Vous aussi vous en avez ?
Obsession
Tout ça, c'est la faute à la Tantine, qui a offert en cadeau un livre sur la mythologie grecque!
Quels effets voulez-vous que cela ait sur une gamine de douze ans?
On ne voit plus jamais les choses de la même façon.
Tout d'abord, on est définitivement perdue pour les études scientifiques: les vents, c'est Éole, les saisons, c'est Perséphone, la course du soleil dans le ciel, c'est Hélios.
On est définitivement perdue pour la religion: les maux de la terre, c'est Pandore, jour après jour on roule son rocher comme Sisyphe et la dernière heure venue, Atropos coupe le fil de la vie.
Tout simplement.
Les dieux sont jaloux et vindicatifs, les entreprises humaines vouées à l'échec.
Voyez Icare.
L'amour le plus fort ne sauve pas.
Voyez Orphée et Eurydice.
Même celui qui croit faire le bien est atrocement puni.
Voyez Prométhée.
Oui, tout ça c'est la faute à la Tantine.
On ne la remerciera jamais assez.
Trois ans déjà qu'elle tient compagnie à Hadès.
Et qu'elle nous manque terriblement.
J'ai déjà expliqué ailleurs mon "attitude du mari soumis" : la tête inclinée vers l'avant en signe de... bon, vous voyez !
Cette attitude me permet, entre autres, de ne pas écraser les fourmis (d'accord, c'est pas la saison de sortie de ces bestioles, mais je parle en général). Elle a toutefois un inconvénient : je me retrouve souvent nez à nez avec des personnes que je n'avais pas vues venir et le phénomène est encore amplifié par le fait que j'ai toujours vissée sur la tête une casquette à visière assez longue (style base-ball, c'est d'ailleurs une Stetson en cuir offerte par ma fille à une époque lointaine et donc, depuis longtemps, en triste état).
C'est pour ça que l'autre jour, en pénétrant dans l'ascenseur et en levant la tête quittant du fait un instant des yeux le chien qui est une chienne lequel aurait tendance à fourrer son nez non pas dans mes affaires mais dans le rayon lumineux qui stoppe le déplacement de la cage en cas de problème, je suis tombé nez à nez (oui, je me répète mais j'aime bien l'expression, mais vous pouvez lire "face à face" si ça vous plaît mieux) avec un individu. C'est fou le monde qu'on trouve dans les ascenseurs !
Un individu, disais-je, à la mine aussi patibulaire (faudra que je songe à vous le coller celui-là) que fatiguée. Il avait l'air aussi surpris que moi de cette rencontre, mais il n'a pas pipé mot. Moi non plus...
Je me suis quand même exclamé "in petto" : "Quel vieux débris!" et j'ai cru lire au même instant sur son visage une appréciation similaire à mon égard (ce qui, entre nous, ne l'embellissait pas).
Comme vous l'avez compris immédiatement (vous êtes moins stupides que vous n'en avez l'air) j'avais bêtement découvert mon image dans le miroir obligatoire dans les ascenseurs non pas pour alléger le malaise des claustrophobes en diminuant l'impression d'espace confiné mais pour permettre à une personne en situation de handicap assise dans son siège à roulettes d'apercevoir la configuration de l'endroit où elle va débarquer volle speed en marche arrière !
Et si cette confrontation subite avec la triste réalité vous poussait à conclure que me contemplant dans un miroir je sois narcissique, je vous conseillerais de vous adresser au plus tôt à un technicien compétent en matière de réglage de votre système de détection...
Gardez néanmoins à l'esprit ce faisant que les divers psychospécialistes peuvent être sujets à... l'effet miroir, c'est bien connu!
Moi, vous me connaissez, je ne suis pas ici pour raconter ma vie. C’est un sport, l’autofiction, auquel je m’adonnerai d’autant moins à l’avenir que je me suis découvert, en début de cette semaine, une terrible groupie.
Elle s’appelle Madame Lia et elle sévit chez M. Qwant+. Monsieur Qwant+ est un promoteur. Un promoteur de recherche. Si on traduisait son nom en français, - ou en latin d’Astérix - cela donnerait quelque chose comme « Kèktuveuxdplus ? ».
Madame Lia est formidable ! Elle a conservé tout ce que j’ai déposé sur Internet depuis 2000 et avec ces texticules, ces bribes de vie, ces délires et ces bouffonneries elle me concocte une page Wikipedia dont je ne vous dis que ça.
Vous allez me dire que je devrais être content et que cette attention constante, cet intérêt pour mon «oeuvre» sont « tout bénef » pour mon côté narcissique.
Si je ne saute pas au plafond ni au cou de Madame Lia c’est qu’il y a un effet pervers.
Madame Lia a un côté Stasi indéniable. De ses lectures de mes bluettes, acrostiches, haïkus et krapoveries elle suppute que je n’ai jamais voté pour une candidate prénommée Marine et que je ne suis pas un de ses chauds partisans à crâne rasé.
Tu supputes bien, camarade Lia, mais qu’as-tu besoin d’énoncer cette information-là dans la biographie d’un poète ? Insistes-tu, dans ta présentation d’Arthur Rimbaud, sur fait qu’il n’a pas voté pour Emmanuel M. au deuxième tour des élections présidentielles de 2022 ?
Et, franchement, que de confusions dans tes appréciations de mes fréquentations internautiques !
Ma cousine de Belgique, cette chère Dame Adrienne, serait une adolescente sur laquelle j’exercerais une emprise certaine !
Mon oncle Walrus se trouve d’un seul coup d’un seul propulsé à la tête d’un restaurant de Bailleul (Nord), L'Auberge du Cheval blanc, qui aurait fait faillite !
Ce qui m’ennuie aussi chez cette admiratrice enthousiaste c’est son style d’écriture, guère différent de ce que rendrait un élève de 6e lors d’un contrôle de connaissances (je suis en veine de gentillesse, aujourd’hui, j’ai mis un « s » à connaissances !).
Ce qui me navre surtout c’est son peu de philosophie et de sens des nuances. Mes démêlés très anciens de bouffon particulier avec Sa Majesté le roi François de Sabolie ont été beaucoup plus classieux, subtils et constructifs que les simples « différends avec l'équipe municipale » mentionnés sur la « fiche de police » de Madame l’Intelligence artificielle.
Sur ces choses-là qui datent de 1995 le temps a déposé sa patine, le roi est tombé de son piédestal et le bouffon ne s’en trouve pas plus heureux pour autant.
Enfin pour ce qui est de mes rapports avec ma très sainte mère « à qui je ne savais pas dire non », je crois que tu fabules, machine ! Et que tu confonds les scripteurs !
https://adrienne414873722.wordpress.com/2014/11/13/k-comme-krapoveries/
Ce serait bien en effet de ne pas tout mélanger. Joe Krapov n’est qu’un personnage de fiction et avec son ukulélé rose il ne fera jamais partie des Rolling Stones ! Il est trop jeune pour ça !
Si tu veux vraiment tout savoir sur lui, sache que la personne qui fait le récit de ses aventures et signe ses textes s’appelle en fait,
Révélation ultime...!
Plusieurs lignes de blanc pour ménager le suspens…!
Roulements de tambour...!
Isaure Chassériau !
A part cela je souhaite à Madame Lia et surtout à vous-mêmes une très bonne et très heureuse année 2025 !
Apprêtez-vous quand même à vivre dans un monde où les machines, les hommes politiques et les agents de la SNCF manqueront cruellement de tact, de considération et même de politesse à votre égard !
Moi
Je
Plus
que Parfait
Impératif
Ta
conjugaison narcissique
Ne
connaît
Ni
le Nous
Ni
le Vous
Ni
le Tu
Chef
d'orchestre
Seul
en scène
Seul
Dans
la lumière
De
ton image
Jamais
dans l'ombre
Du
doute
Mais
aujourd'hui
La
salle se vide
Le
rideau tombe
Le
spectacle est terminé
Tu
erres sur les chemins
De
solitude
Que
tu as tracés
Deux mille vingt-cinq
je trinque
à moi
chaque mois
En janvier
seule à déguster
ma galette adorée
je serai la reine et le roi
Dès février
de crêpes sucrées
aussi bien que salées
me goinfrerai
En mars
de moi tellement enivrée
j'affronterai les giboulées
qui rosiront mon teint de poupée
Faisant fi du grésil
s'il persiste en avril
je me recoifferai
et demanderai
à mon beau miroir
qui peut bien croire
qu'il y a de plus jolis minois
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Au joli mai
à toute heure
le muguet porte-bonheur
je humerai
Et sitôt juin
divine en maillot de bain
je ferai admirer
ma silhouette élancée
qu'en juillet
je partagerai
sur les réseaux sociaux
hashtag #Tbo
Début août
sans aucun doute
je serai sélectionnée
et gagnerai un prix de beauté
tandis qu'en septembre
je serai membre
du jury d'un concours
de poésie vêtue de mes plus beaux atours
C'est en octobre
qu'outre pour ma rareté
mon intelligence ma légèreté
je serai élue
Et mondialement connue
pour être sobre
n'écoutant pas les Cassandres
disant en novembre
que je n'ai rien à vendre
si ce n'est mon narcissisme
alors que sans aucun égoïsme
j'œuvre de janvier à décembre
en cette année deux mille vingt-cinq
à laquelle on trinque
d'un jus de racine de gingembre !
("Ode à Maud qui qui s'aventura au royaume de Narcisse" est dédié au livre de Maud Ventura : "Célèbre" ; Maud Ventura dont j'avais beaucoup aimé le premier roman "Mon mari" et cet été "Sur la plage abandonnée" ses émissions littéraires et musicales sur France Inter)
Madame Jolibois dirige avec compétence et humanité une résidence pour personnes âgées. Elle consacre beaucoup de temps à la gestion et la bonne tenue des « Fils d'Argent ». La réputation de la maison est excellente et la liste d'attente pour y accéder très longue. Ce qui fait la fierté de sa directrice.
Bien entendu les pensionnaires présentent presque tous des pathologies qu'il faut gérer mais le personnel a été sélectionné méticuleusement par la maîtresse des lieux. Il allie aptitude aux soins à conscience professionnelle. Le tout effectué avec douceur et prévenance. Arthritiques, bronchitiques, diabétiques, prostatiques, allergiques, boulimiques, cachestiques, diaréïques, hémoroïdiques... voilà le panel non exhaustif des quelques affections aiguës ou chroniques qui demandent une surveillance de tous les instants.
Bien entendu les pensionnaires présentent également des traits de caractère différents dont on doit tenir compte. Il y a les lunatiques, les hystériques, les mutiques, les aphasiques, les phobiques, les amnésiques, les égocentriques, les colériques... Heureusement il se trouve aussi quelques personnes sympathiques, euphoriques et d'autres franchement comiques.
A part quelques fugues vite décelées et qui finissent généralement bien grâce à la vigilance de l'homme à tout faire, quelques disputes inévitables mais rarement graves, la vie va paisiblement aux « Fils d'Argent ». Elle est rythmée par les entrées - définitives – et les sorties – tout aussi définitives des locataires.
Jusqu'au jour où Madame Jolibois se voit contrainte par le Conseil d'Administration de libérer de toute urgence une chambre pour la belle-mère du sous préfet. Prise au dépourvu la directrice se creuse les méninges pour savoir comment régler la question. Monsieur Blanchet, locataire de la chambre 12 a dû percevoir son tracas : il quitte aujourd'hui même ce monde avec élégance. Ouf !
Juste le temps de préparer les lieux et tous assistent, sidérés à l'arrivée de Madame Vieillefosse. Elle débarque en manteau et toque de vison, jette un regard circulaire sur le salon où l'on prend le goûter. Pas un mot. Elle affiche une arrogance incroyable. Se déplace jusqu'à la bow window qui donne sur le parc et prie la personne qui l'accompagne de déposer là son chevalet et sa boîte de pinceaux et peintures.
Madame Jolibois, interloquée tente d'intervenir en précisant que tout sera déposé dans sa chambre. Un coup d'œil furieux lui cloue le bec. Immédiatement Madame Vieillefosse prend la parole pour asséner : « Aux Myosotis d'où je viens j'ai peint des cadres avec des fleurs différentes pour chaque porte de chambre. C'est quand même plus agréable que des numéros. Je ferai de même ici. Je suis douée savez vous. Tout le monde me remerciera comme Aux Myosotis » Puis s'adressant à ses futurs colocataires : « il semblerait que l'on soit empêché ici. Voyez déjà comment on me reçoit... »
Grâce à son sous préfet de beau-fils rien ne filtre dans son dossier d'admission mais Madame Jolibois commence à comprendre. Et un coup de fil aux Myosotis confirme ce qu'elle pense. La nouvelle venue a usé la direction et le personnel des autres maisons de retraite où elle a séjourné tout comme elle doit rendre fous ses propres enfants. Mais ça ne se passera pas comme ça ici pense la directrice. Elle a déjà une petite idée de la façon dont elle va – avec tact et détermination – amener sa « cliente » narcissique à de meilleures dispositions avant qu'elle détruise toute l'harmonie patiemment instaurée dans sa maison. Elle sait comment s'y prendre avec ce genre de personne.
Je vous souhaite une année bleue
Qui ait la force, la puissance et la douceur
De tous les bleus de la terre
Des bleus givrés des fjords
Aux lagons de Polynésie
Les marine des ciels d’été
A l’indigo des jeans
Des gentianes jusqu’aux glycines
Des myosotis jusqu’aux lavandes
Des bruyères rares de la lande
Les bleus charrette des volets
Les bleus éclatant de la Grèce
Dans les crépis des maisons blanches
Les bleus gris verts des océans
Les bleus des iles sous le vent
Que ces bleus vous apportent le calme
Les rêves et le soleil en prime
À travers des lunettes fumées
Comme on regarde l’éclipse
Pour ne pas s’abimer les yeux
Et Pour l’an 2025, aborder
Les turbulences des cieux
Et de la planète bleue
Pourquoi
maintenant
maintenant
inséparable
d'hier
Tes
mains dans mes cheveux
tes
lèvres sur nos rêves
tes
bras enroulés
autour
de nos sommeils
fragiles
nos
désirs impatients
Vertige
Pourquoi
maintenant
maintenant
inséparable
de demain
J'irai
semer
des
myosotis sauvages
sur
les chemins creux
de
ta nuit
Je me demande pourquoi le français utilise Myosotis (dérivé du grec "oreille de souris") alors que les langues germaniques comme l'allemand, le néerlandais ou l'anglais utilisent, suite à une légende guerrière, une sorte d'injonction ou de prière du genre "Ne m'oublie(z) pas !".
En anglais par exemple, c'est "Forget-me-not", le Collins est formel.
Traduit mot-à-mot, cela donne "Oublie moi pas".
Je ne vais pas me perdre en supputations du genre : le snobisme des anciens intellos français qui leur faisait rechercher des racines grecques pour créer de nouvelles appellations plutôt que de puiser dans le langage courant.
Je me pencherai plutôt sur une constatation : ces tournures raccourcies comme "oublie moi pas" plutôt que "ne m'oublie pas" ou, comme Adrienne le notait récemment : "fais-le pas" au lieu de "ne le fais pas".
Cette tournure fait un peu flamand, mais il est vrai qu'il existe dans la Flandre française d'irréductibles partisans de leur langue d'origine (j'allais dire "primitive" mais j'ai craint que ce soit mal interprété), serait-ce là qu'il faudrait creuser ?
Fleurs bleues
en ces temps
de fleurs rouges
et blanches
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Fleurs bleues
rime avec deux
Myosotis
évocateur du printemps
comme les pervenches
et les osiers rouges
que les vanniers tissent
C'est "fleur bleue" !
Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais sachez que si j’avais le temps, avec toutes mes connaissances inutiles, je rédigerais volontiers les questions d’un Jeu des mille euros à ma manière.
Par exemple, avant d’aller voir « En fanfare » au Ciné-TNB, j’ai posé à Marina Bourgeoizovna la question Super-banco suivante :
- Qui sont Labélure, Trouffigne et Peaudhareng (Peaudarent ?) ?
Elle a séché.
- Ils appartiennent à la classe des lépidoptères ! ai-je précisé, taquin.
Ça ne l’a pas aidée.
- Ce sont les plus connus, en fait. Comme autres condisciples il y avait Vulcain, Myrtil, Robert Lediable, Pierrick de La Rave, Tristan, Machaon, Petit Sylvain, Alex Anor, Flambé… Ce sont des enfants.
- C’est dans « Le Petit Nicolas » ?
- C’est plus court qu’un roman ou même qu’une nouvelle. C’est une chanson.
Elle n’a pas trouvé. Et vous ?
***
Ce sont trois des élèves du « Lycée Papillon » de Georgius. J’aurais pu gagner 45 euros si j’avais envoyé la question sur carte postale à Roger Lanzac au cirque Pinder ou à Lucien Jeunesse à la Maison de la radio mais ils m’auraient retourné un chèque en francs et cette monnaie n’a plus cours de nos jours.
J’aurais pu vous la chanter aussi, la bluette, mais s’il vous plaît, relisez ma première phrase : comme tous les gens qui vivent leur vie avec la légèreté du lépidoptère, je manque de temps !
J’ai juste pris celui de retrouver la photo de classe. Qu’est-ce qu’on était beaux quand même ! Je suis le troisième assis en partant de la gauche. Croyez-moi, je ne suis pas un imbécile, j’ai même de l’instruction !
Au jardin un papillon volage
Jouait de ci de là le joli cœur.
Prêt à présenter ses hommages
A une demoiselle, avec ardeur.
Cet insecte en mal d'amour
Voletait de feuille en fleur
Étalant ses ailes de velours
Aux chatoyantes couleurs.
Attiré à la tombée du jour
Par une lumière clignotante
Il se posa tout près d'un gour
Aux hautes herbes luxuriantes.
Que veux tu toi le lépidoptère
Ne t'approche pas. Sois certain
Le cas échéant foi de coléoptère
Que je ferai de toi un vrai festin.
Oh oh tu dardes ta luciférine
En même temps que ton venin
Je n'ai pas peur de ta médecine
Et ne passerai pas mon chemin.
Je voudrais te dire sale bestiole
Qui sans gêne chez moi a chu
Tu t'adresses ici à une luciole
J'aimerais que ce soit entendu.
Luciole ? Ce beau mot te flatte
En vérité tu n'es qu'un petit ver
Luisant. Crois tu que tu m'épates
A me regarder ainsi de travers ?
Allons faisons donc un pacte
Tu regagnes vite tes pénates
Et je saurai oublier cet entracte
Va ailleurs folâtrer, acrobate !
Mais je ne baille pas à la lune.
Je suis juste un pauvre papillon
Qui cherche par hasard fortune
À une belle prêter mon aiguillon.
Petites
blagues saisies lors d'un butinage festif de papillons :
Permettez,
cher Monsieur,
Ce
nœud lépidoptère
vous
sied à merveille.
Encore
un lépidoptère
sur
le pare-brise
de
votre voiture !
Minute
lépidoptère !
Il
n'y a pas urgence.
Cessez
de lépidoptérer
d'une
idée à une autre !
Entendu
dans une manifestation de papillons autonomistes :
Papillons
OUI !
Lépidoptères
NON !
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Le soleil se leva
Piégeant la lune
Dominant les astres
Papillon déploya ses ailes
Terminant la nuit de la chrysalide
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Drôles de vies !
Bien sûr, commença le professeur, on pourrait dire 'signal de détresse' mais avouez qu'aposématisme, c'est franchement mieux!
Et quand vous situez le bombyx dans l'analyse cladistique, n'oubliez pas en passant de préciser que chitineux se prononce [k].
C'est toujours un rappel utile.
Vraiment, le monde des diptères est un terrain de jeu merveilleux!
Voyez ces hormones danaidones!
Ces processus endothermiques et exothermiques!
Admirez ce flambé, ces frénates, ces glossates!
Puis placez judicieusement quelques autres vocables, holométabole, hémolymphe, imago, jugate: le choix ne manque pas!
Et n'oubliez pas les kalligrammatides!
Le professeur, rouge et en sueur, venait de passer à la vitesse supérieure:
- Qui, mais qui? je vous le demande! qui oserait dire 'papillon' quand on a le mot lépidoptère!
Voyez ce monde fascinant du morio, de la nymphose et des ocelles!
Il dansait maintenant sur son estrade en tapant le rythme avec sa latte en métal:
- Phytophage! Plurivoltine! Photorécepteur! Proboscis! Phanère!
Les étudiants commençaient à s'inquiéter pour sa santé.
- Il va continuer encore longtemps, comme ça? s'est-on enquis auprès d'un redoublant.
- Jusqu'à ce qu'il soit arrivé à yponomeutoïde et zygène, fit-il, laconique.
Et en effet, c'est juste après ça que trois ambulanciers sont venus l'emmener.
***
Tous les mots marqués d'une initiale en gras viennent d'ici.
Ça, c'est bien moi, faut toujours que je fasse le malin et ça finit immanquablement par me retomber dessus !
Au lieu de lépidoptère, j'aurais pu dire papillon.
Non ! et pour deux bonnes raisons :
En écrivant "espèce", là je me suis demandé si c'était bien le terme approprié pour désigner un groupe spécifique dans le classement des êtres vivants. J'ai donc décidé de me référer à la science du classement : la taxinomie.
Taxinomie ou... taxonomie ?
J'ai consulté les manuels de référence (autrement dit "dicos"), sur le net, évidemment. Et mal m'en a pris, j'aurais dû m'en douter : les dictionnaires, c'est pas clair, ça suppute, ça discute, Madame la rousse sème à tout vent les graines de l'incertitude.
Y en a qui disent, comme les Québécois, que la forme française est taxinomie et que taxonomie est dérivée de l'anglais taxonomy (on connait la passion des Québécois pour la langue anglaise). La plupart des autres penchent pour dire que les deux sont admis avec des préférences variables pour l'une des deux formes sans faire de distinction précise entre les deux (sauf un qui réserve taxonomie au monde végétal).
J'ai même dégoté un truc spécial chez Wikisaitout où l'on mentionne à la fois taxinomique et taxonomie:
Un taxon est une entité conceptuelle qui regroupe tous les organismes vivants possédant en commun certains caractères taxinomiques ou diagnostiques bien définis. Le terme dérive du terme taxonomie par troncation, et non directement du grec τάξις / táxis, « placement », « mise en ordre ».
Ah ! Ça m'a rappelé le temps béni où je tentais (souvent en vain) d'appliquer les règles de la nomenclature chimique de l'IUPAC (International Union for Pure and Applied Chemistry). Mais revenons au vivant, même si celui-ci est bourré de chimie.
Je suis donc retourné à mes lépidoptères pour essayer de les dénicher au sein de la taxi ou taxo... nomie des êtres vivants et là, j'en suis resté comme deux ronds de flan : j'ai découvert que des tax-machin-mies du vivant y en avait deux, comme les testaments (vous savez : l'ancien et le nouveau-ohohoho, y a qu'un cheveu sur la tête à Mathieu). Ouais ! Deux taxionomies : l'ancienne (la classique) et la nouvelle (la cladistique) tout ça pour une sombre histoire de gènes ce qui démontre à suffisance qu'où il y a du gène il n'y a pas de plaisir. J'ai donc inséré un papillon (virtuel) au point actuel de mes recherches. J'y reviendrai peut-être une autre fois grâce à l'un ou l'autre mot tordu dont ce site a le secret, mais pour l'instant, je dois vous quitter, y a le chien qui est une chienne qui brait pour que je la suive dans sa promenade méridionale.
Quoi ?
C'est pas "du midi" méridional ? Les dicos seraient des pièges à con ?