samedi 21 mars 2026

Défi #916

   

Cette semaine, il va falloir gratter ! 

 

Palimpseste

 


 

 

 

Ont acheté le sujet

  

 


 

Walrus ; Vegas sur sarthe ; Ecridelle ; Marie Sylvie ;

Cavalier ; Kate ; Nana Fafo ; elfeesens ; 

Joe Krapov ; Lecrilibriste ; François ; Yvanne ;

 

 

 

Mémés en folie. (Yvanne)

  

- Tu viens Huguette ? On va aller en ville faire les soldes. Je t 'emmène.

- Bien vu Paulette ! Ça nous sortira de cette usine à fabriquer la mort qui sent la tambouille et le pipi.

- On en parle à Denise pour qu'elle se joigne à nous ?

- Ah non. S'il te plaît. Elle pousse des cris d'orfraie dès que je fais 100 mètres avec la voiture. Elle me déstabilise. Jeudi dernier elle m'a demandé de la conduire à la banque. Elle a tellement hurlé que je suis montée sur le trottoir. Heureusement il n'y avait personne. J'ai pas envie de me faire chouraver mon permis tu comprends. Ils attendent que ça ces pourris : sucrer le permis aux vieux. Déjà qu'on est des pompes à fric ! Tu te rends compte du prix du mouroir ?

- Bon bon. T'énerve pas Paulette. Tu vas t'acheter une babiole, ça te remontera le moral.

- Tu as raison. J'ai vu une doudoune dorée qui me plaît vachement. Mais je ne la prends que si elle est à moins cinquante...

Les deux amies, toutes guillerettes, se dirigent vers la zone commerciale de la cité. Huguette freine brusquement et se gare à la va comme je te pousse devant un grand magasin affichant l'enseigne prometteuse «  Chez Cloclo, tout est beau . » La devanture laisse Huguette perplexe : pas trop son style ces fringues mais bon. Du reste elle n'a pas l'intention d'acheter. Paulette a déjà passé la porte et fait des ronds de jambe à Cloclo, un vieux beau qui lui fait des courbettes aussi.

Paulette fonce au rayon manteau et décroche, ravie, SA doudoune. Sans perdre de temps, elle l'essaie.

- Paulette, tu es sûre que c'est ta taille ?

- Mais bien sûr. Pourquoi ?

- Elle serre au niveau de la poitrine et des hanches. Et puis elle est seulement soldée à moins trente...

- Mais non, j'y suis à l'aise. 'Toute façon il ne reste que celle là. Je l'achète.

- Très bien. Tu as terminé alors ? On va prendre un café ?

- Attends une minute...

L'ami Cloclo, qui semble bien connaître Paulette se précipite avec une jupe plutôt...rock' n' roll d'un rouge...qui pique les yeux.

Éblouie, en plein shot de dopamine, Huguette s'engouffre dans une cabine et appelle sa copine.

- Elle me va trop bien tu trouves pas ? C'est tout à fait mon style.

Huguette, dubitative, est chargée de porter les achats pendant que Paulette se rue sur le rayon chaussures.

- Je n'ai plus rien qui avec tout ça. Je regarde juste...

Cloclo se démène et vante des bottines violettes ou ces escarpins avec une grosse boucle sur le dessus en assurant qu'ils sont du dernier cri. Il propose chaque paire à moins cinquante pour cent.

Nouveau shot de dopamine chez Paulette !

- Super ! Les deux pour le prix d'une ! C'est bon, je les prends.

Huguette pousse un soupir de soulagement quand Paulette s'approche de la caisse. Elle a terminé ses achats compulsifs songe l'amie qui trouve tout cela d'un goût plutôt douteux. Terminé ? Que nenni ! Au passage Paulette est tombée en pâmoison devant une étole bleu canard.

- Mais ça ne va pas du tout avec ce que tu viens d'acheter tente Huguette.

- Je sais avec quoi la porter et elle me plaît tellement...

Huguette paie et elles sortent de la boutique.

- Quand même ça me fait cher avoue t-elle mais c'est plus fort que moi. Quand j'aime je ne compte pas. C'est bien là le problème. En plus, je n'ai plus de place dans ma chambre. Je vais stocker chez Edouard.

Edouard est un brave homme tout content d'avoir les faveurs de Paulette. Il ferme les yeux devant l'amoncellement de vêtements que son amoureuse entasse chez lui. Ça ne le gêne pas : il n'a pas grand chose alors...

- Dis donc Paulette tu sais comment un ami à moi, Belge de son état, appelle ta …comment dire...  ton addiction : l’oniomanie.

Paulette, un peu vexée :

- Qu'est ce que tu me chantes là ? Vous aimez les grands mots ton copain et toi. Je m'en fous : je me fais plaisir...avant de décaniller définitivement. Tu les mets où tes sous toi ? Et comment tu boostes ta dopamine au fait ? Tu veux que j'en parle à Edouard ?


Question (Walrus)

   

Mais où va-t-il les chercher ces mots à cinquante centimes ? 

Je ne l'ai trouvé ni dans le CNRTL, ni dans le Robert en ligne, lequel croit que votre orthographe est pourrie et vous propose de vous définir l'opiomanie !  ou vous offre la réponse suivante :

Eh oui, faut l'acheter la réponse de Robert!


 

Ce qui nous plonge en plein dans le sujet :

L'oniomanie, c'est en quelque sorte la fièvre acheteuse !

Évitez de confondre avec la fièvre aphteuse qui ne touche que les ongulés et que certaines personnes de mon enfance dénommaient, improprement, le croup, lequel s'en prend essentiellement aux jeunes enfants.

 

Si après ça vous vous exclamez à l'instar de Cyrano (une sorte d'association de Cynar et Cinzano) : "C'est un peu court, jeune-homme !", je peux vous écrire une rallonge moyennant une légère contribution financière de votre part...


 

 

 

 

ONIOMANIE (François)

   

 


 

 

Madame n'est pas bien,

Elle a sa crise d'angoisse.

Pour se calmer, elle connaît le soin,

C'est faire un achat pour calmer sa poisse.

 

Affectée par la fièvre acheteuse,

Elle court au magasin.

C'est une compulsive acheteuse,

En achetant sans besoin.

 

Cela lui crée une excitation,

Un soulagement par la suite,

L'objet lui crée satisfaction,

L’achat met son angoisse en fuite.

 

Ces crises d'oniomanie,

Se répètent à chaque émotion,

C’est là une obsédante manie,

Qui cherche à calmer ses contradictions.

 

 

Ça peut toujours servir ! (Lecrilibriste)

   

 

 

J’ai jonglé comme tant d’autres
Avec des fins de mois difficiles
des factures lourdes à payer
des vacances à anticiper
des coups durs à éponger
j’ai appris l’économie bon gré mal gré
Et Si Je n’ai pas la fièvre acheteuse
quand la saison des soldes arrive
Oh là là, je le deviens .. Un peu …
Oniomane
Avec ma fille, de bon matin
Nous partons aux Grands Magasins
Faire la chasse aux merveilles
Et Je trifouille, je gratouille, je farfouille
Dans les corbeilles en osier
de soldes de nouveau soldées
Où tout est empilé, brassé, « tirampillé »
Et je trouve là, sous la pile bien caché
Le trésor que tout le monde va m’envier ! 

Car j’ai l’esprit des soldes
C’est comme ça qu’on peut le nommer !
Loin d’être chercheuse d’or
Ce qui vaut de l’or, je sais le trouver !
Surtout dans ce qui touche aux tissus
aux habits parfois, ou toute autre babiole
mais pas aux outils, ni à la loterie 

Et, si me dis-je en aparté
Cela ? Tu n’en as pas besoin ???
Encore des coupons ? Ton placard en est plein !
Je tourne les talons, je repars, je reviens …
Enfin quoi !… ça peut toujours servir !
C’est trop  beau, c’est trop bien ! 
Et j’emballe !

 

 

Harpagon est plutôt vert ! (Joe Krapov)

 

La Façon
Dont les gens
Dépen-
Sent leur pognon,
C’est pas mes oignons !

Toutes leurs courses
A l’échalote,
Leur vider de bourse
Et de cagnotte
Pour acheter de la gnognotte,
Ça m’indiffère !

Grand bien leur fasse aux fesses
S’ils gagnent des radis
Et passent leur samedi
A les claquer
En échange de paquets !

Tant mieux si ça les botte
De jouer « Hercule poireaute »
Pour le nouveau smartphone
Ou bien pour voir en vrai la petite Charlotte
Chanteuse quasi aphone !

Mais si nos livrets A
Servent à fabriquer des centrales nucléaires
Dont on enfouira
Les déchets sous la terre
Je crois que je vais arrêter
De faire des économies
Et tout dépenser moi aussi !

Vive l’oniomanie !
Vive l’autonomie !
Vive l’automne omis !
Vive le printemps là !
Vivent l’amour et la fête,
Le beurre dans les épinards
Et l’oseille... dans nos assiettes !




Participation d'elfeesens

    

 

il était une fois, un trouble du contrôle des impulsions.

Derrière chaque achat impulsif se trouve un coeur qui ne cherche qu 'à combler un vide qu'aucun objet ne pourra combler. Heureuse couleur, joie temporaire. 

 

 

Salade de petits légumes et ses petits beignets (Nana Fafo)

 



Salade de petits légumes et ses petits beignets.


morse au crochet à la ferme de nana fafo

Qu'est-ce qui lui prend à Walrus ?
Une nouvelle coutume étrange...
Il accroche tous les samedis matin 
un oignon sur la porte de l'estaminet !

Aurait-il peur de ce nouveau Chiroptère (on ne sait toujours pas qui c'est) 
de la ferme Dakoté qui menace de brûler la chandelle par les deux bouts 
des deniers publics en voulant racheter la ferme de Nana et d'Yvanne ? 
Il pensait que sa proposition était aux petits oignons... 
Il ne connaît pas Nana, celui-là, 
dans la course aux échalotes, 
elle est prête à sortir la fourche et la fourchette !

Walrus, a-t'il pris des vessies pour des lanternes 
en regardant le cumul de cumulus gris de cette fin d'hiver 
annonçant que les vampires à porte-monnaie sont de sortie ?
Avez-vous vu les tracteurs en rang d'oignon à la pompe, 
revisiter la fête nationale aux couleurs des petits légumes ? 
Il paraîtrait que les carottes sont cuites 
qu'à force de nous raconter des salades 
et de se prendre le chou, 
on va tous manger les pissenlits par la racine 
car ce sera la fin des haricots... 
On n'aura plus un radis... 

Si Walrus croit que Ronchonchon
va se mettre la rate au court bouillon pour éclairer sa lanterne, 
il se frotte le doigt dans l'œil. 
Il peut toujours attendre le génie, 
même Eugénie ou la Néphélomancie ne peuvent plus rien y faire.

Ronchonchon, lui, il a décidé de s'occuper de ses oignons.

Et si Walrus fait preuve de prodigalité avec les oignons 
en les servant à toutes les sauces à l'estaminet, 
suite à sa nouvelle recette de beignet 
pour laquelle il a combattu sur les rings de la ville d'Oinions 
lors des championnats des fermes d'humour pince-sans-rire, 
il n'en demeure pas moins un morse superstitieux.

Kate s'inquiète... Serait-il pris d'oignon-manie ?
Doit-il lui aussi aller voir le psy Doc Martin ?

chouette au crochet et morse au crochet à la ferme de nana fafo



J'aime les fringues (Kate)

  

J'aime les fringues
J'aime les nippes
J'aime c'est dingue
Toutes sortes de slips
 

J'aime les habits
J'aime les godasses
J'aime les bodys
Mais pas des masses

J'aime les  bretelles
J'aime les jambières
J'aime les jarretelles
J'aime les guêpières

J'aime les tricots
J'aime les tee-shirts
Les maillots d'peau
Va pour un flirt
 

J'aime les jeans bruts
J'aime les garçons
Mais pas les brutes
Même en caleçon
 

J'aime les frusques
Plutôt tendance
Sans gestes brusques
On les balance
 

J'aime le shopping
Intelligent
Dans mon dressing
C'est plus marrant !

Si vous êtes comme moi
Indiquez-le moi...
 

 

(J'aime Jacques Dutronc,
j'aime Jacques Lanzmann)

(photos extraites de "ELLE" du 8 janvier 2026,

)

 

 

Un caillou, au cas ou (Cavalier)

  

Adam entra au potager –
pas de fruits, pas de tentations
avec l’air innocent
de celui qui cherche une pomme.

Mais au fond des jardins d’Eden,
quelqu’un avait posé
trois pierres plates,
deux branches droites
et un silex très prometteur.

Adam soupesa le silex.
– On ne sait jamais, dit‑il.
Puis il prit la branche.
Puis la pierre.
Puis une autre pierre.
Au cas où.

Quand il revint,
les bras pleins,
comme un enfant
dans la boîte à outils de l’univers,
Ève le regarda longuement.

– Adam…
combien de marteaux faut‑il
pour construire le monde ?

Adam réfléchit,
puis leva le dernier silex.
– Celui‑ci est différent.

Petit commentaire

Ce sont toujours les femmes
qu’on dit compulsives.
Mais… sit venia verbo

Avant les marchés,
avant les cartes bancaires,
avant les présentoirs bricolage de LIDL
et les mises de côté Amazon,
l’oniomanie rôdait déjà :
une petite bête tapie,
la conviction tranquille
que cet outil‑là est unique,
même s’il ressemble étrangement
aux neuf autres
qu’on a déjà au garage.

Et l’humanité progresse ainsi :
un homme ramasse un outil inutile,
et quelques millénaires plus tard
quelqu’un invente la cathédrale.

Ou une étagère bancale.

 

ANTI-ONIOMANIE : MODE D'EMPLOI DEPUIS MON LIT (Marie Sylvie)

  


 



On parle d’oniomanie
Mais moi je suis l’exact contraire :  
Un écureuil prudent
Qui compte ses noisettes 
Avant même de les croquer.

Alitée je n’use ni chaussures  
Ni vêtements de sortie ...
Mes pyjamas durent plus longtemps  
que certaines modes.

Et puis pour dépenser 
Il faudrait se lever
Sortir
Courir les boutiques…  
Moi je fais des réserves immobiles :  
Un peu de chaleur
Un peu de lumière
Et beaucoup de patience.

Ma petite pension file d’abord 
Vers le loyer
L’eau
L’électricité
Comme des rivières qui savent exactement où aller.  
Ce qu’il reste je le garde  
Comme un trésor discret
Pour les jours où le cœur a besoin d’une douceur.

Finalement l’oniomanie
C’est pour ceux qui marchent.  
Moi je pratique la frugalité poétique :  
Je vis avec peu
Mais je le vis pleinement.


            À chacun sa folie : 
     La mienne est de ne rien acheter ...
            Et de très bien m’en porter.


 

J'achète !!! (Ecridelle)

  



Il est un danseur professionnel s'il vous plait, qui pratique l'art de
 l' Oniomanie avec autant de sérieux qu'un pape !

A beaucoup de personnes défilant , chantant,  dansant, devant lui
 il dit "" j'achète ""

C'est compulsif chez lui ! Faut qu'il achète !! C'est son dada !

Faut dire qu'il peut se le permettre puisque de son état patronyme il est Généreux !

Il adore acheter !! Les "j'achète" fleurissent en toutes pompes sur la piste de danse.

Généreux en notes et en compliments, le juré ne sait pas qu'en fait il pratique l' Oniomanie !!

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas je parle du danseur et juré de Danse avec les stars, Monsieur Jean Marc Généreux !

 

Ma femme du monde (Vegas sur sarthe)

  


Le vendredi avait toujours été pour moi le jour du poisson mais depuis que je suis en ménage avec Germaine c'est le jour du lèche-vitrine, pour elle... pas pour moi.
Moi je gère le découvert du compte courant car elle ne se contente pas de lécher les vitrines, ça serait trop simple.

"J'arrive tout droit de la rue de Rivoli" me lance t-elle – échevelée, le bibi de travers et les bras chargés de cartons à chapeaux – "quelle expédition !"
"une expédition sur Rivoli" dis-je "alors ça n'a pas changé... Napoléon Bonaparte en parlait déjà en 1797. Donc tu as dû y croiser des autrichiens"
Germaine abandonne ses cartons : "Des autrichiens ? Tu parles, j'ai vu des asiatiques et aussi quelques femmes du monde comme moi"
Je jette un coup d'oeil aux nombreux cartons d'une femme du monde : "Et il y en a combien cette fois-ci ?"
"Je n'ai pas compté mon cher, vous savez bien que j'y vais au feelingue, au coup de coeur et puis j'ai mes chouchous... vous avez entendu parler de Caroll "
Je m'interroge : "Carole Dugenou, la concierge ?"
Germaine voit rouge : "Mais non ! Caroll, la boutique Caroll ! Imagines-tu un instant notre concierge avec un chapeau ?"
Elle vient de passer au tutoiement, signe évident d'agacement.
Oui, j'imagine très bien la concierge avec un bibi. Depuis quand les boutiques de mode seraient-elles interdites aux concierges ?
Germaine reprend : "Aujourd'hui j'ai également sacrifié à Zadig et Voltaire"

Dans sa bouche le mot sacrifier me fait toujours peur, ce sont des mots comme ça que j'associe à faillite, banqueroute, échafaud...
Je m'interroge encore : "Zadig de Voltaire ? Tu t'intéresses aux philosophes des Lumières maintenant ?"
En parfaite femme du monde Germaine s'affale gracieusement sur une chaise : "Qu'est-ce que tu m'embrouilles avec tes phallosophes des lumières ? J'ai assez de soucis à m'habiller décemment sans perdre mon temps dans les boutiques de luminaires"
Elle fronce les sourcils réfléchit un peu et ajoute : "Au fait, pourquoi des lumières ? N'aurais-tu pas cassé mon lustre à pampilles ou un halogène avec tes expériences à la noix ?"

D'habitude Germaine emploie des termes plus crus pour mes expériences à la noix, mais je ne relève pas et je ne les rapporterai pas ici (n'insistez pas), Germaine n'a jamais rien compris à mon art du bricolage.
Son dernier bibi est impressionnant, j'ose une question sur sa plume : "Ça vient d'un faisan ?"
Germaine a son regard noir : "Un faisan ? Je ne fréquente pas les escrocs, Môssieur. c'est un achat tout à fait légitime, accompagné d'un certificat d'authenticité "
Je me racle la gorge : "Je parlais de l'animal à qui on a arraché cette plume" et je montre du doigt la penne authentifiée du malheureux volatile.
Ça lui ferait une belle cuisse au faisan 'il savait qu'il a été plumé avec un certificat d'authenticité à l'appui.

Inutile de relancer la polémique sur sa folle lubie pour les plumes; son dressing ressemble aujourd'hui à une volière et je m'attends à tout instant à y entendre caqueter quelque casoar ou autruche réfractaire à la mode.
Passons au sujet épineux : "Et il y en a pour combien de tout ça ?"
Germaine, évasive : "Heu, une grosse demi-heure"
"Une grosse demi-heure, quoi ?"
"Une demi-heure pour tout ranger"
Je déclare forfait, il est temps que j'aille prendre l'air avant de me replonger dans les comptes : "Ce n'était pas ma question"




 

samedi 14 mars 2026

Défi #915

   

Un truc répandu de nos jours
(mais absent du CNRTL)

 

Oniomanie


 




  

 

Nous ont-ils prédit un avenir radieux ?

  


   

Cavalier ; Walrus ; Ecridelle ; Vegas sur sarthe ;

Nana Fafo ; Marie Sylvie ; Monsieur X ; Kate ;

Joe Krapov ; Yvanne ; Lecrilibriste ; François ;

 

 

 

Néphélomancie (Lecrilibriste)

  

 

Connaître mon avenir en observant les nuages
J’ai voulu apprendre
J’ai suivi la trace de ce nuage étrange
Qui ressemblait à une guitare
Et dans l’instant s’effilochait
J’ai eu le temps d’entendre
La musique des sphères vibrer
Sur des accords de jazz
que plaquait le vent sidéral
Mais je n’arrivais pas à les retenir
J’ai voulu fouiller ce vide au-dessus de ma tête
Jusqu’à l’autre rive de l’espace infini,
Pour rencontrer une vie
Une vie ou peut-être une chanson
 qui me fredonnerait mon avenir
Mais je n’ai trouvé que le ciel et le vent
La nuit qui précède le jour
Et les grains d’or des étoiles
Étincelants dans le ciel
Mais elles avaient fermé leur porte
Et je n’ai pas pu y entrer
Et je suis redescendue
Ma guitare de nuage à la main
Sans connaître mon lendemain

 

 

LÀ OÙ LES NUAGES ME RECONNAISSENT (Marie Sylvie)


 



Il y a des soirs 
où la solitude devient si dense  
qu’elle semble s’installer à côté de moi
silencieuse
immobile
presque palpable.  
Dans ces moments-là
je sens mon cœur battre  
comme s’il cherchait une issue dans l’obscurité.  
Alors je lève les yeux.

Je ne le savais pas encore
mais ce geste simple portait un nom ancien :  
la Néphélomancie.
L’art de lire dans les nuages ce que l’âme n’ose pas dire.  
Je ne cherchais pas à prédire l’avenir.
Je cherchais seulement un signe  
que je n’étais pas entièrement perdue.

La fenêtre s’ouvre sur un ciel lourd
Un ciel qui ressemble à une mer renversée.  
Les nuages avancent lentement
Chargés d’histoires que je ne connaîtrai jamais.  
Je reste immobile
Les mains posées sur le rebord
Et j’attends que quelque chose se passe
Ne serait-ce qu’un frémissement.

Au début il n’y a rien.  
Juste le gris 
La fatigue du jour
Et cette impression d’être minuscule dans un monde trop vaste.  
Mais peu à peu les formes se précisent.  
Un premier nuage se détache
Une courbe
Une ombre
Un relief.  
On dirait un visage.  
Pas un visage connu
Un visage venu d’ailleurs
Comme si le ciel lui-même avait décidé de se pencher vers moi.

Je le regarde longtemps.  
Il ne parle pas
Ne sourit pas
Mais il est là.  
Et cette simple présence suffit à fissurer ma solitude.  
Je me dis alors :  
《 Peut-être que je ne suis pas aussi seule que je le crois. 》 

Un second visage apparaît
Plus flou
Plus mouvant.  
Il semble se former et se défaire à la fois
Telle une pensée que je n’arrive pas à retenir.  
Il a quelque chose de tendre
Une douceur qui n’appartient ni au passé ni au futur.  
J’y lis un encouragement silencieux
Un souffle qui murmure :  
《 Tiens bon. 
La nuit n’est jamais totale. 》

Puis vient un troisième nuage
Plus massif
Plus sombre.  
Il ressemble à une silhouette qui avance
Bras ouverts
Comme si elle voulait accueillir ma fatigue.  
Je sens une chaleur étrange dans ma poitrine
Une chaleur qui ne vient ni du corps ni de l’air
Mais d’un endroit plus profond
Là où se cachent les forces que j’oublie d’avoir.

La pluie commence à tomber
D’abord en gouttes timides
Puis en un rideau fin qui brouille les contours du ciel.  
Les visages se dissolvent
Mais leur présence demeure
Telle une empreinte légère sur la peau de mon âme.

Je ferme la fenêtre
Mais quelque chose a changé.  
La solitude n’a pas disparu
Non ...
Elle s’est simplement adoucie
Comme si les nuages avaient pris une part du poids  
Pour que je puisse respirer un peu mieux.

Et dans le silence revenu
Je comprends enfin ce qu’est la Néphélomancie :  
Non pas un art de prédire
Mais un art de recevoir.  
Recevoir ce que le ciel offre
Recevoir ce que mon cœur murmure
Recevoir la preuve fragile que même dans les moments les plus sombres
Il existe des présences 
Réelles ou imaginées
Qui veillent 
Un instant avec moi.



 

NEPHELOMANIE (François)

 


 

 

 

Le regard perdu dans les nuages,

Je scrute et j'imagine,

Y trouver quelques belles images,

Plus ou moins anodine.

 

Elle porte pour moi des messages,

Lorsque leur contour s'affine,

Ce ne sont point des mirages,

Mais des vérités qui, dans mon esprit, s'illuminent.

 

À quoi bon mettre en cage,

Ce savoir que j'examine.

On ne se moque pas quand on le dévisage.

 

Heureusement, je sais en faire bon usage,

Surtout si je lis les contours des visages,

De séduisantes beautés féminines.

 

 

 

Éternels voyageurs. (Yvanne)

 


Nuées volages et vagabondes
Emportées par le vent d'autan
Présages éthérés d'avenir
Hypnotiques apparences
Étranges voiles mouvants
Légers passagers de l'air
Oracles du temps passé
Mystérieux et furtifs nuages
Alchimistes de la poésie
Nourrie de tous nos rêves
Chers à l'âme de Baudelaire
Infiniment libres et secrets
Emmenez nous vers la sérénité.

 

 

Néphélomancie (Joe Krapov)

 




Que voulez-vous que je devine
Par l'examen de la nuée ?
Que, sans intervention divine,
La planète est exténuée ?





Dans ces grands paquets de coton
Observer le vol des oiseaux ?
Parfois ils quittent nos coteaux
Pour chercher meilleure saison.

Cela est-il de bon augure
Pour l'ample geste du semeur,
L'intempérie qu'on préfigure
Et l'agriculture qui meurt ?




Je ne suis pas Maïakovsky
Lequel vêtit, tailleur oblong,
Au temps des cadavres exquis
Un nuage d'un pantalon !



Je ne ressemble pas vraiment,
N'ayant le crâne rasibus
Ni le cheveu interrogeant
Au brave professeur Nimbus.




Laissez-moi vivre en poésie
Devant la peinture mystère !
Tant pis si c’est de l’hérésie,
Si l’avenir est délétère !

Dans cette ivresse où il macère
Au fond qu’est-ce que cela fait
Que je ne lise pas les viscères,
Encore moins le marc de café ?

Est-ce vraiment fondamental
De voir qu’on ne sait où on va ?
Tourne la boule de cristal,
Peut-être qu’il y neigera !




Nul nuage n’est anodin,
Toute parole est anxiogène
Tout est clair comme du Boudin,
C’est toi qui hallucines, Eugène !

Trouver beau, l’air de rien,
Le merveilleux des nuages
C’est un peu comme entendre
Le froufrou des étoiles
A l’auberge de la Grande ourse !

Sans besoin de rien (en)fumer !
 

Ont gratté leur parchemin

      Walrus ;