samedi 25 octobre 2025

Défi #895

  

Répandu et pourtant cher : 

 

Université

 

 

 

 

 

Nous ont fait une réponse éclair, tonnerre de Brest !

  


 Joe Krapov ; Kate ; Marie Sylvie ; Walrus ;

Nana Fafo ; Yvanne ; Clio 101 ; Cavalier ;

François

 

L’Oiseau-Tonnerre (Cavalier)

 


Adrienne en septembre dernier, m’a dit en commentaire sur mon blog :
« Excellent personnage, ce mulet Finistère! il faut le garder »

Je voulais le jetter aux orties, mais en fait non, je vais le garder encore un peu … Ici on le voit en fin d’histoire avec Achille Zavatta sur le blog de La Licorne

Le Tonnerre ? Oui. Qui n’a pas un jour au moins compté les secondes entre l’éclair soudain et aveuglant et le grand boum badaboum d’à côté ? Alors, s’inspirant encore du film « Un jour sans fin » et guidée par les codes de la BD aussi bien que de la fable, mon histoire, l’Oiseau-Tonnerre, explorera de façon linéaire, mais en recommençant souvent au point de départ, les déboires d’un petit groupe de touristes français, belges et québecois, humains et mulets entêtés, pris dans le ressac du temps.

Chaque matin, tout recommence : le transistor grésille un inamovible « I Got You Babe », une tempête capable de déclencher les éclairs, le tonnerre et les pluies salvatrices, menace au loin, le petit mulet, lui, rêve de virtuosité musicale chez une grand-mère amérindienne, professeur de solfège, et la flore locale défie la chronologie pour pousser, refleurir comme un rêve sans fin qui envoie des signaux magiques.

L’Oiseau-Tonnerre ou le Mulet qui marchait – le port de travers
(conte à rebrousse-temps, à l’usage des touristes mystiques et des mulets réfractaires)

Page 1 – Finistère en Amérique

Au lever du soleil, le petit mulet Finistère se réveille dans un décor qu’il ne comprend pas. Ce n’est plus le Mont Sainte-Odile en Alsace, mais ici une plaine d’herbes blondes, avec un panneau « Welcome to South Dakota » planté de travers.

Le transistor diffuse encore I Got You Babe.

Finistère marmonne :
– Encore ce fichu bol tibétain qui résonne à chaque coup de tonnerre. On dirait que même Bouddha a pris un abonnement météo. Il est pire qu’Albert Simon.
Le berger alsacien, lui, mâche une paille en regardant l’horizon.
– Regarde, Finistère. Le Concours de pêche du Missouri commence dans une heure.
– Je suis un mulet, pas une truite !

Autour d’eux, des touristes français et belges photographient les bisons empaillés du musée local.
Ils ont fait quinze heures d’avion pour contempler du plastique peint.

Une nourrice québecoise en tongs lit Peau d’ourse à voix haute :
– « Celui qui pense droit marche de travers ».

Finistère hoche la tête :
– Et celui qui marche de travers finit souvent dans un aéroport sans bagages.

Page 2 – Le Pèlerinage du Tonnerre

Un à un, les jours se répètent.
Chaque matin, Finistère rêve qu’il entend sa mère à travers les ondes.
« Quatre jours sans ma mère, et pourtant j’entends encore sa voix dans le grésillement du transistor », ânnone-t-il.
La bergère Gabrielle médite sur un rocher, un bol tibétain sur les genoux.
– C’est ici qu’habite l’Oiseau-Tonnerre, gardien du ciel et maître des tempêtes.
Finistère :
– Moi, j’habite la réalité, et elle penche du mauvais côté.
Un chien bloque la route, impassible, au milieu du chemin.
Gabrielle soupire :
– Signe du destin.
Finistère :
– Ou simplement un chien qui se fiche du destin.

Le Sachem du coin arrive, drapé dans une peau d’ourse.
Il s’appelle Tant Mieux : Ogimaa en lakota , ce qui, selon lui, signifie « un avenir radieux ».

Il parle peu. Très lentement, il déclare :
– Entre toutes les tempêtes, il faut choisir celle qui lave les yeux.

Puis il repart en silence, laissant derrière lui des touristes émus qui croient avoir rencontré un figurant du parc d’attractions voisin.

Page 3 – Le Messager

Le quatrième matin, la plaine est craquelée de poussière.
Plus un nuage, plus une mouche : seulement le vent, chargé d’électricité et de sable.
Finistère, couvert d’un drap de peau d’ourse bien trop lourd pour lui, tire la langue.

Gabrielle déclare d’un ton solennel :
– Il faut envoyer un messager à l’Oiseau-Tonnerre.
Les touristes applaudissent : enfin une activité spirituelle.
Un Belge propose un drone. Un Québecois, plus mystique, suggère un pigeon.

Mais le Sachem Tant Mieux-Ogimaa, très lentement, désigne Finistère.
– Le mulet. Il a marché de travers, il pensera droit.
Personne n’ose contredire ni le vieil homme ni Jean Dypréau.
Finistère hausse les épaules :
– Tant pis. Tant mieux. Allons-y.

Il grimpe la colline, en grommelant contre le vent, les moustiques et sa destinée d’animal de fable.
Arrivé au sommet, il découvre une stèle de pierre noire. Gravé dessus, un seul mot :
« Respect. »

Il ne sait pas lire, mais il devine. Il baisse la tête, frappe le sol du sabot, et le bol tibétain, resté en bas dans les bagages, se met à vibrer tout seul.
Un grondement éclate.
L’air se déchire.

L’Oiseau-Tonnerre surgit dans un tumulte de plumes et d’éclairs. Ses yeux sont comme deux orages, sa voix est comme un tambour.
– Les humains ont oublié la gratitude, tonne-t-il.
– Je suis un mulet, répond Finistère.
L’Oiseau-Tonnerre le fixe.
– C’est mieux. Vous les mulets êtes têtus, mais honnêtes.
Alors il bat des ailes, et le ciel s’ouvre enfin :
la pluie tombera, les plantes renaitront, les touristes sortiront leurs parapluies et filmeront la révélation.

Le Sachem sourit :
– L’équilibre est revenu.
Le chien, assis au milieu du chemin, pense :
– Jusqu’à la prochaine boucle.

Page 4 – L’Oiseau et la Boucle

Le matin, le ciel s’assombrit.
La voix du transistor annonce :
– « Bulletin spécial… le miracle aura lieu dans trente secondes. »
Les touristes lèvent leurs téléphones.
Rien.
Sauf un grondement lointain.

Finistère, excédé, retire la barrette coincée dans sa crinière et la jette dans le vent.
Le bol tibétain vibre.
Une plume géante tombe du ciel.
Le chien se lève, philosophe, et dit – oui, je parle maintenant – :
– Celui qui pense droit marche de travers.

Un éclair.
Et puis plus rien.
Et puis, le jour finit de se lèver encore, le ciel sourit et cette fois, quelque chose a changé :

Le transistor diffuse Thunderstruck d’AC/DC, et non plus I Got You Babe.
La boucle temporelle est rompue.
Le mulet Finistère rit, un peu fou, un peu libre. Après tout.
Debout, il joue du piano debout, sur un piano d’église abandonné et murmure :

– Sur cette terre où les étoiles tombent, je crois que j’ai fini par marcher – le port de travers.

Foire aux questions

Qui est l’Oiseau-Tonnerre dans la mythologie autochtone ?

L’Oiseau-Tonnerre est une créature spirituelle puissante, souvent vénérée parmi les nations algonquiennes, lakotas et d’autres peuples amérindiens. Il est gardien du ciel, maître des tempêtes, capable de déclencher les éclairs, le tonnerre et les pluies salvatrices.

Comment l’Oiseau-Tonnerre restaure-t-il l’équilibre dans cette légende ?

Dans le récit, après une longue sécheresse, les peuples envoient un messager sur une montagne pour implorer l’aide de l’Oiseau-Tonnerre. Il leur révèle que leurs offrandes, prières et respect de la Terre Mère peuvent réveiller les forces naturelles. Il apparaît alors, déclenche une grande tempête, fait tomber la pluie et restaure la vie sur la terre.

Quel message spirituel cette légende transmet-elle aux lecteurs aujourd’hui ?

La légende rappelle l’importance de respecter la nature, d’honorer les esprits de la terre, et de reconnaître notre responsabilité collective. Elle enseigne que les catastrophes (comme la sécheresse) peuvent être le résultat d’un déséquilibre spirituel, et que l’humilité, le rituel et la gratitude peuvent restaurer l’harmonie entre les humains et le monde naturel. Oui, mais bon, ce ne sont que des mots, vides, en effet la terre a vécu et vivra bien sans nous. Et avec bien d’autres catastrophes dont nous n’avons pas eu, et dont nous n’aurons même pas non plus, la moindre idée.

 



Tonnerre d'enfer (Clio 101)

 

Ysal gémit de douleur et se mit à tousser. Elle se redressa péniblement et promena son regard aux alentours. 

Il n’y avait que les ténèbres. Une désagréable odeur de soufre et de cendres lui agressa les narines et la bouche.  

Au lieu de la vaste étendue verte bordant la mer azur, il n’y avait qu’un paysage vide à perte de vue. Un silence oppressant régnait en maître, ponctué de temps à autre par l’écho de crépitements et d’un grondement sourd, pareil à celui du tonnerreLa chaleur montait, à mesure que le noir abyssal se teintait d’ombres rougeâtres ondulant dans le lointain. 

— C’est bien ma veine, râla-t-elle, me voilà dans les enfers.  

Comme en réponse à ses paroles, des voix grinçantes et des rires aigus retentirent autour d’elle 

Le front d’Ysal se couvrit de sueur et elle se mit à courir.  

Elle n’était pas censée se trouver là. Si elle était découverte, nul ne lui viendrait en aide ; si elle était capturée, elle devenait coupable d’ingérence entre le ciel et l’enfer, passible d’une sentence bien pire que la mort. 

Quand le son métallique de milliers de couperets, accompagné d’aboiements puissants se mêlèrent à l’ensemble, elle accéléra, sans savoir où la menait le couloir de ténèbres.  

Elle courut, tournant au hasard à chaque fois que la chaleur devenait insupportable ou qu’elle percevait quelque chose se poser ou glisser sur son corps.  

Sous la température ambiante, elle ne tarda pas à éprouver de violents vertiges et de vives douleurs dans ses jambes.  

Elle ne tiendrait plus très longtemps.  

Pourtant, elle se forçait à continuer, encore, malgré ses jambes bientôt aussi lourdes que du plomb. Tout, plutôt que de tomber entre les mains des démons.  

Alors qu’un voile noir commençait à tomber devant ses yeux, un rai de lumière troua l’obscurité 

Ysal s'y engouffra et soupira de soulagement quand elle sentit son corps être emporté dans les airs. Ses yeux se fermèrent et elle sombra dans une inconscience apaisée. 

Quand elle se réveilla, elle se trouvait à demi-assise le long d’un tronc d’arbre. La fragrance de l’encens lui chatouillait agréablement les narines et un couple de papillons dansait pour elle un ballet champêtre. 

Qui s’interrompit lorsqu’une ombre la surplomba. 

Surprise, elle leva la tête.  

Son sourire se mua en rictus. 

— C’est toi ! cracha-t-elle.  

Mot de l’auteur : Un grand merci pour vos retours enthousiastes ! Vous revoici donc en compagnie de personnages de mon univers.  

Une petite question dans le vif du sujet : à votre avis, qui est la personne qu’Ysal a tant de déplaisir à voir ? 

Conte cruel. (Yvanne)

  

Cela se passait il y a fort longtemps.

Grégoire, charbonnier de son état vivait dans une forêt profonde du pays angoumois. Il avait pour voisins une famille de feuillardiers habitant une chaumière pauvre mais pimpante.

Le père, dur à la tâche, partait le matin très tôt pour fabriquer feuillards, piquets et lattes dans les châtaigneraies. Sa femme élèvait leurs deux fils, tenait la maison et occupait son temps libre à tresser paniers et corbeilles. La vie allait ainsi, simple et heureuse.

Alors que les garçons étaient déjà en âge d'aider leur père, une petite fille naquit au foyer. Elle avait une chevelure couleur de feu, les joues si rondes et si rouges que ses parents décidèrent de la nommer Merise comme ces fruits doux et sucrés des merisiers poussant à profusion dans les bois environnants.

Merise grandit en beauté mais peu en sagesse. Dès qu'elle eut atteint 6 ou 7 ans, elle fut chargée par sa mère d'apporter leur repas à son père et à ses frères. En chemin, Merise batifolait, cueillait des fleurs, se couchait sur l'herbe fraîche d'une clairère pour écouter le chant des oiseaux et ne pensait plus aux recommandations des siens. La nourriture arrivait souvant très tard et à moitié renversée. Personne ne lui en voulait et la demoiselle en profitait.

Quand elle eut 15 ans elle fit la connaissance d'un rétameur. Ce dernier l'attendait tous les jours à midi sur le sentier qu'elle devait emprunter.

Grégoire était tombé amoureux de Merise. Il l'accompagnait parfois jusqu'aux taillis où travaillait le père de cette dernière. Le jeune homme, croisant quelques fois le ferblantier, découvrit avec tristesse que la folle écoutait, ravie, les compliments et autres serments que le flatteur lui prodiguait.

La coquette jouait avec eux et cela lui fendait le cœur.

Un jour d'hiver, la nouvelle de la disparition de la jeune fille tomba comme un coup de tonnerre et pétrifia tout le monde. On la chercha partout. Elle demeurait introuvable. Chacun y allait de son pronostic : elle s'était sauvée pour suivre un amoureux, elle était morte, emportée et dévorée par une bête sauvage. On aurait retrouvé des traces de sang sur le chemin conduisant à la châtaigneraie. Le chagrin les anéantit tous.

Le jeune charbonnier ne perdit pas espoir cependant de retrouver sa bien aimée. Il passa son temps libre à fouiller la forêt. Un matin, s'étant égaré, il aperçut une vieille bâtisse qu'il ne connaissait pas. En s'approchant il entendit des éclats de voix. Il tendit l'oreille. Deux hommes se disputaient à l'intérieur à propos d'un trésor que l'un voulait garder et l'autre vendre. Il s'apprêtait à partir, laissant les deux compères à leur différend quand il s'arrêta tout net. Il venait de percevoir, venant d'un soupirail un gémissement qui le glaça. En se penchant, il vit ce qui ressemblait à une chevelure flamboyante balayant le sol de terre battue. Pas de doute : c'était Merise.

Il partit chercher du secours pour libérer la jeune fille. Il revint avec deux amis, armés, l'un d'une fourche, l'autre d'une faux.

Comme ils approchaient de la bicoque, un homme en sortit aussitôt embroché. Il tomba en poussant un cri.

Alerté par le remue ménage, un second individu bondit hors des murs et se sauva à travers bois sans demander son reste suivi d'un chat roux à la queue flamboyante tout droit sorti de l'enfer.

Le jeune charbonnier vit alors, sidéré, Merise courir vers la dépouille du rétameur - car c'était lui - et s'effondrer en hurlant : « Jean-Loup ! Que t'ont-ils fait mon Jean-Loup ! »




 

Cacaphonie (Nana Fafo)

   

 

L'affaire du Colombo de Colombins

Le 14 avril de l'an grillé, à la petite ferme de Nana fafo

il y a eu le festival du Bide

Toutes les ouailles ont fait ripaille jusqu'à s'en faire péter la bide

en racontant les histoires les plus nulles possible.


Ronchonchon, toujours au centre de l'attention de ses groupies de cocottes

engageait une battle d'impro avec Bruno, le coq, qui défendait son bout de gras

tandis que Walrus, patron de l'estaminet encaissait la monnaie de singe 

de tous ses con-patriotes, avides de bidoche à la sauce colombo.


Repu, chacun avait rejoint sa paillasse pour une bonne nuit digestive.

Lorsqu'une brume malodorante se format au dessus la ferme, 

réchauffant les doux rêves de nos petits gorets endormis, 

un cri d'effroi retentit du beffroi.

Il était 4 heures du matin et le sonneur de cloche venait de se faire griller

à grailler les restes de la soirée en admirant les effluves de ses con-citoyens.


Dans une cacaphonie assourdissante, toutes les ouailles 

se regroupèrent autour de l'église pour constater l'horreur :

le sonneur de cloche grillé et des déjections partout !


Un orage providen"ciel" s'était abattu sur la ferme,

il pleuvait des cordons de la bouse, à défaut de ceux de la bourse

et chacun y allait de sa théorie.

Monette pensait, à l'instar de sa boîte crânienne, au jugement divin.

Kate, la chouette raisonnable, suggérait un système de sécurité 

mis en place par Nana pour dissuader les fuyards.

Tandis que Walrus, en temps que scientifique, 

revendiquait une certaine théorie certaine, 

haute, tendue et explosive d'attraction aigüe entre deux pôles. 

Mouhais encore des sous-en-tendus, que les bestioles crédules étaient en train de gober... 


Excédé par toutes ces âneries, Ronchonchon cria

"Tonnerre de poulet de Bresse, on doit résoudre l'affaire du colombo de colombins ! 

Ne voyez-vous pas que ce morse essaie de vous enfumer !"

Ronchonchon 1 - Walrus 2

Réminiscences (Walrus)

  

J'avais cru entendre le tonnerre,
Mais ce n'était qu'un mirage ! 

Oui, je vous entends venir : "Les mirages, c'est visuel !

Pourtant, rappelez-vous Tanguy et Laverdure :

"Les chevaliers du cielDans un bruit de tonnerreA deux pas du soleilVont chercher la lumière..."
 
(Je vous mets pas l'enregistrement de Johnny : j'aime pas Johnny, surtout depuis qu'il avait essayé de devenir Belge (pour raisons sentimentales 😜) en 2008. )

Et sur quoi volaient-ils ces pilotes dans le journal Pilote cher à mon neveu Joe ?

.... sur des "Mirage" ! 


Ah ! 

LA VOIX DU CIEL (Marie Sylvie)

  

 


 

Il ne vient pas en premier le tonnerre. 
C'est la lumière qui sème le cri 
La foudre fend l'obscur
Et dans son sillage le ciel parle enfin. 

Une voix rude sans caresse 
Mais pleine d'attention. 
Elle ne murmure pas 
Elle gronde comme un géant maladroit qui veut dire :
《 Je suis là, tu n'es pas seule !》

Le tonnerre 
C'est une musicalité céleste 
Un tambour battant dans l'invisible 
Annonçant que la nuit a ses guides autres que la pleine lune. 

Il ne console pas avec douceur 
Mais avec présence. 
Il ne berce pas il secoue. 

Et pourtant dans ce fracas 
Il y a une tendresse cachée 
Comme celle d'un vieil ami
Qui ne sait pas dire les choses
Mais qui reste
Toujours. 

La lumière de la foudre éclaire l'instant 
Et le tonnerre en écho 
Rassure ceux qui tremblent. 
Il est le chant du ciel 
Lorsque le silence devient trop lourd.

Et lorsqu'il s'éloigne 
Il laisse derrière lui
Un frisson sur la peau 
Et dans l'âme 
Le souvenir d'une voix 
Qui malgré sa rudesse 
Nous a parlé d'amour. 


         Le tonnerre 
         C'est l'ombre sonore de la lumière :
         Il ne voit pas mais il sait 



 

Jean par Jeanne (Kate)

   

J'en-
tends
le tonnerre qui gronde
j'en-
tends
les vagues qui frondent
J'en conjure
mon cœur
de se calmer
je lui jure
que ce n'est qu'un orage
il va passer
pas de quoi avoir peur
Mais Jean
surgi dans ma vie
yeux éblouis
on parlait philosophie
après les cours de ski
tant d'années passées depuis
nos pistes depuis longtemps séparées
plus de liberté
moins de légèreté
J'entends encore la foudre
qui frappe nos cœurs
et laisse son odeur de poudre
son goût de bonheur
J'en-
tends encore ta voix
et ça me foudroie
parfois quand Jeanne chante



ton souvenir me hante
Jean...

  

 

 

 

Toner de Brest ! (Joe Krapov)

 

Un soir de grand tonnerre mon imprimante est morte.
Elle avait jeté l’encre dans tous les ports du monde.

Souple de caractère, policée, régulière,
Elle a brossé pour moi de jolis paysages
Et dressé les portraits des marins irascibles
Et bien souvent bourrés que je lui demandais.

Comme un arbre en automne
Elle s’est éteinte feuille à feuille
Et s’est traitée en continu de triple buse
De s’aligner sur un destin si prévisible.

Contre l’adversité, recta, elle versa,
Tombant d’Haute- en-Couleur au caniveau de gris
Mais, le réservoir plein et mise sur la touche,
La machine a tiré sa dernière cartouche

Et puis elle a perdu concyance
Et fait de ses ramages un tas
Jaune primaire de borborygmes.

J’espère qu’en arrivant là-haut,
Dans l’Eden des périphériques,
Elle fera bonne impression
Et que la file d’attente ne sera pas trop longue.

Moi, je la remercie encore
Pour ses bons et loyaux services
De compagne exemplaire.


Signé : Charles-Henri de Traitement de Texte, pilote de logorallye




vendredi 24 octobre 2025

L’ORAGE VA SÉVIR (François)

 

Le ciel est zébré par des chalines, *

L'Azur est marbré de gros nuages gris,

L'orage va sévir sur les terres alpines.

Rentre tes animaux à tout prix.

 

Les éclairs peuvent être dévastateurs,

Chaque année, ils foudroient des bêtes,

Pour le pâtre, c'est un grand malheur.,

Il agit quand la tempête guette.

 

La colère des cieux ne se fait pas attendre,

À l'étable, les animaux sont à l'abri,

Le tonnerre se fait bien entendre,

Dans toute la vallée à grand bruit.

 

La pluie a irrigué les alpages,

Elle a fait du bien aux pâturages.

 

 

 

Chaline* éclair de chaleur, orage.

samedi 18 octobre 2025

Défi #894

  

Vous nous ferez ça en un éclair ! 

  

Tonnerre

 

 

 
 
  

Se sont laissé inspirer par l'ambiance militaire

  

 


   

Walrus ; Marie Sylvie ; Kate ; Nana Fafo ; 

Clio 101 ; Cavalier ; Yvanne ; Joe Krapov ; 

François ;

 

LE SERGENT RECRUTEUR (François)

   

(Cartouche)

Il y a toujours un sergent recruteur,
Pour que vous puissiez vous engager,
Il vous fera des promesses de menteur,
Qui finiront par vous faire rager.

Un uniforme un fusil et quelques cartouches,
Et vous voilà parti pour guerroyer,
Vous pouvez même tomber comme des mouches,
Votre solde sera récupérée.

Mais ce sergent recruteur est bien connu,
Par la qualité de son flair infaillible,,
Il a su recruter trois éléments,
Plutôt incorrigibles,
Qui voleront la solde du régiment sans retenu,
Leur nom: Cartouche, la Taupe et la Douceur,
Trois drôles de drilles qui agissent en choeur .
 


Pas encore tout à fait amnésique. 20, Salut les bidasses ! (Joe Krapov)

 

Scrongneugneu ! Ces rogntudju de militaires ne nous foutront donc jamais la paix ?

Voilà que l'autre excité qui nous gouverne, celui dont le leitmotiv de technocrate encravaté est l'inquiétant « Nous sommes en guerre ! », nous balance comme ultime premier ministre rien de moins qu'un moine soldat !

Celui-là, au reste, est fort sympathique : il met 27 jours à rassembler ses troupes, ce qui laisse au fût du canon cher à Fernand Raynaud le temps de refroidir. Puis au bout de 13 h 56 de combat nocturne au creux des draps, il démissionne ! Là où les Athéniens s'atteignirent, le combat cessa faute de combattants.

« Scrongneugneu ! Quand faut y aller, faut y alller ! » peste le général face à la position démissionnaire de son lieutenant préféré et il le remissionne pour deux jours. Il accomplit la mission, dit devant tous qu'il ne retournera pas au front mais on l'y retrouve peu après, disposé à rejouer Azincourt, Trafalgar ou Dien Biên Phu. Charlot soldat ! Laurel et Hardy conscrits ! La Grande vadrouille avec le mitrailleur allemand qui louche ! Voilà, c’est ça, scrongneugneu : on a retrouvé la 7e compagnie, on va sauver le soldat Ryan et moi, du coup, ça me donne envie d'entamer un 20e bistrot mémoire sur les militaires sympathiques - ou pas - dont l’antimilitariste que je suis à l’occasion se souvient quand même.


BANDE DESSINÉE

Commençons par ceux des bédés de notre enfance. Je me souviens de Taka Takata dans le journal Tintin, des généraux Tapioca et Alcazar et du colonel Sponsz dans les albums d’Hergé. de Beetle Bailey, du sergent Laterreur dans Pilote, du lieutenant Blueberry de Charlier et Giraud, des Tuniques bleues, du 20e de cavalerie chez Lucky Luke, des combats entre Snoopy, l’as de la première guerre mondiale, et le Baron rouge. D’autres aviateurs célèbres et concurrents ? Tanguy et Laverdure, Buck Danny, Dan Cooper.

Plus loin dans le temps il y a les légionnaires romains d’Astérix, Le sergent Kirk et les Scorpions du désert d’Hugo Pratt. Et bien sûr, couronnant le tout caricaturalement, l’Adjudant Kronenbourg de Cabu !



CHANSON

Enchaînons avec la chanson : rappelons-nous le colonel Bogey, dont la célèbre marche « Hello, le soleil brille, brille, brille » est sifflotée dans le film « Le Pont de la rivière Kwaï ». A la même époque Graeme Allwright chante la traversée d'une rivière avec de l’eau « jusqu’à la ceinture » quand il était en manoeuvre dans le Louisiana, une nuit au mois de mai, sous les ordres d'un vieux con qui dit d'avancer, scrongneugneu, où on n'a pas pied.


Évidemment tout a commencé bien plus tôt avec« L’Ami Bidasse » de Fernandel , dernière incarnation en date des comiques troupiers et tourlourous de la fin du XIXe siècle, Ouvrard, Polin, Bach et Laverne, etc.

On a eu droit aussi à « La Casquette du Père Bugeaud », aux trois capitaines d' « En passant par la Lorraine ». Malbrough s’en va-t-en guerre en compagnie de Babette (Brigitte Bardot) alors que Trois jeunes tambours s'en reviennent « Ran plan ran pataplan ». Le « Légionnaire » d'Edith Piaf est repris par Gainsbourg.

Nous, bien sûr, nous ne ferons pas de cadeaux au maréchal Nouvoilà. Nous chanterons plutôt « Le Déserteur » de Boris Vian ou, moins digne, « La Médaille » de Renaud. Nous garderons dans notre besace « La chanson de Craonne », « La Butte rouge », « Gloire au dix-septième » de Montéhus.

Nous écouterons, plus gentiment, le « Sergent Pepper’s Lonely Hearts club band » des Beatles, le « Général à vendre » (paroles de Francis Blanche) et « Le Général Castagnetas » chantés par les Frères Jacques, le messager de « Marathon » de Marcel Amont et « Le Général dort debout » de Ray Ventura ainsi que « La Guerre de 14-18 » de Georges Brassens.

Nous concédons toutefois la présence dans notre discothèque d’un tank saugrenu sur la pochette de l’album "Salisbury" d’Uriah Heep.

De « L’Histoire du soldat » de Stravinsky et Ramuz et du « Soldat rose » de M. nous savons simplement qu’ils existent.


CINÉMA

Ne prisant ni la guerre ni les militaires je n’ai rien à dire sur « Les Canons de Navarone », « Le Jour le plus long » et autres films nombreux qu’on a tournés autour des conflits du XXe siècle. Je retiens juste le drôlissime « Uniformes et jupons courts » de Billy Wilder, « How I want the War », un film de Richard Lester avec John Lennon et la patrouille des éléphants du colonel Hathi dans le « Livre de la jungle » de Disney d’après Rudyard Kipling.

Par contre je vous dispense des « Bidasses en folie » avec Les Charlots et même de « La Vache et le prisonnier » d’Henri Verneuil avec, encore, Fernandel en « Kriegsgefangene » (und die Kuh).

De la télé des années 60 il ne me reste que le sergent Garcia dans « Zorro » et le caporal Rusty et son chien Rintintin dans le feuilleton homonyme.





LITTÉRATURE

En littérature il y a « Le Colonel Chabert » de Balzac, « Le Caporal épinglé » de Jacques Perret, Fabrice del Dongo dans "La Chartreuse de Parme" de Stendhal qui passe allègrement du sabre au goupillon, « Les Aventures du brave soldat Chveïk », un roman satirique tchèque de Jaroslav Hasek, « Le Hussard sur le toit » de Jean Giono, « Les Gaîtés de l'escadron » de Georges Courteline...

Je ne sais plus avec certitude qui est l’auteur de ce calembour « Tire ailleurs, c’est mes galets ! ». Jean Yanne, peut-être ?




MENTIONS DE MILITAIRES CÉLÈBRES

Je n'ai pas en mémoire les noms de tous les maréchaux qui ceinturent la ville de Paris sous forme d’un long boulevard. Je sais qu’il y a Ney dans la liste parce que lui se voit comme son homonyme au milieu de la figure ! Je crois savoir qu’on n’y trouve pas Cambronne qui est resté simple général parce qu’il a eu des mots qui ont déplu à sa hiérarchie. Plus loin dans la capitale on trouve le zouave du pont de l'Alma.

Quelle ville de France n’a pas sa rue, son avenue ou sa place du général de Gaulle ? On honore également à Rennes le général Guillaudot, le sergent Palicot, le sergent Maginot qui fut un visionnaire sur toute la ligne et même le général Lafayette qui avait légèrement tendance à épater la galerie au printemps.

Saint-Georges de Lydda est un nom qui me dit quelque chose mais quoi ?

Le capitaine Haddock et les commandants Cousteau et Charcot ne sont pas forcément des militaires mais des marins, tout comme le capitaine dans « Pim Pam Poum » et les différents capitaines imaginés par Jules Verne.


BATAILLES

On se souvient tous de lieux où ont eu lieu des foutages sur la gueule célèbres, pas forcément avec leur date à part Marignan (1515) : le défilé des thermopyles, Alésia (52 av. J.-C.), Hastings (1066), Bouvine (1214), Crécy (1346), Sedan (1870), le soleil d'Austerlitz, le pont d'Arcole, la Bérézina, Waterloo morne plaine... Ajoutons la bataille de Reichshoffen et l’expression « Il pleut comme à Gravelotte ».




Inkerman, Malakoff, Alma et Sébastopol sont des restes de la guerre de Crimée de 1853-1855

En terminant j’ai une pensée pour la grande Duchesse de Gerolstein, créature de Jacques Offenbach, qui déclare avec fougue, à l'instar de Johnny Hallyday, « Ah que... j'aime les militaires » !

Ne pouvant souscrire à pareille assertion, je ne puis pas non plus signer mon texte « GI Joe » !

Pourtant G.I. pour Gentil Iconoclaste, ça me va bien au teint, je trouve !

Ce sera tout ! Repos ! Vous pouvez disposer, Scrongneugneu !


P.S. Comme dessert la maison vous suggère une coupe colonel, une boule de glace citron arrosée de vodka.




Elle voulait voir sa mer. (Yvanne)

  


En cette fin d'après midi, tout le monde chez Nana cherche Ronchonchon. Chacun s'interroge. Mais où est-il allé avec son vélo ? Il est parti depuis le matin, très tôt. Au poulailler, ça caquette, ça jacasse, ça glousse... On se concerte, on suppute.

Enfin, au grand soulagement de tous, le voilà qui arrive, tirant la langue, soufflant comme un bœuf et complètement à plat après tout ce trajet en traînant sa bécane.

- Scrogneugneu de scrogneugneu j'en peux plus ! Ah si je le tenais le mec je le ferais bruxeller moi, foi de cochon !

De qui parle t-il ? La basse cour est en émoi. Quel est le trublion qui a mis leur Ronchonchon dans cet état ?

Ses favorites, Monette et Simone se précipitent, l'une avec une serviette éponge bien moelleuse, l'autre avec la friandise préférée du cochon : quelques mouillettes baveuses de jaune d'œuf. Le voilà vite requinqué, prêt à regagner sa botte de paille pour une nuit paisible. Les poulettes cependant, ne dorment que d'un œil, craignant pour leur soyeux bien aimé. Soudain, elles se poussent de l'aile. Ont-elles bien entendu ? Pas de doute possible. A plusieurs reprises, le goret grogne dans son sommeil les mots « cocotte universelle, Suisse ». Qu'est ce que ça peut vouloir dire ? Elles lui demanderont le lendemain à la première heure.


Au chant du coq, Monette et Simone, curieuses et intriguées, font un vacarme épouvantable pour réveiller Ronchonchon. Quand enfin il émerge, elles lui servent un bon petit déjeuner avec empressement. L'animal n'est pas d'humeur au saut de sa paillasse et elles le savent. Elles sont tellement avides d'en apprendre davantage que, malgré tout, elles l'abreuvent de questions au sujet de sa somniloquie.


Mal leur en prend : le cochon se met dans une colère noire et reste muet. Les poulettes ne capitulent pas pour autant. Elles sont tenaces. Voilà qu'une idée jaillit de derrière leur crête.

En chœur elles interpellent Ronchonchon. C'est Monette qui s'y colle en premier.

- Mon ami, il faut que tu répares ton vélo au plus vite. Nous devons aller en Suisse.

- Hein ? Quoi ? En Suisse ? Qu'est ce que vous voulez aller faire en Suisse ?

- Mais enfin Ronchonchon tu sais bien que Simone est née à Genève. Et puis, nous avons quelques économies avec la vente de nos œufs. Il serait bon de mettre un peu d'argent de côté par les temps qui courent. Nous irions à la banque...

  • J'ai envie d'aller voir la mer, moi ajoute Simone. Comme l'autre petite poule, là. Mais évidemment tu ne connais pas l'histoire de la petite poule qui voulait aller voir la mer. Ignorant ! Tu n'écoutes pas quand je lis à voix haute aux enfants le soir.

  • Elles me feront tourner en bourrique. Complètement folles ces femelles ! La mer ! En Suisse ! Pffff !

  • Ben oui. Parfaitement. Et le Léman alors ? C'est ma mer à moi riposte Simone. Et je veux y aller demain.


De guerre lasse, le cochon a changé la roue de sa bicyclette.

Le jour suivant, tout le monde en selle ! Pendant que Ronchonchon pédale, les poulettes se serrent l'une contre l'autre sur le porte bagage . Elles ont caché sous leurs ailes des paquets de billets. On les dirait prêtes à s'envoler tant elles sont gonflées.

Dans la corbeille à l'avant, ils ont placé quelques sandwichs préparés par Nana , les euros ont remplacé le camembert dans certains parce que Monette, très prudente, a dit qu'il ne fallait pas mettre tous ses œufs dans le même panier.


Arrivés à la douane, Ronchonchon, la tête dans le guidon, essaie de passer discrètement. Pas de chance : surgit d'une guitoune un énergumène aux bacchantes fournies et aux joues fleuries. (Ne doit pas sucer que de la glace celui là pensent les trois voyageurs)

- Halte ! Qu'est ce que vous avez à déclarer ?

- Rien. On va voir la mer euh.. le lac Léman.

Le douanier les observe en se caressant le menton. Il s'apprête à les laisser passer quand tout à coup il s'exclame :

- Hé, vous, les deux poulettes, qu'est ce que vous avez sous les ailes ?

- Nous ? On emmène nos poussins à la plage. Chut ! Ils dorment.

- Allez, circulez. Il ne sera pas dit qu'un gabelou suisse a des idées pédophiles.



 

Fanfan (Cavalier)

  


Depuis que je suis enfant, est ce moi ? Ou il y a vraiment une ressemblance entre James Finlayson en drill sergeant, sergent recruteur, avec Laurel et Hardy, bidasses, et Noël Roquevert, le sergent Fier à bras, dit La franchise dans Fanfan la tulipe ? …

Ah, ces seconds rôles de sergents recruteurs, ces bulldogs de la République ou du Royaume, mâchoires serrées, uniforme trop repassé, voix en double take qui casse le tympan des recrues et les nerfs du spectateur.

Et leurs jurons qui se sont édulcorés aux fils des temps dans le genre de Scrogneugneu en francais et D’oh en anglais pour Damn parvenus jusqu’aux Simpson.

Du coup, j’ai pensé mettre en scène mes deux vieux scrongneugneux confondus jadis dans une piécette un peu vaseuse, c’est vrai, mais bon … c’est l’intention qui compte. Avec Fanfan et Laurel et Hardy. De plus, j’y ai rajouté une description de la BD shakespearienne associée.

« Scrogneugneu contre D’oh ! » version bande dessinée

The overturned soup in most wondrous folly

Sous une tente qui fuit, quelque part entre la Flandre et la Fantaisie, un capitaine et un sergent allié font halte, enfin.

Capitaine Bustle (James Finlayson), moustache frémissante et air solennel en chauve qui peut, compte ses recrues :
« Laurel, Hardy… et ce drôle enrubanné qui dit s’appeler Fanfan ? »

Fanfan la Tulipe, sabre au clair, fait un grand écart front banana split à la manière d’un danseur classique :
« Présent, mon capitaine ! Mais je ne combats que pour les beaux yeux des belles et les mauvaises causes ! »

Bustle se redresse, moustache vibrante :
« Soldat, ici on ne combat que pour la gloire ! »

Le sergent Fier à bras (Noël Roquevert), surgit alors, rouge comme un coq de flamand brabant, brandissant un chaudron empli de soupe fumante :
« Pour la gloire ? De se faire marcher sur le pied par un Anglais chauve ? »
Les deux chefs alliés se font face, sabre contre sabre, juron contre juron :

D’oh ! (Damned)
– Scrogneugneu ! (Sacré nom de Dieu)

À ce moment précis, Laurel trébuche sur un seau, et… whoops ! — le chaudron de soupe vole dans les airs. Hardy ouvre grand la bouche et glisse sur une carotte qui s’échappe du chaos. SPLASH ! Il atterrit dans la soupe, qui éclabousse Fanfan et le sergent rouge de panache.

Fanfan, toujours sur un pied, le théâtre lui sert toujours, encore, attrape son sabre comme un bâton de majorette et pom pom fait tournoyer le chaudron plein de légumes comme une batte de cricket. Du plein la vue comme d’habitude en bravache. Mais que de charisme. Les rubans s’enroulent autour de Laurel, qui tente de courir mais finit par se prendre les pieds dans la tente.

Hardy, trempé jusqu’aux oreilles, essaie de tirer Fanfan vers lui, mais il finit par l’emmener en pirouette dans la boue, avec des carottes qui volent comme autant de confettis.

Mais Fanfan a une mission de son Roi, en missive secrète, donner un bouquet à une princesse. Il est temps. Et pour la livraison du bouquet, Fanfan fougueux va sans réfléchir le livrer, mais se trompe de film.

Il crève l’écran du téléfilm d’Allan Arkush de 2003, uchronique, où un prince et son acolyte sont transformés en grenouille pour toute l’éternité… À moins que ce prince ne convainque une jolie jeune fille de l’embrasser. Du coup Fanfan se retrouve en grenouille avec son bouquet.

Toujours la même rengaine du baiser magique en crapaudine ! Tornado déçu le laisse en plan et rejoint le beau masqué Guy Williams, pour aller galoper autour d’autre pays. Fanfan retourne déçu aussi dans le bon décor. Le petit nuage magique se dissipe, Fanfan redevient humain, bouquet à moitié brûlé. Fanfan, frisé de vapeur : “Je préfère le théâtre, c’est plus stable…

Bustle, recouvert de boue et de purée, debout, lève le bras et hurle :
« Soldats… je crois que nous venons d’inventer l’OTAN ! »

Le sergent toujours rouge, quant à lui, s’écrase dans un tonneau et en sort la tête à moitié recouverte de soupe :
« Et moi qui pensais que la guerre, c’était du sérieux ! »

Fanfan saute sur Laurel, qui glisse sur Hardy, qui fait tomber un autre seau… et la tente s’effondre en un nuage de toile, de rubans et de légumes volants.

La scène se termine sur un dernier éclat : nos héros, trempés et boueux, se relèvent, debouts, en triangle comique, s’inclinent à la manière d’une troupe de théâtre, et éclatent de rire. En contrepartie ils entament un concours de jurons contre le public qui n’en peut mais :

Sergent Fier à bras : Scrogneugneu, Ectoplasmes à roulettes, Flibustiers de carnaval, Moules à gaufres
Capitaine Bustle : D’oh, Blimey, Oh my god, Bollocks, Little buggers
Hardy doublé par un acteur belge : Frûmez vos guêul, Tiesse di quette, Bôreu d’ troyes et pikeu d’ gades
Laurel par un québecois pur jus : Mausus qu’chus tanné ! Crisse de cave, Câlice de char
Fanfan, bouquet carbonisé : Montjoie ! Saint Denis ! FICHU SORTILÈGE !

Dans la salle, le Capitaine Haddock, ébouriffé, se lève et applaudit : “Tonnerre de Brest ! Quelles belle bande de bachibouzouks, mille sabords !”

Caption final : Thus was born the first Franco-English alliance, pre-Brexit, born of misunderstanding, overturned soup, and wondrous folly !

Avec Gérard Philippe, James Finlayson, Noël Roquevert, Stan Laurel et Oliver Hardy et enfin Emily Beecham-Parcequerousse

« Scrogneugneu contre D’oh ! » – Storyboard BD Complet

Case 1 – Extérieur, tente qui fuit
Caption: Somewhere ‘twixt Flanders and Fancy…
Bustle (moustache frémissante, air solennel) :
• “Laurel, Hardy… and that ribboned knave, Fanfan?”
Fanfan (grand écart frontal, sabre en main) :
• “Present, my captain! For fair eyes and naughty causes!”
Onomatopée: ZING! (Fanfan brandit son sabre)

Case 2 – Gros plan sur Bustle
• “Soldier! Here we fight for glory!”
Sergent Fier à bras surgit, rouge comme un coq :
• “Glory? To be trodden by a bald Englishman?”
Onomatopée: SCROGNEUGNEU!

Case 3 – Duel sabres
Sabres s’entrechoquent :
• Bustle : D’OH!
• Sergent : SCROGNEUGNEU!
Bruit: CLANG! CLASH!

Case 4 – Chaos culinaire
• Laurel trébuche sur un seau : WHOOPS!
• Chaudron de soupe vole : FLY! SPLASH!
• Hardy glisse sur une carotte : SLIP! SPLASH!
• La soupe éclabousse Fanfan et le sergent rouge.

Case 5 – Fanfan acrobatique
• Fanfan, sur un pied, tourne le chaudron : POM POM SWOOSH! ZING!
• Les rubans s’enroulent autour de Laurel : BOING!
• Laurel trébuche dans la tente.
• Hardy tire Fanfan dans une pirouette : TWIRL! WHOOSH!

Case 6 – Livraison du bouquet
• Fanfan traverse le chaos, bouquet à la main : TIP-TOE…
• Il crève un écran voisin où une princesse confuse se penche :
• Fanfan en grenouille : “For thee, my princess!”
• Princesse (mauvaise) : “Euh… merci ?”
• Onomatopée : WHOOPS! (Fanfan l’embrasse et recule sur une peau de banane)

Case 7 – Concours de jurons
• Sergent rouge : SCROGNEUGNEU!
• Bustle : D’OH!
• Laurel : Câlice de char !
• Hardy : Tiess di quette !
• Fanfan, bouquet en équilibre : FICHU RUBAN!
*Tous se regardent, perplexes puis éclatent de rire : HA HA HA!

Case 8 – Bustle héroïque mais boueux
• “Soldiers… I believe we have invented NATO!”
• Sergent rouge sort d’un tonneau, tête pleine de soupe :
• “And I thought war was serious!”
Onomatopée: SPLAT!

Case 9 -Chute finale et hommage Haddock
• Fanfan saute sur Laurel → Laurel glisse sur Hardy → un autre seau tombe : CRASH!
• La tente s’effondre en nuage de toile, rubans et légumes volants : BOOM! WHOOSH!
• Nos héros se relèvent, triangle comique, s’inclinent.
• Dans la salle, Capitaine Haddock, ébouriffé, se lève et applaudit :
• “Tonnerre de Brest ! Quelles belle bande de bachibouzouks, mille sabords !”

Caption final: Thus was born the first Franco-English alliance , pre-Brexit, born of misunderstanding, overturned soup, and wondrous folly!

L'ont fait...

    ... avec ou sans barbes ?       Ecridelle ; Walrus ; Vegas sur sarthe ; Marie Sylvie ; Yvanne ; Nana Fafo ; Lecrilibriste ;