Ce ferment-là n’est ni dans le chou ni la rose,
Mais la pluie a gorgé la souche du cyprès
Par l’éclair squelettique en la région morose,
Sous la place nommée : « Aux Gisants ci-après ».
Ils se sont relevés dans un feu d’artifice,
Sans souvenir aucun, sous le souffle jauni
D’un meneur en moonwalk hurlant pour son office,
La troupe a mis en train son grand corps dégarni.
Ô meneur, commandeur sur les glyphes du monde !
Que ton bras séculier, ton regard écorché,
Les emmènent ailleurs vers la source féconde,
Vers la vallée herbeuse au décor déhanché !
L’étoile marche droit au bas de la fissure,
L’horloge se trémousse en déambulations,
Et puis … l’Humain revient … ta femme s’en rassure,
Mais ton rire et tes yeux lui taisent les options …
PL
Je voudrais graver le dernier quatrain dans le marbre, ou plutôt sur une peau de mouton. Sur cette peau il y a déjá un ancien poème :
Le vent grignote,
les toits s’effacent,
ombre après ombre.
Donc je prends ma peau de mouton, un grattoir, puis un calame :
Pour « concatener » en patie avec :
L’étoile marche droit au bas de la fissure,
L’horloge se trémousse en déambulations,
Et puis … l’Humain revient … ta femme s’en rassure,
Mais ton rire et tes yeux lui taisent les options …
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Méthode :
Sous mes phrases,
il y a des phrases.
Je gratte –
un peu d’encre cède,
un peu de moi avec.
Ce que j’efface insiste :
une hanche de mot,
un verbe mal enterré,
le nerf d’une ancienne lumière.
J’écris par-dessus
comme on ment doucement,
pour ne pas réveiller
les morts exacts.
Mais ils remontent,
en filigrane,
dans les silences trop propres.
Alors je laisse
des manques,
des trous respirables,
et, sous la peau du texte,
quelque chose grésille encore —
un premier jet
qui refuse
d’avoir eu lieu.
…
Nous voilà partis pour écrire sur… de l’absence qui fuit. On ne choisit jamais la facilité, bien sûr, ici sur ce défi.
D’oú ensuite l’idée d’écrire ce « Poème en creux » :
Je traverse la peau
déjà griffée.
Rien ne tient longtemps
sous moi.
J’entre
par les failles,
je m’infiltre
dans les mots mal recousus.
Un toit hésite,
je le sens céder
grain après grain.
Je touche l’éclat
qui glisse encore
au bord de la fissure –
il me reconnaît.
J’ai remué des heures,
j’en remue d’autres.
L’horloge tressaille
et s’ombre
quand je passe.
Parfois quelqu’un revient,
ou croit revenir.
Je le prends
par les yeux.
Je n’efface pas :
je recommence.
Je laisse des traces
qui ne devraient pas rester.
Sous la laine raclée,
je travaille encore.
Je ronge,
je recommence,
je recommence.
Eh oui, le passé est toujours sous-jacent , quels que soient nos efforts pour l'effacer !
RépondreSupprimerQue de traces infinies pour garder des bouts du monde.
RépondreSupprimerInspiré, le Cavalier !
RépondreSupprimerOn n'oublie pas et les souvenirs s'ajoutent indéfiniment aux souvenirs. Notre mémoire est un palimpseste où s'accumule le vécu.
RépondreSupprimerCe que j'aime le plus : "Sous mes phrases,
RépondreSupprimeril y a des phrases. Je gratte –un peu d’encre cède,un peu de moi avec.