La capuche rabattue sur le visage
Il s’est habillé de nuit
Et se glisse tout noir dans le noir du quartier
il s’en va s’adonner à son jeu favori
dessiner la nuit des graffitis
Sur les murs de l’usine désaffectée
c’est sa manière à lui d’écrire sa symphonie
Il commence par ses initiales, son tag
Ensuite il fera son graff, mais d’abord le tag
Il a bombé les lettres qui s’entrechoquent
Des flops joufflus tout en ronds
et une flèche pointue en finale
qui ressemble à un poignard lancé
Tout ça va bien avec son caractère
Le cœur sur la main, mais très vite en colère
Faut pas trop lui monter sur les pieds
Car l’air de rien, il ne se laisse pas faire !
Pour tracer l’outline, il choisit son cap
il secoue la bille et d’un geste sûr
il trace le contour avant de le remplir
la peinture gicle en éclat d’argent
Maintenant il lui reste à combler l’espace
Pour les courbes, turquoise, pour la flèche violet
Il décline toujours ses couleurs préférées
pour son tag et ses mêmes couleurs
Signature choisie pour son identité
Et ce qu’il a à dire, c’est ici qu’il le dit
C’est là qu’il se rebelle et mène ses batailles
il aperçoit un
gyrophare, son cœur cogne
S’entrechoquent en lui, adrénaline et interdit
Vif comme l’éclair, il range ses outils
Dans son sac complice, noir comme la nuit
La capuche rabattue sur le visage
Il se glisse tout noir dans le noir du quartier
Pas eu le temps de faire un graffiti
Mais content de lui, défoulé
il peut rentrer, l’âme libérée
Un beau poème de l'âme d'un artiste contrarié
RépondreSupprimerOn le voit très bien ton graffeur sur le qui vive Lécrilibriste ! Et on comprend son désir de plaquer des couleurs violentes quand lui doit se contenter du noir.
RépondreSupprimerMagnifique poème très visuel !!
RépondreSupprimerTrès beau poème très visuel
RépondreSupprimerC'est tout à fait ça ! J'en ai vu faire certains, des plus minutieux et appliqués aux plus furtifs qui viennent juste salir le mur qu'on vient encore de nettoyer...
RépondreSupprimerUne photo ! Une photo !
RépondreSupprimerDu graff hein ! Pas du graffeur !
... encore que...
Il semble que le mot graffiti est une vieille auberge espagnole.
RépondreSupprimerGraff, graffiti, tag, mur peint, on s'y perd un peu, les un·e·s et les autres !
On ne peut que lui donner raison sur un point, au zonard : en ce moment, si on peut ne pas avoir affaire avec les (ou aux) policiers, c'est meilleur pour notre santé ! ;-)
Cest si réaliste dans l écriture qu on a peur qu'il se fasse choper !! J'adore !!
RépondreSupprimerChère Lecrilibriste,
RépondreSupprimerEntre mes "regards semés" et ton "taggeur qui habille la nuit", nos récits se répondent magnifiquement.
J'aime beaucoup la manière dont tu décris le graffiti comme une "symphonie " personnelle.
Ton taggeur a un caractère bien trempé, entre colère et cœur sur la main,
et ses couleurs préférées deviennent sa véritable identité.
Un récit vibrant qui illustre parfaitement que les murs sont les derniers lieux de rébellion !
Bien amicalement, Marie Sylvie