,

Du 12e siècle, qui le dépossède,

De ses travaux mathématiques.

 

Sur un même support, le parchemin,

Le premier texte fut gratté, gommé.

Recouvert d'autres mots il connait le déclin,

Sur leur soutient les mots changent de destin.

 

Décrypté par les Paléographes,

De nombreux textes inconnus,

Sont à nouveau réapparus,

Ce que l'on pourrait concevoir comme des olographes.

 

Le palimpseste peut exprimer ses mystères,

Avec des révélations qui peuvent plaire.

 

 

Logogriphe du palimpseste (Joe Krapov)

 


De tout ce qu’il a empilé comme souvenirs, depuis sa naissance à Etaples jusqu’au blanchissement des tempes qui le caractérise aujourd’hui, le papet a fait un épais tapis.

Il a eu une vie simple, bien emplie, à Dieu ne plaise, sans plaies ni bosses d’envergure : pas de jambe cassée sur la piste de ski, pas d’envoi au casse-pipe au Mali ou ailleurs quand il fut appelé à servir sous les drapeaux, pas de mitraillage par des simplets qui se réclament de l’islam, pas de scandale qui lui valût la une du Times – photos en slip à l’hôtel de New-York, estampes japonaises sur son disque forcément dur, vidéo de sieste crapuleuse du pape Pie Sept avec hétaïre épilée – pas d’ambition à la Septime Sévère, aucune invasion autre que touristique dans les steppes de l’Asie centrale, là ou le cow-boy Marlboro dîne.

Il n’y a pas de quoi en faire un plat mais d’un autre côté, tout le monde n’est pas forcément apte à devenir Corto Maltese, Jésus le Messie ou Shirley Temple !

Le papet, c’est le parfait lampiste ! Une vie lisse et plate ! Même pas eu les palmes académiques, jamais gagnant de pesetas ou de pépites, même aux concours de circonstances, une existence aseptisée, de la petite bière du genre Amstel, Pils ou pisse d’âne.

Il a empâté avec le temps et l’abus de pâtes, l’estomac tapissé de pastis ou de Pepsi. Fan de Jean-Marie Pelt, tout occupé à ses semis, il est à la remorque pour ce qui est des applis, des mails, du slam ou des samples mais ça ne le gêne pas de perdre les pétales si sa mie l’aime à la folie sans que ça fasse un pli. La lampe tamisée, une fois alité·e·s, fi de la mise en plis, de la jupe plissée et des points de côté : leurs nuits sont tapissées d’étoiles amoureuses parce que le coeur palpite encore.

Et le palimpseste dans tout ça, demanderez-vous ?

Il paraît que toutes ces existences humaines, ça n’est pas le Pérou et que tout un chacun, qu’il limât la ferraille ou qu’il Cajamarcât des buts contre Messi, l’Ankou vient lui prouver qu’il était dans l’impasse.

- Ton nom est sur ma liste. Il fallait que je passe ! Il est l’heure, déclare-t-il, que ta destinée palisse et que tu trépasses!

Et, cette sentence une fois émise, d’un geste ample de sa faux, pour de vrai il l’efface ! Finies la mélasse et l’eau de mélisse, terminés le pilates et la recherche de peau lisse !

Peste soit du Psalmiste breton qui sur le parchemin gratté invite un autre nouveau-né à inscrire… la même chanson !




Le palimpseste (Monsieur X)

   




J'en ai superposé des couches
D'encres d'un soir ou de six mois, 
J'en ai vu de toutes les touches
M'écrire de nouveaux émois. 

J'en ai porté des tatouages 
Enlevés pour que, par-dessus, 
D'autres passions et leurs outrages
Finissent en matins déçus. 

La place n'est pas extensible, 
Chaque nom gomme un précédent 
Pour que l'histoire soit possible. 
Moi, j'ai toujours été perdant. 

À ton tour, tu as pris le large ;
Ton empreinte a ses jours comptés
Et l'après-toi se télécharge 
Déjà sur nos liens démontés. 

Une promesse est à l'approche, 
Ne demande qu'à s'installer ;
Elle peaufine son accroche... 
Ferais-je mieux de détaler ? 

Il faut à tout prix que je teste, 
Sait-on jamais ! Si c'est du vent, 
Tant pis, je m'achète une veste. 
Sinon, je fonce droit devant. 

Quoi qu'il arrive, ton nom reste
Lisible par moi seulement 
Dans les dessous du palimpseste 
Que je suis, indéniablement.

Peut-être qu'une intelligence, 
Un jour, saura scanner les cœurs
Et dira, pleine d'indulgence, 
En m'épluchant : "Mais tous les cœurs
Ne cherchent qu'à fuir l'indigence !"




 

Ont pu jacter à l'aise...

      Walrus ;