Marie Sylvie ; Walrus ; Kate ; Yvanne ; Joe Krapov ;
Dans un de ses albums du début des années nonante (sic) l'Adrienne a une photo où on la voit assise sur le tapis du salon de ses parents, en train de jouer aux petites autos avec Monsieur Filleul, âgé de trois ans.
On les voit tous les deux absorbés dans le jeu, l'air sérieux comme il se doit, parce que ça suppose toute une stratégie de rangement.
Il est important aussi que lors de son déplacement, on appelle chaque véhicule par son nom exact et croyez-le, entre la femme de trente ans et le gamin de trois ans, c'est le gamin qui l'emporte ;-)
Alors quand en novembre dernier, l'Adrienne était assise sur un tapis et jouait à ce même jeu avec le fils de Monsieur Filleul, c'était comme un film qu'on repassait: les règles étaient identiques et le vocabulaire exact toujours aussi important :-)
Le gamin n'a que trois ans, lui non plus, mais ne vous risquez pas à dire pelleteuse: c'est un tractopelle :-)
Que voulez-vous, c'est un petit Français ;-)
Qu'est ce que vous dites Marguerite ?
C'est chez Madame Vieillefosse...
Quoi, chez Madame Vieillefosse ? Ne me dites pas qu'elle fait encore des siennes ?
Ben, ça sent la beuh chez Madame Vieillefosse.
Comment ? Ça sent quoi ?
La beuh. L'herbe si vous préférez. Chez Madame Vieillefosse mais aussi au 15, au 21, 22 et au 6 chez Monsieur Fortich.
Monsieur Vertich.
Oui Monsieur Vertich.
Habituez-vous à donner aux chambres des noms d'oiseaux...Enfin ce que les pensionnaires ont choisi, Marguerite. Une odeur d'herbe ? Pourquoi une odeur d'herbe ?
Mais Madame... Je veux dire de la drogue quoi !
De la DROGUE ? Ici ? Chez moi ? Vous vous moquez de moi Marguerite ?
Mais non pas du tout Madame Jolibois. D'ailleurs je ne suis pas seule à l'avoir remarqué...
Dieu du ciel ! Voilà que ce trublion recommence. Ah, c'était trop beau pour durer à vrai dire.
Mais ce n'est pas tout...
Quoi encore ?
Eh bien, ce matin, Monsieur Fortich dormait dans le lit de Madame Vieillefosse.
Alors ça, je ne veux pas le savoir. Si les parties de jambes en l'air lui apportent du réconfort, peu m'importe du moment qu'ils restent discrets. Mais pour la fumette je ne peux pas laisser passer. Allez me chercher Madame Vieillefosse, Marguerite s'il vous plait.
Madame Vieillefosse fait face à Madame Jolibois dans le bureau de cette dernière. Comme de coutume, elle est tellement sûre d'elle qu'elle s'est installée sans même qu'on l'en prie ce qui agace la directrice. Cette dernière entre directement dans le vif du sujet :
Avez vous lu le règlement intérieur Madame Vieillefosse ?
Pourquoi me demandez vous cela ? Bien sûr que je l'ai parcouru.
Alors vous savez qu'il est interdit de fumer dans l'établissement ?
Mais je ne fume pas Madame !
Jouons carte sur table Madame. Vous fumez de l'herbe. Et vous en distribuez autour de vous il semblerait.
Vous m'injuriez Madame Jolibois. Ça ne va pas se passer comme ça. Mon beau-fils le sous-préfet...
Suffit ! Voulez-vous que je convoque vos enfants ?
Oh mais si voulez. Je suis clean Madame.
Comment expliquez vous l'odeur qui émane de votre chambre ? Une odeur de cannabis.
Ah ! J'y suis. C'est un traitement thérapeutique prescrit par mon médecin. Un anti-douleur pour calmer mon arthrose. Je peux vous montrer l'ordonnance...
Ce ne sera pas utile. Veuillez dans ce cas fumer sur votre balcon et surtout ne pas fournir ce produit aux autres pensionnaires. Soyez certaine que j'y veillerai Madame Vieillefosse. Bonne journée.
Madame Jolibois soupire. Encore une fois cette semeuse de désordre s'est justifiée sans qu'elle puisse y trouver à redire. Elle songe qu'elle a gagné le gros lot avec cette pensionnaire. Re voilà la secrétaire qui entre.
- Pardon Madame. Il y a là un ouvrier qui demande à parler à Madame Vieillefosse.
- Qu'est ce que vous dîtes Marguerite ? Un ouvrier ? Pour Madame Vieillefosse ?
- Oui. Même qu'il a sali tout le hall avec ses chaussures boueuses. Il affirme qu'on lui a demandé de creuser un trou dans le parc.
- Mais je rêve ! Un trou dans le parc ? Pour faire quoi ?
- Ah ça je ne sais pas Madame. Mais regardez à la fenêtre : il y a un camion avec sur sa remorque une grosse pelleteuse orange garé juste devant le grand portail.
Pelle !
C'est une nom qu'on dirait fabriqué pour elle
Quand elle bosse et qu'elle montre ses muscles, tel
Un robot qui déplie ses bras pour s'élever
Alors je sens la terre s'ouvrir sous mes souliers
J'ai posé mes yeux sur sa cabine orangée
À quoi me sert de résister à cette dame ?
Quel
Est celui qui lui lancera un regard sévère ?
Celui-là ne comprend pas à quoi elle s'affaire
Ô ma chère mère
Ô laisse-moi juste une fois
Poser ma main sur la rondeur de Kubota...
/image%2F1070961%2F20250116%2Fob_c45d9a_0-1.jpg)
(En 1998, j'ai adoré "Belle" chantée par Garou, Daniel Lavoie et Patrick Fiori, sur une musique de Richard Cocciante, et cette référence au chapitre VI, livre 8 de "Notre Dame de Paris" de Victor Hugo, 1831
/image%2F1070961%2F20250116%2Fob_e51a82_0-3.jpg)
, extrait de :
/image%2F1070961%2F20250116%2Fob_71cf61_0-2.jpg)
)
Ne vous méprenez pas : je ne parle pas d'évolution, je ne vais pas vous raconter comment on est passé de la machine au travail manuel, comme Guy Béart qui vous explique la transition entre la bombe atomique et la hache en pierre...
Non, je me demande simplement si chez vous aussi l'environnement est peuplé de pelleteuses, parce qu'ici... !
Il suffit de tourner le coin de la rue et paf...
Ici, c'est le modèle moyen. Et il y en a partout, quand ils ont fini avec la fibre optique, ils remettent ça avec le gaz, les égouts, l'électricité ou l'eau, souvent au même endroit mais sans coordination question d'être là à répétition.
Mes préférées, ce sont les miniatures avec monté sur le bras mobile au choix un marteau-piqueur ou un godet excavateur et greffée au cul une lame genre bulldozer.
Généralement elles sont si étriquées que le casque du pilote frotte sur le toit de la cabine et leur vitesse de progression est proportionnelle à leur taille : la dernière que j'ai suivie pendant une bonne centaine de mètres en mordant dans mon volant devait bien atteindre les deux kilomètres à l'heure en vitesse de pointe.
Tu t'étonneras après ça qu'au grand dam de mon épouse, je démarre largement avant l'heure quand je dois aller quelque part ! Un truc à vous filer un TOC...
Envoyé par Lecrilibriste pour répondre à vos interrogations