Je suis suspendue entre deux pôles,
Ni sur terre ni en mer.
Je suis dans l'entre-deux,
Ce lieu que j'habite sans effort
Ce seuil que je transforme en sanctuaire d'introspection.
Le hamac épouse ma forme
Comme si le monde avait tissé pour moi une barque immobile
Un nid d'eau et de lumière.
Je ne marche pas vers l'horizon
Je l'accueille en moi.
Je ne fuis rien
Je contemple.
Je suis là
Présente dans l'immobilité
Ouverte dans le silence
Plongée dans ma réflexion.
Mon corps ne court plus
Mais mon âme voyage.
Elle glisse sur les reflets
Elle écoute les nuages
Elle dialogue avec le vent.
Je suis celle qui suspend le temps
Qui transforme le repos en rituel
Qui fait du moindre geste une offrande.
Je suis celle qui sait que le corps peut être limite
Mais que l'âme
Elle
Elle est vaste tel l'océan.
Je médite sans posture
Je voyage sans départ
J'écris sans bruit.
Et dans cette image
Je me dois devenir
Dans la lumière de mon introspection.
Encore.
Toujours.

Ce poème invite à se pauser et se reposer de toute cette agitation intérieure... y arriverai je un jour ? En ai-je envie, en ai-je besoin ?
RépondreSupprimerC'est peut-être là le premier pas vers l'introspection :
SupprimerSe poser la question de l'envie et du besoin.
Je te souhaite de trouver ton propre hamac intérieur.
Bien amicalement, Marie Sylvie
To poème répond en écho à ton illustration. Celle-ci me ramène à un merveilleux séjour sur l'île de Koh Rong au Cambodge où je me suis certainement introspecté sans le savoir :)
RépondreSupprimerKoh Rong !
SupprimerQuelle belle résonnance .
Parfois l'introspection nous tombe dessus sans qu'on l'appelle, juste par la beauté d'un lieu.
Bien amicalement, Marie Sylvie
Pour un peu, on voudrait être un hamac pour bercer tes rêves...
RépondreSupprimerQuelle jolie image !
SupprimerSe laisser bercer est parfois le plus beau des voyages.
Bien amicalement, Marie Sylvie
Très belle définition des gens qui prennent le temps de l'introspection et de l'écriture : entre les gens qui courent sans savoir pourquoi et ceux qui sont morts et constatent que "rien ne sert de courir" nous sommes dans l'entre deux !
RépondreSupprimerL'entre-deux est en effet un espace de liberté précieux pour l'écriture.
SupprimerMerci pour cette lecture très juste !
Bien amicalement, Marie Sylvie
Je ne peux rien dire d'autre de ton très beau poème Marie-Sylvie alors je laisse St Exupéry parler à ma place. C 'est tellement mieux. "« Le véritable voyage, ce n'est pas de parcourir le désert ou de franchir de grandes distances sous-marines, c'est de parvenir en un point exceptionnel où la saveur de l'instant baigne tous les contours de la vie intérieure. »
RépondreSupprimerMerci infiniment pour ce Saint-Exupéry.
Supprimer" La saveur de l'instant" c'est exactement ce que j'ai voulu capturer dans cette barque immobile.
Bien amicalement, Marie Sylvie
Un très beau poème sur le présent, le cadeau que nous fait la vie chaque jour
RépondreSupprimerMerci Clio.
SupprimerC'est exactement cela :
Apprendre à recevoir ce cadeau du présent sans rien attendre d'autre que l'instant lui-même.
Bien amicalement, Marie Sylvie
La pause nécessaire 🙏🏻 Joli poème
RépondreSupprimerMerci pour ce mot.
SupprimerUne pause nécessaire en effet pour mieux repartir ou simplement pour mieux s'écouter.
Bien amicalement, Marie Sylvie