samedi 7 février 2026

Défi #910

  

Inutile de le dire avec onction :

 

Jonction

 

 


 

Ont jeté un œil à l'intérieur

  


  

Walrus ; Kate ; Marie Sylvie ; Nana Fafo ;

Clio 101 ; Joe Krapov ; Yvanne ; Vegas sur sarthe ;

François

 

 

 

Relaxation, Méditation, Introspection (François)

  

RELAXATION, MÉDITATION, INTROSPECTION

 

Préparez-vous à accueillir,

Ce jour avec l'aurore qui se lève,

Que votre méditation soit un rêve,

Qui va vous permettre de vous recueillir.

 

Vos jambes sont en tailleur,

Le buste droit, sans raideur,

Vos deux mains sont jointes,

Face aux nouveaux jours qui pointent,

Du haut de votre colline,

Regardez l'azur qui s'illumine.

 

Respirez doucement,

Respirez lentement,

Laissez aller votre corps,

Détendez-vous d'abord,

Vivez votre relaxation.

Ouvrez la porte de la méditation.

 

Respirez doucement,

Respirez lentement,

Quittez ce monde réel,

Pour quelques instants.

Pensez à un arc en ciel,

Voyagez dans ses couleurs,

Palpez joie et bonheur.

 

Respirez doucement,

Respirez lentement,

Soyez émerveillés.

Les idées positives sont vos alliés,

Par elle, laissez-vous envahir,

La joie en vous vient de jaillir.

 

Respirez doucement,

Respirez lentement,

Tout doucement, ouvrez les yeux,

Votre voyage merveilleux,

Se termine, vous êtes heureux,

Regardez combien l'aurore,

Est belle avec ses teintes ocres et d'or.

 

 

La caisse à outils (Vegas sur sarthe)

  


J'ai beau remonter dans mes plus lointains souvenirs, je ne me souviens pas avoir ressenti le besoin ou l'envie de savoir ce qu'il y a à l'intérieur de moi.
Je ne suis même pas sûr que le verbe s'introspecter existe …
Pour le douillet que je suis, ma première crainte c'est que ça fasse mal et qu'il n' y ait aucun remède remboursé pour soigner une blessure d'introspection.
Je ne m'imagine ^pas débarquer aux urgences en prétextant une introspection qui aurait mal tourné et provoqué une hémorragie interne !

Et d'abord pourquoi chercher des réponses à des questions qu'on n'a pas envie de se poser ?
L'introspection demande de faire un effort sur soi et c'est déjà au dessus de mes forces.
Une fois j'ai rassemblé mes forces pour pousser la porte du cabinet d'une introspecteuse professionnelle qui tenait absolument à se faire une idée de l'empreinte de ma carte bancaire ; alors j'ai refermé la porte au moment où elle me déclamait un truc du genre « Connais-toi toi même » , ce à quoi j'ai crié derrière la porte : « Toi même d'abord ! »

Puis je me suis beaucoup documenté - jusqu'à la migraine - et après deux aspirines j'ai fait le bilan de la caisse à outils qu'on me proposait :

La lettre à soi-même ? Manquerait plus que je me fende d'un timbre à trois euros pour m'écrire des trucs que je connais déjà puisque j'en suis l'auteur !

La respiration profonde ? Pourquoi pas si ça peut soigner mon apnée du sommeil chronique.

L'autocritique ? Je n'ai rien à reprocher à ma bagnole, par contre j'aurais beaucoup à dire sur celles de mes voisins !

La boussole intérieure ? Si j'en possède une, elle pointe forcément vers le sud, là où tous les seniors rêvent de bronzer un peu mais pas trop, sous un soleil chaud mais pas trop, les orteils dans le sable mais pas trop.

Voilà, j'avais fait le tour de cette caisse à outils.

 

Introspection d'un grain de blé (Yvanne)

  


Je suis un grain de blé issu de l'épi matriciel. Séparé de mes frères au moment des battages, j'ai vécu depuis août jusqu'en novembre dans le grenier de la ferme parmi des milliers de grains de blé. Un jour d'automne propice aux semailles, les hommes nous ont rassemblés dans des sacs de jute et une main habile, d'un geste solennel, m'a jeté sur le champ fraîchement labouré. J'ai cru mourir. Il faisait noir. J'avais froid. J'étais seul et j'avais peur. Je tremblais. Je craignais le bec affamé d'un oiseau de passage ou le museau fureteur et vorace d'un campagnol. Et puis, j'ai fini par m 'habituer à ce cocon somme toute accueillant et protecteur . J'étais bien. La terre m'avait accepté en m'ensevelissant en son sein. Dans l'obscurité de cette nuit profonde et silencieuse, je me suis endormi. Jusqu'à aujourd'hui.

Pourquoi ce réveil ? Je ne sais pas ce qu'il se passe. Je suis perplexe et angoissé, enfoncé dans le monticule de terre qui m'enveloppe. Je me sens tout engourdi. J'émerge de ma torpeur pour constater ma métamorphose. Ô Dieu que suis-je devenu ? Il ne reste rien de ma belle robe dorée. Mon ventre a éclaté et bourgeonne. Je suis très inquiet.

Alors, une petite voix au fond de moi s'est élevée. « Ne crains rien. Ta transformation est une résurrection. Tout doucement, tu as pris racine dans le sillon qui t'as hébergé. Là, tu as germé et tu vis. Regarde cette toute petite pousse qui saille de toi. Vois comme elle est verte, comme elle s'élève et cherche la lumière. Tu seras d'abord une herbe folle caressée par le vent printanier quand la terre s'écartera légèrement pour lui livrer passage. Un peu pâle puis de plus en plus vigoureuse et brillante. D'autres tiges se grefferont à la première. Elles deviendront un champ qui ressemblera à une mer blonde aimée du soleil et de la pluie. Elle s'agitera mollement sous l'effet des éléments, de plus en plus resplendissante et épanouie. Des hampes naîtront les épis. Ils grossiront sous les effets bienfaisants des éléments. Quand les blés seront mûrs, ils deviendront paille et grains.  Et ce sera l'éternel recommencement. Il est essentiel, il faut que tu le comprennes. Sache que tu contiens l'Histoire en même temps que le souffle de la vie. Ensuite, soit tu reviendras à la terre pour un autre cycle biologique, soit tu seras farine. Et même ainsi songe que tu nourriras les hommes qui mangeront le pain fait de ta matière.»

Quelle belle leçon d'humilité et d'espoir m'a apportée cette petite voix ! Elle est ma mémoire ancestrale, celle que chaque parcelle de vie porte en elle. Elle m'oblige à m'interroger et à me remettre en question et c'est salutaire. Je suis minuscule et pourtant tellement important. J'en prends conscience et l'envie de grandir me submerge et une certaine impatience m'anime soudain. Alors, l'étreinte qui m'étouffait desserre ses griffes et je me laisse aller. J'accepte ma boursouflure puisque tel est mon destin. Elle me gonfle même de joie et de fierté d'avoir été choisi pour perpétuer la spirale du vivant. Se laisser porter et la Nature fera le reste j'en suis pleinement convaincu. Je ne suis rien et Elle est tout.

 

Introspection du 4 février 2026 (Joe Krapov)

 


Cela ne va pas de soi de parler de soi
Surtout que l’on n’est pas ici
Pour raconter sa vie.

Donc, pour répondre à l’injonction
D’introspection,
On n’aura aucune prétention.

Le meilleur moyen pour aller en paix
Est bien de se considérer
Comme un personnage de Sempé.



On se sent, du coup,
Bien plus Passepartout
Passe-partout
Traversant, débrouillard,
Tous les brouillards
Que Philéas Fogg.

De ce fait le tour du moi
Ne durera pas
Quatre-vingts jours.



Car qu’a-t-on d’unique ?
Comme demande
Caton d’Utique.

On a un intestin grêle
Planqué au bas du ventre
A l’abri des grêlons ;

Pas très loin un gros côlon sans médailles sur le poitrail,
Un sternum, un sacrum, un duodénum qui vaut bien le "Duo des chats" de Rossini ;

On a des côtes fendues quand nous prend l’envie de rire,
Un estomac dans les talons lorsque la faim nous tenaille
Et qu’abonde la boustifaille
Ou que sonne l’heure de la graille ;

On a des vaisseaux sans gains vu qu’ils n’ont jamais joué au loto
Et donc tout est normal, docteur !

Par contre on n’a pas le cœur sur la main
Et pas même peut-être l’âge de ses artères
Ni celui de César Franck.

On a deux humérus clausus,
Des péronés de péronnelle,
Des tibias sans protège-mollets,
Du sang de navet,
Deux poumons vous dis-je,
Un pancréas pacifiste qui ne veut pas pratiquer le pancrace
Et encore moins la lutte des crasses.

On a un cœur fidèle d’Ardéchois (?)
Ce qui nous permet parfois
D’évoquer Saint-Jean Ferrat

(cf infra) !

On a parfois en nous une fièvre de cheval
Alors on ronge son frein,
On piaffe d’impatience
Ou bien on hennit gmatique
Pour que personne ne devine
« Ce qui m’habite et qui m’obsède ».



On a un foie mais pas de foi parce que l’homme de peu de foi ne se fait pas avoir deux fois.

On a des chansons plein la tête, une mémoire phénoménale, une curiosité vagabonde, une imagination certaine et surtout, gangrenant tout ça, on a cette maladie qui force à noircir des cahiers et saturer des disques durs externes : un cancer de l’outil scripteur !

Faire son introspection : agréments et désagréments (Clio 101)

  

Assise en tailleur au creux de ma chambre, je laisse ma respiration s’apaiser, devenir plus ample, profonde. La fraîcheur du bâton de santal qui brûle sur l’autel vient chatouiller mes narines et m’entraîne loin du chaos. Très vite, mes pensées s’invitent.

            Qu’est-ce que je vais bien pouvoir manger ce soir ? Diantre ! J’ai oublié de mettre ma chef en copie à mon dernier mail. Bientôt week-end avec les copines, trop hâââte ! C’est l’anniversaire de ma mère ce week-end et encore une fois je n’ai toujours pas de cadeau ! Flûte, je vais être obligée d’aller faire les boutiques samedi !

            Comme mon application de méditation n’a pas cessé de répéter, je les regarde, les salue de la main, range les plus importantes dans mon classeur interne pour y revenir après, et les laisse partir comme elles étaient venues. Bon, maintenant, j’y vais. Je me focalise de nouveau sur ma respiration et m’ancre aux battements de mon cœur. Je vais enfin pouvoir me rencontrer et discuter avec mon moi intérieur de mes aspirations. Faire mon introspection, quoi !

            Une respiration, deux respirations, trois respirations….

            Rrrrrrr….Rrrrrrr…Rrrr…Aieuh !!

            Ne me voyant plus depuis au moins deux minutes, Gribouillis, mon adorable chat pot de colle vient de me rejoindre. Les ronrons apaisent l’esprit, parait-il. Les ronrons, oui, le patounage plein de griffes, non. Agacé par mon cri de douleur, mon matou me gratifie d’un coup de patte avant de se rouler en boule sur mon lit, histoire de m’avoir toujours à l’œil (et chasser les mauvais esprits, les chats ont la capacité de distinguer et de chasser les esprits maléfiques, tout le monde, enfin tous les amateurs de félin le savent).

            Sous la protection de ma boule d’amour, je me reconcentre, non sans avoir vérifié que mon téléphone portable est bien sous silencieux et hors de la pièce. Je me connecte à mon corps, écoute mon cœur et mes poumons m’insuffler la vie. Les bruits du dehors passent en arrière-plan, je rends grâce pour être au chaud et en sécurité dans ma chambre, aimée et protégée. Ma respiration s’approfondit et bientôt, plus rien n’existe que moi, mon souffle et l’univers. L’enfant que j’étais et mon moi du futur m’accueillent et me sourient. Nous nous regardons, sans parler. Mon passé me félicite pour mes succès, les montagnes que j’ai franchies, les obstacles que j’ai surmontés, les victoires que j’ai obtenues. Mon avenir me montre l’infinité de mes possibles, je n’ai qu’à choisir et avancer, jour après jour. J’accueille le présent, cet instant parfait où la peur et les doutes n’ont plus leur place.

            Je suis bien, je respire, je vis.

 

Ronchonchon il aime pas les poulets (Nana Fafo)

 

Chair de poules !




Ce matin, réveil en fanfare ! 

Gyrophares et sirènes donnent le ton dans toute la campagne.


La ferme de Nana Fafo voit débarquer une intromission de voitures bleues 

de l'inspection de la famille Poulaga 

pour une introspection dans les moindres recoins du poulailler.


Nana, tablier noué, déboule de sa cuisine, en mode cocotte minute extravertie.

Prête à voler dans les plumes de ces intrus

venus troubler la paix de sa petite ferme en laine.


Explications des poulets :


Il paraîtrait qu'Yvanne et Mauricette

ont papoté dans la Taverne de leur Ferme Dac au Thé

d'une nouvelle maladie chez les cocottes : la Tagrose. 

Elle aurait commencé au poulailler de la ferme de Nana.

Cette rumeur s'est répandue comme une traînée de poudre. 


Le bougre à oreilles, Norbert Laureille, toujours à l'affût, 

a immédiatement informé les bleus du coin... 

Et patatras, 

une intrigue policière s'est mise en branle, 

ça ne court pas les rues, à la campagne !


Les poulets exigent alors l'introspection du poulailler. 

Ils recherchent une preuve.

Quelque chose qui rendrait la chair rose.

Rien que d'y penser, ça fout la chair de poule !

La fouille est minutieuse.

Mais le délit reste introuvable.


Les poulets s'apprêtent à repartir 

quand un bruit de tracteur sort de la grange.


Roule ma poule, c'est Ronchonchon 

qui file à l'anglaise sur son tracteur préféré.


Dès qu'on lui parle de poulet, 

il passe en mode "poule mouillée".


Intrigués les poulets chevronnés observent la scène.

Le tracteur s'éloigne... et laisse derrière lui une traînée suspecte.

Un liquide visqueux.

Rose.


Jetant un pti coup d'oeil dans son rétroviseur, Ronchonchon comprend.

Cette fois, le “pas vu pas pris” ne suffira pas.


Les poulets repartent en fanfare pour coffrer Ronchonchon.

Il va avoir le temps d'amorcer une introspection approfondie sur ses erreurs du passé.






MON ÎLE D' INTROSPECTION (Marie Sylvie)

   

 


  

 


Je suis suspendue entre deux pôles,
Ni sur terre ni en mer.
Je suis dans l'entre-deux,
Ce lieu que j'habite sans effort
Ce seuil que je transforme en sanctuaire d'introspection.

Le hamac épouse ma forme
Comme si le monde avait tissé pour moi une barque immobile
Un nid d'eau et de lumière.

Je ne marche pas vers l'horizon
Je l'accueille en moi.
Je ne fuis rien
Je contemple.
Je suis là
Présente dans l'immobilité
Ouverte dans le silence
Plongée dans ma réflexion.

Mon corps ne court plus
Mais mon âme voyage.
Elle glisse sur les reflets 
Elle écoute les nuages
Elle dialogue avec le vent.

Je suis celle qui suspend le temps 
Qui transforme le repos en rituel
Qui fait du moindre geste une offrande.

Je suis celle qui sait que le corps peut être limite
Mais que l'âme 
Elle 
Elle est vaste tel l'océan.

Je médite sans posture 
Je voyage sans départ
J'écris sans bruit.

Et dans cette image 
Je me dois devenir
Dans la lumière de mon introspection.

Encore.
Toujours.
 
 

J'ai fait le mur (Kate)

  

J'ai fait le mur ( la nuit je mens, mais j'ai été dans le Vercors) : mur romain à Colchester et l'année suivante en Écosse le mur d'Hadrien.

J'ai donc fait non pas un mais deux murs en Grande-Bretagne et d'autres aussi... mais cela relève de mon introspection et je ne suis pas là pour raconter ma vie, hein (enfin, un peu quand même)...

Marguerite a aussi fait le mur mais avec Grace, elle, et dans son livre magnifique "Les mémoires d'Hadrien", écrit à la première personne, il est question d'introspection sur fond historique. Pourtant, à l'origine, le héros de son livre n'était pas l'empereur Hadrien mais son favori et amant Antinoüs. Le livre ayant été refusé, elle a tout revu, changé de perspective et le héros en est devenu Hadrien.

L'introspection selon Freud, selon Proust, ou Virginia Woolf, les confessions de Saint Augustin, celles de Jean-Jacques Rousseau ramènent à nos secrets bien souvent en lien à la sexualité.

En ce premier dimanche matin de février, réveillée par l'interview de Vanille qui évoque la date du 6 mars 1980, jour historique où Marguerite Yourcenar a franchi le mur, celui de la Coupole, jusqu'à présent réservé aux hommes !

En conclusion, en guise de prolongement : "J'écris pour me parcourir" écrit Henri Michaux dans "Passages" et c'est aussi vrai pour "Ecuador"...

 

 

En fait d'introspection... (Walrus)

   

... je n'ai guère pratiqué que la gastroscopie et la colo(no)scopie.

Pour la première, le spectacle est d'un monotone ! Un tuyau aux parois lisses avec de-ci de-là  une légère tache rougeâtre, passionnant !

Pour la seconde,  y a rien à voir parce que, généralement, vous êtes endormi... sauf que pour ma première, une en urgence à chaud, j'ai eu droit à tout le spectacle : nettoyage au jet des parois de la tuyauterie, méandres et replis d'icelle, ça c'est du spectacle ! (En vain : ils cherchaient l'origine d'une brutale hémorragie et, contrairement à moi, ils n'ont rien vu).


Si nous quittons le monde physique pour nous plonger dans celui de la pensée (encore qu'inévitablement, me semble-t-il, même la pensée doit avoir quelque part un support physique) ça se complique un peu. 

Vous pensez bien qu'à mon âge vénérable, j'ai eu l'occasion d'en connaître des incitateurs à l'exploration du mental, entre l'époque où si vous n'aviez pas fait votre analyse en Gestalt à grand renfort de séances payantes , vous passiez pour un plouc (ce qui était mon cas), et les modernes psys et coaches en tous genres. Même ma tisane ayurvédique (qui ferait digérer des briques) donne des conseils :


Mais bon, puisqu'il le faut, je vais tenter l'expérience. Côté préparation, j'ai le choix  :

  • J'avais un bouquin intitulé "Yoga, la voie du silence" (et pas la voix, même si quelque part...), intéressant à condition de commencer par la bonne narine.
  • J'ai connu l'époque des Beatles et  des moines tibétains, de Katmandou et des mantras (vous savez "Om Mani Padme Hum", ça c'est le plus courant, mais s'agissant d'introspection, il vaudrait mieux choisir "Tat Tvan Asi" (Tu es cela))
  • J'ai même rencontré sur le ferry Ostende-Douvres, une bande de bonzes thaï en robes jaune safran...
  • J'ai lu Freud, mais pas Lacan ni Jung (un obsédé m'a suffi). 
  • ...

Donc, faisons le vide et plongeons à l'intérieur (dedans, comme on ajoute volontiers à Bruxelles) !

Ben, pour être vide, c'est vide, creux mais vide, vide...

Et moi qui me tape un vertige dès la deuxième marche de l'escabelle, je vous dis pas si ça  balance dans ma petite tête !

Bon, à propos d'escabelle, faut que je vous laisse : je dois descendre le vinaigrier de dessus le frigidaire, je vous raconterai si je survis...

 

 

samedi 31 janvier 2026

Défi #909

   

Un petit coup de rétroviseur ? 

 

Introspection

 

 

 

 

Sont allés voir chez les Grec·que·s

  


   

Nana Fafo ; Vegas sur sarthe ; Marie Sylvie ; Kate ;

Walrus ; Clio 101 ; Joe Krapov ; Yvanne ;

François ;

   

 

Le fils d'un dauphin (François)

   

le fils d'un dauphin

 

 

EST-IL LE FILS D’UN DAUPHIN ?

 

 

Cet enfant est-il le fils d'un dauphin ?

Dont l’hétaïre serait sa grande amie,

Connaîtra-t-il un jour son père, enfin ?

Sa mère a-t- elle, été répudiée pour Infamie ?

 

Certainement pas dans la Grèce antique,

On ne pratiquait pas toujours les amours ancillaires,

Mais les services de femmes qui avaient cette pratique,

En vendant leur corps pour un salaire.

 

L’enfant demande des comptes à sa mère,

Il piétine la tête du dauphin,

Ce qui signe la grandeur de sa colère,

Il désire connaitre la vérité, enfin.

 

Est-il l'enfant caché de Périclès ?

Un fils qui ne pourra pas régner,

Porté par une hétaïre au beau faciès,

Et par un père qui pourrait le renier.

 

Ô combien d'histoires ont été, confrontées,

À ces problèmes de fécondité.

Il a de quoi faire rêver des écrivains.

Avec ces joyeux plaisirs anciens.

 

 

Une histoire d'amour. (Yvanne)

 

Elle s'appelait Rose. C'était sa fleur, la plus belle, la plus précieuse. Il l'avait rencontrée une nuit d'hiver dans une discothèque de la ville. Immédiatement, il avait été attiré par cette beauté à la silhouette parfaite, aux jambes interminables, à la chevelure rousse de lionne et au visage en forme de cœur où brillaient des yeux malicieux. Son petit nez retroussé lui donnait un air impertinent et particulièrement séduisant. Il était pris et, fasciné, fixait cette fille qui, elle aussi, semblait l'avoir remarqué. Il s'approcha encore un peu du coin du bar où elle prenait un verre avec deux autres jeunes femmes. Elle leva la tête. Leurs regards s’accrochèrent. Elle lui sourit. Le restant de la soirée se passa comme dans un rêve.

Dès lors, ils ne se quittèrent plus. Elle libéra son minuscule studio en location pour habiter avec lui dans le bel appartement que lui avaient légué ses parents. Elle rentrait le soir éreintée, se plaignant de la fatigue occasionnée par sa journée de travail dans la boutique de mode où elle était vendeuse. Il était aux petits soins et la laissait se reposer. Elle ne prenait jamais part aux tâches quotidiennes. Elle lui susurrait d'une voix câline qu'il était tellement plus doué qu'elle pour la cuisine et tout le reste. Il était flatté. Elle passait son temps recroquevillée sur le canapé, son smartphone dans les mains ou dans la salle de bain où elle occupait toute la place. Il trouvait naturelle cette main mise sur sa vie : il était amoureux fou.

Pour les vacances qu'ils prenaient ensemble depuis leur liaison, elle choisit les îles grecques et Myconos. Il trouvait l'idée merveilleuse. Ses économies avaient fondu comme neige au soleil mais peu lui importait. Que n'aurait il fait pour plaire à sa déesse ?

Le début de leur séjour fut un enchantement. Jamais il n'avait été aussi heureux. Ils visitèrent Delos et son théâtre antique, firent des croisières en bateau à la journée pour profiter des plages secrètes et des criques isolées où ils firent de longues siestes coquines. Ils découvrirent dans les musées des amphores et des vases reproduisant des scènes millénaires. Ils purent admirer la grâce, la volupté de ces femmes cultivées et sensuelles qu'étaient les hétaïres. Il donna ce nom à Rose pour la taquiner car, disait-il, elle était aussi brûlante que le soleil de la Méditerranée.

Ils fréquentaient les bars branchés de Paradise Beach où ils faisaient la fête. Une nuit, il la perdit dans la foule des noctambules. Affolé, il la chercha partout sans succès et finit par rentrer à l'hôtel, mort d’inquiétude. Il ne dormit pas, espérant à tout instant son retour. Au petit matin, elle réapparut à la porte de leur chambre. Elle pleura, se confondit en excuses. Elle avait eu besoin de calme et était allée faire une longue promenade sur le sable près de la mer. Il comprit et pardonna, soulagé.

Hélas, tout recommença la nuit suivante et encore celle d'après qui était veille de leur retour en France. Il exigea des explications. Elles lui furent rapidement données. Elle était tombée amoureuse d'un barman qui lui promettait monts et merveilles. Elle ne rentrerait pas. Elle était désolée.

Il tomba des nues et ouvrit enfin les yeux. Elle s'était bien moquée de lui. Elle l'avait ridiculisé et songea t-il, il n'était sûrement pas le premier. En se remémorant les six mois qu'ils avaient passés ensemble, il en déduisit qu'elle avait – ô combien ! - l'art et la manière de gérer ses forfaits. Il avait honte de s'être fait duper de la sorte. C'était une menteuse, une profiteuse, une vraie grue. Se gaussant de lui même il pensa que, oui vraiment il ne croyait pas si bien dire en l'appelant son hétaïre.

Il reprit l'avion pour Roissy seul et désabusé, sans le sou. Pour réduire un peu la pression qui le submergeait, il fit preuve d'autodérision en fredonnant la chanson des Rita Mitsouko « les histoires d'amour finissent mal en général ».





Non-participation d'un pro de l'institution (Joe Krapov)

 


                                            Solesmes (Sarthe), le 30 janvier 2026


                       Cher oncle Walrus


je sais que vous fîtes toujours ce que vous pûtes pour maintenir au plus haut la qualité et la bonne tenue des défis du samedi.

Mais là, avec cette "hétaïre", vous avez dépassé les bornes de derrière les limites !

Moi qui ai écrit des tartines bien plus longues que la madeleine de Proust, je suis quasiment certain de n’avoir jamais employé ce gros mot-là et, putain de bordel de merde, ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer !

D’autant que je n’ai absolument rien à dire sur le concept de vénalité. Alors je vous le dis franchement, pour que je participe au Défi du samedi n° 908, il faudra me payer cher !

Bon week-end quand même à vous et aux vôtres !


                                      Joe Krapov




Hétaïre : en avant ? (Clio 101)

  


Mon dernier client de la journée se rhabille et quitte la chambre sans m’accorder un regard. Les yeux dans le vague, je me blottis contre les coussins. Mon corsage est défait, ma jupe sur mes cuisses. Je n’ai pas le courage de les renfiler. La vibration sourde de l’horloge dans le couloir me vrille les tympans. Le dîner sera servi dans une demi-heure et Madame tient à ce que nous soyons toutes présentes, habillées avec élégance. Avec un soupir, je m’extrais du lit et viens me placer devant le miroir. Je rajuste mes vêtements, arrange ma coiffure avec des épingles et un ruban pourpre, avant de choisir un collier dans mon coffret. Mon regard accroche mon reflet dans le miroir. Deux fines rides parcourent mes joues et mon cou ; quelques taches disgracieuses ornent mes mains ; quelques traces blanches parsèment mes cheveux. Une allure de presque vieille alors que j’en ai même pas quarante ! Mon métier de courtisane me lasse et m’use. Normal vous me diriez, après plus de vingt ans de pratique.

Sauf que je ne sais rien faire d’autre.

Issue de petite bourgeoisie, dernière-née de la famille, plutôt jolie de surcroît, j’ai très vite été repérée par la mère de la matrone actuelle. Elle m’a proposé un métier simple, amusant, pas routinier, avec plein de rencontres. Autant dire que j’ai accepté très vite et que mes parents n’ont pas été difficiles à convaincre : avec une sœur mariée, mon aîné destiné à reprendre la boutique, un frère dans les ordres, ma dot aurait été ridicule, donc j’aurai eu du mal à trouver un mari. La réalité a été un peu différente mais le travail m’a beaucoup plu au début. Comme j’avais pas mal lu dans ma jeunesse et que je jouais du piano plutôt correctement, la maîtresse m’a très vite eue à la bonne et m’a initiée aux arts de plaire, en société et dans l’intimité, comment faire naître le plaisir en se faisant désirer, comment apprendre la géographie des corps et en tirer profit. Très vite, j’ai été connue dans toute la ville. Les clients étaient d’abord séduits par ma conversation, la facilité avec laquelle j’identifiais leurs passions et dissertais avec eux, avant de les emmener dans la chambre. Là, selon leurs souhaits, je les déshabillais et faisais chanter leur peau, découvrais leurs zones les plus sensibles et les travaillais jusqu’à leur faire atteindre la plus haute jouissance. Du jeu de rôle le plus délicat à la brutalité la plus bestiale, rien ou presque ne semblait hors de ma portée.

Pourtant, depuis quelques années, tout avait changé. Fini le plaisir de disserter sur l’art ou le bonheur d’une journée paisible. Mes clients voulaient consommer, prendre leur pied et ne pas s’attacher. Moi qui me rêvait hétaïre, je ne dispensais plus que du plaisir.

Et aujourd’hui j’en avais assez. Je voulais changer de métier. Bon, bien sûr pas du jour au lendemain mais bientôt ce serait bien.

Sauf que rien ne se passa comme prévu.

Le lendemain, je tentais de changer la donne et engageais la conversation avec mon premier client. Sauf que lui ne l’entendait pas de cette oreille. Il étouffa ma première question d’un baiser et se mit à me déshabiller et me caresser. Direct, sans me demander mon avis, en ne pensant qu’à lui.

Cette goutte d’eau devint torrent et mon vase déborda.

Un peu trop.

Indépendamment de ma volonté (quoique…) mon genou heurta la partie la plus sensible de son anatomie. Mon client hurla, éructa puis décampa en jurant de ne plus jamais revenir. L’après-midi, je l’imitais, mais sans crier. Je me trouvais une petite chambre dans une taverne, réfléchis. C’était un peu plus rapide que prévu mais une partie de mon rêve commençait à se réaliser. Ne me manquaient que le lieu, les bonnes manières, le bouche-à-oreille et les employées.

Le lieu serait facile. Il y a quelques semaines, j’avais repéré une maison à vendre, en plein centre-ville, très bien agencée pour y installer de quoi vivre et recevoir. Désireux de s’en débarrasser au plus vite, le propriétaire en offrait un prix ridiculement bas. J'avais économisé une grande partie de mes pourboires et déposait le tout en maison de change. Il ne me fallut que deux jours pour l’acquérir, deux semaines pour la rénover. Pour les bonnes manières, je contactais les maîtres les plus réputés du moment. Comme je m’y attendais, ils me rirent au nez. Ils ne voyaient pas l’intérêt de m’enseigner quoi que ce soit, ni de me recevoir, d’ailleurs. Qu’importe, je m’instruirais moi-même ! La lecture assidue des journaux et l’appui d’anciens clients haut placés me permirent de comprendre et d’assimiler les codes de la bonne société. Trouver des employées me causa encore quelques problèmes mais rien d’insurmontable. Mon souhait de proposer une maison de plaisirs où les clients trouveraient des compagnes cultivées, capables de les divertir par leurs paroles autant que par les arts séduisit plusieurs de mes anciennes camarades, lassées d’un métier trop répétitif ou ne souhaitant guère consacrer leur vie au bon service de ces messieurs.

Leur joli minois fit le reste.

Habillées à la dernière mode, le visage dissimulé derrière leur éventail, elles répandirent le bruit de l’ouverture prochaine d’une maison close d’un nouveau genre.

A l’ouverture de la saison des bals et des théâtres, je fis salle comble.

 

Encore ! (Walrus)

  

Encore un mot à deux balles !  Je vais essayer de ne pas me planter comme la semaine passée, semaine où j'aurais mieux fait de bêtement poster ceci :


 

Maintenant, allons-y pour "Hétaïre". 

Si vous avez l'impression d'avoir déjà vu ça ici par le passé, c'est peut-être que vous vous rappelez le sujet #786  composé des mêmes lettres !

Comme je ne savais rien de ces (charmantes) dames, j'ai creusé pour essayer de me faire une idée de leur condition dans le monde grec...

Ben, je suis sans doute con mais il me semble que c'est vachement plus flou (à cause du drapé de leurs tuniques peut- être (quand elles en portent)) que le statut des Geishas au Japon. 

Le nom d'une de ces dames a cependant retenu mon attention : Thaïs, liée à Alexandre le Grand et à un de ses généraux : Ptolémée (I), l'ancêtre de Cléopâtre (VII). 

Et pourquoi diable celle-là plutôt que Phryné, Laïs ou Aspasie

Oh, pas à cause de  Massenet, je mange pas de ce pain-là moi, Madame !

Non, c'est bêtement parce que c'est ainsi que s'appelle la demi-sœur de ma belle-sœur. Comme le monde est petit, hein !

Comment ?

Non, elle ne faisait pas hétaïre, elle tenait un resto !

 

 

 

Elle me fera mourir (Kate)

  

Cette hétaïre
me fera mourir
de plaisir
comme on osait le dire
sans vice
en 70
Cette hétaïre
me fera mourir
de rire
avec son intelligence
sa présence
Son doctorat
de philosophie
l'amène dans mes bras
et je m'en réjouis
Cette hétaïre
est philosophe
mon honneur est sauf
elle est accorte
c'est une bonne escort
qui me fait jouir
et se retire
Tarifs fixés
moments parfaits
aucune vulgarité
tant en journée
qu'en soirée
et pour avoir si souvent dormi...
sans aucune présence amie
j'apprécie sa compagnie
de maîtresse accomplie
on discute on flirte
on danse avec ou sans tee-shirts
Si elle refuse toutes les photos
j'ai vu celle-ci dans sa bio

Elle m'appelle Tristan
(moi, le grand Gaëtan !)
ou même cher enfant
(mais elle n'est pas ma maman)
puisqu'elle s'appelle Yseult
elle m'évoque Aspasie
surtout pas Anastasie !

 

 

 

LE JOUR OÙ LES HUMAINS OUBLIÈRENT LE SEXE (Marie Sylvie)

   


On raconte qu'il fut un temps où les humains vivaient dans des corps lourds, 
traversés de besoins, 
de désirs, 
de peurs.
Ils  portaient leur sexe comme un secret et une blessure, 
comme une promesse et un danger.
Le monde tournait autour de cette énigme minuscule,
 et pourtant si puissante, 
qui décidait des lois, 
des guerres, 
des hontes et des orgueils.

Puis un matin personne ne sait comment, 
ni pourquoi, 
quelque chose changea.

Ce fut d'abord imperceptible.
Un souffle dans l'air.
Une légèreté nouvelle dans les gestes.
Comme si la gravité avait relâché son emprise.

Les humains se réveillèrent dans des corps plus simples, 
plus doux, 
plus transparents.
Le sexe avait disparu. 
Non arraché, 
non effacé, 
simplement ... oublié.
Comme un mot que l'on ne prononce plus et qui finit par perdre son sens.

Les premiers instants furent silencieux.
On se regardait avec étonnement 
mais sans panique.
Il y avait dans l'air une paix étrange, 
une évidence.
Comme si l'humanité avait enfin posé un fardeau qu'elle portait depuis trop longtemps.

Les médecins fermèrent leurs cabinets.
Les tribunaux restèrent vides.
Les vieilles disputes s'éteignirent d'elles-mêmes, 
faute de carburant.
Les corps n'étaient plus des territoires
mais des paysages.
On ne les comparait plus.
On les habitait.

C'est alors que Hétaïre apparut.

On dit qu'elle sortit d'une statue, 
un soir où la lune était si pleine qu'elle semblait vouloir descendre toucher la terre.
Elle marcha hors du marbre comme on sort d'un rêve, 
l'enfant à ses pieds marchant à ses côtés, 
libre de toute attente.

Elle n'était plus l'Hétaïre des anciens récits ... ni amante, 
ni muse, 
ni objet du désir.
Elle était devenue une passeuse.
Une guide.
Une gardienne de la douceur.

Elle enseigna aux humains à respirer autrement.
À écouter la peau comme on écoute une rivière.
À se toucher sans intention, 
juste pour sentir la présence.
À aimer sans posséder,
sans conquérir,
sans craindre.

Les enfants désormais naissaient dans les fleurs.
Les corolles s'ouvraient au petit matin et un souffle chaud en sortait 
portant un nouveau visage.
Les parents n'étaient plus des géniteurs mais des accueillants.
Ils accueillaient l'enfant comme on cueille une lumière.

Le monde devint plus lent, 
plus attentif.
Les discriminations tombèrent comme des feuilles mortes.
On ne parlait plus de genre, 
de rôle, 
de place.
Chacun avançait selon son propre rythme, 
dans un corps qui n'était plus une frontière mais un passage.

On raconte que l'Hétaïre un soir retourna au marbre.
Non par tristesse mais par accomplissement.
Elle avait montré le chemin.
Elle n'avait plus besoin de marcher parmi les vivants.

Depuis dit-on 
si l'on pose la main sur la statue
on sent un battement.
Très léger
comme un cœur qui continue de veiller.

Et parfois dans le vent 
on croit entendre sa voix :
        《  Soyez simples.
              Soyez égaux.
              Soyez lumière.
       Le reste n'a jamais été nécessaire. 》


 

Aspasie (Vegas sur sarthe)

   

 


Aux quatre vents d'Athènes on converse, on murmure
Laïs de Corinthe, La belle Léontion
j'entends riches, vénales, libres, prostitution.
L'indigent a choisi : douches froides et bromure

J'ai compté dans ma bourse deux drachmes et trois oboles
je ne suis qu'athénien, artiste, feu-follet.
J'ai choisi mon modèle, Aspasie de Milet
qu'elle soit prostituée de luxe ou sex-symbol

Je sculpte dans l'albâtre à grands coups de ciseau
tout ce que ses mains cachent et tout ce qu'on devine
les monts et les sillons et la source divine

Elle vibre, accomplie, je la possède enfin
le fleuve nous appelle et je sais qu'à la fin
elle m'entraînera de son poids sous les eaux



Défi #910

   Inutile de le dire avec onction :   Jonction