Salut Coco !
Tiens ! Te v'là Hermès ? Juste à temps pour ma dose de sardines !Bonne mère, quelle mine ! D'où sors-tu ?
Ne m'en parle pas ! De nulle part. Mais j'ai fait de la ronron-thérapie toute la nuit.
Peuchère ! De la ronron quoi ?
Ah ça ! Bien sûr, tu ne connais pas, toi qui passes ta vie à marauder partout au lieu de t'instruire un peu.
Je suis pas un chat de riche, moi. J'ai pas ta culture, moi. Et...Tu veux savoir ? Je m'en fiche.
Toi, tu dois feinter pour venir ici tandis que je vais où je veux, quand je veux.
- Allez ! On ne va pas commencer à se chamailler. La preuve que je ne suis pas snob : je suis là avec toi. Pourtant, tu n'es guère appétissant avec ton pelage mité.
Oh ça va ! Pas eu le temps de faire une grande toilette. J'avais trop faim. Mais la ronron je ne sais quoi tu m'as pas expliqué !
Madame était stressée hier soir après une scène avec Monsieur. J'ai l'habitude. Ils n'arrêtent pas de se quereller. Et souvent pour la même chose. Monsieur demande avec un clin d'œil coquin : « nous dînons ce soir Bertille ? » Ce à quoi Madame répond invariablement : «Enfin Conrad vous savez bien que c'est impossible. Je suis valétudinaire. »
Elle est vétérinaire ta patronne ?
Peuh ! Laisse tomber. Elle est malade le soir pour son mari mais sûrement pas l'après midi pour le jardinier... Je m'en fiche un peu de leurs disputes, remarque. Mais ensuite, je dois soigner. Pour le fun.
Mazette ! Tu m'épates. Dis voir ! Tu la soignes comment ?
Ben, en faisant de la ronron-thérapie justement. Madame m'installe sur son ventre et je suis assigné à résidence toute la nuit.
Je suppose qu'elle compense avec des croquettes de premier choix et des friandises. J'ai jamais compris pourquoi, toi, si bien nourri, tu aimes à venir sur ce quai puant. Avec le nom que tu portes, ta place se trouve plutôt dans les salons parfumés.
Trop drôle ! Il me semble que toi aussi tu portes – mal, d'ailleurs - un nom d'effluve. Si elle te voyait Mademoiselle Coco ! Écoute, tu ne vas pas t'en plaindre je suppose si je viens par ici ? Je te donne mes sardines. Mais ce n'est pas seulement pour toi, mon cher ami que je passe de temps en temps au port.
C'est vrai, tu es sympa et comme tu ne manques pas d'adresse, je suis bien servi. Té vè ! Je me demande ce qu'ils fabriquent nos deux vieux sur leur rafiot. Ils ont tellement d'arthrose qu'ils n'arrivent plus à sortir la poiscaille des filets. Et moi, j'ai la dalle. Ils devraient prendre leur retraite, tiens !
Arrête ! S'ils ne te nourrissaient pas, toi et ta clique, je me demande comment vous subsisteriez. Les souris, ce n'est pas votre mets préféré parce qu'elles ne vous tombent pas dans la gueule toutes rôties. Il faut un peu les courser avant. Vous passez votre temps à dormir ou faire des galipettes et des petits ! Regarde un peu ! Tous les jours, il y a une portée de plus dans le coin.
Haha ! Tu es jaloux ? Tu ne risques pas d'avoir des aventures toi puisqu'il te manque l'essentiel. Vise un peu les mouflettes à droite. Va leur demander si je suis manchot.
Mais...Mais... ! Je vais te surprendre : je peux quand même. Tu veux que j'aille semer mes phéromones chez tes minettes ? On verra bien qui elles choisiront la prochaine fois. Si tu n'étais pas mon copain, nous aurions conclu depuis longtemps, figure toi. Si je viens ici...
Et bien voilà ! Pendant que tu lorgnes ce qui t'appartient pas, le Borgne a attrapé au vol la première sardine. Je ne vais pas la lui disputer : il est mauvais comme une teigne et il ne rêve que de m'arracher les yeux depuis que je lui ai taxé sa copine.
Quel courage ! Je crois effectivement qu'il vaut mieux l'éviter celui là. Sa nouvelle amie est bien à mon goût si tu vois ce que je veux dire. Et d'une ! Et de deux ! Le voilà ton petit déjeûner tout frais, râleur ! Profite bien. Moi, je vais me mettre au chaud. A demain.
En voilà deux qui n'ont rien compris à la lutte des classes ! ;-)
RépondreSupprimerMais ces chats ont tout des êtres humains ! Et un charme certain, surtout sur le Vieux Port !,)
RépondreSupprimerComment ? Madame Yvanne délaisse la réalité corrézienne pour passer à la fiction sur le port de Marseille ? Y est-elle réellement plus belle, la vie, là-bas ? ;-)
RépondreSupprimerLes sardines en Corrèze sont...en boîte ! :-)
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