Laura ;
Elle court, Cloé. Elle
court et elle a peur. Il pleut des hallebardes. La pluie se mêle à
ses larmes et elles dégoulinent sur son visage. Boum boum. Le bruit
est assourdissant. Dans sa panique, elle pense que l'orage gronde.
Elle ne sait pas, ne se rend pas compte que c'est son cœur affolé
qui tambourine dans sa poitrine. Elle est partie, totalement paniquée
de la maison sans parapluie, sans imperméable. Elle est trempée
jusqu'aux os. Qu'importe. Elle crie : « Morgan, Morgan mon
amour où es-tu ? » et répète cette phrase à l'infini
faisant se retourner les gens sur son passage. Elle ne les voit pas.
Elle a glissé, failli
s'étaler sur le trottoir où s'amoncellent les premières feuilles
mortes et mouillées de l'automne. Elle a évité la chute grâce à
une main secourable qu'elle repousse sans ménagement laissant le
jeune homme qui l'a aidée, stupéfait devant une telle impolitesse.
Elle s'en veut à mort. Au lieu de récupérer son petit Morgan à la maternelle à 15 heures comme d'habitude à la sortie de son travail, elle s'est accordé un peu de temps pour elle. Elle avait envie de faire du lèche vitrine et éventuellement de s'octroyer un petit plaisir. Ils avaient convenu avec Julien, son compagnon que ce serait lui qui prendrait leur fils à 16 heures et prévenu l'école.
Il est 17 heures. Elle vient de regagner leur domicile, savourant son achat coup de cœur. Une folie mais tant pis. Elle n'a pas pu résister : ce joli top en dentelle ivoire griffé était fait pour elle.
Cloé remarque immédiatement l'absence de la voiture de Julien devant chez eux. Un pressentiment l'assaille. Où sont-ils à cette heure là ? Pourquoi n'a-t-elle pas eu de message ? Elle cherche son portable dans son sac, ne le trouve pas. Elle vide nerveusement son contenu sur la table de jardin. Pas de portable. Bon sang, elle a dû l'oublier sur son bureau. Ça lui arrive quand elle a la tête ailleurs comme aujourd'hui. Elle attrape ses clefs et rentre à toute vitesse dans la maison. Elle avise tout de suite la feuille de papier posée sur la console de l'entrée : « Où es tu ? Pourquoi tu ne réponds pas au téléphone ? Vite. Rejoins moi à l'école. Morgan a disparu »
Cloé arrive à l'école
et déboule en trombe dans le hall. Il n'y a personne. Elle appelle.
La directrice sort de son bureau. Cloé, rouge, confuse lui demande :
- Morgan ? Dites
moi où il est ? Vous ne l'avez pas surveillé, c'est
inadmissible. Il est où ?
- Madame, calmez vous.
Tout va bien. Morgan vient de partir avec son papa. Rentrez chez
vous. Vous êtes exténuée, je le comprends. Il vaut mieux que je
vous ramène.
Cloé accepte l'offre de la directrice. Cette dernière lui raconte ce qui s'est passé pendant leur court trajet. A 15 heures, après la récréation, sa maîtresse a constaté l'absence de l'enfant. Il était pourtant à sa place dans le rang pour regagner la classe. C'est à ce moment là sans doute qu'il s'est éclipsé. Immédiatement tout le monde s'est mis à sa recherche. La directrice affirme avoir téléphoné tout de suite à Cloé et comme elle ne répondait pas elle a appelé Julien. Ils ont vite retrouvé Morgan sagement assis devant le portail de l'école.
Cloé pleure de
soulagement cette fois. Elle ne pense même plus à demander des
comptes à la directrice. Quelqu'un a manqué de vigilance. Il faudra
bien obtenir quelques explications. Ce sera plus pour plus tard. Pour
le moment, elle serre son petit garçon contre elle et l'embrasse
encore et encore. Lui la regarde, un peu étonné et lui assène d'un
air boudeur :
- Maman, pourquoi t'es
pas venue comme d'habitude ? Je t'attendais moi.
La pluie dont la terre a besoin arrive enfin
L'eau que mes maraichers préférés attendaient
L'eau qui nous nourrit tombe partout, indifférente
Aux râleries des jamais satisfaits, qu'il pleuve
Ou qu'il chauffe; il tombe des hallebardes
Et j'ai envie de danser dessous comme lorsque
J'étais enfant; j'ai tant marché, pédalé sous la pluie
Rien ne sert de courir, il faut se vêtir en prévision
Ou prendre la rincée et choper la crève
Les bretons ne ferait-il pas tomber la pluie
Pour faire fuir les cons? Il tombe des hallebardes
Et me revient l'envie de visiter le musée
De la Renaissance à Ecouen, les visites historiques
De l'enfance encore ou les hallebardes de Rembrandt
De la maturité; retrouver les images dans ma tête
Du voyage à Amsterdam à défaut des photos prises.
Retourner en Italie sur les pas de Pontormo.
Il pleuvait des hallebardes à la Haye
Le jour où j'ai vu "Le chardonneret" grâce à toi
Il est là dans mon couloir et des hallebardes
De larmes après presque sept ans de ton absence.
Il est tombée des hallebardes de méchancetés
Crachées qui remettaient en question notre amour,
Ma vie avec toi et sans toi: des hallebardes
De larmes de plaisir d'aimer et de découvrir le monde.
Ah ! Le barde !
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Mais oui, il chante et ça barde et on adore... qu'il chante et que ça barde !
Comme une parenté avec la Castafiore qui nous casse les oreilles, elle-aussi,
mais ça barde, aussi !
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La BD m'a enchantée
j'ai toujours chanté
et aimé les chanteurs
enchanteurs...
Ah oui, pas le barde,
la hallebarde ?
Qu'il en pleuve
jusqu'à ce qu'on n'en peuve
plus de la pluie
qui nous joue sa comédie
non, pas "Chantons sous la pluie"
ni "Un p'tit coin d'parapluie"
mais j'ai disparu
plus un seul ru
puis réapparu
et inondé toutes les rues...
Enfin, la hallebarde, la vraie, enfin celle -factice, heureusement- des apprentis comédiens de théâtre ayant suivi tel ou tel cours réputé, s'étant obstinés et arrivés à tenir la hallebarde, sans jamais décrocher le moindre mot, mais ayant décroché ce rôle muet, déjà pas mal !
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et
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Quelle hystérique, cette fondue des Quenn hammam ! D'ailleurs Yvanne le confirme... lorsqu'Hortensia prend
son bain, Quenn et la buée sortent par tous les orifices de la petite chaumière de Nana, ça doit être pour cela
qu'elle est toute ridée.
Il est grand temps d'agir... un nouveau plan se dessine à dessein...
Pour cette nouvelle mission, il fallait à Ronchonchon un acolyte de chien, si possible alcoolique, car Nana
n'avait plus de chien à la ferme depuis que SonneSonne le balourd était mort de vieillesse... tragique que ce
fût pour Nana et pour Ronchonchon, plus de copain comme cochon pour jouer ses tours de cochon ! Et Nana
n'était pas décidée à reprendre un cabot plein de tiques au sein de la ferme.
Ronchonchon avait observé le nouveau voisin, un petit tout chétif, qui fout le bordel dans le poulailler de
Bruno. Et ça, ça lui plaît bien. Ce roquet a quelque chose de singulier, ce n'est pas un saint de Bernard,
comme Ronchonchon d'ailleurs, sauf peut-être pour le tonneau...
Alors, Ronchonchon s'est glissé entre les barrières de la ferme d'Yvanne, non sans mal, vu sa prise de poids
estivale... Il est resté ceint quelques minutes le temps de s'extraire, il aurait dû se serrer un peu plus la
ceinture,
mais à quoi bon ! Ronchonchon est phobique de l'index glycémique. Le seul "bas" qu'il tolère c'est le
"bas de plafond" des poulettes de Bruno et aussi celui qui dévoile la cuisse rose d'un gallinacé femelle.
Ronchonchon a commencé à jeter quelques boulettes de volaille pour appâter la bestiole, une saucisse à
4 pattes. A force d'insister, le corniaud d'Yvanne, s'est approché. Ils auraient pu ne pas se sentir ces deux-là
, mais... les boulettes et les poulettes les ont rapprochés. Espérons qu'ils ne fassent pas trop de boulettes !
Avant de commencer quoi que ce soit, ils ont conclu une alliance, un pacte d'empreintes sous seing privé :
Ronchonchon et Ficelle pour le meilleur et pour le pire...
Et le pire n'a pas tardé.
Le pire a commencé avec le nouveau plan de Ronchonchon.
Il cherchait une solution pour remplacer Louptard, le nouveau gardien du poulailler.
Pour cela, il lui fallait des infos sur le gars, pour le faire chanter.
Dans l'arrière-boutique de Walrus, Ronchonchon savait que se cachait une machine fantastique (et non...
ce n'est pas le mélangeur à mots)...
Il paraîtrait que Walrus dissimule une machine à voyager dans des univers parallèles pendant 24 heures :
LaVC
Il a fallu attendre la nuit, que tout le monde dorme pour pouvoir s'introduire dans l'estaminet, trouver la
machine, entrer son intention : direction le Hall des Bardes à faire chanter.
Et là, tout est allé très vite... le Barde Boris demanda à son hallebarde magique, un outil à la pointe, de leur
conter les précieuses informations sur Louptard et sur un air de soirée Disco. Illico presto, Ronchonchon et
Ficelle sont revenus sains et saufs... sauf que...
(pour connaître la fin de l'histoire )
Quoi ?
Qu'est-ce qu'il dit ?
Ah... "Le barde !"
Pouvait pas dire Assurancetourix comme tout le monde ?
Un jour, l'archiviste du Château,
Découvrait dans un livre,
Les exploits d'un hallebardier,
Qui était exprimé bien haut,
Et quand il eut fini de les lire,
Il comprit que c’était ancêtre de son ami Perdier.
Ce dernier dévora cette histoire,
Où sont valeureux hallebardier,
Se battait des heures, faut le croire,
Jouant du bout de sa hampe du fer de hache,
Décapitant l'ennemi,
Quand son attitude fâche,
Après l'avoir désarçonné avec son bec de corbin,
En pointant de sa pointe d’estoc,
Avec un tour de main malin
Il était visiblement fort comme en roc.
Le lecteur vit là en son ancêtre,
Un grand homme, lui qui voulait être prêtre,
Alors comme garde suisse il sévit,
Au Vatican une partie de sa vie.
En
sortant les poubelles
en
battant la semelle, je grommelle
En
voulant te faire belle
forçant
sur le rimmel, tu grommelles
Quand
tout va de travers, que vous vous rebellez
c'est
sûr vous grommelez
En
coiffant ma tignasse, en trouant mes godasses
il
fallait que je grommelasse
Qu'on
ait la grosse tête ou qu'on ait le melon
les
amis … grommelons !
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J'aime pas...
M'en fout, j'aime pas le samedi matin.
M'en fout, j'aime pas écrire
M'en fout, je suis gros et mêle toujours un coupable dans mes histoires.
Alors je vous le dit, Walrus a encore frappé
et cette semaine ça tombe sur ma pomme !
Ce n'est pas de son chapeau (ou de son bonnet)
que notre maître du jeu sort ses mots.
Chaque samedi matin, il fait tourner la machine à mots,
une sorte de lessiveuse pour lessiver nos méninges endormies et parfois endolories.
Comment ne pas imaginer que ce mot est une invitation à Ronchonchonner ?
M'en fout, j'aime pas grommeler car j'ai pas de barbe.
M'en fout, j'aime pas grommeler car quand j'ai quelque chose à dire, il faut que ça sorte.
M'en fout d'abord et avant toute chose.
Et voilà, comment Ronchonchon réagit au tirage des mots,
il réagit beaucoup mieux au tirage d'une bonne petite mousse.
Mon chien Ficelle se débattait sous mon bras. Il n'en avait pas
assez, de toute évidence de poursuivre la volaille de Nana. Moi, en
revanche, je me dépêchais de le soustraire – et moi avec - à la
vindicte de la cousine, gardienne momentanée des lieux.
Je lui tournais le dos
mais je l'entendais grommeler derrière moi. Je ne l'écoutais pas.
Il valait mieux faire la sourde oreille parce que ses jérémiades
et ses cris étaient adressés à ma personne je n'en doutais pas. Je
regagnai mes pénates, enfermai Ficelle dans la maison et entrepris
tranquillement le désherbage de mon jardin.
Je discutais avec
François, mon voisin célibataire qui travaillait dans son potager
limitrophe. Il me parlait avec désespoir de ses salades et autres
légumes perdus par faute de la sécheresse. Lui aussi bougonnait en
trouvant injuste de ne pouvoir arroser ses plantations alors que
d'autres, aux alentours se prélassaient dans leur piscine.
- Il y en a que pour
les riches dans ce pays. Ils n'ont qu'à aller se baigner dans la
rivière. Elle n'est pas loin. Une piscine ! Avec toute l'eau
qu'il faut ! Ah ça fait bien d'avoir une piscine. Ils disent
que ça donne de la plus value à leurs maisons en béton. Tiens,
voilà quelqu'un qui approche. Avec le cochon de Nana. Tu connais ?
Je me redressai
vivement et observai avec stupéfaction l'arrivée de la cousine
bretonne tenant en laisse un Ronchonchon récalcitrant d'une main et
de l'autre un paquet couvert de papier aluminium.
Elle se dirigeait droit
sur moi, ignorant l'ami François qui riait sous cape, tant
l'attelage était comique. Pensez : un cochon grognon, une
grosse ficelle autour du cou, avançant, contraint et forcé par la
prise ferme d'une vieille femme bizarrement accoutrée. Moi, je ne
riais pas. Je me demandais bien ce qu'elle me voulait. Elle me tendit
sa boîte brillante.
- Tenez Madame. Je ne
connais pas votre nom. Je vous ai fait un gâteau. Excusez moi pour
hier. Mais vous savez j'avais peur pour ces pauvres poulettes.
- Oh merci ! Il
ne fallait pas. C'est à moi de m'excuser pour les désordres de mon
chien. C'est un kouign amann ?
- Non. C'est un quatre
quart. J'ai ramassé les œufs pas trop cassés après votre départ.
Je n'aime pas gâcher vous comprenez. Pour le kouign amann il faut
beaucoup de beurre et demi-sel en plus. Ici, vous ne connaissez pas
le beurre demi-sel. Bah vous ne savez pas ce que vous perdez.
- C'est très gentil.
Encore merci. Vous promenez Ronchonchon ?
- J'ai pensé qu'il
lui fallait de l'exercice. Il se prélasse à longueur de journée.
Il est trop gros. Ce n'est pas bon. Et puis, j'avais l'espoir qu'il
m'aide à faire mon tour en me tirant devant. Mes jambes ne me
tiennent plus ma pauvre dame. Mais l'animal ne veut pas quitter la
basse cour. Je vais rentrer. Bon appétit Madame. Au revoir. Je
m'appelle Hortensia.
Hortensia ? Un
prénom de circonstance mais je trouvais que la cousine n'avait rien
des fleurs bleues ou roses de sa région. Sauf que très certainement
elle ne courbait pas la tête sous le vent comme ses homonymes.
Je regardais d'un air
dubitatif le paquet que je tenais à la main. Je me demandais si la
cousine avait vraiment utilisé les œufs en omelette par terre
devant le poulailler..
- Tenez François. Je
n'aime pas les gâteaux.
Le vieux nain fixait la porte de pierre avec la même expression qu'un client devant une file d'attente de quarante-cinq minutes. Les sourcils froncés, le nez rouge gonflé d'indignation, il semblait prêt à faire tomber la montagne de colère — ou au moins à l'insulter copieusement.
— « Parle, ami, et entre » ... grommela-t-il en lisant l'inscription pour la douzième fois. Traite-moi d'ami, toi, tu ne me connais même pas. C'est comme ça qu'on se fait enlever sa bourse dans les tavernes.
Derrière lui, la jeune femme aux cheveux blonds patientait avec le sourire diplomatique de quelqu'un qui a déjà vu ce nain râler contre une fontaine, un escalier, et une fois, mémorablement, contre un nuage.
— Peut-être qu'il faut juste dire « bonjour » ? proposa-t-elle d'une voix douce.
— BONJOUR ! hurla le nain à la porte, avec l'intonation de quelqu'un qui règle ses comptes.
La porte resta parfaitement, magnifiquement muette. Le nain la grommela une insulte que même les pierres préférèrent ne pas entendre, bougonna que de son temps, les portes magiques avaient le sens du respect, et s'assit lourdement sur une marche en déclarant qu'il ne partirait pas avant que cette maudite porte s'excuse.
La jeune femme alla chercher du thé. Elle savait que ça allait être long.