Kayak.
Un mot qui se replie sur lui-même
Tels deux corps qui se cherchent
Et se retrouvent dans la même pulsation.
Dans la courbe du kayak
Il y a la lenteur d’une peau qui s’ouvre
La précision d’un geste qui explore
La chaleur qui monte lorsque l’eau se resserre.
Le mouvement avance
Revient
S’enfonce
Remonte
Un va-et-vient qui sculpte le désir
sans jamais le briser.
Le monde entier semble respirer
dans cette oscillation.
Kayak.
Palindrome de chair
Où chaque retour porte plus loin
Où chaque avancée creuse la profondeur.
Rien n’est nommé
Mais tout s’entend dans la tension des lignes
Dans la souplesse offerte au passage.
L’eau devient une peau
La coque un corps
Et le geste une manière d’entrer dans l’autre
Sans le posséder
De se laisser traverser
Sans disparaître.
Un amour qui se lit dans les deux sens
Qui recommence
Qui s’ouvre
Qui revient
Tel un souffle qui sait où aller
Même lorsque personne ne le guide.
Le désir est une eau
Qui reconnaît toujours la forme
Qui l’accueille.

Bien d'avoir relevé le palindrome et la fluidité du déplacement...
RépondreSupprimerMerci Walrus !
SupprimerLe mot 'kayak' imposait presque de lui-même cette structure en miroir.
Heureuse que tu aies perçu cette fluidité, c'était tout l'enjeu du défi.
Bien amicalement, Marie Sylvie
Je ne connaissais pas la position du kayak .... Je vais devoir réviser mon kama sutra, à moins que je ne me sois fourvoyé en te lisant, Marie Sylvie. Néanmoins j'aime particulièrement la dernière phrase
RépondreSupprimerRassure-toi, aucune révision du Kama Sutra n'est nécessaire !
SupprimerC'est justement la magie de la poésie que de glisser d'une rive à l'autre...
Ravie que la dernière phrase t'ait parlé.
Bien amicalement, Marie Sylvie
l'eau, la coque et le geste, tu n'oublies rien ! Belle réflexion sur le kayak !
RépondreSupprimerMerci Lecrilibriste !
SupprimerDans cette écriture, j'ai cherché l'équilibre exact entre l'objet technique et la sensation pure.
C'est un plaisir de voir que tu as retenu cette trinité (l'eau, la coque et le geste) comme les piliers de cette réflexion.
Bien amicalement, Marie Sylvie
Un texte à double sens plein de tendresse.
RépondreSupprimerMerci pour ce mot si juste, Clio101.
Supprimer"Un texte à double sens", c'est exactement cela :
Une navigation qui se joue autant sur l'eau que dans le creux de l'intime.
Je suis touchée que tu y aies perçu cette tendresse.
Bien amicalement, Marie Sylvie
Merci ! Merci mille fois Marie Sylvie ! Je comprends enfin les paroles de "Aux marches du palais" : "Dans le mitan du lit la rivière est profonde" ! C'est un avertissement aux kayakistes de l 'amour !
RépondreSupprimerOK, je sors !
Quelle excellente référence, Joe !
Supprimer"Dans le mitan du lit la rivière est profonde"... les kayakistes de l'amour sont en effet prévenus, il faut savoir naviguer avec souplesse !
Bien amicalement, Marie Sylvie
Encore merci pour ce très beau texte qui nous invite à désirer sans dévorer !
RépondreSupprimerMerci Nana.
Supprimer"Désirer sans dévorer", c'est exactement l'équilibre que je cherchais à décrire dans ce passage.
Heureuse que ce message soit passé.
Bien amicalement, Marie Sylvie
Sensuelle poésie !
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