Méfiez-vous des bouquins et encore plus des libraires !
Un jour (très) lointain, en passant devant la Librairie Leich, tenue par les parents d'un de mes condisciples, rue Rogier à Mons, j'aperçois dans la vitrine un bouquin au titre étrange :
Je l'ai acheté sans l'emballer, c'est sa lecture qui m'a emballé... moralité : pendant des années je me suis accroché à cet individu, j'ai acheté toute son œuvre et tout ce qui à l'époque était, puis plus tard est, paru à son propos. (Aujourd'hui, j'ai tout refilé à OXFAM dans son "bookshop" d'Ixelles avec le reste de ma bibliothèque, j'en ai coltiné des cartons !).
C'est là qu'exaspéré vous vous écriez "Je ne vois pas ce qu'il y a de mystique là-dedans !"
À quoi je répondrai (à l'instar de la marieuse russe qui, dans un sketch salace de ma jeunesse, déballait pour le général Ivanov, en détaillant leurs singulières capacités d'acrobaties sexuelles, le catalogue de ses pouliches, à chaque fois qu'il s'écriait "Je l'épouse !"):
"Minute de patience !"
J'y viens : dans cette série de bouquins, il y en avait un au titre énigmatique :
Sans la foi, je comprends : il suffit de se référer à un passage de Citadelle : "Mais au sommet de la montagne je ne découvris qu'un bloc pesant de granit noir - lequel était Dieu." (ce qui sent sa Mecque à plein nez, Citadelle se passe dans le désert).
Mystique, faut voir... d'abord, dans ce titre, est-ce un adjectif ou un substantif ? Question purement rhétorique, j'en conviens, passons !
Et je me retrouve comme à vingt ans : le bec dans l'eau : c'est quoi "mystique" ?
Ben, à l'époque j'ai cherché et je me suis perdu, pourtant j'ai creusé, creusé, même jusqu'aux liens avec l'extase et jusque chez les Soufis.
Conclusion, il me parait bien difficile d'envisager le mysticisme sans une déité quelconque, fût-elle une sorte d'absolu mal défini.
Mais bon, le titre du bouquin continue à me titiller et je me dis qu'il doit y avoir quelque chose là dessous, parce que je me souviens qu'un jour au conseil fédéral, le président avait déclaré à mon ami Jean (celui-là même dont je raconte souvent qu'il est probablement le vrai père de mon fils, rapport à la réaction de notre trio au rayonnement UV) : "Si tu n'étais pas libre penseur, tu aurais fini dans un monastère !".
Alors en beau petit prince tu as donné tous tes livres...
RépondreSupprimerOu presque, oui, à quoi sert de les conserver : ceux eu j'ai relus se comptent sur les doigts d'une main...ou deux peut-être !
SupprimerBen à faire croire qu'on est intelligent ! Tu sais qu'il existe des articles de déco qui ressemblent à des livres mais dedans c'est vide... et ça c'est pas une blague, comment on a pu en arriver là... mystère de comportements mystiques...
SupprimerC'est courant dans les magasins de meubles ces enfilades de faux bouquins. Les miens étaient stockés en piles serrées dans le fond d'armoires aux portes fermées, les seuls qui sont en rayonnages de bibliothèque sont des grands formats sur des expos diverses, des artistes, des villes, des culinaires, (presque) tous achetés par mon épouse.
SupprimerOui. C'est quoi mystique ? Je me suis pas mal questionné également avant de trouver une gorgée de réponse au fond d'une cave bourguignonne !
RépondreSupprimerPourtant, le Saint-Amour est un Beaujolais ! :-)
SupprimerOn comprendra peut être tout lorsque l'on sera de l'autre côté !
RépondreSupprimerEncore faudrait-il que l'envers ne soit pas pareil à l'endroit ! ;-)
SupprimerEt les IA, elles disent quoi de ce titre qui continue à vous titiller? Avez-vous pensé à les questionner?
RépondreSupprimerDans sa réponse (je viens d'interroger celle de Google) elle commence par se référer à la définition du CNRTL :
Supprimer"Le mysticisme désigne la croyance ou la doctrine affirmant la possibilité d'une union directe, intime et personnelle de l'âme humaine avec le divin, l'absolu ou une réalité transcendante."
Je l'aurais bien fait tout seul... :-)
Je pense que le Petit Prince a tout compris : l'essentiel est invisible pour les yeux.
RépondreSupprimerÇa tombe bien : mon épouse travaillait à la Ligue Braille ! :-)
SupprimerComme les éditions du Centurion sont, comme tu le sais, religieuses, le titre, un brin paradoxal et pas mal accrocheur, me semble bien trouvé !,)
RépondreSupprimerJe ne m'inquiète guère de l'orientation des éditeurs de bouquins, je me contente de les lire. Celui-ci, en dehors de son titre, n'avait pas dû me faire forte impression (si j'ose dire) car je ne me rappelle guère son contenu...
SupprimerLa dernière phrase me convient tout à fait et me permet de penser qu'un mystique, c'est un libre penseur qui allume à sa façon les bougies de son monastère ! ;-)
RépondreSupprimerOui, foin du rituel ! À chacun le sien !
SupprimerCher Walrus
RépondreSupprimerMerci pour cette plongée dans tes souvenirs de jeunesse et tes réflexions sur ce mot si... "mystérieux" !
C’est fascinant de voir comment un simple titre en vitrine, rue Rogier, a pu déclencher une telle quête.
Ta réflexion sur la "mystique sans la foi" de Saint-Exupéry fait un superbe écho à mon propre texte :
Là où je vois un passage de lumière et une présence, tu cherches l'absolu, même "mal défini".
Quant à la remarque du président du conseil fédéral à ton ami Jean, elle est savoureuse !
On peut être libre penseur et garder au fond de soi cette part d'invisible qui ressemble à un monastère intérieur.
Un grand merci pour ce partage érudit et plein d'esprit !
Bien amicalement, Marie Sylvie
Érudit, comme tu y vas !
SupprimerUn simple vernis en surface d'un énorme capharnaüm, oui ! ;-)
Mystique... Tout un programme...
RépondreSupprimer