Chez les parents de mon époux il y avait sur la cheminée de la salle à manger un portrait de mémé Marguerite filant la laine. Cette brave femme était la grand-mère paternelle de mon mari. Son fils – mon beau père donc – qui était violoneux - chantait ceci en occitan bien sûr en s'accompagnant de son violon. Voici la traduction :
La
Margui va au moulin
Tout
en filant sa quenouille de chanvre
Montée
sur son âne Marilin trin trin
Marilan
tran tran
En
allant au moulin.
Quand
le meunier la voit venir
De
rire il ne peut se tenir.
Attache
ton âne Marilin trin trin
Marilan
tran tran
Et
viens t'asseoir ici.
Pendant
que le meunier
Embrassait
la Margui
Le
loup mangeait l'âne Marilin trin trin
Marilan
tran tran
A
la porte du moulin.
Bougre
de meunier tu m'embrassais
Mais
ma mule en est crevée.
Que
va dire notre homme
En
arrivant chez nous ?
J'ai
cinq écus dans mon gousset
Prends
en deux, laisse m'en trois
Vas
t'en acheter un autre âne
Pour
venir au moulin.
Quand
son homme la voit venir
De
se fâcher il ne peut se retenir
Qu'as
tu fait de notre âne
En
allant au moulin ?
Notre
âne avait les quatre pieds blancs
Les
deux derrière, les deux devant
La
raie du cul noire
Ça
lui allait si bien !
Bougre
de lourdaud
Ne
sais tu pas qu'au mois d'avril
Toutes
les bêtes changent de peau ?
Ainsi
a fait notre âne
En
allant au moulin.
Evidemment la chanson n'a pas la même saveur quand elle est traduite.
Hier,
pour confectionner des vêtements, on filait la laine avec quenouille
et fuseau dans les chaumières.
Aujourd'hui,
pour remplir nos placards, on compose avec la Chine et on file du
mauvais coton.
Constatation bien dans l'air du temps, chère Yvanne !
RépondreSupprimerOn peut entendre la version originale ici - c'est le 16e morceau, la Margui - :
RépondreSupprimerhttps://violons-populaires-nouvelle-aquitaine.fr/portfolio/dits-chants-et-danses-populaires-du-limousin/
Moi aussi j'aime bien la moralité à la fin de cette fable.
Oui Joe je connais. Les musiciens routiniers aussi. Ils collectaient les vieux airs limousins et venaient chez mes beaux parents très souvent. Mon beau père était auteur-compositeur et "La valse de St Salvadour" (entre autres) sur le disque est de lui.
SupprimerQuel photo touchante de Marguerite ! Chanson magnifique, malgré la traduction (qui heureusement permet de comprendre). Cet autrefois n'est pas si lointain et j'aime quand tu le refais vivre, par les histoires, les photos et particulièrement les musiciens routiniers, que j'ai aussi connu dans l'Artense et à l'AMTA. Merci Yvanne !
RépondreSupprimerQuelle photo ! Oups !,)
SupprimerMerci pour ce retour en arrière qui réchauffe mon coeur d'un voile de coton doux ! ça aurait pu être des paroles mises en musique par Monsieur Krapov !
RépondreSupprimerChère Yvanne,
RépondreSupprimerQuel magnifique partage !
C'est une merveilleuse façon de faire revivre la mémoire de ta mémé Marguerite et de cette tradition de filer la laine.
J'ai beaucoup aimé découvrir cette chanson de La Margui. Elle est pleine de malice et d'humour même si comme tu le dis la traduction ne rend pas toute la saveur de l'original occitan.
C'est un beau lien entre hier et aujourd'hui.
Une lecture très touchante et instructive, un partage de ces tranches d'histoire familiale et de la culture populaire.
Bien amicalement, Marie Sylvie
Très beau lien entre hier et aujourd’hui, avec une chanson vraiment sympa
RépondreSupprimerquelle belle photo de mémé Marguerite, douce et laborieuse comme furent nos mémés des neiges d'antan, et merci , Yvanne, pour la chanson malicieuse...
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