Un truc du temps de ma naissance,
c'est vous dire si ça date !
Zazou
Un truc du temps de ma naissance,
c'est vous dire si ça date !
Zazou
Effectivement, n'allez surtout pas confondre yodel avec son homophone allemand Jodl ! Ça c'est le nom de famille d'Alfred, un général de la Wehrmacht durant la deuxième guerre mondiale (remarquez que je ne dis pas "seconde" puisque nous entrons, lentement mais sûrement, dans la troisième).
Bien sûr, vous auriez des excuses : le quidam est né à Wurtzbourg en Bavière, le berceau du yodel (que, personnellement, j'ai toujours appelé "chant tyrolien" ou "tyrolienne", ça évite les confusions), et décédé (par pendaison) à Nuremberg (Nürnberg en idiome local), célèbre pour ses Maîtres Chanteurs.
Et ne faut-il pas en être un de maître chanteur pour passer sans sourciller de la voix de tête à celle de poitrine et vice versa à une cadence soutenue ?
Je verrais bien Cecilia Bartoli dans ce genre d'exercice ! D'autant que côté poitrine...
Mais, je m'égare, je m'égare!
Mais avouez que là aussi : j'aurais des excuses...
Un fil aérien d’entrechats de cristal
Danse sur les cordes vocales
De la jolie yodleuse
Il s’étire du val jusqu’aux cimes
Il traverse les brumes
Il remplit tout l’espace
Et le vent le porte, léger
Jusque vers les nuages
La mélodie est si joyeuse
Que l’écho complice répond
Et l’on s’arrête muet pour l’écouter
Car la voix s’élève vers le ciel
Explosion de joie libérée
Qui s’échappe et s’envole
Offerte en cadeau
Au passant qui l’entend
Yodel
suisse
rimerait avec Cabrel
Francis
On sait qu'il connait Sicre
Claude, fabuleux troubadour
De Toulouse alors que Coline Sicre
Elle
de Bordeaux
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Loin des alpages
lance haut
son
yodel
au son
récemment mis à la page

Le festival international du bruit noble
Dans ce beau pays alpin austro-bavarois un montagnard entonne une tyrolienne pour signaler sa présence sur un sommet et exprimer sa satisfaction et sa fierté de l’avoir gravi pour jouer avec l’écho.
Hoite hol i olle o
Holééééé …
Quel grand paysage.
Des falaises immenses. Un chalet minuscule.
YODEL est debout sur un rocher,
bras ouverts au ciel.
Quand il chante, les nuages vibrent.
Des notes qui bondissent comme des chèvres nerveuses entre les vallées.
YODEL
– Holééééééééééééé…
Son cri descend la montagne
Le “HOLÉÉÉ” serpente visuellement
jusqu’à une ville au loin.
En bas, on aperçoit fumée, immeubles et néons.
YODEL
– Peut-être… qu’il existe d’autres tribus sonores.
ROCK sort d’un garage enfumé avec une guitare énorme.
Tout autour de lui tremble : poubelles, panneaux, pigeons.
ROCK :
Musique électrique.
Trois accords, beaucoup de décibels
et une confiance déraisonnable dans les vestes en cuir.
ROCK
– Le silence est une panne technique.
YODEL arrive en ville
Il regarde ROCK avec fascination.
ROCK regarde YODEL comme s’il venait d’un autre siècle.
YODEL
– Tu habites dans une avalanche métallique ?
ROCK
– Et toi, dans un magasin de fondue ?
Une station de métro est transformée en scène
RAP est entouré de tags colorés et d’enceintes portatives.
Le rythme semble sortir du sol lui-même.
RAP,
Musique du rythme et des mots.
Quand la rue parle trop vite pour respirer.
RAP
– J’ai des rimes plus rapides que vos connexions neuronales.
Rencontre des trois chanteurs :
Ils se regardent comme trois animaux découvrant une nouvelle espèce.
En arrière-plan : une chèvre attachée à une borne incendie.
Dialogue
ROCK
– C’est quoi exactement, ton pouvoir ?
YODEL
– Je parle aux montagnes.
RAP
– Lui au moins, quelqu’un lui répond.
Démonstration de YODEL
Il pousse un énorme “HOLÉÉÉÉ”.
Les vitres vibrent. Des pigeons dessinent une portée musicale dans le ciel.
Alors, YODEL
– Ma voix traverse les vallées !
ROCK
– Elle traverse surtout mes tympans.
———–
Monologue de la marmotte survivante : Intermède philosophique involontaire
Je vais te dire, moi, marmotte anonyme, témoin involontaire du
vacarme des humains : j’avais creusé un terrier tranquille, juste au
bord du futur chaos. Je voulais seulement écouter le vent, compter les
nuages, pratiquer l’art discret du repos stratégique.
Mais ce jour‑là, les montagnes ont froncé les sourcils.
Ils sont arrivés par grappes :
le chanteur des hauteurs, celui qui parle aux sommets comme à des cousins lointains ;
le guitariste qui croit que chaque rocher attend son solo ;
le poète urbain qui découpe l’air en syllabes rapides.
Trois espèces sonores, trois tempêtes ambulantes.
Et moi, petite masse de fourrure, je me suis dit :
“Ça va mal finir.”
Le premier a lancé son cri, un long “Holéééééééééééé…” qui a fait vibrer mes moustaches.
Le second a répondu avec un éclair de guitare, un grondement qui a fait tomber mes pensées comme des pommes trop mûres.
Le troisième a posé son rythme, sec, précis, comme s’il voulait tatouer la montagne.
Je les ai regardés se mesurer, se jauger, se gonfler d’orgueil.
Les humains ont toujours cette manie de croire que le monde les écoute.
Moi, je sais que la montagne écoute seulement ce qui la fait rire.
Et puis il y a eu la chèvre.
La chèvre, oui.
Calme comme une pierre chaude.
Elle mâchait un câble électrique avec la sérénité d’un moine tibétain.
J’ai voulu prévenir quelqu’un, mais qui écoute une marmotte quand les amplis hurlent ?
Le destin est entré en scène sans bruit, comme toujours.
Un petit grésillement, une odeur de plastique chaud, un frisson dans l’air.
Et soudain, les écrans ont explosé en fleurs roses et vertes.
Le silence est tombé, lourd, presque sacré.
Puis une voix minuscule a dit :
“Pouêt.”
Je n’avais jamais entendu un “pouêt” aussi sûr de lui.
C’était le SYNTHÉTISEUR, une machine roulante, vintage, coiffée de néons.
Il avançait comme un prophète électronique, persuadé d’être attendu.
Les humains l’ont regardé comme on regarde un nuage qui clignote.
Et là, tout a basculé.
Les rockeurs se sont mis à danser du disco malgré eux.
Les rappeurs ont ondulé comme des algues urbaines.
Moi-même, j’ai senti ma patte taper le sol, malgré ma dignité.
La chèvre, elle, n’a rien fait.
Elle a juste existé.
Et le public l’a adorée.
Je les ai vus, les trois artistes, rejetés sur le côté comme des figurants.
Le yodelleur levait les bras vers la chèvre comme vers une divinité.
Le rockeur cherchait une explication rationnelle.
Le rappeur murmurait :
“Elle a une présence scénique.”
Et la chèvre, placide, mâchait encore un morceau de câble.
Les humains ont brandi une banderole lumineuse :
DJ BIQUET LIVE.
J’ai compris alors que la musique n’est pas une affaire de technique, ni de style, ni de puissance.
La musique, c’est ce qui reste quand tout s’effondre.
C’est ce que les humains applaudissent quand ils ne savent plus pourquoi.
C’est ce qui survit au vacarme.
Moi, marmotte, je suis rentrée dans mon terrier.
J’ai laissé les humains célébrer leur nouvelle idole.
J’ai pensé que le monde est un grand instrument mal accordé,
et que parfois, il suffit d’une chèvre pour en jouer juste.
Je me suis roulée en boule, j’ai fermé les yeux,
et j’ai écouté le dernier écho du festival :
un “Pouêêêt” lointain,
comme un clin d’œil du destin.
—————–
PLANCHE 1
PLANCHE 2
PLANCHE 3
FIN
Le yodel a été inscrit en 2025 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel[1].
Comme tout le monde, je pense, j'ai déjà entendu cette technique vocale mais jamais en vrai. J'avoue que ce n'est pas sur ma première liste de choses à entendre. mais j'espère que cette culture perdurera en Suisse où je suis déjà allée ou en Autriche où j'espère aller un jour. La tyrolienne me rappelle la talentueuse Isabelle Mergault[2] qui appartient à ma liste de personnes que j'aime et qui me manque. Si cette femme n'appartient pas au patrimoine, elle appartient à la culture, la mienne en tout cas.
Sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de 2025[3], ce sont surtout les lieux, j'avoue que j'aimerais voir, plutôt que les pratiques à sauvegarder; je n'en connais aucune.
Par contre, j'ai vu au moins une pratique inscrite au patrimoine immatérielle de l''UNESCO: les derviches tourneurs, un souvenir inoubliable d'un séjour où j'ai visité aussi les lieux historiques d'Istanbul[4].
Dans ces listes des patrimoines matériels ou pas, il y a sans doute d'autres lieux que j'ai vus ou des pratiques j'ai entendus (et/ou vus) et cela suffit à me dire que j'ai eu une belle vie et que j'en ai profité (comme certains me le reprochent).
[3] Consulter les Listes du patrimoine culturel immatériel et le Registre de bonnes pratiques de sauvegarde - UNESCO Patrimoine culturel immatériel
[4] Inscrits au patrimoine de l'UNESCO
Prenez des onomatopées,
Vous pouvez vous accompagner de musiciens,
Et avec votre voix préalablement chauffée,
En bon virtuose vous allez chanter bien.
Procurez-vous une mélodie,
Où l'on passe de voix de poitrine en voix de tête.
Et ils seront estourbis.
Vous donnerez une belle fête.
Le yodel peut-être ce chant
Qui peut être un refrain dans une chanson.
Interprété s’il est lent,
Yodel, il peut être dit sur ce nom.
Mais si le tempo est rapide c’est une tyrolienne,
Chantée dans les pays germaniques.
Sans préparation cela pourrait être dramatique,
Vous mettriez vos cordes vocales en peine.
On va essayer de vous faire chanter !
Yodel
Il entaille, il creuse, il
fignole
Avec une patience infinie
sa planche de cerisier polie
Petit à petit, il creuse le
chemin
Avec autant de force que de
retenue
Et d’un geste précis
Il forme les creux et les
reliefs
Il creuse la lumière et les
ombres
Il caresse les pleins
Affine les déliés
Il lui faut se concentrer
Pour inverser le sujet
Car aucun faux pas n’est
permis
Ici, l’erreur est fatale
Il voudrait arriver à la
perfection
De ce rouleau bouddhiste
Le Dharani-sutra de la lumière
pure
La première xylographie
Découverte au temple
Pulguk-Sa de Kyongju
Ce mot lui plait, il se le
répète
Il guide son geste à chaque
instant
Obtenir la lumière pure…
C’est son mantra
Il sait qu’il lui faudra une
vie
Mais chaque jour il
s’applique un peu plus
Chaque jour il comprend
quelque chose
C’est comme une méditation
Et comme une bénédiction
Quand son travail le ravit
Il a la fibre des constructeurs de cathédrales