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samedi 8 février 2025

Se sont arcboutés sur leur trombone

 

 


 

Walrus ; Marie Sylvie ; Lecrilibriste ; Kate ; Yvanne ;

Joe Krapov ; Adrienne ;

F comme Fanfare (Adrienne)

   

Parfois les profs sont tellement prévisibles.

Nous le savions, qu'il allait nous demander de lui expliquer la différence entre une harmonie et une fanfare!

Alors on lui a fait plaisir - ou pas, va savoir! il nous est arrivé de le trouver un peu sadique - bref, que ce soit un plaisir pour lui ou pas, nous avions toutes la bonne réponse à cette question-là.

Ce qu'il n'a pas manqué de trouver louche.


Au taliban d'infâmie (Joe Krapov)

 


Effaré, le bedeau Rémi !
Dieu, si facile à adorer,
Voilà qu’en de certains pays
Ses zélateurs se servent de lui
Pour interdire à tour de bras
La pratique de la musique !


Jouer de la sacqueboute en train,
Jouer du trombone en coulisse,
Jouer du tambour en machine à laver,
Jouer de la harpe dans les ajoncs, dans les lagons,
Jouer du piano dans les cuisines,
Jouer de l’harmonica du Nicaragua,
Jouer du violon dans les prisons,
Jouer du cor au pied des montagnes,
Jouer du balafon la caisse,
Jouer de la balalaïka dans l’espace,
Jouer du bandonéon en état d’érection,
Jouer des chansons de route sur un banjoliveur,
Jouer de la basse même doucement,
Jouer du bâton de pluie les jours de grand soleil,
Jouer de la bombarde et du biniou en position de bagarde-à-vous 
– mais ça c’est plus compréhensible -
Jouer « Mirza » de Nino Ferrer sur un bouzouki « l’est passé ce clebs ? »,
Jouer « Hey bulldog » des Beatles sur une clarinette de basset,
Jouer du bugle à Bègles et du triangle à Wingles (Nord),
Jouer du chalumeau sans même être plombier,
Jouer du clavecin t’esprit et la kora pro nobis,
Jouer de la contrebassine de linge sale en famille,
Jouer du cromorne à Waterloo – la coupe est plaine ! -,
Jouer sur une contrefaçon de contrebasson,
Chanter « Nénesse d’Epinal » de Bourvil en s’accompagnant à l’épinette des Vosges,
Chanter « Les Haricots » de Bourvil accompagné par un joueur de flageolet,
Souffler comme un crétin dans un vieil hélicon ou une trompette bouchée,
Jouer du luth gréco-romain, de la viole de nuit pour vieillard ingambe, de la lyre entre les lignes,
Jouer du mirliton à l’envers,
Jouer de l’ocarina sans Anna,
Tout cela est INTERDIT ! PROHIBÉ ! DÉFENDU !

Chez les adorateurs de ce Dieu mélophobe
Le discours c’est :
« Rendons aphones les saxophones,
Les sarrussophones,
Les métallophones,
Les xylophones,
Et les après-midi d’un faune !

Plus de mellotrons, plus de trompettes et de trombones !
Finis, les altos, les guitares
Et les accordéons trop dia(blement)-toniques !
Pas de tympanon dans nos tympans !
Pas d’Eddy Louiss pour nos ouïes !
L’orgue, c’est la barbarie !
Halte aux mélodica-cariens et aux marimbas-ldiens !
Plus rien dans vos musettes !
Fin du pipeau et du power to the people !
Jouez des flûtes dans les hauts bois, musiciens !

- En même temps, dit le bedeau
En tirant sur son pétard,
Moi non plus je n’aime pas le rap
Mais je n’interdis rien :
Grand bien leur fasse aux fesses
Aux éructeurs de ma banlieue
Tant que je peux faire sonner
Mes vieilles cloches tubulaires
Dans mon domicile adoré
Qui est si facile à cirer !


(Si vous êtes pressé·e, les cloches tubulaires sont à 7')





Toujours la même chanson. (Yvanne)

  


Pendant qu'on joue de la sacqueboute
Au château pour plaire au seigneur
Le gueux sur sa terre s'arcqueboute
En vain ne connaîssant que le malheur.

C'est toujours la même rangaine.
C'est toujours la même déveine.

Pendant que le patron lui joue du violon
Ne pensant qu'à son compte en banque
L'ouvrier à l'usine trime pour un trognon
Et court inlassablement après le manque.

C'est toujours la même rangaine.
C'est toujours la même déveine.

Pendant que sur son yatch le milliardaire
Dispose d'un orchestre et déguste du caviar
Le moins que rien, lui, traîne sa misère
Et avant l'heure devient un pauvre vieillard.

C'est toujours la même rangaine.
C'est toujours la même déveine.

Pendant qu'à l'assemblée le politique
Passe son temps à jouer du pipeau
Le petit peuple connaissant la musique
Sait très bien ce qu'il y a dans le tuyau.

C'est toujours la même rangaine.
C'est toujours la même déveine.

Même avec plusieurs cordes à son arc
On doit sans répit être mené à la baguette
Et toute sa vie plier devant un monarque
Bien sûr cela sans tambour ni trompette.




Hélène a fini par dire sa peine (Kate)

 

Vrai, j'ai ratiociné
et elle ne me l'a pas pardonné
Hélène... Ma belle Hélène
m'a envoyé voir une Martienne !
C'est décidé,
je ne la fréquente plus
mais comme j'ai raté
l'atelier d'écriture
la semaine dernière,
ça ne lui a pas plu...
Elle m'a fait un texto
pour me dire la déconfiture
du groupe quand Hervé
n'était pas là pour leur taper
sur les nerfs
(oui, c'est moi, ce grand gars costaud,
un peu tête en l'air
mais le rythme dans la peau).
Je lui ai répondu
que j'avais mon concours de trombone
à préparer,
(même si ce n'est pas tout à fait vrai)
et en retour j'ai lu :

"Celle-là, elle est bien bonne !"...

Enfin, pour abréger
j'ai conclu
par : "C'est entendu
je viendrai".
Et l'animateur Martial
(oui, son nom est pas mal,
vient-il de la planète Mars ?
Né au mois de mars ?)
nous avait préparé non pas
quelques lignes ou vers ou une citation
mais juste un mot
-mais quel mot !-
sur lequel on devait écrire ou pas
un souvenir, une émotion
sans trop regarder nos portables
ni les dictionnaires dans nos cartables...
"Sacqueboute" !
Le genre de mot qui déroute,
eh bien, du sur mesure pour moi
qui suis musicien
et historien
des instruments
,
ma foi !
J'ai demandé un café
et fait mine de chercher
l'inspiration
et vite trouvé la solution.
J'ai regardé les autres tiquer,
sécher, plancher,
se creuser la tête,
sortir fumer une cigarette...
Et puis Marty
(diminutif de Martial)
c'est plus joli
quoiqu' un peu spécial
nous a dit :
- Allez, on arrête.
- On n'a pas fini !
Et j'ai vu Hélène faire la tête,
elle n'avait presque rien écrit,
je l'aurais prédit.
- Allez, on lit.
- Hervé, tu as fini ?
- Bien sûr, oui !
- Très bien,
tu liras à la fin.
- Hélène, tu commences ?
Grand silence...
et elle se lance :
"Il y a toutes sortes de buses
si je ne m'abuse.
Certaines sont de fiers rapaces
qui dans le ciel passent,
d'autres s'enfoncent dans le sol
de la terre molle...
D'autres sont doubles
et mon attention redouble :
munies d'un sac
métallique
qu'on remplit d'air
et de la musique
claque
et emplit l'atmosphère :
c'est donc une sacquebuse.
C'est simple, documenté
d'ailleurs Hervé en use,
il paraît,
et ce n'est pas une triple buse !"
Je suis resté assis
et j'ai souri,
certains ont ri
et même applaudi.
Marty a réfléchi :
- Hélène, c'est "sacqueboute", le mot...
- Oui, j'ai compris
mais j'avais déjà tout écrit
quand j'ai eu un doute
et quel malheur
quand j'ai vu l'heure...
c'était la déroute !
- Bravo pour le "Il y a"
qu'on avait vu déjà
au chapitre dix d'"Aurélien".

- Oui, j'aime bien...
- Tiens, à tous, un conseil
de lecture :
"L'atelier d'écriture"
de Natalie David-Weill
.
Qui continue ?
Lulu ?...
D'une oreille distraite
Le corps ici mais pas la tête
J'ai repensé à Hélène :
un vrai phénomène !

 

Où je l'ai trouvé ? (Walrus)

   

Très bonne question, je vous remercie de me l'avoir posée !

Aux temps lointains de notre jeunesse active, mon épouse et moi-même visitions au moins une fois par mois les rayons de la FNAC à Bruxelles. À l'époque, le plan de circulation "Good Move" (une appellation on ne peut plus inappropriée) n'existait pas, ceci explique cela.
Nous en rentrions avec des piles de livres et de CDs, le cœur et le compte en banque légers.
Les livres, je les ai tous lus en entier jusqu'à ce que je tombe, très tardivement hélas, sur celui de Pennac détaillant les 10 droits du lecteur.
Les CDs, je n'oserais pas jurer qu'il n'y en a pas l'un ou l'autre que je n'ai jamais écouté (les yeux plus grands que l'oreille, phénomène bien connu).

Donc, un beau jour, j'ai découvert un CD dont le titre commençait par "Sacqueboutes et" mais je ne me souviens plus de la suite, c'était peut-être bien "Cornets à bouquin".
Je me suis donc plongé pour vous dans ma collection de CDs, mais comme je n'ai pas, contrairement à mon neveu Joe, le virus du classement, j'ai dû feuilleter les huit albums d'une centaine de pièces où ils sont stockés (le neuvième, je ne l'ai pas ouvert parce qu'il ne contient que du jazz et que d'autre part, il m'a été emprunté par mon beau-fils et, qu'au vu de la durée du prêt, je crains qu'il l'ait adopté définitivement), espérant découvrir la chose entre un Buxtehude et un Cecilia Bartoli ou, même, un Amalia Rodrigues.

Bien essayé ! Comme disaient mes collaborateurs quand j'essayais de tricher en jouant au whist, occupation indispensable d'un personnel de laboratoire digne de ce nom. La seule chose que j'ai trouvée, c'est ceci :


On y voit effectivement une sacqueboute. Il n'est pas difficile de comprendre de quoi il retourne puisque les composants du mot sont encore en usage en français actuel comme "Vous êtes sacqué !" et "Boutons les Anglais hors de France!" (aujourd'hui y a pas que les Anglais que les Français supporters de Donald voudraient bouter dehors, mais je m'égare...). Dans beaucoup de patois (dont celui de mes origines) ces deux mots sont encore en usage avec leur signification initiale.

Il s'agit donc de tirer et de pousser ce qui est le propre du seul trombone à coulisse, un des instruments ayant le moins évolué au fil des siècles.

Z'avez tout compris ? Allez, un petit coup de Kid Ory :


Ça, ça saque et ça boute, hein !

Et vous aurez constaté (ou ouï) que contrairement aux instruments à pistons qui ne produisent que des sons distincts, la sacqueboute permet grâce à sa coulisse d'obtenir une variation continue de la fréquence sonore.


C’est carnaval (Lecrilibriste)

 

 

Jean-Pierre a sorti la sacqueboute
De son étui précieux
Et l’habit du temps de Charles le téméraire
Car demain, c’est Carnaval
Il défile avec la fanfare
Avec les groupes folkloriques
Venus de tous les coins de l’hexagone
Comme Il se trouve drôle … le gone
Avec ses kilos, ses collants
Et sa courte robe noire en brocart
Qu’il a dégotée dans la caverne d’Ali Baba
D’un pattier de l’Isère
Mais c ‘est la sacqueboute qui l’intrigue
Il a déjà consulté Wikipédia
Pour en connaître les particularités
Sacquer = tirer,
Bouter = pousser a dit Wiki
Ben quoi … C’est un trombone
Un trombone à coulisse
S’il faut tirer pousser
Il met l’embouchure sur ses lèvres
Le souffle, il l’a, les muscles des lèvres aussi
L’habitude avec son énorme tuba
Pousser tirer … il va s’exercer et ça devrait marcher
Aucun instrument ne lui résiste
Il souffle, il souffle, il s’essouffle
Pousser sacquer …  tirer bouter
Mais la sacqueboute résiste
Car la sacqueboute est grippée
Elle ne sacque ni ne boute la garce !
Pas moyen d’en sortir un son
Elle s’est éteinte, depuis un temps  très long
Pour la fanfare c’est pas possible
Les canards sont incompatibles
Pour le défilé de Carnaval
Alors , Jean-Pierre sort son tuba,
C’est son alter ego féal
Qui remplacera le vieux féodal
Et personne ne s’en apercevra
Ils n’y verront que du feu, les touristes
Si !  Lui ! avec son hoqueton de brocart

Et la vieille sacqueboute bien fatiguée
S’en ira dormir au musée des antiquités
 

 

QUAND LA SACQUEBOUTE DICTE LA LOI (Marie Sylvie)

   



C'est l'histoire de Monsieur Henri qui habitait une charmante maison entourée d'un verger. 
Dans ce verger,  un nid de frelons asiatiques s'était installé,  bien caché entre les branches. 

Un après-midi, alors que Monsieur Henri jouait de la sacqueboute sur sa terrasse, il se rendit compte que selon la mélodie qu'il jouait, les frelons réagissaient différemment. 
Curieux et un brin farceur, il décida de tester cette découverte.
Lorsqu'il recevait une visite agréable comme ses amis et sa famille, Monsieur Henri jouait le doux air de l' Ave Marie, apaisant les frelons qui se faisaient discrets, permettant à tout le monde de profiter pleinement de la journée en toute tranquillité. 

Cependant si un visiteur indésirable, comme un huissier de justice, franchissait la barrière de son jardin, Monsieur Henri changeait de registre. Il jouait alors une fanfare stridente et agressive, rendant les frelons furieux. 
En un rien de temps, les insectes s'abattaient sur le malheur visiteur, le faisant fuir à toutes jambes !

Et c'est ainsi que Monsieur Henri, grâce à sa sacqueboute et ses mélodies bien choisies, parvint à maintenir la paix et la sérénité dans son petit coin de paradis, tout en éloignant habilement les visiteurs indésirables. 

 

samedi 1 février 2025

Réponse de Lecrilibriste sur le défi 941

  Envoyé par Lecrilibriste pour répondre à vos interrogations