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samedi 14 juin 2025

Ont mérité une petite chanson

 

 



 


 
 

Jubilations Mandoliniennes (Joe Krapov)

 

Marina Bourgeoizovna qui est à la fois mon épouse devant les hommes et mon étoile filante devant les constellations s’adonne quelquefois à des activités de conteuse pour enfants dans une école de Rennes.

Il paraît que ça les calme, les mômes. Elle, je ne sais pas. Elle en revient chaque semaine avec des stupéfactions grandissantes d’avoir entendu dans la bouche des petiots des choses comme « Ça ne sert à rien, d’écrire ! ».

Écrire ? Si, ça sert à faire rire !

Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais moi, de mon côté, j’anime depuis de nombreuses années un atelier d’écriture qui a pour effet d’emmener dans le silence pendant une heure des dames dont la plupart ont l’âge d’être les grands-mères des mioches précédemment cités.

Pour calmer les enfants et faire taire les piapiateuses, il n’y a rien de tel que les images. Comme on nous disait autrefois : «Sois sage et tu auras une image !».

Dernièrement j’ai utilisé pour animer cet atelier celles d’un jeu de société collaboratif appelé "Le fil rouge : dans leurs regards ".





Il s’agissait, collectivement, de remettre dans l’ordre chronologique les scènes muettes d’une soirée de réveillon puis de décrire toute la suite d’événements du point de vue d’un seul et même personnage.

Je crois bien que c’est la séance d’atelier d’écriture qui a procuré à son animateur la plus grande des jubilations. Les écrivantes n’étaient pas non plus dans une désespérance profonde même si les images du jeu et les textes qui en sont nés sont profondément ancrés dans le réel. On a bien ri ce jour-là dans la salle Mandoline de la Maison de quartier de Villejean. En témoigne l’enregistrement ci-dessous.


P.S. Il paraît qu’en espagnol « retraite » se dit « jubilación ». J’en profite pour souhaiter une bonne « jubilación » à ma collègue Isabelle qui met un terme à la fin du mois à son travail de « servante du château ».



JUBILATIOIRE (François)

 

Un jeune homme pour son anniversaire,

Invite copines et copains,

Avec l'approbation de père et mère,

La fête va bon train.

 

Ses parents lui ont laissé la maison,

Le groupe se sent vite libre,

Il s'exalte avec raison,

On peut croire que certains sont ivres.

 

Elle est si grande l'exaltation

Que sont commises quelques bêtises.

Qui créent quelques jubilations.

Qui a cassé le vase de Venise ?

 

Il y eut des réponses humoristiques,

Des rires gras et hilares.

Ainsi va cette jouissive pratique.

 

La maison est mise à sac sans crier gare.

Et la fête devient jubilatoire,

Avec des conséquences qu’il faut croire,

Qui vont entrainer bien des déboires.

 

Jubilation intérieure (Kate)

   

Joie de participer à
Un tournoi de bridge de
Bien s'entendre avec son partenaire
Imaginer les mains des adversaires
Lancer les enchères
Atterrir à un contrat valable
Tabler et faire un top
Inventer plusieurs plans de jeu
Opter pour l'un d'entre eux
Ne pas jubiler ouvertement

 

 

Comme on peut se tromper... (Walrus)

   

Le mot m'est passé par la tête et je vous l'ai filé. Ben oui, je suis comme ça, je suis un peu comme un de nos anciens premiers ministres de l'immédiat après guerre dont la devise était "J'agis, puis je réfléchis !" (Achille se prénommait-il).  

C'est au moment où j'ai cherché une illustration au mot que j'ai commencé à avoir des doutes. Je n'ai trouvé que des scènes de liesse exubérante, avec de petits bonshommes qui sautent et s'agitent dans tous les sens ! 

Pendant plus de quatre-vingts ans j'avais toujours pris le mot au sens d'un sentiment de joie certes intense, mais intérieure. Un de ces trucs qui vous met le cœur au chaud, une béatitude, une satisfaction qui s'auto alimente mais pas jusqu'à l'explosion.

Mais voilà : tous les dicos sont contre moi, alors...

Bah, c'est pas très grave, c'est pas tous les jours que  j'éprouve ce sentiment non plus... 
L'important, c'est qu'il soit là, au diable son nom !

  

ODE AU TEMPS PERDU (Marie Sylvie)

  


Nous avions jadis, au creux de l'instant, 
Une lente ivresse, un rêve errant. 
L'éclat fugace des heures offertes 
Telle une danse libre et imparfaite. 


Mais voici qu'aujourd'hui l'on compte, l'on presse,
Chaque seconde pliée en allégeance,
Un souffle dicté par l'urgence 
Sans jamais goûter à l'ivresse.


Ô temps perdu, non pas oublié 
Mais effacé sous l'horloge sévère 
Où l'homme troque l'éphémère 
Pour un futur trop bien planifié. 


Que revienne l'éclat d'autan,
La jubilation d'un temps flottant,
Retrouvons l'art de flâner, 
De contempler sans regret 
La douce errance d'une pensée 
Sans maître ni projet.


 

Le 14 juillet 2016 (Ghislaine)

 

C'était samedi déjà ! Il était presque dix neuf heures.
La semaine était passée très vite avec tous ces dossiers à traiter.
Un collègue n'aurait pas été de trop.
Il manquait un formulaire au dernier dossier à clore,
le plus important, l'accord du client et sa signature.
Il se dirigea vers le placard et ouvrit le classeur du client.

Quand Il ouvrit le placard , il y eut comme une explosion de couleurs et de cris de jubilation venant de je ne sais où, accompagnés de confettis et de ballons.
Il ne se savait pas pourquoi ils étaient là, ni ce qu’ils célébraient exactement. Ce n'était pas une fête, ni un succès particulier.
 Et dans cette parenthèse enchantée, la jubilation devenait un langage universel, parlé à coup de rires et de bras levés.

Il avaient l'impression de rêver , d'être dans une autre dimension, il était ahuri, presque figé sans savoir comment réagir !
Devenait il fou à travailler sur ces dossiers ?

Soudain, derrière lui, ses deux enfants, les bras tenant des ballons multicolores couraient vers lui heureux comme jamais !
Sa femme se tenait dans l'embrasure de la porte avec un regard malicieux…

-Tu n'as pas oublié n'est ce pas ?
- Mais oublié quoi ?

Les enfants riaient , sautaient de joie, sa femme venait l'embrasser.

La tête collée à son bureau, il se réveilla en sursaut…
Non cette année non plus , il n' avait pas oublié mais le rêve le rappela à sa triste réalité. Voilà déjà neuf ans que tous les ans, il se rend au cimetière sur la tombe de sa femme et ses deux enfants, tous les trois décédés lors de l'attentat de Nice un quatorze juillet...

Seul son travail l'aidait à survivre...
Seul son travail l'aidait à survivre...
Non il n'a pas oublié et n'oubliera jamais..

 

samedi 7 juin 2025

Sont grimpés à l'assaut du ciel

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