Je viens sans prévenir.
Un froissement d’air,
et déjà je me défais.
Je passe
entre vos toits,
vos antennes,
vos gestes levés sans raison.
Je ne pèse rien
mais je vous recouvre
d’ombre et de lumière.
Et moi je ne dis rien.
Je glisse.
Parfois je me rassemble,
parfois je fuis.
Je prends la forme
de ce que vous croyez voir.
Un animal,
un visage,
un souvenir qui tremble.
Je ne garde rien.
Je porte,
je laisse,
je recommence.
Vous m’attendez
pour lire l’heure,
pour deviner la suite,
pour savoir si quelque chose
va tomber.
Je ne promets rien.
Je traverse.
Je m’effiloche.
Je n’ai pas de frontière.
Je reviens autrement.
Certains lèvent
de petits appareils.
Ils grésillent.
Mais d’autres continuent
à chercher
un cheval,
un visage,
une île.
Magnifique !
RépondreSupprimerC'est la magie des nues ... D'un petit rien qui naît puis disparaît on peut faire un beau texte
RépondreSupprimerC'est bien de vivre le nez dans les nues !
RépondreSupprimerC'est l'effet nuage, ça allège l'âme et parfois on en tombe des nues...
RépondreSupprimerC'est tellement bien amené, bien dit. Magnifique.
RépondreSupprimerDes phrases courtes, scandées pour illustrer les nuages qui se faufilent, qui jouent...
RépondreSupprimerEst-ce le mot "animal", est-ce le mot "cheval" ou la beauté de l'ensemble qui m'évoque la chanson "Foule sentimentale" ?... Réussite totale (pour la rime) !,)
RépondreSupprimerUne réflexion très profonde, Cavalier.
RépondreSupprimerJ'aime beaucoup ton idée que la néphélomancie n'est pas une science mais une "lecture de l'incertain".
Ton récit rappelle avec beaucoup d'élégance que l'avenir nous échappe autant que la forme d'un nuage au vent. Bravo pour cette hauteur de vue !
Bien amicalement, Marie Sylvie
Sept milliards de relations compliquées avec les écrans alors qu'il suffit de lever le nez pour observer un spectacle toujours changeant et moins clivant !
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