samedi 27 décembre 2025

Défi #904

  

Vous cherchez un titre ? 

 

Duchesse 

 

 

 

 

Ont pris leur envol

 

 


  

Walrus ; Marie Sylvie ; Kate ; Joe Krapov ; 

Nana Fafo ; François ;

 

CE REDRESSEUR DE TORTS (François)

  


Il est le plus beau,
Il est le plus fort,
Ce redresseur de torts.
Des méchants, il est le fléau.

A-t-il fini de tomber,
D’une bande dessinée ?
Personne ne le sait.
Toujours, il fait son petit effet.

On dirait une chauve-souris,
L'homme est ainsi habillé.
Un chiroptère parmi,
Les héros bien taillés.

On l'appelle Batman,
Pour certains, il est hasbeen,
Pour d'autres, Il est rassurant.
De quel côté votre cœur s’incline ?

 

Avec ou sans alcool ? (Nana Fafo)

 


Avec ou sans alcool ?


Ronchonchon cochon au crochet avec une loupe et une écharpe rouge et blanche de noel


Flash spécial à Radio Crochet.

Ce matin à l'estaminet, toute l'assemblée s'agite.

Il paraîtrait qu'un super héros en collant 

veut investir la Mairie de la ferme Dac-au-thé d'Yvanne.


Mais... on ne connaît pas son identité secrète !

Des rumeurs courent qu'il voudrait fusionner 

la ferme d'Yvanne et celle de Nana pour étendre son territoire.

C'est un scandale ! 

L'estaminet grogne 

et Ronchonchon est bien décidé à mener sa petite enquête.


Il se pare de sa plus belle écharpe "l'air de rien" 

et comme tout bon cochon qui se respecte, 

il va déambuler dans le village Dac-au-thé, 

histoire de glaner quelques informations croustillantes

aux langues de chat ou de vipère qu'il trouvera.


Les cocottes du village sont de sortie, 

elles ont sorti leur plus beau plumage et brillent comme un sapin de Noël 

en se pavanant dans les ruelles pavées de la ferme, 

toutes parées de bonnes intentions. 

Profitant de cette euphorie cacophonique, 


Ronchonchon leur glisse un :

- Mesdames, quel peps !


Les poulettes gloussent de satisfaction, 

Ronchonchon poursuit pas très subtilement, 

mais bon avec des cocottes ça ne sert à rien :

- Sauriez-vous qui est ce nouveau super héros ? 


Les cocottes répondent en coeur en poursuivant leur défilé : 

- Un chiroptère ?


Hummm... Ronchonchon se dit 

"mon cochon c'est une chauve-souris que tu dois trouver".

Il poursuit son périple entre les bottes de pailles et les bottes en caoutchouc, 

quand il tombe groin à museau 

sur une petite souris blanche et chauve de son état.

Ronchonchon se demande 

"Serait-ce elle ? Une souris chauve masquant une chauve-souris masquée... mâlin !"


Après avoir cuisiné et assaisonné de quelques boutades l'air de rien 

(tout est dans l'écharpe) la suspecte, il semblerait qu'elle soit blanchie.

La chauve souris s'éloigne en disant : 

- Un chiroptère ?


Désespéré, Ronchonchon décide d'aller à la taverne de la ferme Dac-au-thé. 

Dans toutes les fermes il y a une taverne !

C'est souvent là que les langues se délient sur les délits.


En levant les yeux sur l'enseigne, Ronchonchon lit : "au P ter noster",

ça lui donne envie de prendre un petit Kir au P ter, pas vous ?






La Chauve-souris... C'était moi ! (Joe Krapov)

 


Moi je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais il se trouve qu’un jour de mai 2016, le 24 pour être précis, j’ai tenu le rôle de la Chauve-souris !

Non, pas à l’opéra de Rennes. Dans la chorale H. ! (H comme Haïssable).

Non pas dans l’opérette de Johann Strauss II. Dans la chanson de Thomas Fersen !

J’ai encore le masque en carton de l’animal dans le recueil des partitions. J’ai encore la vidéo de l’événement mais je l’ai retirée, sur demande motivée, de ma chaîne Youtube.

J’en ai quand même extrait une photo que je vous présente ci-dessous.



Plutôt que de vous raconter l’histoire de la chorale haïssable, je vais vous faire cadeau de quelques vidéos « de Noël » plus sympathiques, en lien avec le thème de cette semaine :

- Une version sobre et sous-titrée du titre «La Chauve-souris» de Thomas Fersen :



- Un documentaire d’Arte très intéressant sur «Johann Strauss et les femmes de sa vie»


- Un dessin animé que je viens de découvrir de Tom et Jerry interprétant l’ouverture de l’opérette !



Deux choses en conclusion :

- Noël à la télé, autrefois, c’était la rétrospective Disney présentée par Pierre Tchernia. Ensuite, ce fut la découverte de Tex Avery. Reconnaissez avec moi que ces auteurs de dessins animés sont quand même bien plus drôles que l’espèce de clown à mèche orange que les Américains ont élu un jour qu’ils étaient, sans doute, bourrés comme des coings !

- Dans l’opérette de Strauss, il n’y a presque pas plus de chauve-souris qu’il n’y a d’escouade dans «Les Parapluies de l’escouade» d’Alphonse Allais. C’est juste un bout de dialogue, l’histoire d’une mauvaise farce jouée à un type qu’on a obligé, un soir de bal costumé, à traverser la ville déguisé en «Fledermaus».

Bonnes fêtes de fin d’année à vous ! Et surtout que 2026 ne vous apporte pas de mauvaises blagues !

Que le Champagne ne vous mette pas la tête à l’envers !

Que votre Batmobile ne tombe pas en panne sur l’autoroute 401 !

Rendre hommage aux poètes (Kate)

  

Une chauve-souris déguisée en homme
Comme une image tirée d'un album
Ça n'existe pas ça n'existe pas
 

Une chauve-souris surgie hors de la nuit
Histoire de tester le soleil qui luit
Ça n'existe pas ça n'existe pas
 

Une chauve-souris qui serait une souris
Et pourquoi pas un oiseau de nuit
Ça n'existe pas ça n'existe pas
 

Une chauve-souris qui serait chauve
Dans le secret de l'alcôve
Ça n'existe pas ça n'existe pas
 

Mais un escargot
Qui monte de plus en plus haut
Et qui ainsi rata l'enterrement
D'une feuille morte
Que le vent emporte
C'est surprenant
Et ça existe là

Eh ! Pourquoi pas ! 

(Mais bien vite dans son habitat
tout en bas il retourna)

 

SOUS LA PEAU LUMINEUSE DES CHIMÈRES (Marie Sylvie)


  

 

 


 
 
 
 
Chaque Été
Lorsque revient La Nuit des Chimères
La ville semble se déplier comme un parchemin enchanté.
Les murs du Vieux Mans se couvrent de couleurs mouvantes
De silhouettes anciennes
De récits qui glissent sur la pierre comme l'eau lente.

Je marche dans cette clarté nocture
Enveloppée par les projections 
Qui transforment les façades en chapitres vivants.

C'est alors qu'un frémissement traverse l'air.
Une ombre
Puis une autre fend la lumière bleutée.
J'imagine un oiseau tardif 
Un messager distrait
Mais non 
C'est un Chiroptère
Un petit prince de la nuit 
Qui danse entre les halos et les fresques lumineuses.

Ils sont plusieurs
Presque invisibles
Brodant le ciel de leurs trajectoires rapides.

Plus loin 
Un restaurateur s'agace
Accusant ces minuscules voltigeurs de faire fuir sa clientèle.
Je souris en silence.
Comment pourrait-on craindre ce qui ajoute au mystère
Ce qui rappelle que la nuit n'appartient jamais tout à fait aux humains ?

Sous les Chimères projetées
Sous les ailes des Chiroptères
Je me sens traversée par une douceur ancienne.
La ville respire
La lumière respire
Et moi avec elles.
Et dans cette respiration partagée
Je retrouve ce que j'aime tant :
La sensation d'être accueillie par la nuit elle-même.


 

Jeux de mains, jeux de vilains (Walrus)

 

Alors, là, facile !
Pas besoin de dictionnaire étymologique pour savoir de quoi il retourne...

Les noms biologiques c'est la plupart du temps dérivé du grec ou du latin. Alors allons-y : on découpe le sujet en deux : vous avez "chiro" d'un côté et "ptère" de l'autre. "Chiro", c'est "main", vous vous en apercevrez le jour où vous confierez votre carcasse à pétrir à un chiropracteur ou que vous vous ferez arnaquer par une chiromancienne qui vous promettra tout le bonheur du monde en échange d'un peu de thune, rien qu'en reluquant la paume de votre main (c'est même ça que j'avais prévu initialement comme mot pour cette semaine, mais j'aurais raté Batman).

Côté "ptère", c'est "aile", (presque) tout le monde sait que les insectes sans aile sont aptères avec le fameux "a" privatif comme dans aphone, atone, asocial, atypique, j'arrête avant de me flanquer de l'arythmie cardiaque.

Les chiroptères sont donc des bestioles dont les mains servent d'ailes, exemple type : les chauves-souris (mot combiné qui explique pourquoi je ne souris jamais pour ne pas être l'objet de  la plaisanterie douteuse classique et de toute manière c'est interdit pour les photos de carte d'identité).


Voilà, vous avez bien tout compris ? 

 

Attention !

Dans mon pays, il existe chez les néerlandophones une association dénommée "Chiro". N'allez pas conclure qu'il s'agirait d'une troupe de manipulateurs. Simplement, ils ont assemblé "chi" et "ro" deux lettres grecques qui forment le monogramme du Christ (lequel orne régulièrement certains vêtements liturgiques). Monogramme qu'ils utilisent comme insigne. C'est l'équivalent du "Patro" des francophones, donc un mouvement de jeunesse catholique.

Faut pas pousser trop loin la décomposition des mots, on risque de se perdre à ce petit jeu...

  

dimanche 21 décembre 2025

C'est le moment !

  

Notre amie Marie Sylvie me l'a rappelé fort opportunément :

il est grand temps de vous souhaiter

à toutes et tous, ainsi qu'à tous ceux qui vous sont chers,

un joyeux Noël 2025

et

une année 2026 qui comble tous vos vœux !

 


 

samedi 20 décembre 2025

Défi #903

 

Celui-là, vous ne l'aurez pas volé !

 

Chiroptère

 

 


 

En ont eu plein le dos...

 

   


  

Marie-Sylvie ; Kate ; Nana Fafo ; Vegas sur sarthe ;

Walrus ; Clio 101 ; Yvanne ; François ;

Joe Krapov ;

  

Mets tes tracas dans ton barda (Joe Krapov)

 


"Mets tes tracas dans ton barda !", c'est une formulation que j'ai trouvée dans un des albums des Peanuts de Charles M. Schulz où Snoopy joue au soldat mais je n'ai pas eu le courage de me plonger dans la cinquantaine de recueils que je possède pour retrouver l'image ! Et les moteurs de recherche ne me sont d'aucune aide : ils renvoient juste à une de mes pages de blog !

J'en ai fait le refrain, bien surréaliste, de cette chanson que j'ai traduite-adaptée-trahie (mais pas tant que ça !) cette nuit !

Bonne écoute à vous !





LE 11 NOVEMBRE 1918 (François)

 

La vieille dame épluche du Rutabaga,

Son homme joue avec sa pipe, faute de tabac,

Prématurément vieilli et non plus d'espoir,

L'absence de lettre est pour eux misère.

Leur fils est-il mort à la guerre ?

Ils entendent sonner le glas du manoir.

 

Puis c'est le tour des cloches de l'Église,

Ils s'interrogent tous deux sur cette méprise,

Pourquoi fait-on sonner les cloches alentours ?

Il n'y a plus au village un homme à marier,

Ils se sont tous fait tuer à quoi bon unir leur amour ?

 

Le garde-champêtre va frapper son tambour,

Il bat la campagne depuis le lever du jour,

Il annonce la nouvelle la guerre est finie,

Avec empressement, il remplit son office,

Ils ont signé l'armistice, la guerre est vraiment finie.

 

La femme lâche son couteau et se met à pleurer,

L'homme va à la fenêtre et reste en arrêt.

Enfin, c'est le moment, l'espoir tant attendu,

Il y aura eu pour cette guerre tant de sacrifices,

Que pour ce jour de l'armistice,

Ils ne peuvent être que très émus.

 

Combien de Pierres, de Hans, de Jacques et d'enfants,

Sont partis au front avec l'âme d'un innocent,

Pour être broyé par l'ennemi en chair à canon ?

Imaginez leur douleur, leurs crises et leurs pleurs,

Perdus, disparus quel malheur.

Tout droit dans la gueule d'un démon.

 

La campagne est désolée, où sont les maris,

Qui donnaient à la terre toutes ces couleurs ?

Les compagnes ont leur vie à jamais détruite,

 Et grandit tous les jours la liste des orphelins.

Espérons que peut-être que demain,

La nation sera reconstruite.

 

Les habitants du village ne veulent pas y croire,

En ce 11 novembre est une page d'histoire,

Qui rend l'honneur et répare les humiliations,

Le pays peut désormais relever la tête.

Adieu sentiment de défaite,

 Et vive à jamais la nation.

 

Enfin, elle est là, l'heure de la délivrance,

Chacun et tous prennent un peu plus d'assurance,

Mais la joie n'est pas complète le sang a coulé.

La vieille dame rappelle que nos enfants sont morts.

Nous sommes touchés par le sort,

Ils ont détruit nos douces couvées.

 

Et quelques mois après, de nouvelles à la ronde,

Leur a appris qu'il y a eu un wagon à Rethondes,

Et les champs peu à peu, qui étaient en jachère,

Donnaient à l'horizon une nouvelle couleur.

 Les hommes ont repris le labeur pour faire reculer la misère.

 

Bien plus tard, deux petits vieux cherchent réconfort,

Sous cette grande voûte, où un inconnu dort.

A l'écart, tout tremblant, en se tenant par la main,

Se demandait s'il était là, leur tendre enfant,

Ne point savoir, c'est le néant,

Peut-être reviendra -t -il demain ?

 

 

 

Les malheurs du Père Noël. (Yvanne)

 

Depuis quelques décennies, Jean-Paul est le maire de la toute petite commune de Saint Sauveur qui compte à peine 300 habitants. Il n'a pas de soucis avec ses administrés encore civilisés Dieu merci. Pas de problème de drogue – sait on seulement ce que c'est ici ? - Pas de conflits de voisinage. Enfin pas trop. Il y a bien quelques vieux qui surveillent le bornage de leurs bois et de leurs champs. Mais comme il n'y a pas de vols ni de dégradations tout baigne. Jean-Paul assume sa tâche tranquillement et avec bonheur.


Pourtant en cette fin d'année l'édile voit poindre à l'horizon quelques difficultés. Il se murmure qu'un quidam, originaire du coin et maintenant établi à demeure à St Sauveur depuis sa retraite, vise la mairie. Jean-Paul rumine et se demande comment faire pour l'évincer et garder sa place. Non mais ! Depuis le temps qu'il se dévoue pour garder ses ouailles en bon père de famille, on ne va pas lui couper l'herbe sous le pied et tout démolir sous son nez ?


Quand ça commence... se dit Jean-Paul ! Voilà qu'un nouveau problème – et pas des moindres – se profile. Son adjoint Rémi ne veut plus être le Père Noël comme les années précédentes parce qu'il étouffe dans cette cape et surtout ce tas de barbe blanche. Il se plaint d'avoir de l'asthme !!! Qu'est ce qui lui prend à celui là ? Il tournerait sa veste ? On va voir ce qu'on va voir !


Jean-Paul réunit d'urgence son conseil municipal et présente avec délicatesse la chose qui le tourmente : qui va endosser le rôle du Père Noël samedi prochain ? Les conseillers se regardent mais ne pipent mot. Alors Jean-Paul tente le tout pour le tout et se tourne vers sa première adjointe . Elle a la carrure pour faire illusion. Et pense t-il en riant sous cape de la barbe au menton. Pas suffisamment mais quand même. Avec un rajout ça devrait le faire . Il va la prendre par les sentiments. Ça devrait marcher.

  • Mauricette, à toi l'honneur ! Je t'offre une boîte de chocolats de chez Borzeix. Deux boîtes même !

  • Quoi ? Tu voudrais me faire jouer le Pére Noël ? Tu te fous de moi ! s'exclame la bonne femme en éclatant de rire, ouvrant toute grande sa bouche édentée. Tu veux que je fasse peur aux enfants ? Et puis ils le savent que je n'ai pas de dents puisque je conduis le car scolaire. Ils me reconnaîtraient.

Son dernier espoir tombant à l'eau, Jean-Paul se gratte la tête et capitule après un ultime tour de table. Ce n'est pas le moment de décevoir avec les élections qui approchent.

- C'est bon. Je m'en charge pour cette année.


Voilà le grand jour. La salle des fêtes vibre de cris et de rires. Les gamins sont excités comme des poux et les parents ont bien du mal à les tenir.

Courageusement Jean-Paul se dirige vers la petite salle attenante et s'apprête à faire sa bonne action.

Tout le barda du déguisement est là qui l'attend. Il enfile le long manteau rouge. Pas besoin de prendre les bottes constate t-il avec soulagement. Le costume, taillé pour Rémi lui descend aux chevilles. Super, il aura vite fait de se débarrasser du fourbi pour, en toute hâte, reprendre une allure digne de sa charge de maire pour s'atteler au discours de fin d'année. Voilà. Il est prêt. Ah non, ça ne va pas du tout. Rémi a raison : il fait trop chaud là-dedans. Tant pis. Il pose la houppelande et sans hésitation se déshabille gardant seulement son slip. Cette fois, c'est bon. Il fait une entrée remarquée et applaudie. Tiens se dit-il, étonné, c'est gratifiant d'être le Père Noël. Enthousiaste, il distribue les cadeaux, fait des tas de bisous et sourit largement pour les selfies.


Tout fonctionne à merveille. Quel bel après midi ! Jean-Paul est finalement ravi quand soudain entrent en courant deux lutins qui se ruent sur lui, lui arrachent son harnachement et le laissent en caleçon au milieu des enfants. Médusé, le maire, rouge de confusion et de honte quitte précipitamment la salle tandis que les malfrats se sauvent de leur côté, leur larcin accompli.

La salle frémit. Personne ne parle. Seuls quelques rires vite étouffés s'élèvent. Des enfants pleurent.

Jean-Paul est fou de rage. Mauricette le rejoint et tente de le calmer. C 'est elle qui fait les frais de la mauvaise humeur du Père Noël ridiculisé.

      • Ça c'est un coup des Russes plaisante Mauricette.

      • Et ça te fait rire ? Pas moi ! Je devine qui est derrière cette infamie. Il a prémédité son coup bas en envoyant des sbires à sa place cet abruti. Quelle bande de gougnafiers ! Je vais appeler les gendarmes. Je vais porter plainte. Je vais le tuer. Je vais...

      • Ne te rends pas malade Jean-Paul. Il n'y a rien de grave.

      • Ah oui ? Tu crois ? Je te le jure : il n'aura pas ma mairie cet enfoiré, foi de...père noël manqué !


 

Un voyage au goût de cendres (Clio 101)

  

Dans ce pays les jeunes gens, à l’aube de leur 15 ans, doivent quitter leur entourage pour se mesurer au monde. Marchant de jour, demandant l’hospitalité pour la nuit, s’employant à de menus travaux en échange de nourriture, ils testent leur débrouillardise et leur capacité d’adaptation, voient de leurs yeux la diversité de leur monde et se préparent à l’entrée dans l’âge des travailleurs. Habituellement, ce périple est source d’enthousiasme et de fanfaronnades. Jeunes gens et jeunes filles partagent avec enthousiasme leurs préparatifs, leur destination et leurs espérances ; à leur retour, ils sont fêtés comme des rois.

            En ce temps-là, un jeune garçon, appelons-le Vadim, bouclait les derniers détails de son voyage. Sauf qu’aucun départ n’était organisé avec moins d’enthousiasme.

            Son barda s’exposait dans les moindres recoins de sa petite chambre. Vêtements chauds et froids, dessous et hauts, dépareillés et froissés, recouvraient la quasi-totalité du sol. Une natte défraîchie, enroulée à la hâte, gisait sur le lit à moitié défait et paraissait trop grosse pour son emplacement. L’équipement, armes, lanternes, ustensiles de cuisine, à peine emballé et poussiéreux, occupait l’espace restant. Le sac, île au milieu du chaos, débordait d’autres affaires. Plusieurs dessins à l’encre de personnages et de paysages sortaient à moitié d’une poche.

            Pour la énième fois depuis le début de la soirée, Vadim poussa un long soupir. Il défit le couchage, tenta de l’arranger au mieux avant de le fixer à l’endroit prévu. Les yeux dans le vague, il parcourut la pièce du regard, tendit une main molle pour récupérer un vêtement, avant de renoncer et s’asseoir. Il saisit les dessins et les contempla un à un, touchant du doigt les silhouettes. Une larme tomba sur celui qu’il tenait en main. D’un geste doux, il essuya la tache, rangea les dessins et se mit lentement à emballer ses affaires.

    Tu vas vraiment faire ça ?

Vadim se retourna, tenant en main deux chaussettes dépareillées. En face de lui, sa sœur le regardait d’un air triste.

Il détourna le regard.

    Je n’ai pas le choix.

    Tu as toujours le choix ! Si seulement…

Vadim se redressa d’un bond et la domina de toute sa hauteur.

    C’est quoi mes autres options ? J’atteins l’âge d’homme dans six mois et le concours d’entrée à l’Académie des Hauts officiers de la Couronne s’ouvre deux mois plus tard ! A tout moment, je suis susceptible d’avoir une vision augmentée, je dois tout le temps prendre garde à mes pensées, mes émotions, mes sentiments, mes paroles et j’en passe ! A l’examen oral, les examinateurs nous bombardent de questions, sans répit, pendant une heure et demie. Si je manque une seule question, si je fais un seul malaise, si j’ai la moindre vision embarrassante, je perds toutes mes chances d’entrer à l’Académie. Ça fait cinq ans que je me prépare, j’y ai sacrifié mes amis, mes loisirs, mes voyages, hors de question que ça été en vain.

Tremblante, Sania tenta d’apaiser la fureur de son frère.

    Entrer à l’Académie représente le rêve de ta vie, je le sais. Mais envisager une procédure aussi radicale, aussi dangereuse, se soumettre à un rite qui te coûtera un déchirement aussi profond, perpétré par une secte clandestine, sans garantie à 100% de résultat, tout cela pour une école… Si tu pouvais au moins te trouver un maître…

    Je n’ai plus le temps pour ça ! Pour le trouver, qu’il me teste, m’accepte, que les enseignements portent enfin leurs fruits, je ne serai plus en mesure de préparer le concours.

    Le général de Tramines, alors. Il te connaît et t’estime. Si tu vas le voir, que tu lui expliques tes tourments, il pourra identifier parmi ses contacts quelqu’un qui sera en mesure de t’aider.

    Le général risque de se trouver parmi les examinateurs. Si j’implore son aide à six mois du concours ce sera vu comme une preuve de favoritisme, ma candidature sera invalidée.

    C’est pour quelque chose de totalement différent, qui n’a rien à voir avec le concours. Personne ne le saura et, tel que je le connais il se montrera aussi impartial avec toi qu’avec les autres candidats.

Terrifiée à l’idée de perdre son frère, Sania tentait par tous les moyens de le dissuader de mettre son plan à exécution. Lui, perdu entre le stress du concours, l’angoisse face à l’instabilité de ses pouvoirs et la sensation diffuse d’une catastrophe, perdit toute mesure. Il savait les dangers qu’il encourait mais refusait de renoncer à intégrer la prestigieuse école.

    Sania, assez ! Cesse tes stupides petites remarques, mêle-toi de tes affaires et laisse-moi faire les choix qui s’imposent ! J’entrerai à l’Académie, quel que soit le prix à payer ! Je souhaite consacrer ma vie au service du roi ! C’est quand même autre chose que de diriger une entreprise de draps, juste parce que son père en est le propriétaire !

En prononçant ces dernières paroles, Vadim sut qu’il avait été trop loin. La vive rougeur et les larmes dans les yeux de sa sœur lui fendirent le cœur.

Il tenta de la prendre dans ses bras mais elle se détourna.

    Je n’ai pas usurpé ma place dans la boutique, murmura-t-elle d’une voix blanche. J’ai trimbalé des rouleaux, mesuré et découpé des toiles, tenu la caisse, balayé les sols un millier de fois avant que papa ne me fasse confiance et me laisse prendre part aux décisions. Je n’ai pas ton ambition mais je travaille à la prospérité du royaume, à ma mesure. Je t’aime, depuis que tu as annoncé vouloir accomplir cette idée démente, je tremble pour toi car j’ai peur de te perdre. A moins que ça ne soit déjà le cas.

L’instant d’après, elle était partie.

Honteux de sa colère, il se précipita chez elle. La pièce était vide, son manteau disparu. Il la chercha dans toute la maison, en vain.

Revenu dans sa chambre, Vadim resta longtemps prostré. Sa sœur faisait partie de ceux qu’il aimait le plus au monde et il venait de la blesser, profondément. Il aurait voulu veiller, l’attendre, se jeter à ses pieds, implorer son pardon.

C’était désormais impossible. Il devait partir dans quelques heures, ce qui signifiait qu’il devait prendre un peu de repos.

 Il ne pourrait lui demander sa bénédiction ; il s’en irait, le lien rompu, sans savoir quand et dans quel était il reviendrait.

Quand l’aube grise parut, il se trouvait déjà loin. Le cœur lourd, il marchait, indifférent au printemps qui, doucement, prenait la suite de l’hiver. Les bourgeons encore tendres et les fleurs à peine écloses, les pousses précoces et les premiers nés des bêtes, l’odeur du renouveau et l’appel du changement, tout cela prenait dans sa bouche un goût de cendres, comme le deuil de ce qu’il s’apprêtait à perdre pour jamais.



 

Ronchonchon n'aime pas Noël (Nana Fafo)

 


Le Barde Apapas Edit, le piaf


cochon au crochet Ronchonchon

Ce matin, à la porcherie, tout le monde dort encore.

Les petits porcinets sont en vacances...

Ils se sont tous regroupés sur la paille pour le rituel des vacances :

les chants de Noël du Barde Apapas.


C'est en chœur que les mignonnets réclament la chanson des Barbapapas.

Après s'être égosillés la truffe, leurs petits estomacs crient famine,

comme leur fourmi Lavoisine.

Le Barde Apapas les emmène à l'estaminet

manger de la barbapapa préparée pour l'occasion par Walrus le patron.

Si ils sont sages ils pourront aller toucher la barbe à Papa Noël.

Il paraît que ça porte chance.


Vous vous doutez bien que toutes ces mièvreries à la porcherie

ne sont pas du goût de Ronchonchon.


Et quand il décide de faire sa tête de cochon...

ça ressemble à des "j'aime pas", tel un César qui condamne !


Ronchonchon, il n'aime pas les Barbapapas,

ils sont tout rond et à moitié débiles, sans consistance,

il y en a même un qui est tout rose.

D'un aspect extérieur, ils ressemblent à Ronchonchon, une forme connue.

Alors pourquoi cette aversion ? Qu'inverse-t'il en déversant le venin de sa version ? 

Le miroir de l'aversion... une inversion !


Ronchonchon, il n'aime pas la Barbapapa, c'est tout rose (ou pire tout bleu),

ça colle aux pattes et surtout c'est comme une illusion.

Tu crois que tu vas avoir quelque chose d'énorme

mais tu restes sur ta faim par l'inconsistance vaporeuse de la farce ! 


Ronchonchon, il n'aime pas la barbe à papa Noël, elle pique et ça lui irrite le groin.

Lorsqu'il était petit ça lui fichait la trouille tous ces poils hirsutes,

on aurait dit un hérisson...

Ya rien de pire que les manipulations génétiques pour mélanger les espèces !

On se retrouve à devoir inventer des noms d'oiseaux à coucher dehors

pour chaque nouvelle hybridation.


Bref toutes ces Salma Hayek de Noël,

Ronchonchon, ça le barbe

et surtout ça crée un barda mental (ou bordel )

dont Ronchonchon ne supporte plus les niantniants...

dont il niera avoir participé. 





Tiens, voilà du boudin ! (Walrus)

   

"Boudin", c'est le mot que j'avais d'abord imaginé vous proposer cette semaine. Mais je me suis dit que ça risquait d'être sanglant... 

(Attention, je vous entends vous exclamer "C'est pourtant pas son genre de s'inquiéter de ce genre de basses contingences !")

Et, où trouve-t-on le boudin ? Oui, je vous le demande : 

"Où trouve-t-on le boudin ?" 

Je vous donne la réponse pour vous éviter de vous égarer dans des recherches fastidieuses :  

Le boudin se trouve sur le barda du légionnaire (étranger) !
(celui qui sentait bon le sable chaud...

Je vous montre :

 

Et vous apprendrez ici pourquoi les Belges n'auront plus de boudin.


 

 

 

 

Chaud dessous ! (Vegas sur sarthe)

  

 

Mon barda trop rempli pesait sur les harnais
au loin sur l'horizon un astre s'éteignait
et plongeait dans le noir cette masse trapue
Sainte Mère l'Église et son clocher pointu

En bas les villageois comme autant de fourmis
avaient me semblait-il fait un grand feu de joie,
comme ceux qu'on faisait dans mon Alabama
aux nuits fraîches d'été au bord du Tennessee

Suspendus à leurs fils, oiseaux rudimentaires
les autres loin de moi jouaient les marguerites
on nous avait promis du bon vin et des frites...

J'avais du chocolat, des gommes à mâcher
dans ma tête ces mots, Liberty, liberté
Et c'est alors que j'ai vu les crocs de la terre

  

Changer la première lettre du mot (Kate)

  

Qu'y a-t-il dans ce barda ?
Sous les piles de draps
les rouleaux de sparadrap
les diplômes dont on se barda
les occasions qu'on rata
la joie qui dans l'herbe tomba
ce barda déborde
d'escamoteurs
de beaux parleurs
de bateaux sans moteurs
qui parfois se sabordent...

De ce barda s'élèvent
les notes des chansons qu'on fredonne
et s'échouent sur la grève
comme les serments qu'on donne
et puis une affiche nous surprend
vite on la prend !

Ce barda c'est la vie
et ça donne envie
de changer la première lettre du mot
pour qu'il soit un peu plus beau
comme un film d'Agnès Varda
évoqué ici et ...

 

Dans les plis du Barda (Marie Sylvie)

 



Je n'ai pas porté le barda
Ni le poids du métal
Ni l'odeur du froid
Ni les bottes qui mâchent la boue des départs.
Je suis née du côté des robes hésitantes
Où l'on choisit chaque matin 
Le tissu qui dira le jour.

Mais parfois je jalousais l'uniforme 
Ce silence vestimentaire
Ce décret sans dilemme :
" Aujourd'hui tu seras Soldat. "

Et pourtant ...
Dans les plis du manteau militaire 
Il y a des nuits sans sommeil 
Des lettres jamais envoyées
Des visages qui s'effacent comme la craie sous la pluie.

Le barda 
Ce n'est pas qu'un sac.
C'est la mémoire roulée dans une toile rêche
Le poids des absents
La rumeur des ordres
Le souffle retenu au bord du cri.

Moi je marche légère
Mais je porte d'autres guerres
Celle du doute
Du choix
Du regard.

Et dans mon vestiaire de femme libre
Je plie chaque jour
Un peu de gratitude 
Entre les étoffes.


samedi 13 décembre 2025

Défi #902

  

 

Un truc qui me rappelle l'armée
et vous, ça vous inspire quelque chose ?

 

Barda

 

 



Sont au parfum

 

 


  

Marie Sylvie ; Nana Fafo ; Kate ; Vegas sur sarthe ;

Clio 101 ; Walrus ; Yvanne ; Joe Krapov ;

François

 

UN PARTERRE D’ASPÉRULES (François)

 

 

Par les bois ce matin-là, j’allais

A la recherche de renoncules.

A l’abri des grands arbres, il fallait,

Que je trouve un parterre d’aspérules.

 

Attiré par ces fleurs odorantes,

Mon attention fût aux aguets,

Ces plantes sont si surprenantes,

Qu’on les appelle ainsi « petit muguet ».

 

Je savais qu’en infime dose,

Elles pouvaient sous diverses formes,

Me soigner. Mais elles se composent,

De puissants poisons hors norme.

 

Mais pour son parfum j’en ai cueilli,

Dans mon foyer je les ai introduites,

Désormais mes armoires n’ont plus de mites.

Ils sentent bon mes draps de lits.

 

 

Défi #907

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