samedi 6 juin 2026

Défi #927

  

Il y en a pour tous les goûts

 

Ambiance 

 


 

 

Ont pratiqué le swing

  

 


 

Laura ; tiniak ; Marie Sylvie ; Cavalier ;

Walrus ; Lilousoleil ; Kate ; Lecrilibriste ;

François ; Joe Krapov ;

 

 

Un zazou (Laura)

  

 

Un zazou
Sachant jazzer
Zézayait
Avec Zaz
Une chanson de Zazie.
En suite, il prit un kazoo
En dansant avec Annie Cordy
Qui zozotait
"Zaz Zuh Zaz[1]".
Au cas où la fête
S'essouflerait
Ils avaient prévu
De zouker.
A ce moment là
Arriva Zouzou[2]
Avec Pierre Benichou,
Un drôle de zèbre.
Pour ma part,
Je me dis Zou!
Zoomons sur Zorro
Qui venait zoner
Du côté du zoo.
Pendant ce temps,
Le zouave
Avait les pieds dans l'eau
Et lançait la "Zoubida"
Avec un zoulou
Plein de zèle.

Mais où ? (Kate)

   

Déjà vendredi
mais où
l'ai-je donc mis
le texte  "zazou" ?
Je ne sais où
il est allé swinguer
c'est trop fou
je le retrouverai
sûrement samedi
trop tard
raté pardi
je piquerai un fard !
Je l'avais bien rangé
le vent l'aura emporté
mais où ?
Peut-être pas assez achevé
trop ébouriffé
je suis à bout
Qu'est-ce que j'avais écrit
lundi ou mardi ?
Un truc autour du jazz
La radio
TSF Jazz
Pas Jazz Radio
Dimanche 18 heures
retour de compétition
plein d'émotions
...
Quelle est cette musique
plus folk que jazz
un pur bonheur

Je regarde par la vitre
vitesse et campagne rase
"Quel est ce titre ?"
Quoi ? 2002 ?
Déjà vieux
Comment ai-je pu passer à côté ?
Je m'en veux
j'ai tout mis sens dessus dessous
mais où
est mon texte sur zazou
et le jazz, où ?

 

 

SUZOU ET ZAZOU (François)

   

SUZOU ET ZAZOU

 

 

 

Elle s'appelait Suzanne,

On l'appelait Suzou,

Elle partageait sa vie avec un zazou

Aux cheveux collés à l’huile de palme.

 

Ses vêtements coûtaient des sous,

Alors il rançonnait Suzou.

Il était gonflé le zazou,

Qui n'arrivait pas à joindre les deux bouts.

 

Il arrivait de Vesoul.

Pour venir jouer les zazous.

Et elle de l'île du Frioul.

Là, où on l'avait nommé Suzou.

 

Elle lui parlait d'amour,

Mais plein d'égo était son zazou,

Seul pour l'argent, il avait de l'amour,

Alors elle payait toujours Susou.

 

Mais voilà qu'un jour, elle comprit.

Qu’imposteur était son zazou.

Et quand elle vit qu'il lui avait tout pris.

Le zazou fût congédié par Suzou.

 

 

Zazou, Zazie et le Bruit du Siècle (Cavalier)

  

(uchronie poétique)

Elle s’appelait Lucette.
Mais depuis deux ans, tout le monde l’appelait Zazou.
À cause de sa veste trop longue.
À cause de son éternel parapluie.
À cause du jazz.
À cause de cette manière de marcher comme si les pavés n’étaient qu’une suggestion.

Nous étions en 1943.
Le charbon manquait.
Le café était devenu un souvenir.
Les semelles s’usaient plus vite que les promesses.

Un soir, en sortant d’une cave où l’on jouait du swing à voix basse, elle tourna au coin d’une rue.

Et la rue disparut.

Les physiciens ont sûrement une théorie des cordes pour expliquer ça.
Les poètes savent qu’il suffit parfois de prendre le mauvais virage.

Quand elle rouvrit les yeux, elle se trouvait dans une ville étrange.
Les voitures semblaient dessinées par le vent.
Les gens parlaient seuls dans de petits rectangles lumineux.
Personne ne portait de chapeau.
Ce détail l’inquiéta davantage que le reste.

Après quelques heures d’errance, elle entra dans un café.
Une femme d’une cinquantaine d’années consultait un téléphone.

Lucette s’approcha :
– « Excusez‑moi… nous sommes en quelle année ? »

La femme leva les yeux :
– « Deux mille vingt‑six. »

Lucette s’assit sans demander la permission.
– « Je crois que j’ai raté quelque chose. »

– « Probablement plusieurs guerres, trois ou quatre révolutions technologiques et quelques milliers de chansons médiocres. »

Elle sourit.
– « Moi, c’est Isabelle de Truchis de Varennes. »

Lucette haussa les sourcils.
– « Nom de famille impressionnant. »

– « Je sais. Tout le monde m’appelle Zazie. »

Lucette éclata de rire.
– « Zazou. »

– « Zazie. »

Elles se serrèrent la main comme deux parentes éloignées séparées par quatre‑vingts ans d’erreur administrative.

Lucette demanda :
– « Alors ? Le jazz a gagné ? »

Zazie réfléchit.
– « C’est compliqué. »

– « Le swing ? »

– « Toujours là. »

– « Duke Ellington ? »

– « Immortel. »

– « Django ? »

– « Aussi. »

Lucette poussa un soupir de soulagement.
– « Bon. »

Zazie reprit :
– « Mais aujourd’hui les gens écoutent de tout. »

– « De tout ? »

– « Absolument tout.
Du rap, du métal, de la techno, de la pop coréenne, des musiques composées par ordinateur, des chants mongols remixés avec des percussions électroniques… »

Lucette cligna des yeux.
– « Vous avez gagné la guerre contre le silence, manifestement. »

– « Avec excès. »

Zazie lui montra son téléphone.
Des millions de morceaux.
Des millions.

Lucette souffla :
– « Tout ça tient là‑dedans ? »

– « Oui. »

– « Et les gens écoutent tout ? »

– « Non. »

– « Pourquoi ? »

– « Ils cherchent pendant une heure ce qu’ils vont écouter. »

Lucette resta silencieuse.
Puis déclara :
– « Votre époque est fascinante. »

– « Pourquoi ? »

– « Vous avez toute la musique du monde dans votre poche et vous passez votre temps à hésiter. »

Elles sortirent du café.
Quelqu’un passait avec des écouteurs.
Un autre filmait son chien.
Une adolescente dansait seule devant une caméra invisible.

Lucette observa tout cela avec curiosité.
– « Et les zazous ? Disparus ? »

– « Pas exactement. »
Zazie montra les passants.
– « Ils sont partout maintenant. »

– « Comment ça ? »

– « À votre époque, quelques jeunes résistaient à la morosité avec des vestes trop longues, du jazz et un peu d’insolence.
Aujourd’hui chacun fabrique sa propre tribu.
Ses vêtements.
Sa musique.
Son langage. »

Lucette regarda la foule :
cheveux bleus, baskets lumineuses, tatouages, costumes impeccables, excentricités minuscules ou gigantesques.

Elle sourit.
– « Finalement nous avons gagné. »

– « Qui ça ? »

– « Les farfelus. »

Le soir tombait.
Les vitrines s’allumaient.
Quelque part, un musicien jouait du saxophone dans une rue.

Le morceau était ancien.
Très ancien.
Lucette reconnut immédiatement la mélodie.

Elle ferma les yeux.
Le même cuivre.
La même pulsation.
Le même battement obstiné.

Le temps avait changé de vêtements.
La musique, elle, avait simplement continué sa promenade.

Alors Lucette ouvrit son parapluie.
Par temps sec.
Par principe.

Et les deux femmes s’éloignèrent dans la ville.
Une Zazou de 1943.
Une Zazie de 2026.
Et derrière elles, comme un vieux chat qui refuse de mourir,
le swing suivait encore.

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BD La sortie du Café

 

 

Battre de la semelle (Walrus)

   

Je suis né en pleine ère (mais non, pas en plein air, soyez attentifs enfin !) Zazou. C'était aussi celle des semelles en bois apparues suite à une des nombreuses pénuries dues à la guerre : celle du cuir. Je me souviens d'avoir entendu leurs claquements dans l'entrée d'un cinéma du quartier de La Neuville au pied du terril de l'Epine à Charleroi.

 


Les Zazous eux-mêmes, je ne les ai pas connus : d'une part j'étais trop jeune et d'autre part je suis né à Charleroi au cœur du "Pays Noir", alors que les Zazous sévissaient surtout dans les endroits branchés de la région parisienne.

Je ne les ai pas connus, mais j'ai gardé quelque chose de cette époque : l'amour du Jazz.

Du Jazz, je suis passé au Baroque...

Étonnant ? Pas tant que ça : Bach, ça swingue, si si !

 

 

Et le swing, ça se danse, surtout chez les Zazous...

 

Une petite danse  swing ?


 

 

 

Mon zazou de Père (Lecrilibriste)

 

 

Toujours élégant
Il n’avait pas le costume
Du bon vrai zazou
A la mode de chez nous
Mais une chemise impeccable
Un pantalon au pli parfait
Une veste de costume
Et des souliers qu’il faisait énergiquement briller
Assis sur une chaise
Près de la grande armoire
Au fond de la grande cuisine
En chantant à tue-tête
« Y’a des zazous dans mon quartier »
Ou encore « La valise en peau de toutou »
Deux airs que particulièrement il affectionnait
Dont on connaissait tous le refrain par cœur
Sans savoir qui était Andrex, le chanteur de sa jeunesse
Mais nous, les mômes, on se marrait
En buvant notre café au lait
Car on savait que ce jour-là
Dans son travail
Un vent de liberté l’attendait
Sa vie aurait un rythme de swing
Sur un air de contrebasse … 

Qu’allait-il faire ce jour-là ?
Je ne sais plus, je ne sais pas
Mais il était heureux
C’était tout ce que l’on savait
Et, nous aussi, ça nous rendait heureux

 

 

Les Zazous (Joe Krapov)

 



Ils ont fichu le bazar avant que les Uhlans ne débarquent à Paris. Les zazous !  Ahuris !

Ils ont joué les affreux devant tous les oukases de la mode bourgeoise. Les zazous  ! Pauvres nazes !

Ils n’avaient pas besoin de visa pour détester la zoubida ! Les zazous ! Quels fadas !

Aux ave, aux pater et aux bénédictions urbi et orbi de Pie XI et Pie XII ils ont répondu par les aventures-délires impies de Bibi Fricotin et Razibus Zouzou ! Les zazous ! Quels voyous !

Ils ont mieux aimé la folie des avanies du jazz, du swing que la danse des ours et surtout celle des jours qui se suivent et se ressemblent. Les zazous ! Devant eux l’ennui tremble.

Ils ont pris Saint-Lazare pour la gare d’où s’en vont tous les trains oulipiens vers une littérature qui raille et qui déraille. Les zazous ! Quelles canailles !

Ils ont mis les adjas devant les oustachis. Les zazous ! Et pourquoi pas « Vive l’anarchie ! » ?




Ils ont rêvé de Zsa Zsa Gabor et n’ont pas voulu voir les lendemains du masseur dans la culotte du zouave au pont de l’Alma mater quand la dolorosa et le Materazzi cherchent des noises à Zizou à propos de pilier et de Mercedes Benz compresseuse de princesse. Les zazous ! Quelle tristesse !

Ils ont, comme Zazie, pratiqué sans ticket des outrances dans le métro, exhibé sans chiqué leurs minables abdos et leurs outrecuidances. Lez zazous ! L’Anti-France !

Ils ont été désagréables - du style « Colza mon cul, veux-tu, Yvette, car ma tête est très oublieuse !» et ont commis bien des outrages envers les bonnes mœurs, la bonne mère et les bonnes mûres. Les zazous ! Que des enflures !

Ils ont porté des falzars tellement courts qu’on n’a pas eu besoin d’y coudre des ourlets. Les zazous ! Tous des cinglés !



Ils ont envoyé paître Isabeau de Bavière aux Houches, Mère Térésa aux Outremers et jeté Isabelle la catholique aux oubliettes de l’histoire. Les zazous ! Mais quels barbares !

Ils ont semé la zizanie chez les Zoulous, chez les Aztèques, à Knokke-le-Zoute, joué du jazz afghan au kazoo, enflammé le Zaïre, mis le feu chez les Ougandais, se sont drogués à Ibiza, à Katmandou ou je ne sais où. Les zazous ! Rien que des fous !

Ils ont fini dans la tisane de l’oubli, oubliés de tous les pedzouilles qui ne jurent plus que par Chat GPT, madame Lia, la terre plate et le vaccin nul.

Ah que triste est le sort
De l’anticyclone des Açores
Lorsque l’histoire se résout
A une succession de fous
Qui mettent la pression
Puis tombent en dépression.

Pauvres zazous !

Mais, surtout,

Vivent les zazous !








SOURIRE EN MOUVEMENT (Marie Sylvie)

  


 

Un Zazou
C’est d’abord un sourire qui marche.  
Un sourire qui a mis des chaussures trop rapides  
Et qui traverse la ville en fredonnant des refrains  
Que personne n’a commandés 
Mais que tout le monde attendait.

Il avance avec une légèreté contagieuse
Comme si chaque pavé lui murmurait :
《 Allez vas-y ! 
Fais-nous rire un peu ! 》.  
Et lui docile s’exécute :  
Il cligne de l’œil au soleil
Il salue les pigeons comme des vieux copains
Il offre aux passants un éclat de joie  
Sans même s’en rendre compte.

Le Zazou ne se rebelle pas :  
Il désobéit par bonne humeur.  
Il déplace les ombres d’un coup d’épaule.
Il décoince les journées trop sérieuses.
Il remet du swing là où la routine s’était assise.

Et lorsqu'il tourne au coin d’une rue
On croit entendre derrière lui  
Un petit rire qui trottine encore
Comme un bonheur qui n’a pas fini de dire son nom.

 

 

Zazou, ronron ? (tiniak)

  


La banquette de la Panhard neuve couinait bien un peu, mais quel bonheur et quelle fierté de laisser derrière nous nos collègues de Lemonnier, puisque l’Oncle Fred nous y conduisait vers sa villégiature océanique, en ce premier jour des congés d’été. Direction : Pornichet.

C’était l’été ‘62 ! Tout paressait, neuf à nos yeux.
Le rouge vif de la Tonton-mobile était la cerise sur le gâteau de ces temps nouveaux, prometteurs d’un bonheur assuré par d’ineffables progrès.
Nouveau, le douillet gonflement de la poitrine de ma cousine; elle n‘avait pas feint d’ignorer l’étonnement goulu de mon regard ému.
Nouveaux, les titres diffusés par le poste de radio, intégré sous le rutilant tableau de bord de la conduite intérieure, au manche chromé et sa poignée d’ivoire.
Nouvelle, cette vive allure que s’autorisait l’Oncle Fred, prenant plaisir à klaxonner en dépassant les véhicules, plus ou moins fatigués, ployant sous les bagages, massés sous la lunette arrière jusque sur la galerie.
Tut, tut ! Voyage, voyage…

Nouvelle vague d’années : soixante !
Où même la Môme piaffe ne jamais rien regretter des temps perdus, passés.

Ça ! Il aimait faire le kakou, l’Oncle Fred sous son casque roux.
Même sa fille, côté passager, semblait assortie à sa panoplie de beau gosse. Je m’y étais préparé, d’ailleurs. Sitôt quittée ma blouse d’interne (au vrai, plus laid, tu meurs…), j’arborais une chemisette au jaune canari, mon pantalon à pinces dont j’avais repassé les plis, aux pieds, ces mocassins de toile immaculée - n’ayant jamais servi, et des soquettes blanches comme un sombre dimanche. Sur mon flanc droit, mon petit frère avait tout de l’école primaire, casquette à courte visière incluse. Et cet air de ne pas y toucher, masquant l'espiègle ruse. C’est bien simple : parole ! en revenant de la pompe à essence où je fus le dernier à m’être soulagé, quand je les vis tous patienter autour du rubis rouge sang, je crus avoir à faire à quelque panneau publicitaire. L’Oncle Fred en figure de  proue, disant qu’elle est finie, l’école.

Pornichet ! Pornichet ! Nous voilà arrivés. Rendus à la propriété familiale et sa façade dix-neuvième, blanche, jaune et boisée, trônant fière, sur le front de mer où montait la marée.
Nos parents étaient déjà là, aussi Tante Nicole, avec ses mèches folles. Passé le portillon, tous trois nous accueillirent sur les marches du péron. Mon père voulut les prendre, mais j’insistai silencieusement pour porter “comme un grand” ma valise en carton et celle en cuir gaufré de ma cousine Louison.
Le temps de s’installer, tous dans la même chambrée, de refaire le tour du propriétaire, en ne faisant pas mystère d’être tout étonnés de constater comme nous avions “poussé” depuis l’année dernière, l’horloge se mit à sonner l’heure de passer à table, dans l’auguste salle à manger en noyer véritable.

Comme à l’accoutumée, le repas fut fort animé. L’Oncle Fred aimant à rappeler à mon père quelques anecdotes salées de leur propre jeunesse, dans les coins et recoins de la localité, sur les rochers, la plage où les ruelles du village. Récits dont raffolait ma mère, beaucoup moins ma Tante Nicole. Laquelle raillait parfois : “...si seulement tu avais passé l’âge…!” Ce qui avait immanquablement pour effet, qu’Oncle Fred devenait grivois et qu’on nous expédiait aux étages.

Ce soir-là, cependant, ne prêta plus jamais à en rire…

Bien plus tard dans la soirée, des éclats de voix montèrent jusqu’à nous, depuis la fosse du hall d’entrée. L’instant suivant, nous entendîmes démarrer en trombe la Panhard de l’Oncle Fred égaillant le gravier de l’allée jusque sur la pelouse. Puis, il se fit dans la maisonnée comme un silence d’ombre.

Dès que mon frère se fut assoupi, Louison et moi sommes sortis, complices experts en catimini, dans le jardin touffu, avant de vite ! vite ! gagner la plage qui bruissait dans la nuit à deux pas de la route et son dernier virage.

Assis sur un rocher exhalant le varech, les pieds dans les clapotis de l’onde, avec le sentiment d’être enfin seuls au monde, nous nous donnions du bec…

Après ce qui nous parut un temps incalculable, la sirène d’un véhicule de police se fit entendre, toujours davantage, en direction de notre rivage, avant de s’éteindre en stoppant devant notre portail !
Deux fonctionnaires en uniforme sortirent pour extirper, d'une porte arrière, une ombre informe et dépenaillée à l’allure incertaine, au point qu’ils la portèrent presque, jusque sur le palier. Oui, c’était l’Oncle Fred, dans un piteux état !
Quand ils eurent disparu dans le hall d’entrée, après qu’on leur eût ouvert, nous nous faufilâmes par le garage, grimpèrent l’escalier extérieur vers sa porte de côté et regagnâmes notre étage, sans être repérés.

D’entre les barreaux cirés du cossu garde-corps, Louison et moi pouvions apercevoir l’Oncle Fred inanimé sur le banc du couloir, tandis que “les Grands” devisaient autour de cette foire.

Avant de s’en aller, les policiers remirent une note à mon père qui la transmit à Tante Nicole, laquelle ne sut que s’éclipser dans la salle à manger, soutenue par ma mère.
Mon père claqua soudain deux baffes sonores sur les joues de l’Oncle Fred. Le chiffon réagit à peine, à peine à grommeler.
Puis, retirant le poing de sa bouche où il l’avait fourré pour se contenir, mon père s’agenouilla près de son frère. Dans un long soupir, il lui prit le pouls, en médecin qu’il était. En bon médecin de guerre. Dont tous deux avaient réchappé.
Dans le silence béant de la fosse, il eut alors ces quelques mots que les murs réverbérèrent en montant jusqu’à nous :
“Eh bien, te voilà propre, à nouveau ! Fichu Zazou !” 
 
 

 


 

Laissez passer les zazous ! (Lilousoleil)

   

(Couplet 1)

Dans les rues de Paris, sous l’occupation,

Y a une drôle de bande qui crée l’agitation !

Ils s'en foutent des décrets, des cheveux bien tondus,

Ils ont des vestes longues qui leur tombent aux pendus.

Avec leurs parapluies qu'ils n'ouvrent jamais,

Et leurs grands cols blancs qui montent jusqu'au nez,

Ils swinguent au Pam-Pam, se fichent des jaloux,

Quand la police arrive, ils s'envolent d'un coup !

 

(Refrain)

Laissez passer les zazous !

Ceux qui ont de la pagaille dans les genoux !

Laissez passer les zazous !

Avec leur look complètement fou !

Ils ont des semelles en liège de trois mètres de haut,

Et des vestes à carreaux qui font peur aux corbeaux !

Attention, voilà les zazous,

Faites de la place, ou ils vont danser sur vous !

 

(Couplet 2)

Pour être un vrai zazou, faut pas être discret,

Faut une touffe de cheveux façon nid de pivert.

Tu t'habilles en fripes, tu mets des grands carreaux,

Et tu traînes tes guêtres du côté du métro.

Tu parles un anglais que personne comprend,

En écoutant du jazz en criant : « C’est épatant ! »

Ils n'aiment pas le rationnement, encore moins les uniformes,

Dès qu'on leur dit « Carré », ils répondent « Hors-normes ! »

 

(Refrain)

Laissez passer les zazous !

Ceux qui ont de la pagaille dans les genoux !

Laissez passer les zazous !

Avec leur look complètement fou !

Ils ont des semelles en liège de trois mètres de haut,

Et des vestes à carreaux qui font peur aux corbeaux !

Attention, voilà les zazous,

Faites de la place, ou ils vont danser sur vous !

 

(Pont - sur le ton parlé de Sim)

(Parlé) : Non mais vous les avez vus avec leurs pantalons trop courts et leurs cravates en ficelle ? Et ils appellent ça de la musique ! Swing, swing, swing ! Ah, mon pauvre monsieur, tout fout le camp ! Heureusement qu'ils ont de belles chaussettes blanches, au moins on les repère dans le noir !

 

(Couplet 3)

Les grincheux les regardent avec des yeux ronds,

En disant : « Ces jeunes-là mériteraient la prison ! »

Mais les zazous s'en moquent, ils préfèrent swinguer,

Sur un vieux disque de jazz qu'ils ont déniché.

C'est leur façon à eux de faire de la résistance,

Avec de l'insolence et un pas de danse !

 

(Refrain final)

Laissez passer les zazous !

Ceux qui ont de la pagaille dans les genoux !

Laissez passer les zazous !

Avec leur look complètement fou !

Ils ont des semelles en liège de trois mètres de haut,

Et des vestes à carreaux qui font peur aux corbeaux !

Attention, c'étaient les zazous...

(Crié à la Sim) : Et swing !!

 

Défi #927

   Il y en a pour tous les goûts   Ambiance