samedi 15 août 2026

HAVRE DE PAIX (Marie Sylvie)

  


Je marche dans ce jardin comme on marche dans un souvenir
Lentement
Sans bruit
De peur de déranger ce qui repose ici.  
Devant moi l’enfant de bronze semble m’attendre
Immobile
Patiente
Presque vivante dans son silence.

Je m’assois près d’elle.  
Je regarde les fleurs qui veillent :  
Les lys rouges battent comme un cœur que je reconnais
Les chrysanthèmes dorés murmurent des mots que je n’entends plus
Et les petites sphères vertes brillent comme des veilleuses allumées pour la nuit.

Je ferme les yeux.  
Dans ce calme je sens un espace qui s’ouvre
Un lieu où elle aurait pu dormir
Un lieu où la terre ne juge pas
Où les couleurs remplacent les pierres
Où le silence protège au lieu de blesser.

Je me dis que si son petit corps avait eu un refuge
Il aurait pu être ici
Dans cette herbe douce
Sous ces fleurs attentives
Près de cette statue qui semble dire :  
《  Je veille pour toi. Je veille pour elle.》

Alors je reste un moment
Sans parler
Sans bouger
Laissant ce jardin devenir ce qu’il veut être :  
Un cimetière sans tombe
Un sanctuaire sans nom
Un havre de paix pour ceux que l’on n’a jamais retrouvés.

Et dans ce silence qui ne fait pas peur
Je lui parle en moi
Comme si elle m’entendait encore.


 

8 commentaires:

  1. Ce serait une si jolie idée de réaliser des cimetières sous cette forme, des compositions en bronze et fleuries représentant nos chers disparus... Merci pour tes inspirations

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    1. Merci beaucoup pour tes mots.
      Oui... j'ai imaginé ce jardin comme un lieu de repos possible, un espace où la douceur et les fleurs remplaceraient les pierres.
      Un endroit où ceux qu'on n'a jamais retrouvés pourraient enfin être entourés de beauté.
      Ton message me touche profondément.
      Amitiés, Marie Sylvie

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  2. Statues et photos, même étrange phénomène : "comme si" le temps s'était figé...

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    1. Merci Walrus.
      Cette impression de temps figé m'a beaucoup inspirée.
      Dans cette immobilité, j'ai senti un refuge, un silence qui protège.
      C'est ce qui m'a guidée pour écrire ce texte comme une marche intérieure dans ce jardin suspendu.
      Amitiés, Marie Sylvie

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  3. Je crois qu'il faut relire ou réécouter "Le Jardin extraordinaire" de Trénet. On est presque, ici, dans la même ambiance :

    "On y voit aus-si des sta-tu-es
    Qui se tienn'nt tran-quill's tout le jour dit-on
    Mais moi je sais que dès la nuit ve-nu-e
    Ell's s'en vont dan-ser sur le ga-zon"

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    1. Merci Joe Krapov.
      Oui, il y a dans cette scène quelque chose du Jardin extraordinaire, ce mélange de poésie, de mystère et de vie secrète.
      J'aime cette idée que les statues pourraient danser la nuit... cela ajoute une lumière douce à ce lieu que j'ai imaginé comme un havre de paix.
      Amitiés, Marie Sylvie

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  4. Je ressens la paix qui y règne.

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    1. Merci pour votre ressenti.
      La paix qui se dégage de cette image m'a accompagnée tout au long de l'écriture.
      J'y ai trouvé un espace intérieur où déposer un hommage, un silence qui ne fait pas peur.
      Amitiés, Marie Sylvie

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S'espèrent du côté du manche

     Walrus ; Laura ; Nana Fafo ; Monsieur X ; Marie Sylvie ; Kate ;