Walrus ;
Walrus ; Vegas sur sarthe ; Ecridelle ; Marie Sylvie ;
Cavalier ; Kate ; Nana Fafo ; elfeesens ;
Joe Krapov ; Lecrilibriste ; François ; Yvanne ;
- Tu viens Huguette ? On va aller en ville faire les soldes. Je t 'emmène.
- Bien vu Paulette ! Ça nous sortira de cette usine à fabriquer la mort qui sent la tambouille et le pipi.
- On en parle à Denise pour qu'elle se joigne à nous ?
- Ah non. S'il te plaît. Elle pousse des cris d'orfraie dès que je fais 100 mètres avec la voiture. Elle me déstabilise. Jeudi dernier elle m'a demandé de la conduire à la banque. Elle a tellement hurlé que je suis montée sur le trottoir. Heureusement il n'y avait personne. J'ai pas envie de me faire chouraver mon permis tu comprends. Ils attendent que ça ces pourris : sucrer le permis aux vieux. Déjà qu'on est des pompes à fric ! Tu te rends compte du prix du mouroir ?
- Bon bon. T'énerve pas Paulette. Tu vas t'acheter une babiole, ça te remontera le moral.
- Tu as raison. J'ai vu une doudoune dorée qui me plaît vachement. Mais je ne la prends que si elle est à moins cinquante...
Les deux amies, toutes guillerettes, se dirigent vers la zone commerciale de la cité. Huguette freine brusquement et se gare à la va comme je te pousse devant un grand magasin affichant l'enseigne prometteuse « Chez Cloclo, tout est beau . » La devanture laisse Huguette perplexe : pas trop son style ces fringues mais bon. Du reste elle n'a pas l'intention d'acheter. Paulette a déjà passé la porte et fait des ronds de jambe à Cloclo, un vieux beau qui lui fait des courbettes aussi.
Paulette fonce au rayon manteau et décroche, ravie, SA doudoune. Sans perdre de temps, elle l'essaie.
- Paulette, tu es sûre que c'est ta taille ?
- Mais bien sûr. Pourquoi ?
- Elle serre au niveau de la poitrine et des hanches. Et puis elle est seulement soldée à moins trente...
- Mais non, j'y suis à l'aise. 'Toute façon il ne reste que celle là. Je l'achète.
- Très bien. Tu as terminé alors ? On va prendre un café ?
- Attends une minute...
L'ami Cloclo, qui semble bien connaître Paulette se précipite avec une jupe plutôt...rock' n' roll d'un rouge...qui pique les yeux.
Éblouie, en plein shot de dopamine, Huguette s'engouffre dans une cabine et appelle sa copine.
- Elle me va trop bien tu trouves pas ? C'est tout à fait mon style.
Huguette, dubitative, est chargée de porter les achats pendant que Paulette se rue sur le rayon chaussures.
- Je n'ai plus rien qui avec tout ça. Je regarde juste...
Cloclo se démène et vante des bottines violettes ou ces escarpins avec une grosse boucle sur le dessus en assurant qu'ils sont du dernier cri. Il propose chaque paire à moins cinquante pour cent.
Nouveau shot de dopamine chez Paulette !
- Super ! Les deux pour le prix d'une ! C'est bon, je les prends.
Huguette pousse un soupir de soulagement quand Paulette s'approche de la caisse. Elle a terminé ses achats compulsifs songe l'amie qui trouve tout cela d'un goût plutôt douteux. Terminé ? Que nenni ! Au passage Paulette est tombée en pâmoison devant une étole bleu canard.
- Mais ça ne va pas du tout avec ce que tu viens d'acheter tente Huguette.
- Je sais avec quoi la porter et elle me plaît tellement...
Huguette paie et elles sortent de la boutique.
- Quand même ça me fait cher avoue t-elle mais c'est plus fort que moi. Quand j'aime je ne compte pas. C'est bien là le problème. En plus, je n'ai plus de place dans ma chambre. Je vais stocker chez Edouard.
Edouard est un brave homme tout content d'avoir les faveurs de Paulette. Il ferme les yeux devant l'amoncellement de vêtements que son amoureuse entasse chez lui. Ça ne le gêne pas : il n'a pas grand chose alors...
- Dis donc Paulette tu sais comment un ami à moi, Belge de son état, appelle ta …comment dire... ton addiction : l’oniomanie.
Paulette, un peu vexée :
- Qu'est ce que tu me chantes là ? Vous aimez les grands mots ton copain et toi. Je m'en fous : je me fais plaisir...avant de décaniller définitivement. Tu les mets où tes sous toi ? Et comment tu boostes ta dopamine au fait ? Tu veux que j'en parle à Edouard ?
Mais où va-t-il les chercher ces mots à cinquante centimes ?
Je ne l'ai trouvé ni dans le CNRTL, ni dans le Robert en ligne, lequel croit que votre orthographe est pourrie et vous propose de vous définir l'opiomanie ! ou vous offre la réponse suivante :
Eh oui, faut l'acheter la réponse de Robert!
Ce qui nous plonge en plein dans le sujet :
L'oniomanie, c'est en quelque sorte la fièvre acheteuse !
Évitez de confondre avec la fièvre aphteuse qui ne touche que les ongulés et que certaines personnes de mon enfance dénommaient, improprement, le croup, lequel s'en prend essentiellement aux jeunes enfants.
Si après ça vous vous exclamez à l'instar de Cyrano (une sorte d'association de Cynar et Cinzano) : "C'est un peu court, jeune-homme !", je peux vous écrire une rallonge moyennant une légère contribution financière de votre part...
Madame n'est pas bien,
Elle a sa crise d'angoisse.
Pour se calmer, elle connaît le soin,
C'est faire un achat pour calmer sa poisse.
Affectée par la fièvre acheteuse,
Elle court au magasin.
C'est une compulsive acheteuse,
En achetant sans besoin.
Cela lui crée une excitation,
Un soulagement par la suite,
L'objet lui crée satisfaction,
L’achat met son angoisse en fuite.
Ces crises d'oniomanie,
Se répètent à chaque émotion,
C’est là une obsédante manie,
Qui cherche à calmer ses contradictions.
J’ai jonglé comme tant d’autres
Avec des fins de mois difficiles
des factures lourdes à payer
des vacances à anticiper
des coups durs à éponger
j’ai appris l’économie bon gré mal gré
Et Si Je n’ai pas la fièvre acheteuse
quand la saison des soldes arrive
Oh là là, je le deviens .. Un peu …
Oniomane
Avec ma fille, de bon matin
Nous partons aux Grands Magasins
Faire la chasse aux merveilles
Et Je trifouille, je gratouille, je farfouille
Dans les corbeilles en osier
de soldes de nouveau soldées
Où tout est empilé, brassé, « tirampillé »
Et je trouve là, sous la pile bien caché
Le trésor que tout le monde va m’envier !
Car j’ai l’esprit des soldes
C’est comme ça qu’on peut le nommer !
Loin d’être chercheuse d’or
Ce qui vaut de l’or, je sais le trouver !
Surtout dans ce qui touche aux tissus
aux habits parfois, ou toute autre babiole
mais pas aux outils, ni à la loterie
Et, si me dis-je en aparté
Cela ? Tu n’en as pas besoin ???
Encore des coupons ? Ton placard en est plein !
Je tourne les talons, je repars, je reviens …
Enfin quoi !… ça peut toujours servir !
C’est trop beau,
c’est trop bien !
Et j’emballe !
La Façon
il était une fois, un trouble du contrôle des impulsions.
Derrière
chaque achat impulsif se trouve un coeur qui ne cherche qu 'à combler un
vide qu'aucun objet ne pourra combler. Heureuse couleur, joie
temporaire.
Salade de petits légumes et ses petits beignets.
J'aime les fringues
J'aime les nippes
J'aime c'est dingue
Toutes sortes de slips
J'aime les habits
J'aime les godasses
J'aime les bodys
Mais pas des masses
J'aime les bretelles
J'aime les jambières
J'aime les jarretelles
J'aime les guêpières
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J'aime les tricots
J'aime les tee-shirts
Les maillots d'peau
Va pour un flirt
J'aime les jeans bruts
J'aime les garçons
Mais pas les brutes
Même en caleçon
J'aime les frusques
Plutôt tendance
Sans gestes brusques
On les balance
J'aime le shopping
Intelligent
Dans mon dressing
C'est plus marrant !
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Si vous êtes comme moi
Indiquez-le moi...
(J'aime Jacques Dutronc,
j'aime Jacques Lanzmann)
(photos extraites de "ELLE" du 8 janvier 2026,
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)
Adam entra au potager –
pas de fruits, pas de tentations –
avec l’air innocent
de celui qui cherche une pomme.
Mais au fond des jardins d’Eden,
quelqu’un avait posé
trois pierres plates,
deux branches droites
et un silex très prometteur.
Adam soupesa le silex.
– On ne sait jamais, dit‑il.
Puis il prit la branche.
Puis la pierre.
Puis une autre pierre.
Au cas où.
Quand il revint,
les bras pleins,
comme un enfant
dans la boîte à outils de l’univers,
Ève le regarda longuement.
– Adam…
combien de marteaux faut‑il
pour construire le monde ?
Adam réfléchit,
puis leva le dernier silex.
– Celui‑ci est différent.
Petit commentaire
Ce sont toujours les femmes
qu’on dit compulsives.
Mais… sit venia verbo…
Avant les marchés,
avant les cartes bancaires,
avant les présentoirs bricolage de LIDL
et les mises de côté Amazon,
l’oniomanie rôdait déjà :
une petite bête tapie,
la conviction tranquille
que cet outil‑là est unique,
même s’il ressemble étrangement
aux neuf autres
qu’on a déjà au garage.
Et l’humanité progresse ainsi :
un homme ramasse un outil inutile,
et quelques millénaires plus tard
quelqu’un invente la cathédrale.
Ou une étagère bancale.
Le
vendredi avait toujours été pour moi le jour du poisson mais depuis
que je suis en ménage avec Germaine c'est le jour du lèche-vitrine,
pour elle... pas pour moi.
Moi
je gère le découvert du compte courant car elle ne se contente pas
de lécher les vitrines, ça serait trop simple.
"J'arrive
tout droit de la rue de Rivoli" me lance t-elle – échevelée,
le bibi de travers et les bras chargés de cartons à chapeaux –
"quelle expédition !"
"une
expédition sur Rivoli" dis-je "alors ça n'a pas changé...
Napoléon Bonaparte en parlait déjà en 1797. Donc tu as dû y
croiser des autrichiens"
Germaine
abandonne ses cartons : "Des autrichiens ? Tu parles, j'ai vu
des asiatiques et aussi quelques femmes du monde comme moi"
Je
jette un coup d'oeil aux nombreux cartons d'une femme du monde : "Et
il y en a combien cette fois-ci ?"
"Je
n'ai pas compté mon cher, vous savez bien que j'y vais au feelingue,
au coup de coeur et puis j'ai mes chouchous... vous avez entendu
parler de Caroll "
Je
m'interroge : "Carole Dugenou, la concierge ?"
Germaine
voit rouge : "Mais non ! Caroll, la boutique Caroll !
Imagines-tu un instant notre concierge avec un chapeau ?"
Elle
vient de passer au tutoiement, signe évident d'agacement.
Oui,
j'imagine très bien la concierge avec un bibi. Depuis quand les
boutiques de mode seraient-elles interdites aux concierges ?
Germaine
reprend : "Aujourd'hui j'ai également sacrifié à Zadig et
Voltaire"
Dans
sa bouche le mot sacrifier me fait toujours peur, ce sont des mots
comme ça que j'associe à faillite, banqueroute, échafaud...
Je
m'interroge encore : "Zadig de Voltaire ? Tu t'intéresses aux
philosophes des Lumières maintenant ?"
En
parfaite femme du monde Germaine s'affale gracieusement sur une
chaise : "Qu'est-ce que tu m'embrouilles avec tes phallosophes
des lumières ? J'ai assez de soucis à m'habiller décemment sans
perdre mon temps dans les boutiques de luminaires"
Elle
fronce les sourcils réfléchit un peu et ajoute : "Au fait,
pourquoi des lumières ? N'aurais-tu pas cassé mon lustre à
pampilles ou un halogène avec tes expériences à la noix ?"
D'habitude
Germaine emploie des termes plus crus pour mes expériences à la
noix, mais je ne relève pas et je ne les rapporterai pas ici
(n'insistez pas), Germaine n'a jamais rien compris à mon art du
bricolage.
Son
dernier bibi est impressionnant, j'ose une question sur sa plume :
"Ça vient d'un faisan ?"
Germaine
a son regard noir : "Un faisan ? Je ne fréquente pas les
escrocs, Môssieur. c'est un achat tout à fait légitime, accompagné
d'un certificat d'authenticité "
Je
me racle la gorge : "Je parlais de l'animal à qui on a arraché
cette plume" et je montre du doigt la penne authentifiée du
malheureux volatile.
Ça
lui ferait une belle cuisse au faisan 'il savait qu'il a été plumé
avec un certificat d'authenticité à l'appui.
Inutile
de relancer la polémique sur sa folle lubie pour les plumes; son
dressing ressemble aujourd'hui à une volière et je m'attends à
tout instant à y entendre caqueter quelque casoar ou autruche
réfractaire à la mode.
Passons
au sujet épineux : "Et il y en a pour combien de tout ça ?"
Germaine,
évasive : "Heu, une grosse demi-heure"
"Une
grosse demi-heure, quoi ?"
"Une
demi-heure pour tout ranger"
Je
déclare forfait, il est temps que j'aille prendre l'air avant de me
replonger dans les comptes : "Ce n'était pas ma question"
Connaître mon avenir en observant les nuages
J’ai voulu apprendre
J’ai suivi la trace de ce nuage étrange
Qui ressemblait à une guitare
Et dans l’instant s’effilochait
J’ai eu le temps d’entendre
La musique des sphères vibrer
Sur des accords de jazz
que plaquait le vent sidéral
Mais je n’arrivais pas à les retenir
J’ai voulu fouiller ce vide au-dessus de ma tête
Jusqu’à l’autre rive de l’espace infini,
Pour rencontrer une vie
Une vie ou peut-être une chanson
qui me fredonnerait
mon avenir
Mais je n’ai trouvé que le ciel et le vent
La nuit qui précède le jour
Et les grains d’or des étoiles
Étincelants dans le ciel
Mais elles avaient fermé leur porte
Et je n’ai pas pu y entrer
Et je suis redescendue
Ma guitare de nuage à la main
Sans connaître mon lendemain
Le regard perdu dans les nuages,
Je scrute et j'imagine,
Y trouver quelques belles images,
Plus ou moins anodine.
Elle porte pour moi des messages,
Lorsque leur contour s'affine,
Ce ne sont point des mirages,
Mais des vérités qui, dans mon esprit, s'illuminent.
À quoi bon mettre en cage,
Ce savoir que j'examine.
On ne se moque pas quand on le dévisage.
Heureusement, je sais en faire bon usage,
Surtout si je lis les contours des visages,
De séduisantes beautés féminines.
Nuées volages et vagabondes
Emportées par le vent d'autan
Présages éthérés d'avenir
Hypnotiques apparences
Étranges voiles mouvants
Légers passagers de l'air
Oracles du temps passé
Mystérieux et furtifs nuages
Alchimistes de la poésie
Nourrie
de tous nos rêves
Chers à l'âme de Baudelaire
Infiniment libres et secrets
Emmenez nous vers la sérénité.