(Did they hunt the walrus ?)
`
Blanc, jaune, rouge ébène
La nature nous a ainsi fait,
Mais alors, pourquoi tant de haine ?
Qu'est-ce que les autres nous ont fait ?
Tout cela pour une couleur de peau,
Une différence non acceptée.
Au repoussoir, nous pouvons être accros,
Adieu toute forme de neutralité.
Je ne prendrai ici qu'un seul exemple.
L'apartheid fût désorganisé
Alors qu'il était déjà fragilisé,
À la suite d'une opération,
Il y eut une répercussion ample,
Qui a bouleversé cette nation.
Quand le cœur d'une femme noire,
Fut greffée sur une blanche,
Il y eut des prises de conscience.
Depuis, il est des certitudes qui flanchent !
Symbolique devenait cet échange,
L’opération eut des conséquences étranges.
Si tous les gars du monde
Pouvaient un jour s'unir,
Le racisme disparaîtrait à la ronde.
La grandeur de l'humain pourrait s'épanouir.
Cher Martin,
futur ex-conjoint,
Te joindre est difficile
te rejoindre futile
t'enjoindre inutile
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Tu trouveras ci-joint
les coordonnées
de mon avocat
(ton ami Nicolas,
il a déménagé)
pour qu'on s'entende avant juin
sur la façon la plus rapide pour nous disjoindre
entraînant des conséquences moindres
sur le fait que tu es mon adjoint
et que la conjoncture actuelle
ne me permet pas de te garder
puisque tu as choisi de vivre avec elle,
Laurence
partie à la concurrence
et de sauter à pieds joints
sur notre couple, notre famille
dès ta première rencontre avec cette fille
que j'avais embauchée
pour nous épauler...
Elle t'a enjoint
dis-tu
de la rejoindre
sans que tu
jettes sur l'impact de ton départ
le moindre regard
ni que tu
te donnes la peine de feindre...
Tu trouveras aussi ci-joint
ta lettre de démission
sans conditions
que tu as juste besoin
de signer
et de me retourner
dès demain,
Martin
Alex,
ton ex
Tes mots semblaient à ma portée,
Les miens se pensaient pertinents,
Mais... chaque tournure adoptée
Nous laissait sur nos continents
À la dérive, en fin de compte ;
La distance est un mastodonte.
Sais-tu que depuis Uranus,
D'où mon cœur te fait des grands signes,
Je ne vois pas vraiment Vénus ?
Est-ce bien moi que tu désignes
À chaque message envoyé ?
Est-ce un spam qui m'a foudroyé ?
J'ai du mal avec la friture
Qui fume à l'heure du repas,
La mauvaise littérature,
Les gens qui n'articulent pas,
Ceux qui ont la syntaxe en peine,
Ceux qui parlent la bouche pleine...
Que dire alors des connexions
Qui ne trouvent jamais la route ?
Dix plantages sur dix jonctions,
Et des espoirs en banqueroute,
Ça fait beaucoup de liens ratés...
Cessons les frais illimités !
Vous voulez vous joindre à la fête ?
Ce samedi matin, n'en pouvant plus de le garder à vue,
les poulets ont foutu Ronchonchon dehors.
Ils n'arrivaient plus à joindre Les Debout,
les juges qui ont débouté Ronchonchon de son appel.
Fier comme un forban,
Ronchonchon rentre à la ferme de Nana Fafo triomphant.
En chemin, il s'arrête au Jonction-Market,
la seule supérette des fermes alentour pour s'acheter de la gnole du coin,
c'est Monsieur Canard qui la fabrique et elle décape !
Arrivé à la Taverne pour fêter sa victoire,
Ronchonchon constate que toute la ménagerie s'agite à préparer une fiesta...
Il se demande, serait-ce pour moi ?
Comment ont-ils su que je sortais ?
Alors, il se cache et observe tout ce petit monde afféré aux préparatifs.
Walrus concocte des breuvages onctueux.
Monette et Simone accrochent des guirlandes de coeurs.
Bruno sort des plans sur la comète pour orchestrer les préparatifs.
Et Kate a apporté des jeux pour animer le tout.
Voilà une fête qui va faire un tollé pour un mec qui sort de tôle c'est pas banal !
Kate et Walrus se retrouvent au comptoir pour observer un grand livre.
Sur la couverture on peut lire " Les origines de la Saint-Valentin".
Alors, Ronchonchon comprend que ce n'est pas pour lui tout ce remue méninge,
et sans ménager la ménagerie, il explose en criant haut et fort,
que lui, il n'aime pas Valentin
et se lance dans une tirade inter-minable sur son mépris...
"Non mais, j'y crois pas !
Tout ce foin pour fêter un 14 qui défraie la chro-nique.
Ben oui, la finalité tout le monde la connaît...
Vous voulez me faire croire
que personne n'essaie de s'emboîter pour joindre l'utile à l'agréable ? hein ?
Et vous là, les zamoureux, vous mettez en scène votre zamour
pour faire passer la pillule... le lendemain,
de la douloureuse ardoise de la veille ? Espèce de naïfs !
Comme si un ange boudiné pouvait se faire passer
pour un archet du destin de la pulsion !
C'est un poète pouette pouette arrosant de ses flèches parfumées au Mouette et Chantons
les chatouilleux du chamalow à la guimauve pour endormir les poulettes.
Vous le voyez pas ça ?
Mais le pire...
C'est que vous, les Miss Poulette, vous feignez d'y croire
pour quand même finir par passer à la casserole !
Il suffit de quelques gouttes d'huile d'onction pour que ça glisse tout seul...
Sans même avoir besoin de vous faire le coup de la panne !
Quelle mascarade !
Mais bon... que peut bien comprendre une bête
à bouffer du foin comme moi à tout cela ?"
Puis, Ronchonchon détale comme un lapin, laissant son auditoire pantois.
Ne serait-il pas jaloux qu'un gars dodu ait une fête rien qu'à lui ?
Pour un Belge de mon (grand) âge, "Jonction" évoque immédiatement la Jonction Nord-Midi et ses travaux pharaoniques.
Mais bon, si vous n'êtes pas Belge et sénile, cela ne vous dira pas grand chose...
Parlons donc d'autre chose !
Vous rappelez- vous de mon intervention précédente où je vous parlais de Yoga, la voie (de chemin de fer) du silence ?
Eh bien, étymologiquement, yoga et jonction sont liés par la racine sanskrite yuj qui signifie unir. Et d'où descend d'ailleurs le joug des attelages anciens. Comme les choses sont étranges parfois...
Je vais éviter de gloser sur les dérivés de jonction (vous savez con-jonction, dis-jonction, ad-jonction, sub-jonction, in-jonction...) ça me fera gagner de la place au prix où sont les mégabytes...
Sur la Valley Drive écrasée de chaleur, un gros véhicule cahote dans un épais nuage de poussière avant de tourner au panneau Junction 910 sur la route 163 puis hésite et s'arrête.
Sorti de nulle part, un vieil homme au visage buriné s'approche.
« Vous cavalez où comme ça ? »
«Euh … à Monument Valley»
«Ugh ! Ça c'est un scoop ! Figurez vous que tous ceux qui prennent la 163 vont à Monument Valley mais vous comptez aller où précisément avec ce chariot ? »
« Euh … c'est pas un chariot c'est un Chrysler Grand Caravan de 260 chevaux et on vient voir les pitons rocheux. Et vous, vous sortez d'où ? »
« Ugh ! Je sors de chez moi comme tous les indiens navajos. Vous pouvez m'appeler Marlborrow »
«Comme les clopes ?»
« Clop ? Whatelse ? Je m'appelle Marl Borrow mais la tribu m'appelle Marl parce que borrow ça fait trop emprunté … Ah Ah »
« Pourquoi Ah Ah ? »
« Borrow … emprunté … faut parler notre langue pour comprendre la vanne»
« O.K. Marl emprunté. Si vous êtes du coin vous nous conseillez quels pitons ? »
« Ugh ! »
« Euh... moi c'est pas Hugues c'est Marcel »
« Ugh ! Pour faire simple allez visiter 'Le grand chef indien' où fut tourné Easy rider puis 'L'oeil qui pleure' où fut tourné Forrest Gump et 'Les trois sœurs' où fut tourné Lucky Luke et ... »
« Pardon mais 'Les trois sœurs' c'est pas plutôt Tchekhov ? »
«Tchekhov ? J'connais pas tous les réalisateurs »
« Laissez tomber ! De toute manière on ne pourra pas tout visiter avec vos foutus chemins caillouteux »
« Comment ça nos chemins sont caillouteux ? La Chevauchée fantastique de John Ford est passée là en 39 sans aucun problème et y z'avaient pas 260 chevaux sous les fesses, par contre avec un bas-de-caisse comme le vôtre vous irez pas loin »
«John Ford ou Chrysler, on va pas se battre pour une marque et puis vous ne connaissez pas Marcel ! Au boulot les copains m'appellent PassePartout »
« Ugh Passe-Partout ! Alors contentez vous d'aller voir le Totem Pole »
« Ça vaut l'coup d'oeil le Totem Pole ? »
« Ugh ! En tout cas ça plaisait à Clint Eastwood ! Il l'a escaladé lui-même en 75 en tournant 'La sanction' »
« Je vois … c'est fou ce qu'on a pu tourner ici »
« Ugh ! D'ailleurs y en a qui tournent encore … on compte plus les visages pâles qui se sont perdus, alors on fait payer au départ ; c'est 80 dollars pour vot' charrette et 4 personnes »
« 80 dollars ? Vous ne perdez pas le Nord, vous les navajos »
« Ugh ! Pour les réclamations adressez-vous au gouvernement et pour le Totem Pole, vous ne pouvez pas le rater, nous les navajos on l'appelle Le doigt d'honneur, le Flip Off, c'est notre message pour les visages pâles »
« Merci bien Marl. Trop aimable »
Marcel se déleste de 80 dollars et réveille les 260 chevaux de sa charrette en maugréant : « Qu'est-ce qu'y a bien pu se passer pour qu'on en arrive là ? Quel est l'abruti qui a déterré la hache de guerre ? C'est surement pas un blanc »
Le vieil homme au visage buriné fait un signe vers la charrette : « Ugh ! Surtout ne ratez pas la boutique de cadeaux de Goulding avant de repartir au diable»
Le vieillard reprend sa route en maugréant : »Quel est le sauvage qui a déterré cette fichue hache de guerre ? C'est surement pas un navajo »
Note de l'auteur (éternel pessimiste maugréant) : Il en faudra des lunes et des lunes avant que la véritable jonction ne voie le jour.
Préparez-vous à accueillir,
Ce jour avec l'aurore qui se lève,
Que votre méditation soit un rêve,
Qui va vous permettre de vous recueillir.
Vos jambes sont en tailleur,
Le buste droit, sans raideur,
Vos deux mains sont jointes,
Face aux nouveaux jours qui pointent,
Du haut de votre colline,
Regardez l'azur qui s'illumine.
Respirez doucement,
Respirez lentement,
Laissez aller votre corps,
Détendez-vous d'abord,
Vivez votre relaxation.
Ouvrez la porte de la méditation.
Respirez doucement,
Respirez lentement,
Quittez ce monde réel,
Pour quelques instants.
Pensez à un arc en ciel,
Voyagez dans ses couleurs,
Palpez joie et bonheur.
Respirez doucement,
Respirez lentement,
Soyez émerveillés.
Les idées positives sont vos alliés,
Par elle, laissez-vous envahir,
La joie en vous vient de jaillir.
Respirez doucement,
Respirez lentement,
Tout doucement, ouvrez les yeux,
Votre voyage merveilleux,
Se termine, vous êtes heureux,
Regardez combien l'aurore,
Est belle avec ses teintes ocres et d'or.
J'ai
beau remonter dans mes plus lointains souvenirs, je ne me souviens
pas avoir ressenti le besoin ou l'envie de savoir ce qu'il y a à
l'intérieur de moi.
Je
ne suis même pas sûr que le verbe s'introspecter existe …
Pour
le douillet que je suis, ma première crainte c'est que ça fasse mal
et qu'il n' y ait aucun remède remboursé pour soigner une blessure
d'introspection.
Je
ne m'imagine ^pas débarquer aux urgences en prétextant une
introspection qui aurait mal tourné et provoqué une hémorragie
interne !
Et
d'abord pourquoi chercher des réponses à des questions qu'on n'a
pas envie de se poser ?
L'introspection
demande de faire un effort sur soi et c'est déjà au dessus de mes
forces.
Une fois j'ai rassemblé mes forces pour pousser la
porte du cabinet d'une introspecteuse professionnelle qui tenait
absolument à se faire une idée de l'empreinte de ma carte
bancaire ; alors j'ai refermé la porte au moment où elle me
déclamait un truc du genre « Connais-toi toi même » ,
ce à quoi j'ai crié derrière la porte : « Toi même
d'abord ! »
Puis je me suis beaucoup documenté - jusqu'à la migraine - et après deux aspirines j'ai fait le bilan de la caisse à outils qu'on me proposait :
La lettre à soi-même ? Manquerait plus que je me fende d'un timbre à trois euros pour m'écrire des trucs que je connais déjà puisque j'en suis l'auteur !
La respiration profonde ? Pourquoi pas si ça peut soigner mon apnée du sommeil chronique.
L'autocritique ? Je n'ai rien à reprocher à ma bagnole, par contre j'aurais beaucoup à dire sur celles de mes voisins !
La boussole intérieure ? Si j'en possède une, elle pointe forcément vers le sud, là où tous les seniors rêvent de bronzer un peu mais pas trop, sous un soleil chaud mais pas trop, les orteils dans le sable mais pas trop.
Voilà, j'avais fait le tour de cette caisse à outils.
Je suis un grain de blé issu de l'épi matriciel. Séparé de mes frères au moment des battages, j'ai vécu depuis août jusqu'en novembre dans le grenier de la ferme parmi des milliers de grains de blé. Un jour d'automne propice aux semailles, les hommes nous ont rassemblés dans des sacs de jute et une main habile, d'un geste solennel, m'a jeté sur le champ fraîchement labouré. J'ai cru mourir. Il faisait noir. J'avais froid. J'étais seul et j'avais peur. Je tremblais. Je craignais le bec affamé d'un oiseau de passage ou le museau fureteur et vorace d'un campagnol. Et puis, j'ai fini par m 'habituer à ce cocon somme toute accueillant et protecteur . J'étais bien. La terre m'avait accepté en m'ensevelissant en son sein. Dans l'obscurité de cette nuit profonde et silencieuse, je me suis endormi. Jusqu'à aujourd'hui.
Pourquoi ce réveil ? Je ne sais pas ce qu'il se passe. Je suis perplexe et angoissé, enfoncé dans le monticule de terre qui m'enveloppe. Je me sens tout engourdi. J'émerge de ma torpeur pour constater ma métamorphose. Ô Dieu que suis-je devenu ? Il ne reste rien de ma belle robe dorée. Mon ventre a éclaté et bourgeonne. Je suis très inquiet.
Alors, une petite voix au fond de moi s'est élevée. « Ne crains rien. Ta transformation est une résurrection. Tout doucement, tu as pris racine dans le sillon qui t'as hébergé. Là, tu as germé et tu vis. Regarde cette toute petite pousse qui saille de toi. Vois comme elle est verte, comme elle s'élève et cherche la lumière. Tu seras d'abord une herbe folle caressée par le vent printanier quand la terre s'écartera légèrement pour lui livrer passage. Un peu pâle puis de plus en plus vigoureuse et brillante. D'autres tiges se grefferont à la première. Elles deviendront un champ qui ressemblera à une mer blonde aimée du soleil et de la pluie. Elle s'agitera mollement sous l'effet des éléments, de plus en plus resplendissante et épanouie. Des hampes naîtront les épis. Ils grossiront sous les effets bienfaisants des éléments. Quand les blés seront mûrs, ils deviendront paille et grains. Et ce sera l'éternel recommencement. Il est essentiel, il faut que tu le comprennes. Sache que tu contiens l'Histoire en même temps que le souffle de la vie. Ensuite, soit tu reviendras à la terre pour un autre cycle biologique, soit tu seras farine. Et même ainsi songe que tu nourriras les hommes qui mangeront le pain fait de ta matière.»
Quelle belle leçon d'humilité et d'espoir m'a apportée cette petite voix ! Elle est ma mémoire ancestrale, celle que chaque parcelle de vie porte en elle. Elle m'oblige à m'interroger et à me remettre en question et c'est salutaire. Je suis minuscule et pourtant tellement important. J'en prends conscience et l'envie de grandir me submerge et une certaine impatience m'anime soudain. Alors, l'étreinte qui m'étouffait desserre ses griffes et je me laisse aller. J'accepte ma boursouflure puisque tel est mon destin. Elle me gonfle même de joie et de fierté d'avoir été choisi pour perpétuer la spirale du vivant. Se laisser porter et la Nature fera le reste j'en suis pleinement convaincu. Je ne suis rien et Elle est tout.
Assise en tailleur au creux de ma chambre, je laisse ma respiration s’apaiser, devenir plus ample, profonde. La fraîcheur du bâton de santal qui brûle sur l’autel vient chatouiller mes narines et m’entraîne loin du chaos. Très vite, mes pensées s’invitent.
Qu’est-ce que je vais bien pouvoir manger ce soir ? Diantre ! J’ai oublié de mettre ma chef en copie à mon dernier mail. Bientôt week-end avec les copines, trop hâââte ! C’est l’anniversaire de ma mère ce week-end et encore une fois je n’ai toujours pas de cadeau ! Flûte, je vais être obligée d’aller faire les boutiques samedi !
Comme mon application de méditation n’a pas cessé de répéter, je les regarde, les salue de la main, range les plus importantes dans mon classeur interne pour y revenir après, et les laisse partir comme elles étaient venues. Bon, maintenant, j’y vais. Je me focalise de nouveau sur ma respiration et m’ancre aux battements de mon cœur. Je vais enfin pouvoir me rencontrer et discuter avec mon moi intérieur de mes aspirations. Faire mon introspection, quoi !
Une respiration, deux respirations, trois respirations….
Rrrrrrr….Rrrrrrr…Rrrr…Aieuh !!
Ne me voyant plus depuis au moins deux minutes, Gribouillis, mon adorable chat pot de colle vient de me rejoindre. Les ronrons apaisent l’esprit, parait-il. Les ronrons, oui, le patounage plein de griffes, non. Agacé par mon cri de douleur, mon matou me gratifie d’un coup de patte avant de se rouler en boule sur mon lit, histoire de m’avoir toujours à l’œil (et chasser les mauvais esprits, les chats ont la capacité de distinguer et de chasser les esprits maléfiques, tout le monde, enfin tous les amateurs de félin le savent).
Sous la protection de ma boule d’amour, je me reconcentre, non sans avoir vérifié que mon téléphone portable est bien sous silencieux et hors de la pièce. Je me connecte à mon corps, écoute mon cœur et mes poumons m’insuffler la vie. Les bruits du dehors passent en arrière-plan, je rends grâce pour être au chaud et en sécurité dans ma chambre, aimée et protégée. Ma respiration s’approfondit et bientôt, plus rien n’existe que moi, mon souffle et l’univers. L’enfant que j’étais et mon moi du futur m’accueillent et me sourient. Nous nous regardons, sans parler. Mon passé me félicite pour mes succès, les montagnes que j’ai franchies, les obstacles que j’ai surmontés, les victoires que j’ai obtenues. Mon avenir me montre l’infinité de mes possibles, je n’ai qu’à choisir et avancer, jour après jour. J’accueille le présent, cet instant parfait où la peur et les doutes n’ont plus leur place.
Je suis bien, je respire, je vis.
Chair de poules !
Ce matin, réveil en fanfare !
Gyrophares et sirènes donnent le ton dans toute la campagne.
La ferme de Nana Fafo voit débarquer une intromission de voitures bleues
de l'inspection de la famille Poulaga
pour une introspection dans les moindres recoins du poulailler.
Nana, tablier noué, déboule de sa cuisine, en mode cocotte minute extravertie.
Prête à voler dans les plumes de ces intrus
venus troubler la paix de sa petite ferme en laine.
Explications des poulets :
Il paraîtrait qu'Yvanne et Mauricette
ont papoté dans la Taverne de leur Ferme Dac au Thé
d'une nouvelle maladie chez les cocottes : la Tagrose.
Elle aurait commencé au poulailler de la ferme de Nana.
Cette rumeur s'est répandue comme une traînée de poudre.
Le bougre à oreilles, Norbert Laureille, toujours à l'affût,
a immédiatement informé les bleus du coin...
Et patatras,
une intrigue policière s'est mise en branle,
ça ne court pas les rues, à la campagne !
Les poulets exigent alors l'introspection du poulailler.
Ils recherchent une preuve.
Quelque chose qui rendrait la chair rose.
Rien que d'y penser, ça fout la chair de poule !
La fouille est minutieuse.
Mais le délit reste introuvable.
Les poulets s'apprêtent à repartir
quand un bruit de tracteur sort de la grange.
Roule ma poule, c'est Ronchonchon
qui file à l'anglaise sur son tracteur préféré.
Dès qu'on lui parle de poulet,
il passe en mode "poule mouillée".
Intrigués les poulets chevronnés observent la scène.
Le tracteur s'éloigne... et laisse derrière lui une traînée suspecte.
Un liquide visqueux.
Rose.
Jetant un pti coup d'oeil dans son rétroviseur, Ronchonchon comprend.
Cette fois, le “pas vu pas pris” ne suffira pas.
Les poulets repartent en fanfare pour coffrer Ronchonchon.
Il va avoir le temps d'amorcer une introspection approfondie sur ses erreurs du passé.