J'ai entamé (comme on le fait pour un pain frais et encore chaud) l'écriture de ce billet le jour de l'Épi...phanie !
Enfin... le jour où l'on célèbre son souvenir, pour peu qu'elle ait jamais eu la moindre réalité historique.
On m'avait conseillé "Fais latin-math, le latin aide à la compréhension du français, le français dérive du latin !".
Mal m'en a pris ! J'ai suivi le conseil et pour les maths je me suis paumé dans les méandres retors de l'analyse infinitésimale. Pour le latin ce fut bien pire : le latin, c'est un cas ! (enfin six...), mais puisqu'on m'avait promis de mieux comprendre ma propre langue.
Escrocs !
Prenons un mot au hasard, épi, par exemple.
Déjà, on voit mal où on a été chercher le lien entre ce mot français et son prétendu ancêtre latin : spica (à moins qu'un truc ténu du côté de "qui s'y frotte s'y (s)pique", peut-être?). Mais admettons !
Que nous apprend alors spica sur les mots français débutant par épi? Et c'est pas ça qui manque : épiderme, épistémologie, épicentre, épididyme (celui-là, je le connais bien : on m'a enlevé un kyste sur le gauche), épidémie, etc, etc...
Ben, rien ! Tout comme pour l'épiphanie du début, le préfixe épi de ces mots vient du grec et signifie "sur" ou "dehors"...
Bref, j'aurais dû "faire" Latin-Grec !
Et n'essayez pas avec "épilation" (qui est un é privatif de pilosité) ni "épier" qui vient du francique.
Donc, prenez-en de la graine : les conseilleurs ne sont pas les payeurs !


Tu as trouvé une bonne S spication !
RépondreSupprimerEncore une que j'aurais aimé trouver moi-même ! :-)
SupprimerLe commentaire de Nana te va comme un gant !
RépondreSupprimerParfois, je la jalouse un peu...
Supprimer« Faire » Latin-Grec et beaucoup de math n'était pas possible à l'époque. A une de mes condisciples qui voulait « faire » instit, on avait déconseillé d'aller en latine car le latin ne lui aurait servi à rien. Un autre bel exemple de conseil stupide vu que les instits se doivent d'être bons en français
RépondreSupprimerEh oui, les conseilleurs ne sont pas les payeurs disait-on dans mon (ancien) coin !
RépondreSupprimerOui, latin grec, j'adore ! J'ai fait du latin, pas assez et pas de grec, quel dommage ! Mais j'ai fait d'autres langues en plus du français, quel bonheur !,)
RépondreSupprimerJe n'ai pas appris le grec (ancien) et j'ai forcément tâté de quelques langues : anglais 2ème langue, néerlandais 3ème langue, l'allemand pendant mes études de chimie puis au boulot (je le parlais mieux que le néerlandais), j'ai même appris le russe pendant trois mois :-) .
SupprimerCe que j'aime dans les préfixes c'est ce qui vient après contrairement aux suffixes où il faut déjà avoir digéré ce qui précède ... bref je me comprends :)
RépondreSupprimerJe vous ai compris ! :-)
SupprimerRien n'est perdu ! Avec le temps, tu es devenu de plus en plus perd-spica-ce ! ;-)
RépondreSupprimerOui, je perds beaucoup en ce moment, surtout des mots...
SupprimerJ'ai aussi appris le latin au collège pendant trois ans et notre prof savait comment nous intéresser à cette langue morte en montrant combien elle était la racine de beaucoup de mots. Je crois que c'est à ce moment là que j'ai commencé à aimer les mots. Au moins il m'en reste quelque chose. ;-)
RépondreSupprimerSix ans moi ! Tout ce qu'il m'en reste, c'est de pouvoir lire la dates en chiffres romains ! :-)
SupprimerTrès belle e(x)p(l)ication pour un parcours épique😉
RépondreSupprimerGénéralement les parcours sont hippiques mais c'est bien de te plier à la consigne ! ;-)
SupprimerCher Walrus,
RépondreSupprimerUne analyse étymologique savoureuse !
Entre l'Épi...phanie et l'épiderme, on peut dire que tu ne manques pas de piquant (ou de spica !).
C'est une façon très originale et spirituelle d'aborder le thème.
Merci pour cette leçon de grec ... et de modestie pour les latinistes !
Brillant et très divertissant !
Bien amicalement, Marie Sylvie
Ben dis donc, heureusement que je ne boutonne plus le col de ma chemise ! :-)
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