Belle journée en perceptive ! Nous gagnons la vallée de la Vézère dite vallée de l'Homme. Elle est ainsi nommée au vu des 400 000 ans de présence humaine dans ses grottes et ses falaises. Nous atteignons Limeuil en voiture en fin de matinée. Il fait très beau en ce début juin. Nous voulons descendre la Vézère jusqu'à son point de jonction avec la Dordogne qui se situe ici même au village classé de Limeuil.
Nous nous rendons au centre de canoë-kayak où l'on nous explique le déroulement de notre circuit sur la Vézère depuis les Eyzies jusqu'à Limeuil. Nous sommes rapidement pris en charge et conduits en mini-bus avec tout le matériel jusqu'à notre base de départ.
Voilà : c'est parti pour 18 kms au fil de l'eau ! Un peu gauches et angoissés au début, nous prenons vite le rythme et nous laissons doucement glisser sur la rivière paresseuse. La horde de touristes n'a pas encore déferlé sur la région et nous sommes seuls. Il y a tant de choses à voir ! Bien sûr, nous connaissons tous les sites chargés d'histoire que nous allons rencontrer mais les admirer depuis notre embarcation manquait vraiment à notre enthousiasme pour cette région. Une autre façon de visiter...
D'abord les Eyzies, capitale mondiale de la préhistoire, avec ses falaises impressionnantes, blondes sous le soleil. Ici les fouilles ont mis à jour l'habitat au Paléolithique sur pas moins de 14 niveaux.
Le calme et la sérénité qui règnent autour de nous invitent à la rêverie, interrompue parfois par les cris des milans noirs qui planent au dessus de nous.
On imagine nos ancêtres dans ces abris protecteurs, chasseurs, pêcheurs, cueilleurs. Et artistes aussi . Tout naturellement on pense à la célèbre Lascaux toute proche et ses merveilles. Après les quatre adolescents découvreurs, les abbés Breuil, Bouissonnie ont mis de côté pour un temps leurs prières mystiques pour aller vers le mystérieux : l'art pariétal. Mais il est à parier que la beauté des lieux les a aussi plongés dans un autre mysticisme, celui procuré par une nature sauvage et indomptée.
Nous longeons les berges sur lesquelles on remarque les traces des chemins de halage. Dans des temps plus proches de nous, ils servaient à remonter, à l'aide de bœufs attelés, les marchandises achetées à Bordeaux par les gabariers. Sel, poisson séché, produits manufacturés étaient destinés à la revente.
Il faut préciser que la Vézère et puis ensuite la Dordogne étaient navigables sur des gabares – bateau à fond plat – servant à transporter le bois des forêts luxuriantes de Corrèze jusqu'à Libourne pour en faire le plus souvent des fûts à vin. Sur la Vézère, il s'agissait surtout de faire flotter les grumes de chêne ou de châtaigniers en période de hautes eaux. Aujourd'hui ces chemins de halage sont empruntés par les marcheurs et les vélos. Encore une autre façon de découvrir les trésors périgourdins !
Nous voici parvenus en face du joli château Renaissance de Losse avec ses jardins à la française. Il se mire à l'envers sur l'eau et c'est un magnifique spectacle. Nous pouvons admirer tous les villages médiévaux avec leurs vieilles maisons à colombage qui s’égrènent le long de notre parcours. Un enchantement. La nature n'est pas en reste. Elle abrite toutes sortes d'oiseaux et d'animaux dans ses fourrés et branchages. D'ailleurs voilà un couple de ragondins en quête de nourriture regagnant précipitamment la rive pour se cacher dans le labyrinthe de son terrier. Ici, c'est un héron campé sur une petite plage de cailloux qui nous observe sans bouger. Gageons cependant qu'il ne manquera pas de remarquer le passage dans l'eau d'un goujon et prestement le happer pour son souper. Une imprudente grenouille peut aussi, le cas échéant, faire l'affaire.
Limeuil apparaît soudain, haut perché. Nous sommes au terme de notre périple. Fatigués mais ravis de l'aventure nous nous promettons de la recommencer en ajoutant quelques kilomètres de plus la prochaine fois. Quoi ? Ne sommes nous pas des pros de la pagaie ?
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