Je m'assois sans nom
Comme une ombre glissée entre les tables.
Personne ne sait qui je suis
Et c'est dans ce silence que les saveurs s'ouvrent.
Le premier éclat est vert
Vif
Incandescent.
Le Wasabi.
Il ne flatte pas
Il ne caresse pas.
Il surgit comme une vérité brûlante
Une flamme qui traverse la bouche
Et soudain tout le reste s'éclaire.
Le poisson devient plus tendre
Le riz plus doux
Le silence plus profond.
Chaque nuance se révèle
Comme si l'anonymat avait aiguisé mes sens
Comme si le monde entier se concentrait dans cette morsure fugace.
Être goûteur invisible
C'est laisser le Wasabi parler à ma place.
C'est comprendre que l'intensité ne se dit pas
Elle se vit.
Et dans ce feu discret
Je découvre que l'anonymat n'est pas effacement
Mais une manière de sentir plus fort
De voir plus clair
De goûter le monde dans sa vérité nue.
Tu as tout compris... et très bien dit !
RépondreSupprimerUne vérité nue et crue...🙂
RépondreSupprimerMalgré la définition krapovienne ci-dessous, je souscris complètement à cette belle définition de l'anonymat sans accent grave. La preuve : j'écris sous pseudonyme et je ne cherche pas à être publié !
RépondreSupprimerÂnonymat : État d'idiotie de l'âne qui a écrit ses mémoires, n'a pas signé de contrat avec un éditeur et à qui la comtesse de Ségur a volé le manuscrit pour cartonner avec en librairie.
Autrement dit, ce wasabi vif t'emporte soudain àl' aventure
RépondreSupprimerLe wasabi et l'anonymat dans un très beau texte : très réussi !!!
RépondreSupprimerMarie Sylvie, on a le silence, l’anonymat qui sert de caisse de résonance quand c’est écrit avec la précision d’un wasabi qui pique juste là où il faut. Souvent dans le nez, aussi. J’ai aimé.
RépondreSupprimer;)