samedi 9 mai 2026

Là où le monde est loin (Monsieur X)

  



Que plus un chef ne me maltraite ! 
Je me refuse à tout effort
Pour fainéanter d'une traite
Jusqu'à la veille de ma mort ;
J'ai bien mérité ma retraite ! 

Vivre sous contrat m'a déplu. 
Ce temps est enfin révolu. 

J'ai trimé comme un perce-neige 
Coincé dans un hiver menteur ; 
Quelquefois, j'ai pensé : que n'ai-je
Pas tenté d'être un profiteur
Quand d'autres faisaient du manège ! 

Vivre pour moi, j'en ai rêvé. 
Ce temps est enfin arrivé. 

J'ai mis l'amour dans une boîte 
Jetée au feu ; je ne veux plus 
Me dépenser pour un corps moite
Dont le cœur me tiendrait reclus
Au fond de sa loi trop étroite ! 

Vivre à ta guise m'a déplu. 
Ce temps est enfin révolu. 

Je dors - c'est extraordinaire ! -, 
Je dîne à l'heure de mon choix ! 
Loin d'être un valétudinaire, 
Grâce au si bon air ardéchois, 
Je pourrais finir centenaire... 

Vivre avec moi, j'en ai rêvé. 
Ce temps est enfin arrivé. 

J'ai la beauté de la nature,
Et, par moment, sa cruauté. 
Elle est mon eau, ma nourriture, 
Ma compagne, ma liberté, 
Mon lendemain, ma sépulture. 

Mais comme je reste un terrien, 
Ne me manque-t-il vraiment rien ? 




 

4 commentaires:

  1. Excellente question !
    Jusqu'à notre dernier souffle nous chercherons toujours quelque chose, mais quoi ?...

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  2. Magnifique ! On dirait que la réponse est contenue dans la question...

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  3. Pour moi aussi la Nature est ma liberté ! Et en Ardèche elle est magnifique. Comme ton poème un brin revanchard. ;-)

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  4. La seule chose qui peut manquer à un Ardéchois n'est-elle pas... un coeur fidèle ? ;-)

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