samedi 14 mars 2026

Disharmonie du soir (Monsieur X)

   

 


Laisse-moi dans la lune encore,
Encore un peu, jusqu'à demain, 
Jusqu'à ce qu'elle s'évapore
Dans le bleu rose du matin ;

Laisse-moi dans mon impatience 
De ne rien savoir de demain, 
Remballe-moi toute ta science, 
Ton vieux grec et ton cher latin 
Car, là, j'ai besoin d'insouciance ! 

Ton cher latin, mon charlatan, 
Pour l'heure, je n'en ai que faire. 
Quant à ton vieux grec, s'il m'entend, 
Qu'il apprenne enfin à se taire ;

Surtout, qu'il taise ses gros mots, 
Soi-disant savants ! Je préfère 
Des plus petits et des moins gros 
Qui, eux, ne font aucun mystère, 
Ne mentent guère, et restent beaux. 

Tiens ! Prenons "néphélomancie", 
Au hasard... Vois-tu, ton vieux grec
Te l'a appris - belle idiotie ! - 
Pensant t'en mettre plein le bec ;

À quoi pourrait-ce t'être utile ? 
Ça vaut moins qu'un quart de kopeck ! 
Ton intelligence subtile
Ne finira pas raisin sec
Par manque d'un gros mot futile... 

D'ailleurs, plus personne ne croit
Ce que racontent les nuages.
Sauf toi, peut-être... Et, c'est ton droit ! 
Quoique... Quand je vois des nuages... 

Allez, laisse-moi maintenant, 
Va m'attendre au tournant !



 

9 commentaires:

  1. Tu as raison, pour rêver dans les nuages, il faut d'abord se débarrasser du fardeau de ce vieux grec insipide

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  2. Pas facile de mettre son cerveau au pain sec pour laisser l'insouciance regarder les nuages...

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  3. Ah, toi non plus, comme Philaminte, tu n'entends pas le grec !
    Ce qui ne t'empêche pas de développer le sujet...

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  4. Trop beau ton poème ! Mais est-ce q'un petit mot trop joli te fait du bien quand on te fait une queue de poisson sur l'autoroute ???

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    1. Question piège 😁... (une queue de poisson sur l'autoroute quand même, quoi...)

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  5. Je pense que malgré tout tu crois aux nuages !

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  6. La poésie l'emporte haut la main et les nuages ne sont que partie du paysage extérieur et secondaires par rapport au paysage intérieur : merveilleux, quand tu nous tiens !

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  7. Merci pour ce moment de poésie !
    Votre plume nous rappelle avec brio que l'intelligence n'a pas besoin de "gros mots" pour briller.

    Un récit rafraîchissant qui donne envie de regarder les nuages d'un autre œil.
    Bien amicalement, Marie Sylvie

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  8. Ah, laissez-nous deviner... Un peu de prosaïsme dans cette poésie ? ;-)

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S'y sont cassé la voix

     Laura ; Walrus ;