samedi 7 novembre 2026

Logogriphe du moucharabieh (Joe Krapov)

 



image produite par Gemini


Voilà encore un vendredi où l’on s’abîmera la santé à chercher une amorce d’idée pour évoquer, ne serait-ce qu'un peu, le moucharabieh. Poète, courbe l’échine, prends ton luth et saisis l’ébauchoir !


Il faudra éviter de parler d’un harem, d’un boucher à l’extérieur, prénommé Brahim ou Hicham, qui se serait amouraché d’une des favorites du sultan ou du chah et qui, de désespoir, tenterait d’agresser le maître du palais à coups de hachoir. Quel brouhaha cela fera sur la place du marché quand, arrêté, amoché, couvert d’un camaïeu de bleus, on le mettra à l’ombre, on le livrera aux garde-chiourme avec la promesse assurée qu’on le crame incessamment sous peu sur un bûcher rien que pour lui !


On entendra alors le choeur des vierges s’élever de la populace du hameau :


- Où est-ce qu’on va l’acheter, nous, maintenant, le mouton pour le méchoui ? Y’en a marre de votre charia !


Non, merci ! Pas d’image d’un Maroc trop cruel, ça humera le macabre et on sort juste d’Halloween !


Peut-être vaudra-t-il mieux pénétrer dans le gynécée ? La caméra panoramiquera à l’ombre du moucharabieh. On entrera dans la chambre où Leïla se cambre pour danser la cumbia au son de Marcia Baila ! On s’ébahira de constater la présence de disques du groupe America, de Billy Cobham, de dévédés d’aérobic, d’un poster de Mariah Carey. Dans cet univers chamboulé, notre mâchoire choira par terre en découvrant dans le cabinet de toilette Chiara Mastroianni et Sophie Marceau en train de se faire belles. L’une est en train de peigner sa chevelure aile-de-corbeau et l’autre se met du rouge sur la bouche. Que font donc ces actrices au charme incontestable chez ce chameau polygame ? Elles bossent ?


Va-t-on rabâcher le scénario du narrateur qui se réveille et dit : « C’était un cauchemar ! J’ai dû manger trop de brioche avec Mircéa et Maurice à Saint-Brieuc !» ?


Comme d’habitude, quoi qu’on fasse, on aura pondu dans son cahier broché une copie mi chèvre mi-chou, un chouïa surréaliste, un chouïa sous la ceinture, surtout si l’on ajoute qu’on aurait pu parler – ils étaient dans la liste – du chibre de Brahma, de l’incidence de la chiure de mouche au plafond dans l’endormissement du petit Marcel, du vol d’Icare, de Corne d’auroch, de Lawrence d’Arabie et des bêtises de Cambrai en sus de la mienne.


C’est ça qui est pratique avec les marques de générosité des chimistes belges : quoi que j’écrive, même si ça n’est pas nickel-chrome (Ni-Cr !), je suis sûr que ça boumera toujours pour le boss ! Le cher oncle sait que je suis plus tenace qu’un morbac et que je ne chômerai jamais ! Surtout quand la mouche arabe y est !



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