samedi 2 mai 2026

Défi #922

  

Quoi ?
Vous auriez préféré "Cacochyme" comme moi ?

 

Valétudinaire

 


 
 

Ont creusé profond

 

 


 

Walrus ; Marie Sylvie ; Kate ; Lecrilibriste ;

Joe Krapov ; François ;

 

 

Under ground music (François)

  


  

Ils ne veulent pas de cette culture

De masse, préférant un autre mode de diffusion,

La ligne officielle ils la caricaturent,

Parfois jusqu’à la marginalisation.

 

L'artiste s'exprime en toute liberté,

Cassant les codes à la mode,

À sa manière il cherche à interpréter.

Aux normes, il s'inféode.

 

Il s'exprime dans des lieux alternatifs,

Désaffectés, caves ou autre endroit secret,

Ils ne sont pas faits pour les cabarets.

Agissant avec des communicants très actifs.

 

Du jazz naitra le mouvements Punk et Techno

L’underground music a su évoluer,

C’est une culture alternative

Parfois agressive et subversive.

 

De multiformes groupes ont pu s’exprimer,

Avec leur propre tempo.

 

 

 

Le Défi du samedi est-il underground ? (Joe Krapov)

 


Nous voici rendus de nouveau dans cette fin de l’alphabet où le choix des mots devient si limité que l’animateur de ce défi dictionnarien du samedi est contraint de puiser dans les vocables d’une autre langue pour faire plancher l’araignée que nous avons dans le plafond.

Je me souviens avec presque regret d’une prolixe défiante qui poussait ici jadis à cause de cela des cris d’orfraie. J’allais écrire des cris d’or frais d’après la ruée mais la ruée vers Laure est copyright Pétrarque.

Ce n’est pas à cause de ce franglais envahissant que je vais botter en touche aujourd’hui. C’est à cause de l’étiquette, de la manie de coller des étiquettes et des définitions sur toute manifestation de l’esprit humain.

Êtes-vous, sommes nous underground ?

S’affranchit-on ici des règles esthétiques traditionnelles et des valeurs établies ?

La réponse est « Non ». C’est la liberté qui règne. Et au diable les règles quand il s’agit, comme le chante Anne Sylvestre d’« écrire pour ne pas mourir ».

Par contre les valeurs établies, de Proust à Michel Houellebecq, on a le droit aussi, dixit Daniel Pennac, de ne pas lire quand on suspecte qu’on va s’emm’nuyer !

Reste-t-on en marge des circuits de production et de diffusion habituels ?

Oui, et c’est tant mieux. On n’a pas de comptes à rendre aux milliardaires activistes proches de l’extrême-droite qui investissent dans les médias.

Sinon "Underground" est un film d’Emir Kusturica dont la musique signée Goran Bregovic est très chouette mais je ne sais pas si j’arriverais à le revoir – j’ai le dévédé -.

Sinon, oui, "underground" dans le sens de « métro », j’aurais pu vous chanter « Le Trou de mon quai » mais je l’ai déjà fait en mai 2021 :


Le Poinçonneur des Lilas ? La Jeune fille du métro ? Le Meeting du Métropolitain ?

Allez, parce que c’est vous et que l’underground se permet tout y compris les drogues interdites et les hors sujet, je vous gratifie du «Tango stupéfiant» de Marie Dubas enregistré samedi dernier en public dans mon salon de thé culturel préféré.




Underground BBC (Lecrilibriste)

  

  

 

Loin du tumulte, narguant les des bruits de bottes

Bat le cœur sourd de l’Underground qui parle l’authentique

Petits refrains malicieux que radio-Londres émet

L’onde rebelle diffuse aux quatre coins de la France

Dans l’obscurité fertile des caves à charbon

Les mots bouillonnent dans l’ombre

Et la France prend le relais

L’oreille collée la radio le Grand-Père écoute

Il fait taire les enfants, l’instant est trop précieux

Pour que leurs facéties altèrent les paroles

Et les petits refrains s’allument comme braises

Crépitent en mille étincelles d’attente

Où chacun attend la phrase qui fera « tilt »

Qui relancera le désir de combattre

« le cerisier sera en fleur au muguet »

« le sapin reste toujours vert »

« la cigale chantera au matin »

Petites phrases naïvement codées

Qui font sourire par leur ingéniosité

Qui réveillent les âmes, les extraient du chaos

Leur insufflent l’envie de résister

De ne pas baisser les bras, jamais !

Jusqu’à la diffusion ultime

« les carottes sont cuites »

Qui Enfin, annoncera la VICTOIRE

 

 

Comme sur du velours Kate)

   

- Mon chou, tout me ramène à Bruxelles...
- Surtout moi ?
- Oui et la soirée "Underground" !
Mais après avoir vu le programme et pas trop emballés par celui-ci, on a préféré aller boire un verre dans un endroit aux lumières tamisées, enfoncés dans des fauteuils en velours, Lou Reed en fond sonore, on a parlé art moderne, "underground" et puis cuisine en rentrant.
- Owi Owi, tu la connais ?
- Ah oui ! Fouette-moi !
- Elle habite à Bruxelles, je crois.
- Oui. J'ai son livre.
- "Chaud froid" ?

- Non, "À foutre au four"...
- Ah ! Ah !
- Tiens, regarde. Quelle recette tu veux ?
- Ben, j'hésite... Rien à la banane ?
- Non...
- Ah ! Mais il y a une playlist !
- Oui, pour chaque recette.

- J'hésite entre "Poulet Balzaza" et "Poulet Sirocco"...
- Alors, je note pour demain, j'achèterai du poulet, du miel d'acacia, etc. Il est tard, mon frigo est vide, je suis crevée...
- Et dans ton placard ?

- Rien ! Même pas une boîte de soupe ! J'ai quelques bananes que je peux faire flamber au rhum.
- Magnifique  !

 

LÀ OÙ L'AIR MANQUE (Marie Sylvie)

  


  


Je savais que les adultes descendaient toujours là‑bas
Dans cette partie interdite de la ferme.
Un endroit sombre
En contrebas
Presque sous terre. 
Un lieu où je n’avais pas le droit d’aller
Et qui me faisait peur rien qu’à l’imaginer. 
C’était mon premier underground
Un territoire où les voix devenaient plus dures
Où les gestes se faisaient secrets.

Ce jour‑là j’ai voulu m’éloigner d’eux. 
Me cacher. 
Trouver un endroit où leurs jeux d’adultes ne pourraient pas m’atteindre.
J’ai vu le vieux congélateur où l’on gardait les graines pour les volailles
Les lapins
Les chevaux
Et tout ce qui grattait dans les murs. 
Un coffre blanc
Posé dans l’ombre 
Telle une trappe vers un monde enfoui.

Je me suis glissée dedans. 
Je croyais que ce serait un refuge. 
Un abri sûr 
Où personne ne penserait à me chercher. 
Un souterrain improvisé
Choisi pour disparaître un moment.

Mais la porte s’est refermée
Et tout est devenu noir. 
Un noir compact
Sans fissure
Sans échappée. 
L’air s’est épaissi d’un coup
Chargé de poussière de graines
D’odeurs lourdes qui me brûlaient la gorge. 
J’entendais les adultes juste derrière
Si proches que je pouvais deviner leurs pas
Mais incapables d’imaginer que j’étais là
Enfermée
À retenir mon souffle.

Dans ce coffre j’ai compris ce que veut dire disparaître. 
Être vivante
Mais sans issue. 
Être là
Mais sans espace. 
Un underground sans rails ni tunnels :
Juste un froid immobile
Un noir compact
Et la peur qui s’installe pour longtemps.

Depuis mon corps n’a jamais rouvert la porte. 
Le noir me serre. 
Les pièces étroites me coupent l’air. 
Je porte encore en moi ce souterrain d’enfance
Ce lieu clos où j’ai appris trop tôt que l’on peut être enfermée 
Sans que personne ne s’en rende compte.

 

 

Oui, ça me rappelle quelque-chose ! (Walrus)

   

 


 

Ça me rappelle mes premières leçons d'anglais deuxième langue où (il n'y avait pas de labos de langues, le matériel d'enregistrement étant très rare et coûteux à l'époque) j'ai passé mon premier trimestre sans écrire un mot d'anglais : il fallait transcrire le discours du prof en langage phonétique, ça c'est de la méthode !

J'y ai appris (entre autres) qu'underground signifiait sous-sol mais aussi que c'était le nom du métro londonien.

Bien des années plus tard, à l'époque où j'ai pu admirer les crêtes iroquoises multicolores autant que fluo des punks de Great Yarmouth (j'y suis passé en me rendant de mon camp de base d'Aldeburgh chez des amis écossais dans leur caravane de Sea Palling), j'ai assisté consterné à la naissance puis l'extension de la musique et même la culture Underground.

Elle a fait un tabac à l'époque cette musique et plein de tubes !

Logique finalement quand on sait que les Londoniens appellent familièrement leur Undergound de métro "The tube"...

 

Défi #922

    Quoi ? Vous auriez préféré "Cacochyme" comme moi ?   Valétudinaire