J'avais
juste quinze ans ignorant tout des filles
je
courais les sous-bois à défaut de jupons
je
me croyais Merlin en forêt de Paimpont
j'ai
trouvé l'aspérule au parfum de vanille
Etait-ce
par pudeur ou par sournoiserie
de
mon joli bouquet destiné au corsage
elle
en fit l'infusion et d'autres gaspillages
en
bourra ses coussins avec espièglerie
On
dit que ce breuvage est des plus sédatifs
provoque
des vertiges et laisse en pâmoison
j'ai
par mille détours retrouvé la maison ...
Il
reste sur ma peau ces effluves de foin
l'image
du Gaillet qui flottait dans son bain
ou
ai-je tout rêvé, benêt, inoffensif ?
* Gaillet odorant, Reine-des-bois : autres noms de l'aspérule
Ce parallèle entre le "Faites du bien aux ânes" et "offrez des fleurs aux femmes est superbement élégant. L'on voit bien cette semaine que le patriarcat qu'on reproche tant aux messieurs n'est pas quelque chose d'inné.
RépondreSupprimerLes cadeaux peuvent être diversement appréciés ... c'est d'abord l'intention qui compte :)
SupprimerEs-tu certain que tu étais seul dans ce bain ?
RépondreSupprimerSi l'on était plusieurs je fus sans doute le benêt de bain :)
SupprimerÇa sent bon les premiers émois, je me demande ce que nos jeunes aujourd'hui garderont comme souvenirs de leurs premiers coups de cœur... des coups probablement 🙃
RépondreSupprimerOn était déjà désorientés autrefois dans nos premières expériences et il est difficile de se mettre à la place de nos jeunes à l'époque actuelle tant le décalage est abyssal. Les protéger si nous le pouvons et les laisser vivre aussi... pas facile
SupprimerJoli poème charmant et tendre sur la beauté des petits cadeaux qui donne tout son charme à la relation amoureuse naissante 🥰 (et à poursuivre bien sûr).
RépondreSupprimerCharmant et tendre ... ça n'est guère mon style mais l'aspérule a eu raison de moi
RépondreSupprimerLa coquine ! Elle t'a fait boire sa tisane d'aspérule et ensuite t'a couché sur son oreiller. Pauvre gamin de 15 ans ! Je parie que tu y es quand même retourné chez la belle. :-)
RépondreSupprimerCher Vegas sur Sarthe,
RépondreSupprimerQuel magnifique récit de jeunesse à la fois tendre et orinique !
Ta plume enivre presque autant que l'infusion de l'Aspérule que tu décris.
Un grand merci pour ce partage poétique plein de charme et de pudeur !
Bien amicalement, Marie Sylvie