samedi 17 janvier 2026

Mon Fournil Pour Un Rire De Cheval (Lothar)


Desire, like dough, doth rise unbid

Remix, pas gèné par les Mèmes ni par les Gènes, même :

Dans la veine d’une pièce de Shakespeare, voici un tout autre défi :
Partant de l’image de Fernandel en boulanger, tenant un grand panier de vienoiseries raconter une histoire du genre gènes VS mèmes : ici entre croissants turcs et biscuits de Vienne.
Bien sûr on reconnait le boulanger de Marcel Pagnol,
mais quel est son potentiel « érotique » ? Si ce mot a un sens, ici …

Bon. On va jouer au théâtre sans jouer au jeu interdit du « je reconnais donc je nomme ». Disons simplement ceci : un boulanger légendaire au visage élastique, au rire chevalin, sorti d’un cinéma méridional, surpris en plein geste sacré, panier d’osier au bras, regard en biais, comme s’il venait d’entendre le chœur murmurer une hérésie.

La scène
Un Fournil valse à Vienne. La farine vole comme des arguments qu’on ne réfute pas. Les religieuses en rang comme des sardines derrière le comptoir, n’en perdent une seule miette. Elles compteront les points.

Dans le panier d’osier vert, les viennoiseries face à face font bloc. Toutes. Elles ne sont pas neutres :
Les croissants turcs, arqués, conquérants, mémétiques, sont les porteurs de récits, de routes, de replis identitaires feuilletés.
Les biscuits viennois, un peu génois, même, plus massifs, génétiques, sont les héritièrs d’un ordre, d’une levure disciplinée, d’une pâte qui croit au temps long.

Nous sommes pile entre les Gènes (la pâte, la main, la sueur, la transmission)
et les Mèmes (la forme, le nom, le symbole, l’Empire du petit-déjeuner).

Acte III, scène unique
Le Boulanger, au Fournil, seul, balle au centre.

LE BOULANGER
Ô pâte rebelle, ô ma mie conspiratrice,
Tu te dresses sous mes doigts comme un désir ancien.
Croissant ou biscuit, qu’importe la frontière
Quand la bouche des hommes en réclame sa part ?

Il caresse le panier.

Oui, caresse. Mais restons adultes.

Le “potentiel érotique” (mot peu attendu, mais on y est)
Il n’est pas sexuel.
Il est alimentaire et symbolique, ce qui est bien plus dangereux.
– Le pain est chaud.
– Il est gonflé.
– Il est attendu.
– Il va être rompu.

Tout Shakespearien savait que le désir passe par ce qui se partage, se fend, se rompt, se distribue. Le boulanger est donc une figure puissamment érotique malgré lui :
il donnera forme,
il retiendra,
il relâchera,

et tout le monde dépend de lui sans jamais le remercier.

Son regard oblique dans l’image dit exactement cela :

« Je sais ce que je tiens, et vous n’aurez pas tout. »

Chœur final
Près du Fournil odorant,
Entre croissants d’Orient et biscuits d’Occident,
Le monde se joue dans un panier d’osier.
Les gènes pétrissent, les mèmes bavardent,
Et le désir, comme la pâte, lève sans permission.

Voilà.

Un Fournil comme champ de bataille civilisationnel.
Mon Fournil pour un rire de cheval,
Un boulanger comme deus ex levura.
Et une érotique du pain qui ne souille ni ne salit rien, sauf les mains.

FIN
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CHORUS (in the old tongue)

> Betwixt the crescent breads of Eastern lands
And Western loaves of sober, patient make,
The fate of men is weighed in wicker’d hands.

Here Genes do knead, with sweat and faithful palms,
Whilst Memes do prate, give names, and spread their tales;
And Desire, like dough, doth rise unbid,
No master call’d, no law observ’d, no leave once ask’d.

Mark well this Baker, lord of heat and time:
He shapes, withholds, and yields when pleas’d alone.
All hunger waits upon his common grace,
Yet none give thanks when mouths are duly fill’d.

Thus ends our play: a hand all dusted white,
A basket full, a world kept half in want.


Le défi du samedi, sujet #906 – Fournil

Bien sûr on reconnait le boulanger de Marcel Pagnol  

Quel est son potentiel érotique ? Si ce mot a un sens, ici

 

Within the Bakehouse stands the Baker of Disaster,
Sovereign of flame and hours unseen …

Le combat sans merci des Viennoiseries au milieu des Religieuses ébahies


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