samedi 14 mars 2026

Néphélomancie (Joe Krapov)

 




Que voulez-vous que je devine
Par l'examen de la nuée ?
Que, sans intervention divine,
La planète est exténuée ?





Dans ces grands paquets de coton
Observer le vol des oiseaux ?
Parfois ils quittent nos coteaux
Pour chercher meilleure saison.

Cela est-il de bon augure
Pour l'ample geste du semeur,
L'intempérie qu'on préfigure
Et l'agriculture qui meurt ?




Je ne suis pas Maïakovsky
Lequel vêtit, tailleur oblong,
Au temps des cadavres exquis
Un nuage d'un pantalon !



Je ne ressemble pas vraiment,
N'ayant le crâne rasibus
Ni le cheveu interrogeant
Au brave professeur Nimbus.




Laissez-moi vivre en poésie
Devant la peinture mystère !
Tant pis si c’est de l’hérésie,
Si l’avenir est délétère !

Dans cette ivresse où il macère
Au fond qu’est-ce que cela fait
Que je ne lise pas les viscères,
Encore moins le marc de café ?

Est-ce vraiment fondamental
De voir qu’on ne sait où on va ?
Tourne la boule de cristal,
Peut-être qu’il y neigera !




Nul nuage n’est anodin,
Toute parole est anxiogène
Tout est clair comme du Boudin,
C’est toi qui hallucines, Eugène !

Trouver beau, l’air de rien,
Le merveilleux des nuages
C’est un peu comme entendre
Le froufrou des étoiles
A l’auberge de la Grande ourse !

Sans besoin de rien (en)fumer !
 

8 commentaires:

  1. Et si pour sortir de l'exténuation, on prenait le temps de regarder les nuages ?

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  2. à tous ces clins d'oeil je me suis bien marré entre deux cafés, tu as même réussi à y cumuler le Nimbus !
    Merci pour ce moment

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  3. Tu as bien raison : demain sera suffisamment pénible pour qu'on s'en inquiète aujourd'hui !
    Et ton professeur Nimbus me rappelle le jour où j'ai découvert dans une quincaillerie flamande qu'en néerlandais, une clé Allen se disait "Een inbussleutel".

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  4. Comme chez Kate, je reste sur ta dernière strophe, la poésie me fait du bien !

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  5. Tiens, voilà du Boudin ! Mais du Eugène, quand même ! Ça fait du bien, et ton texte aussi, bien sûr !,)

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  6. Quelle poésie !

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  7. Ta poésie est belle et ne cache rien des maladies profondes de notre planète. Croyons en l'intervention divine ;-) pour y remédier.

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  8. Cher Joe Krapov

    Quel plaisir de vous lire !
    Votre récit est une véritable leçon de néphélomancie, entre références classiques et observations poétiques.
    J'ai particulièrement apprécié votre manière de décrire ces nuages qui se "fendent la pipe" devant nos interprétations.
    C'est brillant et plein d'esprit.
    Bien amicalement, Marie Sylvie

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S'y sont cassé la voix

     Laura ; Walrus ;