Ficelle, Ficelle, où est donc passé ce chien ? Je le cherche partout. Il va me rendre folle. Si je ne m'étais pas attachée à ce petit monstre j'en viendrais presque à regretter de l'avoir secouru et adopté.
Mais comment et par où s'est-il enfui ? Je fais le tour du jardin et découvre sous la clôture qui sépare ma propriété de celle de Nana un trou fraîchement creusé. Et bien sûr, encore une fois il a filé chez ma voisine. Encore à courir le guilledou chez les cocottes. Il a le diable au corps cet animal ! Il doit être propre tiens : il a plu toute la nuit et avec ses oreilles qui traînent par terre je vous dis pas. Bien fait. Il aura droit à la douche et comme il déteste, ça l'apprendra.
J'enfile mes grosses bottes marron à lacets – peu élégantes mais si confortables et me précipite chez Nana. Elle doit être rentrée de vacances et la cousine repartie bretonner. Et là que vois-je ? Ronchonchon assis devant un tonneau vide – ou plein - de l'ami Walrus avec, à ses côtés, sagement assis sur le sol de la cour et tout ouïe, mon Ficelle qui bade l'animal rose. Il s'y croit l'autre avec son air professoral. Qu'est ce qu'il lui montre là ? Qu'est ce qu'il raconte ? On dirait un sénateur congestionnant, bedonnant et redondant. Si, ça existe !
Le cochon porte encore les marques de la corde que la cousine Hortensia lui avait passée autour du cou. Elle n'a pas lésiné la cousine : il fallait qu'il suive ou mieux qu'il la tire à cause de ses mauvaises jambes variqueuses. A-t-on idée aussi de se chausser de sabots aussi lourds ? Je n'ai pas tout vu le jour de leur promenade endiablée mais c'était hilarant d'après le vieux François.
Ce dernier m'a aussi raconté qu'après leur chevauchée fantastique, Ronchonchon était revenu en douce chez moi et avait balancé des saucisses pour appâter Ficelle. Le sagouin ! Pas étonnant que l'autre nigaud se fasse encore la malle. En plus, les saucisses de Nana sont excellentes. Je le sais parce qu'elle m'en offre quand elle met au saloir les petits frères de son cochon. Moulinées à souhait. Épicées à souhait. Un régal.
Je m'approche doucement. Mais les deux lascars sont tellement occupés qu'ils ne m'entendent pas. Et Walrus, derrière son bar sirote tranquillement en rêvassant sa Pauwel Kwak - il y a beaucoup de cas K chez Nana je trouve entre les grôles (botou Koat) la pâtisserie (Kouign amann) et la boisson sus-nommée – Ou bien il scrolle sur son téléphone. Ou bien il réfléchit au mot bien ardu du prochain samedi. Il ne me remarque pas non plus. Je dois être transparente.
Sur le tonneau est posé un parchemin où sont apposées à l'encre les empreintes des loustics. Qu'est ce qu'ils trafiquent encore ? Je n'y comprends rien. Ronchonchon parle doctement de vc ou d'avc, que sais-je. J'espère qu'il n'est rien arrivée de grave à mon amie Nana ? En écoutant mieux je me rends compte que le cochon donne une leçon d'initiation à mon imbécile de chien à la cervelle grosse comme un petit pois. Il lui transmet des consignes précises relatives à une sorte de machine que Walrus cache derrière son bar. Il semblerait que l'on peut voyager avec. Un genre Spoutnik. Encore un filou ce morse avec ses inventions délirantes ! Oh mais je commence à comprendre : ils veulent envoyer mon Ficelle en mission dans l'espace. Peut être pour remplacer Sophie Adenot . Allez savoir. Hein ? Quoi ? Il y a bien eu un précédent avec Laïka. Olala il y a même une combinaison et un casque de cosmonaute derrière le fût à bière. Remballons vite notre chien avant qu'il ne s 'élève dans les airs !
Si tu crois que ça va arrêter Ronchonchon maintenant qu'il a un nouvel acolyte ! Il va l'initier à toutes sortes d'aventures gro-tests
RépondreSupprimerLe Walrus, il ferait mieux de lâcher Ficelle et de se mettre à la vaisselle, qu'elle étincelle !
RépondreSupprimerUne excellente suite au feuilleton, dotée d'une illustration idoine pour une réédition de "Demain les chiens" de Clifford D. Simak !
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