Lorsque j’étais jeune
Je tatouais pour manger.
Artisanal
Artisanal
Sauvage
Avec l’urgence pour encre
Et la débrouille pour atelier.
Pour vendre mon travail
Je me suis écrite moi-même.
Un T pour Terre
Un F pour Feu.
Je voulais les quatre éléments
Tel un alphabet de force gravé dans la peau.
Puis l’hésitation est venue
Minuscule mais tenace
Tel un caillou dans la chaussure.
Pour l’Eau fallait-il un E
Fidèle à l’orthographe
Avec l’urgence pour encre
Et la débrouille pour atelier.
Pour vendre mon travail
Je me suis écrite moi-même.
Un T pour Terre
Un F pour Feu.
Je voulais les quatre éléments
Tel un alphabet de force gravé dans la peau.
Puis l’hésitation est venue
Minuscule mais tenace
Tel un caillou dans la chaussure.
Pour l’Eau fallait-il un E
Fidèle à l’orthographe
Ou un O
Fidèle au murmure du mot lorsqu'il roule dans la bouche ?
Pour l’Air fallait-il un A
Clair telle une voyelle levée
Ou un V
Pour le Vent qui traverse tout sans demander la permission ?
Je ne savais pas choisir.
Et l’indécision parfois pique plus fort que l’aiguille.
Alors j’ai effacé les lettres
Du moins j’ai essayé.
La peau a gardé la mémoire mieux que moi.
Sous la cicatrice il reste encore
Le fantôme du T
Fidèle au murmure du mot lorsqu'il roule dans la bouche ?
Pour l’Air fallait-il un A
Clair telle une voyelle levée
Ou un V
Pour le Vent qui traverse tout sans demander la permission ?
Je ne savais pas choisir.
Et l’indécision parfois pique plus fort que l’aiguille.
Alors j’ai effacé les lettres
Du moins j’ai essayé.
La peau a gardé la mémoire mieux que moi.
Sous la cicatrice il reste encore
Le fantôme du T
Le souffle du F
Et surtout cette question sans réponse
qui me suit
qui me suit
Telle une ombre douce.
Ma peau est devenue un palimpseste
Ma peau est devenue un palimpseste
Ni masculin ni féminin
Juste un parchemin vivant
Où l’on devine encore la jeune fille
Où l’on devine encore la jeune fille
Qui cherchait comment écrire le monde
Sans se tromper de lettre.
Sans se tromper de lettre.
Rien ne s'efface vraiment
Tout se transforme.
Aucun doute Marie Sylvie, tu as l'écriture dans la peau. J'ai bien aimé ton approche d'un thème pas facile et ce questionnement qu'elle suscite.
RépondreSupprimerA la fin, tout est dit ... prends bien soin de ta peau :)
Je n'y aurais jamais pensé ! Ce ne sont pourtant pas les tatoués qui manquent aujourd'hui)
RépondreSupprimerOh quelle synchronicite, c'est le thème que j'aborde cette semaine en pro. Ta version est très poétique... en effet comment ne pas se tromper en choisissant...
RépondreSupprimerDevant tant de beauté et de délicatesse, je vais encore passer pour un gougeat en évoquant le souvenir du "tatovage" vu par le sar Rabindranath Duval de Pierre Dac et Francis Blanche !
RépondreSupprimerEt j'écrirai à l'encre sur ma peau...Sensibilité, poésie, finesse et simplicité. Tout Marie-Sylvie.
RépondreSupprimerJe suis sccotchée ! Je n'avais pas pensé à la peau humaine comme palimpseste !
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