Assise en tailleur au creux de ma chambre, je laisse ma respiration s’apaiser, devenir plus ample, profonde. La fraîcheur du bâton de santal qui brûle sur l’autel vient chatouiller mes narines et m’entraîne loin du chaos. Très vite, mes pensées s’invitent.
Qu’est-ce que je vais bien pouvoir manger ce soir ? Diantre ! J’ai oublié de mettre ma chef en copie à mon dernier mail. Bientôt week-end avec les copines, trop hâââte ! C’est l’anniversaire de ma mère ce week-end et encore une fois je n’ai toujours pas de cadeau ! Flûte, je vais être obligée d’aller faire les boutiques samedi !
Comme mon application de méditation n’a pas cessé de répéter, je les regarde, les salue de la main, range les plus importantes dans mon classeur interne pour y revenir après, et les laisse partir comme elles étaient venues. Bon, maintenant, j’y vais. Je me focalise de nouveau sur ma respiration et m’ancre aux battements de mon cœur. Je vais enfin pouvoir me rencontrer et discuter avec mon moi intérieur de mes aspirations. Faire mon introspection, quoi !
Une respiration, deux respirations, trois respirations….
Rrrrrrr….Rrrrrrr…Rrrr…Aieuh !!
Ne me voyant plus depuis au moins deux minutes, Gribouillis, mon adorable chat pot de colle vient de me rejoindre. Les ronrons apaisent l’esprit, parait-il. Les ronrons, oui, le patounage plein de griffes, non. Agacé par mon cri de douleur, mon matou me gratifie d’un coup de patte avant de se rouler en boule sur mon lit, histoire de m’avoir toujours à l’œil (et chasser les mauvais esprits, les chats ont la capacité de distinguer et de chasser les esprits maléfiques, tout le monde, enfin tous les amateurs de félin le savent).
Sous la protection de ma boule d’amour, je me reconcentre, non sans avoir vérifié que mon téléphone portable est bien sous silencieux et hors de la pièce. Je me connecte à mon corps, écoute mon cœur et mes poumons m’insuffler la vie. Les bruits du dehors passent en arrière-plan, je rends grâce pour être au chaud et en sécurité dans ma chambre, aimée et protégée. Ma respiration s’approfondit et bientôt, plus rien n’existe que moi, mon souffle et l’univers. L’enfant que j’étais et mon moi du futur m’accueillent et me sourient. Nous nous regardons, sans parler. Mon passé me félicite pour mes succès, les montagnes que j’ai franchies, les obstacles que j’ai surmontés, les victoires que j’ai obtenues. Mon avenir me montre l’infinité de mes possibles, je n’ai qu’à choisir et avancer, jour après jour. J’accueille le présent, cet instant parfait où la peur et les doutes n’ont plus leur place.
Je suis bien, je respire, je vis.
Ah mais c'est pour ça que la mediation ne marche pas chez moi, je n'ai pas Le Chat 🤣
RépondreSupprimerMerci pour ta méthode d'introspection qui me donne envie d'essayer . Je vais en parler à mes trois chats ... je sens que ça va ronronner !
RépondreSupprimerAh ben oui mais s'il faut des accessoires qui laissent des poils partout et qui griffent je préfère continuer à foncer sans réfléchir ! ;-)
RépondreSupprimerJe n'ai plus de chat. Mes enfants ont cru bon de le remplacer par un chien qui est une chienne, alors plutôt que ronron, c'est ouah ouah. Va te concentrer avec ça !
RépondreSupprimerPas facile de se pencher sur "son moi" Un véritable cha -llenge avec un élément perturbateur mais après quelques péripéties tu y es arrivée. Cha-peau ! ;-)
RépondreSupprimerJoli moment d'harmonie et de reconnexion avec soi-même (n'en déplaise à Monsieur Chat !)
RépondreSupprimerLa connexion à l'instant présent et à soi, la déconnexion aussi, le lâcher prise, la gratitude : je dis oui, et bien que n'ayant pas le chat (qui détruirait tout) ni les bougies (qui risqueraient de tout détruire), j'y arrive parfois !,)
RépondreSupprimerChère Clio
RépondreSupprimerQuel magnifique voyage !
J'aime beaucoup la transition entre le chaos des pensées parasites et cet instant de grâce où 'plus rien n'existe que toi et l'univers'.
Merci de nous rappeler que l'introspection est un chemin parfois semé de coups de patte mais qui mène toujours vers un présent apaisé.
Une très belle leçon de sérénité !
Bien amicalement, Marie Sylvie