Yodel
Avant que mon corps ne m’impose le silence
J’avais une voix.
Une vraie.
Une voix qui savait tenir le souffle
Arrondir les notes
Et ouvrir un chemin dans les oreilles des enfants.
Ils venaient se blottir dans ma chanson
Comme on se glisse dans une lumière chaude.
Je chantais pour eux
Et dans leurs yeux
Je voyais le monde s’apaiser.
Aujourd’hui ma voix s’est retirée
Tel un oiseau fatigué qui replie ses ailes dans un coin de ciel.
Alors j’écoute.
J’écoute ceux qui peuvent encore lancer un yodel dans l’air vif
Ce cri qui change de hauteur
Tel un cœur qui saute une marche.
J’admire leur souffle
Leur liberté verticale
Cette façon de faire danser la montagne
Avec un simple battement de gorge.
Moi je n’ai plus la voix
Mais j’ai gardé l’écoute.
Et parfois
Lorsqu'un yodel fend l’espace
J’ai l’impression que quelque chose en moi répond encore
Un écho discret
Un souvenir debout
Une petite chambre de résonance que l’invalidité n’a pas réussi à éteindre.

Comme elle est belle cette phrase "Tel un oiseau fatigué qui replie ses ailes dans un coin de ciel. " La mienne aussi a replié ses ailes dans un coin de ciel !
RépondreSupprimerJ'étais prêt à mentionner moi aussi "La Mélodie du bonheur" mais j'en ai retenu surtout "Do le do il a bon dos" et le très joli "Edelweiss". Julie Andrews donne-t-elle dans le yodel ? Sait-on jamais avec elle ? Je lui trouve un petit côté Mary Poppins qui confine presque à la plus pure magie !
RépondreSupprimerC'est déjà bien d'avoir enchanté des enfants de ta voix, aujourd'hui, tu nous enchantes de tes textes, c'est pas mal non plus !
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