Il est des douleurs si vastes qu'elles ne trouvent plus de voix.
Elles s'installent dans les replis du cœur comme une brume tenace,
Et marchent pieds nus dans les venelles de l'âme.
Ce ne sont pas des cris.
Ce sont des silences qui cognent doucement aux murs intérieurs,
Des soupirs qui s'égarent entre les pavés des souvenirs.
La peine lorsqu'elle est trop grande
Devient discrète.
Elle se glisse dans les interstices du quotidien
Comme une plante obstinée qui pousse entre les pierres.
Dans cette venelle étroite où le monde ne passe plus
Le chagrin s'assied dos contre le mur blanc du passé.
Il ne pleure pas.
Il regarde.
Il attend que le vent le frôle
Que le temps l'effleure
Comme on caresse une cicatrice sans la rouvrir.
Et parfois au détour d'un silence
Une fleur naît dans la fissure.
Pas pour dire.
Juste pour être.
Il est des douleurs si vastes
Qu'elles ne cherchent plus à être entendues
Qu'elles ne cherchent plus à être entendues
Elles s'enroulent dans le silence
Telle une vigne sur les murs du cœur
Brrrr.... Heureuse qu'une fleur soit née dans la fissure !!!
RépondreSupprimerDéprimant en diable, mais si bien évoqué...
RépondreSupprimerQu'est ce que c'est beau Marie-Sylvie ! Bien d'accord : dans les fissures nait l'espoir. C'est tout ce qu'il reste.
RépondreSupprimerIl doit bien exister quelque part un soigneur de venelles contre douleurs, peines et chagrins ... enfin, je veux y croire
RépondreSupprimerFasse le ciel que je m'étourdisse encore longtemps de mes élucubrations plutôt que de devoir supporter un tel silence !
RépondreSupprimerQue tes mots sont criants des méandres de l'âme humaine, ils me laissent sans voix et sans voie
RépondreSupprimerJ’ai bien aimé ...
RépondreSupprimerMême le chagrin sait jardiner car il fait pousser des fleurs dans les fissures de l’âme, sans demander l’arrosoir des larmes. Et dans cette venelle du silence, même les murmures sont discrétion afin de ne pas déranger la peine en train d’effleurer doucement tes jolis mots. ;)