samedi 14 décembre 2024

Tyrannie de la minceur. (Yvanne)

   

 Il y a quelques années, l'une de mes associations avait mis en place un concours de nouvelles au sein d'un établissement scolaire du département pour les classes de seconde, première et terminale. Membre du jury j'ai, selon l'ordre établi, lu tous les récits - une cinquantaine environ - et fait un choix pour ne conserver, selon mes appréciations et ma sensibilité, que les 10 meilleurs (pour moi).

Après délibération du jury, nous avons décidé de récompenser 5 nouvelles. Parmi celles ci figurait un texte sur la grossophobie. Lors de notre réunion la question s'est posée de savoir si vraiment nous allions retenir cet écrit tellement il avait impressionné, interrogé et aussi ému les quelques adultes que nous étions. Nous avons résolu, en définitive, de garder ce témoignage - car c'en était un - un peu inquiets quand même ne sachant pas de ce qui allait se passer au moment de l'attribution du prix. Il faut préciser que les lauréats devaient lire leur texte devant toute l'assemblée composée d' élèves, de professeurs et de parents d'élèves. L'auteure, une jeune fille, allait elle lire sa nouvelle   ? Le pourrait elle   ?

L'heure est toujours plus à l'apologie de la minceur et les réseaux sociaux tels Tiktok ou Instagram, fréquentés par beaucoup de jeunes n'arrangent pas les choses aujourd'hui. Cela entraîne chez les jeunes filles notamment, un besoin irrépressible de se conformer aux exigences parfois néfastes de la mode, bien souvent au détriment de leur santé. Il leur faut surveiller sans cesse les kilocalories consommées pour rester sveltes, voire même maigres. On imagine le regard de la plupart de ces ados sur une camarade trop ronde à leur gré. A se demander si elles ne font pas payer à celle, qui à leurs yeux, se laisse aller à trop manger - en éludant le fait que d'autres facteurs peuvent être responsables de surpoids - alors qu'elles en bavent pour rester fidèles aux diktats en vogue. Hélas, les mots accompagnent les coups d'œil réprobateurs et ils font mal.

C'est bien ce qu'exprimait cette jeune fille dont la nouvelle m'avait impressionnée. Elle racontait avec beaucoup de pudeur et surtout sans la moindre animosité, sans haine aucune ce qu'elle vivait tous les jours parce qu'elle avait quelques kilos en trop. La lycéenne a lu son texte très simplement, de façon détachée, sans se troubler et sans laisser paraître des sentiments hostiles. A l'issue de la lecture, il y a d'abord eu un grand silence dans la salle. Puis des applaudissements nourris ont suivi.

Nous avons tous été surpris par la maîtrise de soi de cette adolescente. Surtout – à notre grand soulagement – nous avons pu constater qu'elle avait l'air plutôt bien dans sa peau. Elle avait dépassé avec beaucoup d'intelligence le stade du qu'en dira-t-on. D'ailleurs, selon ses profs, elle était une excellente élève sans aucun problème.

Pour moi, et sûrement pour d'autres, elle avait mis le doigt sur le fait que nous souffrons d'être sous le joug de la mode dans bien des domaines et notamment celui de l'apparence, ce qui mène, là encore à une forme de discrimination quand vous n'êtes pas dans la norme. Quand cessera-t-on d'infliger, surtout aux filles et aux femmes, une conduite à tenir pour que leur corps ressemble à ce que veulent et la société et les magnats de la mode   ?  «  Un esprit sain dans un corps sain  » n'est ce pas là l'essentiel  ? 

 

K comme kilocalorie (Adrienne)








Bientôt Noël et ses cadeaux, alors sortez!

Ne restez pas là à attendre l'inspiration!

Allez, on vous aide: oubliez les chocolats et les cravates: qui porte encore un costume? qui ne compte pas ses kilocalories?

Frappez un grand coup qui bluffera tout le monde!

Offrez le masque de survie!
Il y a le modèle avec des trous pour les amateurs de glace framboises-myrtilles.
Il y a le modèle cyclope, pour ceux qui ont un strabisme.
Il y a le 'taupe' modèle, avec les gants assortis.

Et si vous voulez vraiment vous démarquer, offrez le nid de cigognes à poser sur la cheminée!

- Moi je crois que je vais rester bien à l'abri dans ma boule à neige, se dit la Fée Dragée.

- Moi je crois que c'est le moment de faire un bel autodafé, dit dans un coin le type qui fumait déjà d'impatience.

***

Merci à Joe Krapov pour sa consigne et à Walrus pour sa présence infatigable.

Du mambo au kilo (Kate)

   

- Kil...
- De 62 à 87.
- Kilos ?
- Années.
- Quoi ?
- La vague du mambo, Kate !
- Mais c'est des années 30...
- Oui, comme le livre d'Hemingway, "Les neiges du Kilimandjaro".
- Quel rapport ?
- L'Afrique !
- Mais le mambo est cubain.
- D'origine haïtienne, donc africaine !
- Et quel rapport avec les kilocalories ?
- La danse ! Regarde :
1962 : West Side Story


1987 : Dirty Dancing


- Si tu veux... Et le déclic ?
- Pour danser le mambo ?
- Oui.
- Je l'ai eu en 1978 en écoutant un nouveau chanteur français...
- Ah ! La "nouvelle chanson française", comme on l'appelait à l'époque ?
- "Papa mambo" !


- Et on en remet une couche en 1982 avec Gotainer !



- Plus rigolo !
- Plus rétro aussi, les décalcomanies...
- Et souvent réussie une chanson dont l'inspiration est littéraire !
- Et géographique ! Bon, je retourne à mon tour du monde à la voile. Qu'ils...
- Arrivent tous à destination !

Appelle-moi Joule ! (Walrus)

   

Tout ce que j'aurais pu vous raconter sur le sujet a été largement développé dans les commentaires sous le billet de proposition dudit sujet. Merci les filles !

Mon premier contact avec les calories (je parle du mot, pas du contact cuisant avec les poêles à charbon de mon enfance), c'était en cinquième primaire, le soir, quand l'instituteur avait décidé de me faire ingurgiter parallèlement le programme de sixième (la dernière année en Belgique). Il avait rêvé de me faire passer un an à l'avance l'examen cantonal (un truc tordu mais non obligatoire destiné à sanctionner la fin des études primaires). J'ai jamais compris pourquoi, il voulait peut-être faire de moi une bête à concours... Il avait un fils pourtant !

J'ai dû le décevoir : je n'ai terminé que troisième.

Mais revenons à l'énergie : à l'époque, le mot kilocalorie n'existait pas, cette quantité d'énergie s'appelait une "grande calorie" et se notait "Cal", la calorie de base la "petite calorie", elle se notait "cal" et valait le millième de l'autre (vous voyez les pièges associés à cette différence de symbole).

À l'époque, j'ignorais tout de l'imprécision associée à la définition même de ces calories, grandes ou petites (mais ça, vous l'avez lu dans les commentaires cités ci-dessus). C'est venu avec le cours de thermodynamique (Vous n'en avez pas eu ? Vous ne connaissez pas votre bonheur!). 

Il nous a donc été recommandé d'utiliser le joule (symbole J) dont la définition ne souffre d'aucune incertitude comme unité d'énergie (ou de travail : c'est la même chose... ) sauf qu'on imagine moins bien à quoi ça correspond. Quand on fait le calcul, on s'aperçoit qu'un joule, c'est pas très lourd comme boulot !

Alors, vous me connaissez : j'ai pris ni l'un ni l'autre, j'ai adopté le kilowatt-heure (symbole kWh). On voit mieux ce que c'est,  mais là, c'est le prix qui n'est pas clair...


Comment ?

Non, je n'ai pas parlé de diététique, c'était obligatoire ?
Vous seriez pas un ennemi du chocolat par hasard ?
Parce que là, on va plus être copains !
Non mais...

 

 

 

KILOCALORIE DE SOUFFRANCE (Marie Sylvie)

 


À chaque lever du jour, mon labeur commence,
La rue, souillée de maux, reflet de mon absence. 
Balayer, laver, récurer sans relâche 
Sous le poids des douleurs que mon cœur cache. 


Les kilocalories brûlées sous l'effort, 
Ne comptent plus dans cette tâche qui me mord. 
Mon employeur, indifférent à mes besoins, 
M'interdit même le temps d'une pause loin. 


Les régimes pour les maux des autres 
Ne sont rien face à  ce que j'endure, Ô traîtres. 
Mon corps se plie, se tord sous les contraintes, 
Chaque journée, une épreuve, une plainte. 


Les H.L.M  squattés, leurs souillures infâmes,  
Témoignent du mépris et des âmes en flammes. 
Chaque coin, chaque recoin, une bataille 
Que je livre seule, dans ce silence âpre. 


Mais malgré tout, je persévère, je lutte,
Cherchant une étincelle dans cette nuit brute. 
Le mot  " Kilocalorie " pour moi reste une guerre,
Un combat quotidien, un cri dans l'univers. 


Aujourd'hui encore, je porte ces souffrances, 
Des stigmates invisibles, des douleurs en danse, 
Mon corps en garde la marque, les cicatrices,
De cette rue sans fin, de ce labeur qui se glisse. 


Mais dans ces vers, je trouve une catharsis, 
Un écho de ma voix, une force qui s'élance. 
Pour toi qui lis, sache que dans chaque kilocalorie, 
Se cache une histoire, une vie, une survie.
                

* * * * *


K.ilos de peine et de sueur 
I.ncessant labeur dans l'ombre 
L.umière absente, les heures
O.ndes de douleur dans chaque membre.
C.ompter chaque calorie brûlée
A.pprivoiser le régime imposé
L.uttes invisibles, tensions accumulées 
O.mbres de souffrance, corps épuisé 
R.ésister aux besoins naturels 
I mposer un rythme infernal 
E.ndurer sans fin ce cruel combat. 
                     

Trek d’été (Lecrilibriste)

   

 

Cet été, trek sur le Kilimandjaro
Pour faire fondre mes kilos en trop
Sur le barème des kilocalories
Ils figurent en vert de gris
Et c’est pas joli, joli !

Mais pour cet ultime défi
Avant de partir pour le Paradis
J’hésite il est vrai
Entre la voie Marangu
Préférée des manitous
La voie Lemosho
Férue des aficionados
Et la voie Machame
Où l’on proclame
La vue sur le mont Meru
Absolument imprenable

Mais je n’ai pas trouvé
Après avoir bien cherché
D’étude prouvée détaillée
Sur la perte des calories
Envisagées pour ces défis

Aussi, je vais attendre un peu
Que des chercheurs sérieux
Et non pas poussiéreux
Traitent le sujet un peu mieux
Avant de m’élancer illico
À gravir le Kilimandjaro !

 

samedi 7 décembre 2024

Défi #850

 Un vieux truc m'est revenu
via le "ver" matinal :


 Alors, j'avais pensé vous proposer

Kilimandjaro

un truc sur lequel tout le monde semble
vouloir grimper aujourd'hui, ce qui fait
craindre pour la propreté de ses neiges.

 

Mais je vais me montrer "raisonnable"
(dans la mesure de mes moyens)
et choisir un truc lui aussi bien
dans l'air du temps :

Kilocalorie

 

 
 

Ont préféré la cuisse à l'aile

 

 


 

  

Marie Sylvie ; Vegas sur sarthe ; Walrus ; Yvanne ;

La jarretière (Lecrilibriste)

 

 

Oh ! la jarretière de la mariée
Qui c’est qui l’a attrapée ?
C’est Sylvère
Sylvère qui veut se marier
Qui veut se marier
Avec Bérengère
Mais Bérengère ne veut pas
C’est pas sa tasse de thé,
le Sylvère
C’est le fils du cantonnier
Adam qu’elle préfère
Mais Adam son bien-aimé
n’aime pas Bérengère
Lui, il aime la mariée
Il s’en fout de Bérengère
Y s’rait bien allé la chercher
La jarretière
Sous la robe de la mariée

La ronde des cœurs meurtris
Tourne, tourne avec la vie

Mais la vie est un dilemme
Faut trouver des stratagèmes
Pour résoudre les problèmes
Qui ne se résolvent pas
 

 

J'arrête ! (Joe Krapov)

 

Mais il veut rire, l’oncle Walrus ? Il ne manque pas d’air en espérant me voir jeter sur le papier un long texte bien étiré sur ce rite imbécile qui consiste, aux mariages, à retirer avec les dents la jarretière de la mariée !


Ce n’est pas que je redoute l’ire de nos amies écrivantes, que je craigne qu’on me jarte de ce bienheureux terrier du Défi où il fait bon être. Que je me tire à l’autre bout de la terre, sur les bords du lac Erié, ou que je veuille me mettre au vert en Eire ou à Jarrie en Isère n'est pas dans mes projets ; mais jouer le reître masculiniste à nouveau en évoquant avec plaisir et salacité ce qui se situe au-dessus du rohmérien genou de Claire ou sous les souchoniennes jupes des filles, cela fait de ma part l’objet d’un rejet certain.

 


Tant pis si l’on rit de moi mais désormais ma parole sera rare, je ferai le tri et je ne réerai pas, je ne bramerai plus, du moins en public, mon goût pour les fanfreluches, bagatelles, bigoudis, choses de l’amour et du sexe. Une autre ère s’est ouverte : il faut se tenir ferme sur son jarret partout où l’on va, assurer ses arrières : l’accusation de sexisme est là, terrée dans l’ombre, à un jet de pierre, prête à vous tomber dessus dès que vous écrivez le mot « soutien-gorge » ou « porte-jarretelles ». 


 J’ai donc procédé cette semaine à un tir en touche et je suis allé errer un moment dans la notice de l’ordre de la jarretière chez Madame Wikipe où j’ai retrouvé le bon chevalier Saint-Georges. J’ai aussi rejeté l’idée de réitérer une variation sur son dragon mais j’ai été séduit par l’histoire d’Edouard III :

 « Le 23 avril 1348, lors d'un bal à Calais, il dansait avec sa maîtresse, la comtesse de Salisbury. Celle-ci ayant, en dansant, fait tomber sa jarretière, le roi, galamment, la ramassa sous les quolibets des danseurs, la mit à son propre genou et coupa court aux railleries par ces mots : « Messieurs, honi [sic] soit qui mal y pense. Ceux qui rient maintenant seront très honorés d'en porter une semblable car ce ruban sera mis en tel honneur que les railleurs eux-mêmes le chercheront avec empressement. ».


 Rira bien qui rira le dernier ! Et l’amour des hochets dans la perfide Albion qui n’a toujours pas connu de « Ah ! Ça ira ! » est tel que cet ordre chevaleresque perdure encore aujourd’hui !


Je vous gratifierais bien ici d’un « Ite missa est » mais avant que l’échelle soit tirée, je vous fais cadeau d’un rai de lumière sur la présence du morceau musical ci-dessous. Il est signé Ken Hensley, s’appelle « The Park » et est tiré du deuxième album du groupe de rock Uriah Heep intitulé « Salisbury », sorti en 1971 !


 Au jeu de marabout-bout de ficelle des mots du Défi, on retire toujours quelque chose, ne serait-ce que de la nostalgie !




Dessous et dessus (Adrienne)

   

A l'âge de cinq ans, mini-Adrienne est fascinée par les mystères du monde des adultes.

Des adultes en général et de sa grand-mère en particulier.

Prenez par exemple ce moment de l'effeuillage du soir.

Le soulagement bien visible de grand-mère quand elle décide qu'elle peut ôter son corset et "se mettre à l'aise".

Pourquoi s'impose-t-elle cet instrument de torture, se demande la petite.

Les dessous de grand-mère sont des mystères à eux seuls.

Comme ces bas qu'elle accroche à de petits boutons!

Aura-t-elle aussi tout ce travail pour s'habiller, quand elle sera grande?
Est-ce cela, être une femme?
Soutien-gorge, chemise, corset, jarretelles, bas de soie, tant de petits crochets à fermer sans se tromper, tant de soins et de délicatesse avec les bas, auxquels la petite n'a pas le droit de toucher.

Et quand grand-mère est enfin prête, avec la robe passée précautionneusement par-dessus tout le reste, et les chaussures à talons aux pieds, il faut encore se recoiffer, parce que toutes ces opérations ont un peu défait l'ordre impeccable de la chevelure.

Puis on se rapproche du petit miroir rond pour se mettre du rouge aux lèvres et on espère que grand-père ne s'est pas impatienté... et qu'il sera content du résultat ;-)

Bref, à cinq ans mini-Adrienne connaissait le mot jarretelles.

Mais pas le mot jarretière ;-)

 

De toutes les couleurs (Kate)

 

De toutes les couleurs
Les grand-mères des grand-mères

Laborieuses ouvrières
Bonnes à tout faire
Paysannes, fermières
D'autres couturières
Comme dans la chanson de Béranger
Oui, François

Tu vois ?
Ou d'autres la jambe légère
Comme dans le poème de Béranger


Oui, Pierre-Jean
Évoqué par Maupassant
Dans "La Maison Tellier"

Où les filles de joie
Pleurent
De bonheur
Non pas pour une jarretière orange
Couleur étrange
Mais pour, ma foi
La communion de Constance
Qui les ramènent à leur enfance...
Ma grand-mère
A moi
Mettait des bas
Avait trouvé mari
Pas des plus gentils
Une vie de souffrance
Comme sa mère
Qui l'avait mise à l'Assistance
J'ai aussi son prénom
Que porte une féministe de renom

Née à Paris
Elle aussi
Les jarretières
Des grand-mères
De toutes les couleurs
Comme leurs colères...
(photos extraites de :

et

)

Vive la mariée ! (Walrus)

   

Avez-vous vous aussi assisté à cette étrange (ou stupide, c'est au choix) coutume, lors d'une soirée de mariage : la vente aux enchères de la jarretière de la mariée ?

Il y a bien longtemps, j'ai assisté à ce genre de manifestation. C'était au mariage de la cheftaine de troupe des éclaireuses de mon unité (oui, chef d'unité, c'est pas un boulot de tout repos : vous êtes invité à tous les mariages célébrés lors de votre prestation et même aux baptêmes conséquents si vous restez assez longtemps en service).

Cette charmante demoiselle épousait donc un musicien bolivien trouvé dans la rue (les immigrés, c'est pas vraiment nouveau...). Musicien multi-instrumentiste à qui je dois reconnaître un talent certain. Ici, il chante mais je n'ai pas retrouvé (en fouillant mes neuf classeurs de 100) le CD de musique des Andes avec son groupe, il est peut-être chez mon fils. (Si en suivant le lien vous cliquez sur "plus" dans le commentaire sous-jacent, vous pourrez lire un résumé de la vie de ce musicien écrit par sa fille Anahi, une gamine que j'ai fait sauter sur mes genoux à la Chaskañawi quand elle était bébé, chose qui serait un exploit aujourd'hui vu la  stature pour le moins athlétique de la chère enfant)

Mais la question n'est pas là...

Ça me fait donc tout bizarre de voir la demoiselle dévoiler sa jambe en soulevant sa robe de mariée. Jambe que par ailleurs je voyais sans émotion dépasser de sa jupette d'uniforme presque chaque weekend  à la fin des réunions.

Je suis sans doute ainsi fait : un bout de coup de pied dépassant d'une robe longue me remue plus que sa propriétaire complètement dénudée (bon, je vous l'accorde : c'est rare que j'aie l'occasion de vérifier la chose et ce n'est donc pas, selon une expression fort répandue dans la pub aujourd'hui, "scientifiquement prouvé" (si vous voulez m'aider à tester, Madame, je suis prêt...).

Donc, les enchères commencent et s'enchaînent. Il m'a semblé que la chose pesait de plus en plus à l'exhibitionniste malgré elle, alors, j'ai balancé une enchère extravagante qui a clôturé la vente.

Non, je n'ai pas invoqué la tradition pour détacher la chose avec les dents, la mariée l'a enlevée elle-même et me l'a donnée. Comme je ne savais trop qu'en faire, je l'ai stockée dans mon cartable et elle m'a accompagné au boulot pendant des années, jusqu'à ce que je la restitue un jour à sa porte-jarretière d'origine, laquelle, une excellente choriste, a récemment émigré en Bretagne, j'ignore si elle a emporté sa déco de cuisse là-bas...

 

Jarretière, dentelles et falbalas (Yvanne)

   


Quand on parle de jarretière on pense évidemment à celle de la mariée lors de ses noces et au jeu qui s'y rapporte. On peut trouver ce jeu démodé, vulgaire et même sexiste. La tradition a bon dos parfois. De toute façon il n'y a plus beaucoup de cérémonies de mariages aujourd'hui et on procède différemment pour amuser la galerie afin de ne pas avoir l'air ringard. Mais il y a 3 ou 4 décennies, on convolait encore et on vendait la jarretière de la reine de la fête pour que le nouveau couple dispose d'un peu d'argent. Il n'y avait pas d'enveloppe avec un chèque la plupart du temps. On offrait des cadeaux choisis par les mariés s'ils avaient dressé une liste ou bien chacun faisait à sa convenance. Ce qui n'était pas une réussite très souvent. Et on n'osait pas se débarrasser du service de table de la tante Jeannette ou du miroir tarabiscoté du cousin Albert par la suite car il était de bon ton de pouvoir flatter les généreux donateurs quand ils vous rendaient visite, en exhibant leurs bienfaits. Bref.


J'ai assisté à quelques unes de ces célébrations et une en particulier m'a laissé un souvenir mitigé quant aux jeux qui ont suivi la pièce montée et les premières danses. Le garçon d'honneur du marié s'était improvisé animateur pour la soirée et les idées farfelues pour divertir les invités ne lui manquaient pas. L'une d'entre elles justement avait trait – il paraît - à la jarretière. Mais il ne s'agissait pas de celle de la mariée qui avait mis pudiquement son tour de cuisse en rubans et dentelles aux enchères sans rien montrer de ses gambettes potelées. Et ce qui suivit n'était plus du tout pudique.

Douze chaises furent disposées dans la salle, six face à face. Le boute en train choisit six couples au hasard – ou pas ! Les messieurs prirent place sur les chaises de gauche et les dames furent priées de s'asseoir sur celles de droite. On apporta des foulards et on banda les yeux des hommes. Il leur fut demandé de chercher, parmi la gent féminine celle qui partageait leur vie à partir d'un élément de leur anatomie  et pas n'importe lequel : le genou. A tour de rôle, ils s'agenouillèrent devant chaque femme et se mirent à tâter...à tâtons mais avec persévérance et insistance. Les mains se mirent tout à coup à dépasser les bornes chez certains qui n'attendaient que ça pour profiter de la liberté qui leur était largement offerte.


Des rires indélicats fusèrent. Des sourires gênés ou réprobateurs marquèrent plusieurs visages. Pas une seule des femmes concernées ne bougea cependant. On vit bien quelques gestes pour tenter d'arrêter ces actions que je trouvais, quant à moi déshonorantes. Mais le jeu alla quand même à son terme sans que personne n'intervienne vraiment, sans doute pour ne pas avoir l'air de vouloir gâcher la fête.


La question est de savoir si aujourd'hui, à l'heure de « me too » ce genre de situation pourrait se produire et quelles en seraient les conséquences. J'ose espérer que l'on stopperait vite fait la montée de testostérone chez ces mâles au comportement machiste avant qu'ils puissent sévir. Faire la fête lors d'un mariage - sans tomber bien sûr dans la pruderie - ne veut pas dire se conduire comme un goujat. « Honni soit qui mal y pense » ! 

  

Virage de bord (Vegas sur sarthe)

 


Il y a bien longtemps j'étais serial-loffeur
de ceux qui ont toujours une crampe à la barre;
je me sentais alors le plus beau des quillards,
sur la mer ou la fille, j'étais navigateur.

Sous le vent le grand voile, cherchant la jarretière
d'une belle Carène, Brigantine ou Génoise
j'en ai bordé des lits, détourné des rivières,
respiré des embruns, fait fumer des gauloises!

Mais Skipper le dauphin mûrit et prend de l'âge,
cramponné, ballotté, bouée de sauvetage,
le cœur à la dérive et déçu par l'Amure
il se sent un peu mou, comme un coup de bromure.

Sais-tu Navigateur, quand le cœur se gangrène
l'Ecoute se durcit, tu traînes ta Misaine
tu scrutes l'horizon, il n'y a plus que toi
et pour changer de Gîte il ne tient Cacatois.

Largueur ou bien largué, c'est vous qui (lou)voyez,
mais l'horizon est grand et, seul à la godille
se pose la question: des garçons ou des filles...
et vous voilà soudain troublé, embarrassé.

  Alors j'ai regardé ma cuti sans remords, 
  j'ai tiré le vieux phoque et j'ai viré de bord

   

LA JARRETIÈRE ENCHANTÉE (Marie Sylvie)

   

Dans un royaume lointain, d'une splendeur oubliée, 
Vivait une princesse à la beauté enchantée. 
Elle portait en secret une jarretière brodée, 
Symbole d'un amour éternel et fidèle. 


Cachés sous les plis d'une robe délicate, 
La jarretière racontait des souvenirs d'autrefois, 
Des promesses murmurées, des nuits étoilées,
Des cœurs liés par des fils d'or et de soie. 


Le prince, vaillant chevalier de renom, 
Revint des combats, son cœur plein de passion.
À genoux devant elle, il trouva la jarretière, 
Un gage d'amour,  de retour et de lumière. 

Dans la grande salle, sous les lustres éclatants, 
Il dévoila le trésor, devant tous les présents. 
La jarretière brillait tel un astre dans la nuit,
Révélant leur amour, leurs espoirs, leurs envies. 

Les courtisans émerveillés, applaudirent en chœur 
Ce moment de tendresse, de joie et de ferveur. 
La jarretière enchantée, par magie se lia, 
Unissant leurs cœurs, à jamais, ici-bas. 

Ainsi, dans ce royaume où l'amour était roi, 
La jarretière devint symbole de foi.
Un souvenir précieux, transmis de main en main, 
Portant l'écho d'un amour éternel, sans fin .
  

samedi 30 novembre 2024

De quoi se sont-ils fait l'écho ?

            Walrus ; Laura ; Lecrilibriste ; François ;