samedi 8 mars 2025

À la Pergola Verte. (Yvanne)

   

Tant pis pour la balade dans les Saulières aujourd'hui ! Avec quelques regrets Marité se rend en ville pour une démarche urgente. Mais qu'à cela ne tienne, elle va compenser agréablement par la suite.
Elle a mis dans son sac son petit ordinateur portable, sa lecture en cours et a rejoint la cité gaillarde.

Il est 14 heures. Le café-salon de thé situé dans une toute petite rue du centre ville ne sera animé que plus tard. Marité le connaît bien et a pris quelques habitudes dans cet endroit chaleureux et confortable. Après avoir salué Sophie, la patronne devenue une amie, elle se dirige vers la petite salle qui est en fait conçue comme un jardin d'hiver avec sa pergola recouverte de verdure. Marité va directement s'installer dans son petit coin habituel, tout au fond. Deux larges fauteuils en moleskine rouge sombre encadrent une table ronde juponnée d'un joli tissu aux fleurs pastel. Elle dépose ses affaires sur l'une des banquettes et s’asseoit sur l'autre en face.

Sophie ne tarde pas à apporter un plateau très bien garni. Elle n'oublie jamais les goûts de ses clients. Théière, tasse, pot de lait et une large part de tarte au citron meringuée y sont joliment disposés dans une vaisselle raffinée. Avec un clin d'œil complice la maîtresse des lieux pousse vers Marité un post it où elle a copié les codes d'accès au réseau wifi de la maison. Elle sait que sa cliente tête en l'air oublie toujours de les noter.

Marité déguste sa collation en savourant ces instants de tranquillité. Discrètement elle a pris ses aises, laissé choir ses chaussures et posé ses pieds sur le fauteuil qui lui fait face. Finalement elle ne regrette pas trop sa promenade au grand air. Elle est bien là dans cette ambiance feutrée et verdoyante.

Tout en buvant son thé, elle ouvre son livre et se replonge avec gourmandise dans les secrets qu'a suscitée la redécouverte au 19 ème siècle du carnet de Villard de Honnecourt, compagnon du 13ème siècle. L'architecte du Moyen Age a laissé à la postérité une centaine de feuillets de parchemin comportant des croquis et des dessins. Peut être a-t il voulu léguer un testament pour les compagnons du Devoir ? Sur la centaine de feuillets, 33 folios subsistent et sont conservés à la Bibliothèque Nationale de France. Que sont devenus ceux qui manquent ? Henri Loevenbruck s'est emparé avec bonheur de ce thème sur le compagnonnage et la franc-maçonnerie et cela passionne la lectrice friande de thrillers ayant trait à l'Histoire. Comme elle aurait aimé dans une autre vie posséder sa librairie de livres anciens pour y découvrir les mystères qu'ils recèlent parfois et la somme de culture accumulée aussi naturellement ! !

Il fait chaud. Sophie vient ouvrir la porte-fenêtre qui donne sur le jardin à l'arrière du café. Un magnifique mimosa y déploie son fardeau de corolles lumineuses. Ses effluves un peu entêtants envahissent la salle, évoquant pour Marité des odeurs d'enfance de miel et de réglisse. Le menton dans sa main droite, elle rêve en suivant des yeux un papillon jaune, voletant de ci de là, saoul de parfums et de soleil. Encore l'enfance qui revient en mémoire. Voyant le premier papillon printanier sa grand-mère affirmait en relevant sa couleur safranée ou citronnée : « cette année la mode sera au jaune » Tous les ans d'après elle la mode devait être au jaune. Cette pensée nostalgique fait sourire Marité.

Il lui reste un peu de temps avant que le café se remplisse. Marité ouvre son ordinateur et se connecte au réseau wifi de la maison. Elle sait ce qu'elle va écrire pour participer cette semaine au Défi du Samedi. Elle a déjà jeté des notes au crayon sur le carnet qui ne la quitte jamais. Les idées lui viennent en marchant dans les bois qu'elle aime et qui l'inspirent. Il ne reste plus qu'à les mettre en forme.

Fini le calme et la sérénité ! Une bande de mamies en goguette pénètre bruyamment dans le salon.
Marité leur laisse sa place sous l'œil amusé de Sophie qui sait que sa cliente n'aime rien tant que la solitude.
 



Wifigénie en bolide ? (Joe Krapov)

  


Je crois que si le mot « wifi » était sorti sur le Défi du samedi l’été dernier pendant mes vacances en camping, je ne serais pas allé demander et encore moins acheter le code wifi qui me permet de faire mon intéressant sur cet atelier d’écriture !

C’est que, voyez-vous, même après avoir lu la notice de madame Wikipe consacrée à ce phénomène mi-scientifique, mi-administratif, je ne comprends toujours rien à toute cette machinerie qui me permet d’aller pondre des bêtises jusqu’en Outre-Quévrain, de dialoguer avec des Clermontoises, des Corréziennes, des Drômoises, des Varoises, des Lannionnaises et même jadis avec des Américaines alors qu’avec mon voisin de palier, c’est zéro échange tout au long de l’année. Il faut dire aussi que nous sommes seuls sur notre palier et que, de toute façon, vu la gueule qu’il a et la violence des échanges qu'il  propose, je préfère traverser ce monde réel incognito et silencieux, quasi cloîtré dans mon amour du gambit Rousseau, de mon épouse volante, de la musique et de l’écriture partagées, de la photographie de ville, du vélo et des tableaux de Giorgio De Chirico !

 


C’est pourquoi je remercie l’oncle Walrus de perpétuer la tradition des photos sur lesquelles écrire pendant la saison d’été du défi. Cela me permettra peut-être d’aller demander un code Wifi à Madame Adélaïde au camping de Faux-la-Montagne si on y retourne cet été - c’est en bonne voie, de fait ! -.

Un dernier détail amusant : chez nous le code qui permet d’avoir accès au réseau Wifi c’est quelque chose comme « unesourisvertequicouraitdanslherbe ».

Comme c’est mon fils préféré qui a configuré le truc, je suis bien content qu’un peu de notre fantaisie à lui transmise (par wifi ou par code génétique?) transparaisse quelquefois derrière sa barbiche de geek ayant pignon sur rue !




Le syndrôme leucosélophobe (Cavalier)

   

Juste un crayon de bois pour défier le Wifi

 Le Wifi … oui … mais une fois épuisée sa définition, une fois dévoilée sa proximité linguistique et son son top marketing flirtant avec celui de la sonorité de la HIFI jolie des tourne-disques de ma jeunesse, une fois lue à fond la norme IEEE 802.11, en travers, dénoncée la perte fréquente de la com au fond du jardin – au moment le plus inopportun, et compris que le 6 gigas va moins loin que le 2 point 4, et avoir su que Hedy Lamarr, une actrice – au spectre des fréquences de son tendre minois, inventa le protocole un beau jour en utilisant son four à micro-ondes 2.4 Ghz comme par hasard aussi en haut du mont Everest … curieusement pas du tout en zone blanche. Lui. Non.

 Alors non ! plutôt enfin oui, fi faisons de toutes ces trivialités : et alors, alors, du coup c’est le trou noir ! Mince. C’est bien troublant, pensez, car cela ne m’était jamais arrivé depuis un siècle que je défie le samedi, ici : l’inspiration n’est plus au rendez-vous. Non. J’ai rarement vu ça !

 Tout est bien là pourtant. Mes dictionnaires. Et ceux des synonymes aussi. Mes recueils de nouvelles et de légendes ibéro-bretonnes. Les journaux de la semaine dernière. Télé 7 jours. Mes Haut-Parleur magazines. Les lettres de ma grand’mère – Dieu ait son âme. Ma Sainte Bible.

 Mes proverbes et dictons disparus. Mes citations préférées. Alice et le corsaire. Martine à la ferme. Oui la ferme. Et les dialogues de Marc Dorcel, oui encore – je sais -, en deux volumes.

 J’ai même discuté avec ma copine, avec trois voisines, avec la commère du quartier, avec la factrice, et même avec une caissière. Rien. Rien de rien. Je regrette…

 J’ai retaillé trois fois mes crayons de bois. Nettoyé à fond mon clavier. Démonté et huilé ma souris. Dégrippé, détartré et plombé mon Bluetooth. Surfé sans relâche, et sans but sur le net avec dix fenêtres ouvertes en même temps. Même aux ex impromptus, même chez Lali, en vos mots, même au samedi canalblog. Rien.

 J’ai ouvert tous mes livres au hasard, noté les mots rencontrés. Noté leurs contraires aussi. Pris la télé, en cours de route, sur des élections, un mariage, des enterrements, des émissions et des chansons vintages sur la chaine Melody, noté et renoté des idées. Rien. Nada. Je ne sais pas quoi vous dire. Je ne sais plus quoi inventer.

 Bon sang, c’est dans l’action que je vais progresser. Je prends une feuille blanche, ma nouvelle gomme. Un joli crayon de bois tout neuf. Je vais écrire tous les mots qui me passent par la tête. Action, réaction !

 Allons-y : « Le Wifi … oui … mais une fois épuisée sa définition, une fois dévoilée sa proximité linguistique et son son top marketing flirtant avec celui de la sonorité de la HIFI jolie des tourne-disques de ma jeunesse, une fois lue à fond la norme IEEE 802.11, en travers, dénoncée la perte fréquente de la com au fond du jardin – au moment le plus inopportun, et compris … que « 


F comme fi ou faille (Adrienne)

   

Quelle est la première chose que l'Adrienne "check" quand elle réserve un hôtel?

Hé oui, c'est à ce point-là: s'il y a la wi-fi.

Pourtant elle a connu l'époque où on s'en passait facilement :-)

Comment faisait-on, d'ailleurs, pour réserver un vol, voir les horaires des trains, les programmes des musées et la route pour y aller?

Mystère!

Elle ne s'en souvient plus!

Par contre elle se souvient des débuts, et de la discussion en salle de profs, avec un collègue germaniste qui prétendait qu'on ne devait pas dire "wi-fi" mais "waille-faille".

 


Oui fille (Kate)

 

Je m'baladais
(pas tout à fait)
sur l'avenue
(c'était un boulevard, j'ai vu)
le coeur ouvert à l'inconnu
(hein ? Mais pas du tout, t'as cru ?)
j'avais envie de dire bonjour
(non, c'était pas mon jour !)
à n'importe qui
(là c'est n'importe quoi, je ris...)
Enfin, c'était mardi
Non, je ne ressemblais pas à
une aquarelle
de Marie Laurencin
(même si Julien
m'avait coiffée comme elle)...
C'était encore l'hiver
(et plus du tout l'été indien)
et j'avais beaucoup à faire
en ce joli matin
et pas partie pour dire
j'irai où tu voudras
(mais j'ai droit à un petit délire,
n'est-ce pas ?)...
Bon, quittons les Champs Elysées,
la plage abandonnée,
la table au fond du café
et entrons dans ce centre commercial
qui n'a pas l'air mal.
Le couloir qui mène aux toilettes
s'orne d'une fresque
qui mérite que je m'y arrête
pour faire une photo pittoresque
(enfin, presque !)

Entre 1998
Les Champions du Monde
et l'an 2000
(ah ! le fameux bug de l'an 2000...)
Entre les deux la Wifi vient au monde
en 1999 son coeur palpite
(enfin, débute
à défaut de mettre des buts !)
Et puis mercredi...
Et si tu n'existais pas...
(Enfin Joe, calme-toi, je suis là !)
mais on existe, pardi !
Entre méditation métaphysique
et variété à tendance lyrique,
je t'ai croisée sur le trottoir,
toi et (ta veste ? Hélas non !) tes bas
transparents et noirs
sur tes cuisses tatouées,
la gauche, je n'ai pas tilté
mais la droite m'a marquée :

 

   1999

 

en écriture gothique,
c'est beau ces trois 9 !
Aurais-tu donc vingt-six ans
exquise
marquise
comme la Wifi ?
Oui fille,
tu brilles !

 

Comme dit une voix off sur ma télé... (Walrus)

   

"Djn'ai rin compris du tout !" (c'est du wallon, mais Dieu seul sait d'où, Lui qui sait tout).

Après que le mot de la semaine me soit venu de (même appel à Dieu), au lieu de me précipiter sur des sources fiables (quoiqu'avec l'IA, y a-t-il encore des sources fiables ?) pour comprendre de quoi il retournait (encore que l'absence de câbles me laissait supposer l'intervention d'ondes radio), je me suis posé une autre question, ça, c'est tout-à-fait moi : 

Quelle est la différence entre le Wi-Fi et le Bluetooth ?

Comme je suis un vieux de la vieille (j'avais tapé "de la veille" on est parfois drôle sans le vouloir) les deux PC fixes de l'appartement sont raccordés au réseau par des câbles. Autour d'eux il y a un encramaillage (pas au dico mais très parlant non ?) pas possible de fils divers : alimentations, souris, imprimantes, caméras, haut-parleurs, lecteur de CI, disques externes, extensions USB, scanneur etc...

Bien sûr, le boîtier de raccordement au réseau est muni d'un émetteur Wi-Fi, mais nous n'avons dû le mettre en service que quand une de nos visiteuses a débarqué avec un PC portable qui ne peut se raccorder au réseau que via le Wi-Fi. Ça m'a scié parce que tous les portables que j'avais eu jusqu'alors et Dieu sait (à nouveau, c'est fou ce qu'il sait le Mec)) si j'en ai eus, étaient tous munis d'un connecteur de raccordement filaire. Mais, réflexion faite, je suis allé vérifier sur le petit dernier que je viens d'acheter : y en a plus !!! (j'ai pas ajouté "Bordel" parce que je sais me tenir).

Là, vous commencez à penser que je noie le poisson et que j'omets soigneusement de vous dire pourquoi j'ai pensé au Bluetooth (vous connaissez quelqu'un qui a les dents bleues ? On ne badigeonne quand même plus au bleu de méthylène de nos jours !). Je m'en vais vous l'expliquer, rassurez-vous !

C'est à cause de ma télé !

En effet cet appareil est muni d'une télécommande que je n'utilise jamais parce qu'avec le boîtier de sélection de chaînes fourni par mon fournisseur d'accès (dont le prix des abonnements gagne haut la main le concours de "Qui qui demandera plus que tous les autres") une autre télécommande qui permet à la fois la commande du téléviseur et celle du boîtier dont question ci-dessus. Chose étonnante : pour commander le téléviseur vous devez absolument braquer la zappette vers celui-ci alors que pour le choix des chaînes, son orientation est absolument sans importance.

Cette dernière situation provient du fait que la commande du boîtier se fait via Bluetooth et celle du téléviseur via... infrarouge !  On n'arrête pas le progrès !

Oui, minute de patience, je vais répondre à ma question initiale : c'est un simple problème de distance d'émission et donc de puissance, mais les deux travaillent dans la même zone de fréquences (si l'on veut bien oublier la procédure de connexion). 

Ouais, on n'est pas beaucoup avancés, je ne vous le fais pas dire !

 

MÉANDRES DE L'INVISIBLE (Marie Sylvie)

  




Le Wi-Fi,  ce fil moderne, guide nos vies connectées. Sans fil, sans frontière, il traverse les murs et les barrières pour lier nos esprits dispersés. Il est le souffle de nos conversations, l'écho de nos pensées,  la toile sur laquelle se dessinent nos rêves et nos espoirs. 

C'est une danse silencieuse de signaux, une symphonie d'ondes qui flotte dans l'air, invisible mais omniprésent. Chaque bip, chaque octet, transporte une part de nous-mêmes : Un message, une image, une émotion. Le Wi-Fi est l'âme numérique qui nous unit, éther éthéré qui abolit les distances et la solitude. 

Dans ce monde en perpétuel mouvement, où chaque instant est une connexion, le Wi-Fi reste le fil conducteur de notre existence moderne nous rappelant que, bien que séparés par des kilomètres, nous ne sommes jamais vraiment seuls. Chaque réseau, chaque connexion est un pont qui nous relie aux autres, une passerelle vers l'infini des possibilités. 

Alors la prochaine fois que tu te connectes, penses à cette magie imperceptible qui t'entoure, ce souffle indécelable qui nous unit tous par delà les frontières et les océans.


Wifigénie (Lecrilibriste)

 

 

Iphigénie est un génie
Un génie accompli
Sauf pour le wi fi
Qu’elle a dans l’pif
Comprendre le wi fi ?
nouvelle technologie ?
elle s’arrache les tifs
confond clé de sécurité
et clé  universelle
câble Ethernet
et le câble Eternel
Prie « je vous salue Marie »
Au lieu de lire la notice
Se bat contre ce récif
Sans fil et subversif
Elle s’y colle pourtant
A ce truc rébarbatif
L’esprit combatif
Pour cette « fidélité sans fil »

Dans un élan admiratif
Pour cette énergie infléchie
On la nomma Wifigénie
 

 

samedi 1 mars 2025

Défi #862

   

Un anglicisme branché mais sans fil :

 

Wi-Fi

 


 

Ont fait voler les copeaux

 

 

 


 


  

Walrus ; Marie Sylvie ; Lecrilibriste ; Kate ;

Joe Krapov ; Cavalier ;

LA VARLOPE MAGIQUE (Marie Sylvie)

  

Dans un petit village pittoresque, un menuisier nommé Hugo possédait une varlope magique capable de transformer les souffrances des gens en objets symboliques pour les aider à guérir. 
Un jour, Élise, une jeune femme souffrant d'une invalidité,  vint voir Hugo avec l'espoir de retrouver un peu de confort et de joie. 
Hugo écouta attentivement les douleurs d'Élise et, avec sa varlope magique, commença à travailler. Chaque coup de varlope sur le bois représentait une part de souffrance d'Élise qui s'envolait. 

Tout d'abord, il façonna un fauteuil spécial,  adapté aux besoins d'Élise pour lui permettre de retrouver l'usage de son corps avec confort et dignité. Chaque détail du fauteuil symbolisait sa force et sa résilience. 
Ensuite, Hugo créa un lit qui épousait parfaitement le contours de son corps, offrant un soutien inégalé pour soulager les douleurs dorsales. Le lit devint pour la jeune femme un sanctuaire de repos et de récupération. 
Enfin, pour finir, Hugo sculpta une balançoire enchantée, conçue pour donner à Élise le sentiment de légèreté et de liberté. Cette balançoire magique annulait le vertige et lui permettait de se balancer sans crainte, ressentant la joie pure du mouvement et de l'air frais. 
Avec ces créations magiques, Élise découvrit un nouveau monde de possibilités. Le fauteuil lui redonna mobilité et autonomie. Le lit apaisa ses douleurs dorsales et la balançoire lui offrit la liberté de voler sans peur. 

Ainsi, grâce à la varlope magique de Hugo,  les douleurs d'Élise furent transformées en des symboles de guérison et de renouveau. Le menuisier et sa varlope magique devinrent populaires, et les habitants du village trouvèrent espoir et réconfort en sachant qu'ils pouvaient, eux aussi,  transformer leurs douleurs en source de joie et de guérison. 



Varlope, varappe & lycée de Versailles (Cavalier)

   

La pépie vient en mangeant

Trois jours déjà que je ne vois plus Chloë. Elle me manque. On est si complémentaires pourtant. Le bois et la pierre. La varlope et la varappe. Mais oú est elle donc passée ? Mince.

Oui, trois jours déjà ... J’ai des crampes qui me tordent et me nouent le bas du ventre. Je ne peux plus rester ici. Il faut que je me défonce.

Footing à fond. Trois grands tours de l’île. Etirements. Cinquante pompes plus tard, c’est mon VTT d’une blinde qui crie grâce. Je fonds comme une flèche sur les chemins de la Sèvre et poursuis, à bride abattue, à travers le petit bois. J’évite rapidement, en cadence, tous les troncs hérissés, arrachés, affalés sous les coups de butoir de la tempête Ciarán de 2023. Je fonce jusqu’à Pont Caffino. Les types qui varappent sur les parois de schiste bleu me refilent des suées. Elle n’est pas là. Personne. Demi-tour. Je tourne bride, sur les chapeaux de roue, et repars à toute vitesse, peau des fesses, braquet au maxi.

Ligne d’arrivée au jardin. Je me fais trois énormes rondins de un mètre aux coins et à la masse. Je prends gros. Je les éclate. Je les scie à la main. Et zig et zag, et zig et zag … Je me les farcis les débitant hargneusement à la cognée, au merlin. Je varlope, à fond de caisse, une montagne de palettes. Je réduis deux victimes en mille bois, en petits morceaux, en cure-dents. Je décloue, je tape, je scie, je retape, je re-débite, je rabote, je ronge. Je trie et je range ces copeaux. En croles top crolées, j’attise et j’allume mon feu.

Illico presto, quatre-vingt-dix copies corrigées, moyennées, escaliers, salopées, varlopées, re-notées, dansent, leur coûtent un bras, s’emballent …

D’un coup, Marc Dorcel tombe aux abonnés absents … je prends cher et m’effondre sur le lit !

 


Le Cyclope de "Penny Lane" (Joe Krapov)

 

 

"Oh dis, c’est loin l’Amérique ? Pas assez encore, ces temps-ci !"


Si tu as besoin d’une duchesse,

D’une liseuse, d’un banc d’église,

Si tu rêves que je le menuise

Je crois que tu t’es trompé d’adresse :


Je ne sais pas manier la varlope !

Moi le boulot, je le salope.

Je ne sais pas jouer du couteau,

Le résultat ne sera pas beau.


Je suis aussi nul en meuleuse

Qu’en ponceuse ou en scie sauteuse.

Il faudrait que tu te lèves tôt

Pour me voir coincer dans l’étau


Autre chose que la sainte bulle !

Moi je tiens des conciliabules

J’accouche sur le confident

La conversation des clients.


Je ne connais rien au rabot,

- Demande plutôt à un robot ! -

Question maniement de la bédane

Je mérite le bonnet d’âne


Mais je suis poète de cour

Je fais dans le bonheur du jour

Et je cisèle mon boulot

En usant du tarabiscot.




Si tu as besoin d’une armoire,

D’un lutrin ou d’un écritoire,

D’un rocking-chair, d’un canapé

D’un montauban, d’une chaise percée,


Demande plutôt à Pénélope,

La dame au long cou d’antilope :

C’est la patronne de la boutique.

Certes, elle n’a pas l’air sympathique,


Elle est bien souvent d’humeur noire

Mais faut connaître son histoire

A la boudeuse bonnetière :

Son bonhomme parti à la guerre


Perdit le chemin de la chaumière

Et pendant dix ans la bergère

Fidèle à son cadet d’Gascogne

Fit ceinture côté gigogne !


L’autre avait dépassé les bornes

Et sur les bords de la Riviera

- Calypso Circé Nausicaa -

Lui avait fabriqué des cornes.


Retour la goule enfarinée

Avec le chien assassiné

Pas un cadeau dans ses valises !

Il ne faut pas non plus dépasser les balises !


Elle ne souhaitait plus faire tapisserie

Elle l’a trucidé un beau soir

D’un coup de fauteuil trémoussoir.

Et l’a plié dans la penderie.


Sur le lit de justice un maître du barreau

N’a pas laissé de bois les membres du jury.

Et moi qui n’ai qu’un œil et vendais des lits clos

J’ai trouvé du boulot dans sa menuiserie.


Allez, venez, je vous introduis !


- Patronne ! Monsieur, psychanalyste,

Recherche un récamier pas triste ?


- On a un modèle belge. Est-ce que ça vous séduit ?





Allez hop, on stoppe ! (kate)

   

- "Si j'avais une varlope
Je raboterais les inégalités
De la pierre et du bois
Si j'avais une enveloppe
J'écrirais des courriers
Qui dénonceraient les iniquités"...
- Stop, Jo, arrête !
- Mais pourquoi Robin ? Ça va pas ?
- Ben...
- Mais tu m'as dit de m'inspirer de "Si j'avais un marteau"...
- Oui, enfin, non, je t'ai parlé de Cloclo...
- Oui, et aussi de Johnny...
- Oui, mais pas de plagier non plus "Si j'étais un charpentier" !
Et qu'est-ce que vient faire ce mot "enveloppe" ? Tu avais besoin d'une rime ?
- Hum... j'avais pensé à "hope" mais tu m'as dit pas d'anglicisme...
- Attends, tu es mon parolier mais je ne chante pas dans les églises...
- Oui, je sais, tu fais des clips.
- Et des tubes ! Je t'ai parlé de Cloclo, Johnny et d'autres...
- Et je suis arrivé à Marc !
- Lavoine ? "Le parking des anges" ?
- Euh ! Non... Écoute. Pour Cloclo, sa parolière Vline Buggy adapte un protest song de Pete Seeger de 1949...
- Hein ? Mais de quoi tu me parles, Jo ?
- Et Johnny a  bien fait un succès...
- C'était sa période hippie, l'époque de "Jésus Christ Superstar", etc.
- J'ai cherché ce qui reliait les deux tubes...
- Mais pourquoi ? À part "Si...", formule tellement utilisée, je ne vois pas ! L'amour du travail manuel ?
- La danse, le succès, Robin !
- Et tu l'as piochée où cette varlope ? Dans ta boîte à outils du parfait parolier ?
- Ben...
- C'est un outil de menuisier ?
- Oui... et de charpentier...
- Et tu as trouvé quoi ?
- Marc 6:3, tiens, regarde...

- Mais pas de varlope en vue, tu te reposes quelques jours à Deauville, Jo et tu me rappelles...
Allez hop, on stoppe !


Métier passion (Lecrilibriste)

 

 

Il scie, il dégauchit, il varlope
Tous ses outils à portée de main
La plane, le racloir l’effleureuse
Il flotte dans l’atelier
Un parfum de yeuse
D’ébène ou de noyer
Qui donne envie de rester
Dans cette odeur de bois
Qui diffuse sa chaleur

Il regarde ses plans, il mesure, recommence
Mieux vaut deux fois qu’une
Pour être bien sûr et ne pas se tromper
Equerre et mètre en mains, il trace
Repose son crayon plat sur l’oreille
Dans un geste de longue habitude
Il s’applique, le travail avance
Il fignole les tenons et mortaises
En découpes fines et précises

Il recule, il contemple, caresse le bois lisse
Sa grande et belle table a pris forme
Sans effort, le tiroir glisse
Il ponce, il polit, il cire, il essuie
Attend un moment pour faire briller
A Pâques, la famille autour sera réunie
Et ça le rend heureux

 

Copain copeau (Walrus)

   

Quand j'étais enfant, je passais souvent une partie de mes vacances chez la sœur aînée de ma mère : ma tante Marie. Vaut  mieux préciser : ma mère avait trois sœurs (et trois frères).

Elle habitait Vezin, un patelin sur les hauteurs de la rive gauche de la Meuse entre Namur et Andenne.

À l'époque (fin des années quarante, début des années cinquante) , c'était très animé la vie dans un petit patelin d'environ 1400 habitants. Il y avait plusieurs magasins et même un cinéma (j'y ai vu Tino Rossi chanter "Petit Papa Noël" dans un fil noir et blanc ("Destins" ça s'appelait)).

Il n'y avait pas l'eau courante dans les maisons et il fallait aller remplir des seaux à une borne qui fonctionnait au moyen d'une clé en acier qui devait peser presque autant que le seau !

Cette borne se trouvait sur le trottoir au coin de la rue de Leuze et de la rue des Ampsées en face de l'endroit où débouchait le sentier de la Saule lequel abritait la maison de ma tante.


"Et la varlope dans tout ça ?" vous écrierez-vous fort raisonnablement, ce à quoi je répondrai (à l'instar de la marieuse d'un histoire russe que je ne raconterai pas ici pour ne pas allonger la sauce comme un Marcel de  triste mémoire) : "Minute de patience !". J'y viens...


Le trottoir dont question ci-dessus était celui d'une maison prolongée par un atelier de menuiserie. Atelier qui, pour des raisons dont je ne sais plus rien aujourd'hui, m'était ouvert. J'entrais, je disais bonjour (j'étais un enfant très bien éduqué à l'époque et oui, ça a bien changé !) et je m'installais dans un coin au milieu des copeaux de bois, ravi par l'odeur de ce matériau et j'observais le travail de l'artisan que cet intérêt semblait amuser.

Puisqu'il y avait des copeaux, il y avait forcément des rabots. Mais y avait-il l'une ou l'autre varlope parmi ceux-ci ? Mystère! D'autant qu'à l'âge que j'avais alors je doute que j'aie pu connaître ce qui les différenciait : leur longueur !

J'ai cru comprendre aujourd'hui qu'elles étaient les ancêtres des dégauchisseuses. Je n'en ai jamais utilisées.

Les rabots, les bons vieux en bois, ça oui : mon père en avait un. Le système de taille est pareil sur le rabot et la varlope : une lame qu'on coince dans une rainure avec un coin en bois et un contre-fer et qui sort de la semelle de l'instrument par une fenêtre. Je le sais : je l'ai démonté "pour voir". Pour le remonter correctement ça a été une autre paire de manches : il faut remettre les pièces dans le bon sens et régler la "lumière" (c'est le petit espace ouvert entre le tranchant de la lame et le bord de  la fenêtre).

La lame, elle, doit être soigneusement affutée et son fil affiné à la pierre à huile. Un truc qui vous rentre dans la chair du doigt jusqu'à l'os sans que vous le sentiez ! Qualité(?) qu'elle partage avec celles des microtomes du labo de microscopie optique dont j'avais hérité (en plus du reste) en fin de carrière au labo, seule différence : les copeaux fabriqués par le microtome étaient beaucoup plus fins que ceux sortant d'une varlope !

 

Ont jeté un regard discret...

     Monsieur X ; Walrus ;