Un peu de bois sec et... c'est parti !
Mais non, pas l'incendie !
Xylographie
Je prononce mon pseudo "oualrus" (normal c'est "morse" en anglais).
Je prononce la raclée napoléonienne "ouaterlo" (normal, c'est flamand, comme mon patronyme : Wullaert).
Et donc, je dis "oualkyrie" pour le mot-sujet de la semaine.
C'est là que vous me faites remarquer qu'il est d'origine allemande (en fait, du vieux norrois) et qu'il faut dire "valkyrie" comme on dit "FolksVagen" pour les célèbres bagnoles germaniques VW.
À quoi je répondrai qu'alors il faudrait dire "valkurie" parce que dans la merveilleuse langue de Goethe, le y se prononce u ! (si, si, j'ai appris l'allemand... Deux fois !). D'ailleurs, en allemand on écrit walküre.
Mais laissons là ces considérations oiseuses...
Un jour, ça fait une paie, pour participer à un blog d'écriture, j'ai fait appel aux walkyries. Enfin à une des (si pas la) plus célèbre·s d'entre elles : Brunhilde, fille d' Odin, comme toutes les autres.
(N'essayez pas de trouver un lien entre le début de son nom et la couleur de sa chevelure "Brun" fait référence à l'armure souple qui protégeait ces vindicatives demoiselles et Hilde serait bêtement son prénom.)
Je vous montre la consigne :
Bien entendu, je n'ai pas respecté la consigne à la lettre (que voulez-vous, contrairement à aujourd'hui, je n'avais pas encore à l'époque 60 ans de mariage et je manquais donc d'expérience) et je me suis accroché à l'image centrale de la photo et voici le résultat :
Elle était revenue s'asseoir avec lui à cette table où tout avait commencé.
Il y a bien longtemps maintenant que les Ases lui avaient retiré son immortalité.
Pour l'amour de ce mortel, si merveilleusement beau.
Bien longtemps qu'Ils ne lui avaient laissé de son armure de Walkyrie qu'un fragment de plastron,
Cette coupe métallique qui couvrait la moitié gauche de son orgueilleuse poitrine.
Les Dieux l'avaient remplie d'un sable ténu, impalpable.
Ils l'avaient déposée sur cette cruche et le sable s'était mis à couler.
Grain à grain, avec une lenteur déconcertante.
Elle avait cru qu'elle n'en verrait jamais la fin.
Et pourtant, elle était là, toute proche, comme la sienne.
Alors, elle avança le bras et lui prit tendrement la main.
Les Dieux lui avaient dit que, jusqu'à la chute du dernier grain,
Ils vieilliraient ensemble.

Juste une armure
Je m’étire lorsque le jour décline.
C’est toujours ainsi.
La lumière baisse, et moi,
je redeviens presque une ombre de métal.
Une peau froide qui retient la chaleur du jour
comme un souvenir qui tarde à s’effacer.
Je sens les néons glisser sur mes plaques,
une tiédeur brève, aussitôt avalée.
J’entends les écrans bourdonner derrière moi,
leurs vibrations fines qui tremblent
jusque dans mes jointures.
Parfois, un ventilateur soupire.
Parfois, un clavier crépite
avec le bruit sec d’une pluie miniature.
Je reconnais ces sons :
ils me traversent sans jamais me toucher.
Je vois ce que la belle ne regarde plus.
Les épaules courbées.
La lumière bleue qui fatigue les yeux.
Les tasses oubliées où flotte
l’odeur amère des veilles trop longues.
La solitude moderne colle aux murs,
une buée silencieuse que je ne peux chasser.
Autrefois, je reflétais les flammes
des grandes salles nordiques.
Aujourd’hui, je reflète des fenêtres ouvertes
par dizaines, des mondes empilés
dans des machines lumineuses.
Le feu a changé de forme.
Je garde pourtant les mêmes cicatrices.
Sous mes gravures dort encore l’écho
des chevaux de guerre,
le choc des lances d’airain
le râle rauque de ceux
qui refusaient de plier.
Quand la ville ralentit
et que le soir étire ses ombres,
je les entends revenir,
comme un pas ancien dans ma mémoire.
Elle croit me porter.
Mais c’est moi qui retiens encore
quelque chose autour d’elle :
une braise,
une dignité de tempête.
Quand la lumière disparaît presque entièrement,
je deviens plus lourde et plus douce à la fois.
Comme si la nuit me rappelait mon rôle :
non pas protéger son corps,
mais empêcher le feu de la walkyrie 2.0 de s’éteindre.
…
Odin, maître des dieux,
Est vénéré par treize valkyries.
Toutes vierges qui conduisaient au mieux,
L’âme des guerriers tombée à l'ennemi,
Dans le palais d'Odin.
Ce sont ces femmes guerrières,
De la mythologie nordique.
Grâce à Wagner elle s'en devenue familière,
Avec leur épopée mystique.
La chevauchée des valkyries.
Est un extrait de son opéra la valkyrie
D'une intensité soutenue,
La Luftwaffe en avait fait son hymne,
L’air sera dans Apocalypse-Now
Quand les hélicoptères seront dans les nues,
Et l’on entend cette musique qui s’exprime.
L’image représente ce que fut l’affiche,
De cette œuvre qui fût novatrice.
La Walkyrie
Chevauche
Ma rêverie
Qui me ramène
De l'Allemagne
Vers Nerval :
Un jardin de Cocagne
Après la perte brutale
La Walkyrie
Sur « un air pour qui je donnerais »
Une poésie
Pour retrouver la paix
Fantaisie, poème de Gérard de Nerval
La chevauchée des Walkyries n'est rien à côté de cet assaut incessant qui enveloppe et plastifie Vichy. Des hordes de pluies s'abattent sur la rue, l'église en face.
/image%2F1070961%2F20260513%2Fob_01d9c7_eglise.jpg)
/image%2F1070961%2F20260513%2Fob_6f6872_rideau.jpg)
/image%2F1070961%2F20260513%2Fob_59ccc7_0-1-2.jpg)
J'ouvre le rideau, je le referme, il est joli, plus gai que la pluie avec ses têtes de mort qui sourient.
Oui, en bas la vie, le bruit, les moteurs, les cris, la nuit du samedi et des chevauchées inouïes.
Il fait jour, timidement, c'est dimanche et ces kyrielles de gouttes de pluie telles des obstinées walkyries, je les tiendrai à distance à coup de parapluie.
Hier si beau, si gai, si sec, aujourd'hui si gris mais les feuilles n'ont jamais autant verdi, les fleurs vont s'envoler ou s'épanouir, fatiguées ou naissantes.
/image%2F1070961%2F20260513%2Fob_8a5ee2_0-3-2-2.jpg)
Un dimanche à Vichy c'est bien et il y a une librairie en face...
C'est un valétudinaire,
Il n'est pas gâté par la vie.
Avec son air maladif,
Il ne peut guère plaire,
Son comportement est dissuasif.
Franchement, il ne fait pas envie.
Il est atteint de cacochyme
Avec ce côté délabré,
C'est cette raison qui l’anime,
À se laisser aller.
Est-il vraiment malade,
Ou inquiet pour sa santé ?
Dans ses problèmes, il se balade,
Parfois jusqu'à satiété.
Salut Coco !
Tiens ! Te v'là Hermès ? Juste à temps pour ma dose de sardines !Bonne mère, quelle mine ! D'où sors-tu ?
Ne m'en parle pas ! De nulle part. Mais j'ai fait de la ronron-thérapie toute la nuit.
Peuchère ! De la ronron quoi ?
Ah ça ! Bien sûr, tu ne connais pas, toi qui passes ta vie à marauder partout au lieu de t'instruire un peu.
Je suis pas un chat de riche, moi. J'ai pas ta culture, moi. Et...Tu veux savoir ? Je m'en fiche.
Toi, tu dois feinter pour venir ici tandis que je vais où je veux, quand je veux.
- Allez ! On ne va pas commencer à se chamailler. La preuve que je ne suis pas snob : je suis là avec toi. Pourtant, tu n'es guère appétissant avec ton pelage mité.
Oh ça va ! Pas eu le temps de faire une grande toilette. J'avais trop faim. Mais la ronron je ne sais quoi tu m'as pas expliqué !
Madame était stressée hier soir après une scène avec Monsieur. J'ai l'habitude. Ils n'arrêtent pas de se quereller. Et souvent pour la même chose. Monsieur demande avec un clin d'œil coquin : « nous dînons ce soir Bertille ? » Ce à quoi Madame répond invariablement : «Enfin Conrad vous savez bien que c'est impossible. Je suis valétudinaire. »
Elle est vétérinaire ta patronne ?
Peuh ! Laisse tomber. Elle est malade le soir pour son mari mais sûrement pas l'après midi pour le jardinier... Je m'en fiche un peu de leurs disputes, remarque. Mais ensuite, je dois soigner. Pour le fun.
Mazette ! Tu m'épates. Dis voir ! Tu la soignes comment ?
Ben, en faisant de la ronron-thérapie justement. Madame m'installe sur son ventre et je suis assigné à résidence toute la nuit.
Je suppose qu'elle compense avec des croquettes de premier choix et des friandises. J'ai jamais compris pourquoi, toi, si bien nourri, tu aimes à venir sur ce quai puant. Avec le nom que tu portes, ta place se trouve plutôt dans les salons parfumés.
Trop drôle ! Il me semble que toi aussi tu portes – mal, d'ailleurs - un nom d'effluve. Si elle te voyait Mademoiselle Coco ! Écoute, tu ne vas pas t'en plaindre je suppose si je viens par ici ? Je te donne mes sardines. Mais ce n'est pas seulement pour toi, mon cher ami que je passe de temps en temps au port.
C'est vrai, tu es sympa et comme tu ne manques pas d'adresse, je suis bien servi. Té vè ! Je me demande ce qu'ils fabriquent nos deux vieux sur leur rafiot. Ils ont tellement d'arthrose qu'ils n'arrivent plus à sortir la poiscaille des filets. Et moi, j'ai la dalle. Ils devraient prendre leur retraite, tiens !
Arrête ! S'ils ne te nourrissaient pas, toi et ta clique, je me demande comment vous subsisteriez. Les souris, ce n'est pas votre mets préféré parce qu'elles ne vous tombent pas dans la gueule toutes rôties. Il faut un peu les courser avant. Vous passez votre temps à dormir ou faire des galipettes et des petits ! Regarde un peu ! Tous les jours, il y a une portée de plus dans le coin.
Haha ! Tu es jaloux ? Tu ne risques pas d'avoir des aventures toi puisqu'il te manque l'essentiel. Vise un peu les mouflettes à droite. Va leur demander si je suis manchot.
Mais...Mais... ! Je vais te surprendre : je peux quand même. Tu veux que j'aille semer mes phéromones chez tes minettes ? On verra bien qui elles choisiront la prochaine fois. Si tu n'étais pas mon copain, nous aurions conclu depuis longtemps, figure toi. Si je viens ici...
Et bien voilà ! Pendant que tu lorgnes ce qui t'appartient pas, le Borgne a attrapé au vol la première sardine. Je ne vais pas la lui disputer : il est mauvais comme une teigne et il ne rêve que de m'arracher les yeux depuis que je lui ai taxé sa copine.
Quel courage ! Je crois effectivement qu'il vaut mieux l'éviter celui là. Sa nouvelle amie est bien à mon goût si tu vois ce que je veux dire. Et d'une ! Et de deux ! Le voilà ton petit déjeûner tout frais, râleur ! Profite bien. Moi, je vais me mettre au chaud. A demain.
"Vale !" : adieu, porte-toi bien (littéralement), la santé est importante.
Et aussi le célèbre "Ave" (bonjour, salut) synonyme de "salve" (sois en bonne santé) : essentiel.
Valétudinaire, donc ?
Même racine étymologique mais j'entends aussi "valet"... qui m'évoque aussi majordome, donc Angleterre et le film "Les Vestiges du jour".
Il s'étale sur plusieurs périodes et débute avec James Stevens (Anthony Hopkins) qui se remémore sa vie de majordome. Son père, William Stevens, "sous-majordome" (Peter Vaughan) vieux, malade, valétudinaire. Un rôle secondaire mais pourtant très important, joué par un grand acteur.
Pour encore un touche d'Angleterre et un brin de nostalgie, une chanson de Paul quand il avait seize ans et plus proche de nous et plus mélancolique, un poème chanté par le moins jeune Daniel...
Valétudinaire, donc !
(Peter Vaughan
/image%2F1070961%2F20260507%2Fob_1d5b0c_0.jpg)
/image%2F1070961%2F20260507%2Fob_d82aae_0-1.jpg)
dans un épisode d'"Amicalement vôtre", parmi ses nombreux rôles ; extrait du livre
/image%2F1070961%2F20260507%2Fob_506f6c_0-2.jpg)
)
Non seulement il nous colle valétudinaire, mais pour bien enfoncer le clou là où ça fait mal, il en profite pour ajouter cacochyme. C'est un sadique le mec !
Tout ça, juste pour "faire de son jan" comme on dit par ici (en brusseleir donc)...
Pourquoi pas "grabataire" tant qu'il y est ?
Moi, je me contente de "souffreteux", c'est plus dans mes cordes.
Mais si on creuse un peu, on en trouve quelques autres de mots autour de cette situation, à croire qu'elle préoccupe pas mal de monde.
Si la chose vous passionne, je vous invite à creuser de votre côté.
Je vais quand même vous en donner un étrange lié à Voltaire que je ne connaissais même pas (le mot, pas François-Marie Arouet) : Égrotant !
Ce qui ne laisse pas de m'inquiéter : j'ai atteint l'âge auquel Voltaire est décédé !
Je m'en vais de ce pas me mettre au lit, faut rester prudent...
- Mon chou, tout me ramène à Bruxelles...
- Surtout moi ?
- Oui et la soirée "Underground" !
Mais après avoir vu le programme
et pas trop emballés par celui-ci, on a préféré aller boire un verre
dans un endroit aux lumières tamisées, enfoncés dans des fauteuils en
velours, Lou Reed en fond sonore, on a parlé art moderne, "underground" et puis cuisine en rentrant.
- Owi Owi, tu la connais ?
- Ah oui ! Fouette-moi !
- Elle habite à Bruxelles, je crois.
- Oui. J'ai son livre.
- "Chaud froid" ?
/image%2F1070961%2F20260430%2Fob_35ff61_0-2.jpg)
- Non, "À foutre au four"...
- Ah ! Ah !
- Tiens, regarde. Quelle recette tu veux ?
- Ben, j'hésite... Rien à la banane ?
- Non...
- Ah ! Mais il y a une playlist !
- Oui, pour chaque recette.
/image%2F1070961%2F20260430%2Fob_948b6c_0-2-3.jpg)
- J'hésite entre "Poulet Balzaza" et "Poulet Sirocco"...
- Alors, je note pour demain, j'achèterai du poulet, du miel d'acacia, etc. Il est tard, mon frigo est vide, je suis crevée...
- Et dans ton placard ?
/image%2F1070961%2F20260430%2Fob_e356b7_0-1-2.jpg)
- Rien ! Même pas une boîte de soupe ! J'ai quelques bananes que je peux faire flamber au rhum.
- Magnifique !
Ils ne veulent pas de cette culture
De masse, préférant un autre mode de diffusion,
La ligne officielle ils la caricaturent,
Parfois jusqu’à la marginalisation.
L'artiste s'exprime en toute liberté,
Cassant les codes à la mode,
À sa manière il cherche à interpréter.
Aux normes, il s'inféode.
Il s'exprime dans des lieux alternatifs,
Désaffectés, caves ou autre endroit secret,
Ils ne sont pas faits pour les cabarets.
Agissant avec des communicants très actifs.
Du jazz naitra le mouvements Punk et Techno
L’underground music a su évoluer,
C’est une culture alternative
Parfois agressive et subversive.
De multiformes groupes ont pu s’exprimer,
Avec leur propre tempo.
Loin du tumulte, narguant les des bruits de bottes
Bat le cœur sourd de l’Underground qui parle l’authentique
Petits refrains malicieux que radio-Londres émet
L’onde rebelle diffuse aux quatre coins de la France
Dans l’obscurité fertile des caves à charbon
Les mots bouillonnent dans l’ombre
Et la France prend le relais
L’oreille collée la radio le Grand-Père écoute
Il fait taire les enfants, l’instant est trop précieux
Pour que leurs facéties altèrent les paroles
Et les petits refrains s’allument comme braises
Crépitent en mille étincelles d’attente
Où chacun attend la phrase qui fera « tilt »
Qui relancera le désir de combattre
« le cerisier sera en fleur au muguet »
« le sapin reste toujours vert »
« la cigale chantera au matin »
Petites phrases naïvement codées
Qui font sourire par leur ingéniosité
Qui réveillent les âmes, les extraient du chaos
Leur insufflent l’envie de résister
De ne pas baisser les bras, jamais !
Jusqu’à la diffusion ultime
« les carottes sont cuites »
Qui Enfin, annoncera la VICTOIRE