On dit que la xylographie est un art ancien
Une planche de bois
Un couteau
Un souffle retenu
Et la patience d’un monde qui ne connaissait pas encore
la tyrannie du "copier-coller".
Moi lorsque j’entends ce mot
Je vois un être humain penché sur le bois
Qui cherche moins à reproduire qu’à rencontrer.
Chaque fibre résiste
Chaque nœud dévie la ligne
Et c’est justement là que tout commence
Dans l’imperfection offerte
Dans la matière qui dit non.
La xylographie n’a jamais voulu être parfaite.
Elle voulait seulement transmettre une présence
Une trace chaude
Un relief qui garde mémoire du geste.
Même imprimée cent fois
Chaque estampe porte une nuance
Une hésitation
Comme si le bois refusait de se laisser dompter par l’idée même de conformité.
Puis sont venues les machines.
Elles ont promis l’identique
Le sans-faute
Le sans-âme.
Elles ont fait croire que la beauté se trouvait dans la répétition exacte
Dans la copie conforme
Dans l’effacement de la main.
Mais le bois lui continue de parler.
Il murmure que la perfection est un mensonge poli
Et que la vraie fidélité n’est jamais dans la duplication
Mais dans la singularité assumée.
La xylographie c’est l’art de dire
《 Je ne serai jamais identique.
Et c’est ainsi que je suis vraie.》

Bien dit, marre des clones !
RépondreSupprimerla xylographie est un art minutieux en perdition
RépondreSupprimerFrançois
Que de sagesse encore ici, surtout dans les trois derniers vers !
RépondreSupprimerUne belle façon d'exprimer sa vision de la xylographie
RépondreSupprimerMoi, c'est cette phrase qui me frappe "Mais le bois lui continue de parler.
RépondreSupprimerIl murmure que la perfection est un mensonge poli" ...