Je n'ai pas porté le barda
Ni le poids du métal
Ni l'odeur du froid
Ni les bottes qui mâchent la boue des départs.
Je suis née du côté des robes hésitantes
Où l'on choisit chaque matin
Le tissu qui dira le jour.
Mais parfois je jalousais l'uniforme
Ce silence vestimentaire
Ce décret sans dilemme :
" Aujourd'hui tu seras Soldat. "
Et pourtant ...
Dans les plis du manteau militaire
Il y a des nuits sans sommeil
Des lettres jamais envoyées
Des visages qui s'effacent comme la craie sous la pluie.
Le barda
Ce n'est pas qu'un sac.
C'est la mémoire roulée dans une toile rêche
Le poids des absents
La rumeur des ordres
Le souffle retenu au bord du cri.
Moi je marche légère
Mais je porte d'autres guerres
Celle du doute
Du choix
Du regard.
Et dans mon vestiaire de femme libre
Je plie chaque jour
Un peu de gratitude
Entre les étoffes.
Très évocateur, j'en reprendrais volontiers une strophe...
RépondreSupprimerÇa ne fait pas un pli que tes mots touchent nos cœurs
RépondreSupprimerOn aura deviné que je n'aime pas non plus l'obligation de porter le barda. Je suis un adepte de Rimbaud le déserteur qui ne voulait pas devenir "l'homme aux semelles devant" ! ;-)
RépondreSupprimerA chacun son barda. Tu le dis si joliment ! Bravo
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