Voyons un peu double :
Jumeau(x)
Oui, j'ai mis une photo de jumelles
pour éviter des embrouilles avec
les inclusivistes...
Voyons un peu double :
Jumeau(x)
Oui, j'ai mis une photo de jumelles
pour éviter des embrouilles avec
les inclusivistes...
Initiée tôt à l'anglais par la radio, notamment par ce refrain "les hippies, les hippies... " : seules paroles qui je comprenais de cette belle chanson (Let it be) ; du même groupe, j'appréciais aussi les paroles de "Michelle" en français avec ce bel accent et cherchais à comprendre le reste du texte.
La classe de 6ème -dont je garde un souvenir des plus merveilleux (cartographier le périple d'Ulysse, et autres initiations littéraires par une prof passionnée -m'a heureusement initiée à la langue de nos voisins avec l'aide de la famille Wilson et de leurs enfants John et Betty et j'ai appris avec plaisir la liste des verbes irréguliers telle une formule magique.
La classe de 5ème -moins plaisante- m'a initiée au latin "obligatoire" (que je ne retrouverai qu'en Classe Prépa Lettres Sup) que je n'ai pas su vraiment apprécier et dont les déclinaisons (Rosa, rosa, rosam : oui, celles-ci ça va encore !) m'ont un peu perdue et si le discours ambiant était au "il vaut mieux apprendre une langue vivante... qu'une langue morte", n'empêche que ce latin m'a servi et ouvert l'esprit -c'était le but- sur les langues et leurs systèmes.
En classe de 4ème, je n'avais qu'une hâte : l'initiation à l'italien et ma satisfaction a été au-delà de tous mes rêves. Une langue -d'abord facile, certes- mais dont j'apprends chaque jour encore quelque chose. Les pages roses du Petit Larousse m'avaient inititée à certaines phrases et à quelques mots et je connaissais la fameuse formule ferroviaire de mise en garde (È pericoloso sporgersi) -et si vraie-, sans compter les chansons entendues à la radio dont "Non ho l'età" (dont je ne comprenais que "per non amarti") comme je comprenais "I love you, I love you, I lo...ve you !" de la chanson "Michelle" !
J'ai eu la chance d'aller en Italie (pour aller faire un voyage en Yougoslavie) et notamment à Venise quand j'étais en 4ème et le manuel d'initiation à l'italien était "Insieme a Venizia". J'ai gardé celui de la classe de Seconde : "Vita e civiltà italiana", lui aussi avec des photos en noir et blanc, comme les films italiens des années 60.
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Oui, ces langues m'ont enchantée, sans oublier la langue française (et l'ancien français et le vieil anglais (ou "vieux danois") auxquels j'allais être initiée bien plus tard.
Je passe sur les autres langues vues, croisées, approchées, regrettées... pour lesquelles j'ai eu des initiations ou dont j'ai dû apprendre quelques rudiments ou quelques formules basiques.
Un regret ? L'initiation au grec, peut-être, mais mes voyages en Grèce restent des souvenirs lumineux et quelques mots grecs ont suffi...
Là, il fallait être initié !
Mont-Lycée, Vendredi, 10h03,
cours de philo de Pingouinnot avec les Terminales B2.
Pour ce nouveau sujet de Philo accrocheur,
le numéro 123, ce sera un atelier de groupe.
Les Terminales B2 vont bosser sur le thème
"Si vous étiez Dieu, que feriez-vous ?"
Pingouinnot a toujours des sujets choc,
il n'imaginait pas combien ses élèves avaient l'esprit contestataire contrarié.
Lorsque Laurent Outan a pris la parole, tout le monde a tendu l'oreille.
Et pour cause, sa voix a largement dépassé les murs de la classe.
Elle s'est invitée dans la cour du Mont-Lycée,
elle a grimpé sur le lampadaire pour éclairer les consciences et,
contrairement à certains adultes, elle n'a pas choisi la fuite.
L'information, elle, par contre, a fuité.
Et très vite.
Jusqu'aux autres établissements,
où quelques élèves ont commencé à vouloir, eux aussi, s'initier à la contestation.
(Et quelques adultes à la panique.)
"Si vous étiez Dieu, que feriez-vous ?" avait demandé Pingouinnot.
Le groupe de Laurent Outan avait visiblement retenu
surtout deux mots : vous et Dieu.
Nous les dieux... commença Laurent.
Il marqua une pause.
Enfin non. Nous, VOS dieux !
J'accuse à nouveau les grands de ce monde,
de nous avoir trompé depuis notre plus tendre enfance.
Vous nous avez élevés comme des Rois
pour élever le niveau
pour prendre la relève
mais nous sommes englués dans vos attentes contradictoires
vous nous avez enlevés notre envie d'être élève !
On a dû vous le dire 1203 fois "Non, non, non..."
On s'attendait à un minimum de singerie mimétique
À ce que, de temps en temps, vous nous répondiez : NON !
Un non qui nous montre la voie pour trouver nos propres oui.
Mais non ! Vous avez choisi la fuite,
par facilité, parfois, lorsque vous avez remplacé le dialogue par une lumière bleue
par peur, souvent, lorsque vous nous avez gavés d'un régime de satisfaction...
Vous nous avez rendu saturés !
Et puis, même l'école s'y est mise...
à entasser des heures de connaissances,
à choisir une orientation de plus en plus tôt,
à remplir notre vie de devoirs,
comme si notre vie en dépendait !
Heureusement, notre prof de Philo a commis une erreur.
Il nous a initiés à l'esprit critique.
Alors aujourd'hui, nous nous initions à la contestation
car notre initiation à la panique dure depuis trop longtemps...
Un long silence s'installa dans la classe.
Pingouinnot regarda Laurent,
puis son sujet 123 inscrit au tableau :« Si vous étiez Dieu, que feriez-vous ? »
Il prit sa craie et ajouta dessous :« et si vous étiez simplement adulte... ? »
Dans la cour, quelqu'un commença à grimper sur un lampadaire.
L'initiation à la contestation venait officiellement de commencer.
Ficelle, Ficelle, où est donc passé ce chien ? Je le cherche partout. Il va me rendre folle. Si je ne m'étais pas attachée à ce petit monstre j'en viendrais presque à regretter de l'avoir secouru et adopté.
Mais comment et par où s'est-il enfui ? Je fais le tour du jardin et découvre sous la clôture qui sépare ma propriété de celle de Nana un trou fraîchement creusé. Et bien sûr, encore une fois il a filé chez ma voisine. Encore à courir le guilledou chez les cocottes. Il a le diable au corps cet animal ! Il doit être propre tiens : il a plu toute la nuit et avec ses oreilles qui traînent par terre je vous dis pas. Bien fait. Il aura droit à la douche et comme il déteste, ça l'apprendra.
J'enfile mes grosses bottes marron à lacets – peu élégantes mais si confortables et me précipite chez Nana. Elle doit être rentrée de vacances et la cousine repartie bretonner. Et là que vois-je ? Ronchonchon assis devant un tonneau vide – ou plein - de l'ami Walrus avec, à ses côtés, sagement assis sur le sol de la cour et tout ouïe, mon Ficelle qui bade l'animal rose. Il s'y croit l'autre avec son air professoral. Qu'est ce qu'il lui montre là ? Qu'est ce qu'il raconte ? On dirait un sénateur congestionnant, bedonnant et redondant. Si, ça existe !
Le cochon porte encore les marques de la corde que la cousine Hortensia lui avait passée autour du cou. Elle n'a pas lésiné la cousine : il fallait qu'il suive ou mieux qu'il la tire à cause de ses mauvaises jambes variqueuses. A-t-on idée aussi de se chausser de sabots aussi lourds ? Je n'ai pas tout vu le jour de leur promenade endiablée mais c'était hilarant d'après le vieux François.
Ce dernier m'a aussi raconté qu'après leur chevauchée fantastique, Ronchonchon était revenu en douce chez moi et avait balancé des saucisses pour appâter Ficelle. Le sagouin ! Pas étonnant que l'autre nigaud se fasse encore la malle. En plus, les saucisses de Nana sont excellentes. Je le sais parce qu'elle m'en offre quand elle met au saloir les petits frères de son cochon. Moulinées à souhait. Épicées à souhait. Un régal.
Je m'approche doucement. Mais les deux lascars sont tellement occupés qu'ils ne m'entendent pas. Et Walrus, derrière son bar sirote tranquillement en rêvassant sa Pauwel Kwak - il y a beaucoup de cas K chez Nana je trouve entre les grôles (botou Koat) la pâtisserie (Kouign amann) et la boisson sus-nommée – Ou bien il scrolle sur son téléphone. Ou bien il réfléchit au mot bien ardu du prochain samedi. Il ne me remarque pas non plus. Je dois être transparente.
Sur le tonneau est posé un parchemin où sont apposées à l'encre les empreintes des loustics. Qu'est ce qu'ils trafiquent encore ? Je n'y comprends rien. Ronchonchon parle doctement de vc ou d'avc, que sais-je. J'espère qu'il n'est rien arrivée de grave à mon amie Nana ? En écoutant mieux je me rends compte que le cochon donne une leçon d'initiation à mon imbécile de chien à la cervelle grosse comme un petit pois. Il lui transmet des consignes précises relatives à une sorte de machine que Walrus cache derrière son bar. Il semblerait que l'on peut voyager avec. Un genre Spoutnik. Encore un filou ce morse avec ses inventions délirantes ! Oh mais je commence à comprendre : ils veulent envoyer mon Ficelle en mission dans l'espace. Peut être pour remplacer Sophie Adenot . Allez savoir. Hein ? Quoi ? Il y a bien eu un précédent avec Laïka. Olala il y a même une combinaison et un casque de cosmonaute derrière le fût à bière. Remballons vite notre chien avant qu'il ne s 'élève dans les airs !
Voilà ce qui est écrit dans l'emploi du temps des sixième que j'ai en demi-groupes une heure tous les quinze jours et j'ai donc environ vingt heures pour leur faire comprendre que je ne leur fait pas une initiation au CDI mais que je suis une professeur -documentaliste qui enseigne une matière qui se nomme Education aux Médias et à l'Information(EMI) ou Sciences de l'Information et de la Communication(SIC) dont je suis l'experte. Les heures qu'ils passent avec moi ne sont pas de l'initiation mais des cours, des séances info-documentaires. Ca commence mal avec leur carnet de correspondance où je figure dans l'équipe éducative avec la secrétaire, la CPE et les surveillants. Je n'ai rien contre ses personnes mais je devrais figurer parmi les profs. Je ne suis donc pas la documentaliste, ni la cdiaire, ni la CDItiaire (comme ils disent ou la litière plus méchamment) par analogie avec la bibliothécaire que je ne suis pas et mon nom n'est pas celui de l'ancienne documentaliste, toujours dans le carnet alors que suis là depuis trois ans. La première année comme je suis arrivée à l'arrache et que je faisais une formation pour préparer le capes de documentation (pour être titulaire de mon poste et être payée plus), j'ai repris beaucoup des séances de ma prédecesseuse(ça se dit?)(Ça se dit comment?). L'année dernière où je préparais le concours seule, j'ai inclus plus de séance de culture numérique qui est aussi ma matière d'enseignement. Cette année, j'ai conçu avec l'aide de l'IA une progression d'apprentissage de séquences et de séances pédagogiques qui alternent numérique et papier(le livre et les autres documents) sans oublier le printemps de la poésie, la semaine de la presse et de la langue française.
Faner c’est batifoler dans les champs,
Disait Madame de Sévigné,
L’image est idyllique, évidemment,
Au labeur, il faut se résigner.
Mais travailler sans connaissance,
C'est récolter quelques bricoles,
C'est ignorer avec insistance,
Que la botanique, joue son rôle.
Elle distingue le bon grain de l’ivraie,
Permettant le choix de la semence,
En choisissant le bon engrais,
La récolte aura de belles incidences.
Elle devient aussi le dictionnaire,
De toutes les fleurs et les plantes,
Parfois un peu différentes,
Classées par des familles mères.
C'est un voyage sur papier,
Avec de jolies planches,
Parfaitement dessinées.
Un éloge à la nature avec nuances.
Généralement, ils vous abordent d'un air benoît et vous proposent une "petite" initiation à leur art(ifice). Ce sera simple, facile , agréable.
Et une fois votre attention attirée, paf ! ça creuse, ça creuse, ça s'étend, se répand, se développe et vous vous voilà piégé!
Vous auriez dû vous douter pourtant qu'avec un mot comme "initiation" ce ne serait pas de la tarte lorsqu'il s'agirait de mettre les points sur les i...
Elle court, Cloé. Elle
court et elle a peur. Il pleut des hallebardes. La pluie se mêle à
ses larmes et elles dégoulinent sur son visage. Boum boum. Le bruit
est assourdissant. Dans sa panique, elle pense que l'orage gronde.
Elle ne sait pas, ne se rend pas compte que c'est son cœur affolé
qui tambourine dans sa poitrine. Elle est partie, totalement paniquée
de la maison sans parapluie, sans imperméable. Elle est trempée
jusqu'aux os. Qu'importe. Elle crie : « Morgan, Morgan mon
amour où es-tu ? » et répète cette phrase à l'infini
faisant se retourner les gens sur son passage. Elle ne les voit pas.
Elle a glissé, failli
s'étaler sur le trottoir où s'amoncellent les premières feuilles
mortes et mouillées de l'automne. Elle a évité la chute grâce à
une main secourable qu'elle repousse sans ménagement laissant le
jeune homme qui l'a aidée, stupéfait devant une telle impolitesse.
Elle s'en veut à mort. Au lieu de récupérer son petit Morgan à la maternelle à 15 heures comme d'habitude à la sortie de son travail, elle s'est accordé un peu de temps pour elle. Elle avait envie de faire du lèche vitrine et éventuellement de s'octroyer un petit plaisir. Ils avaient convenu avec Julien, son compagnon que ce serait lui qui prendrait leur fils à 16 heures et prévenu l'école.
Il est 17 heures. Elle vient de regagner leur domicile, savourant son achat coup de cœur. Une folie mais tant pis. Elle n'a pas pu résister : ce joli top en dentelle ivoire griffé était fait pour elle.
Cloé remarque immédiatement l'absence de la voiture de Julien devant chez eux. Un pressentiment l'assaille. Où sont-ils à cette heure là ? Pourquoi n'a-t-elle pas eu de message ? Elle cherche son portable dans son sac, ne le trouve pas. Elle vide nerveusement son contenu sur la table de jardin. Pas de portable. Bon sang, elle a dû l'oublier sur son bureau. Ça lui arrive quand elle a la tête ailleurs comme aujourd'hui. Elle attrape ses clefs et rentre à toute vitesse dans la maison. Elle avise tout de suite la feuille de papier posée sur la console de l'entrée : « Où es tu ? Pourquoi tu ne réponds pas au téléphone ? Vite. Rejoins moi à l'école. Morgan a disparu »
Cloé arrive à l'école
et déboule en trombe dans le hall. Il n'y a personne. Elle appelle.
La directrice sort de son bureau. Cloé, rouge, confuse lui demande :
- Morgan ? Dites
moi où il est ? Vous ne l'avez pas surveillé, c'est
inadmissible. Il est où ?
- Madame, calmez vous.
Tout va bien. Morgan vient de partir avec son papa. Rentrez chez
vous. Vous êtes exténuée, je le comprends. Il vaut mieux que je
vous ramène.
Cloé accepte l'offre de la directrice. Cette dernière lui raconte ce qui s'est passé pendant leur court trajet. A 15 heures, après la récréation, sa maîtresse a constaté l'absence de l'enfant. Il était pourtant à sa place dans le rang pour regagner la classe. C'est à ce moment là sans doute qu'il s'est éclipsé. Immédiatement tout le monde s'est mis à sa recherche. La directrice affirme avoir téléphoné tout de suite à Cloé et comme elle ne répondait pas elle a appelé Julien. Ils ont vite retrouvé Morgan sagement assis devant le portail de l'école.
Cloé pleure de
soulagement cette fois. Elle ne pense même plus à demander des
comptes à la directrice. Quelqu'un a manqué de vigilance. Il faudra
bien obtenir quelques explications. Ce sera plus pour plus tard. Pour
le moment, elle serre son petit garçon contre elle et l'embrasse
encore et encore. Lui la regarde, un peu étonné et lui assène d'un
air boudeur :
- Maman, pourquoi t'es
pas venue comme d'habitude ? Je t'attendais moi.
La pluie dont la terre a besoin arrive enfin
L'eau que mes maraichers préférés attendaient
L'eau qui nous nourrit tombe partout, indifférente
Aux râleries des jamais satisfaits, qu'il pleuve
Ou qu'il chauffe; il tombe des hallebardes
Et j'ai envie de danser dessous comme lorsque
J'étais enfant; j'ai tant marché, pédalé sous la pluie
Rien ne sert de courir, il faut se vêtir en prévision
Ou prendre la rincée et choper la crève
Les bretons ne ferait-il pas tomber la pluie
Pour faire fuir les cons? Il tombe des hallebardes
Et me revient l'envie de visiter le musée
De la Renaissance à Ecouen, les visites historiques
De l'enfance encore ou les hallebardes de Rembrandt
De la maturité; retrouver les images dans ma tête
Du voyage à Amsterdam à défaut des photos prises.
Retourner en Italie sur les pas de Pontormo.
Il pleuvait des hallebardes à la Haye
Le jour où j'ai vu "Le chardonneret" grâce à toi
Il est là dans mon couloir et des hallebardes
De larmes après presque sept ans de ton absence.
Il est tombée des hallebardes de méchancetés
Crachées qui remettaient en question notre amour,
Ma vie avec toi et sans toi: des hallebardes
De larmes de plaisir d'aimer et de découvrir le monde.
Voyons un peu double : Jumeau(x) Oui, j'ai mis une photo de jumelles pour éviter des embrouilles avec les inclusivistes... ...