samedi 30 mars 2024

À tout à l'heure ! (Kate)

 

À tout à l'heure !

En ce début mars, mon amie Hortense m'avait téléphoné pour me demander un service, un petit... Hum ! Plutôt un grand.. J'avais d'abord dit non, lui disant que si écrire ne me posait pas problème, écrire sur les vitrines de commerces de la ville n'était pas pour moi.

- Mais combien y en a-t-il ?

- Une vingtaine...  une trentaine...

- Quoi !

- Et on est plusieurs ?

- Non, tu sais bien, il faut que ça soit partout la même écriture...

- Je ne pourrai pas, désolée.

- Mais j'ai la grippe et ça doit se faire ce weekend.

- Non.

- Tu peux commencer par le resto où bosse mon frère, il t'expliquera.

- Paul ? Il est pas jardinier ?

- Euh non, géologue, et là il dépanne un pote...

- Ah...

- Tiens, je t'envoie une photo, tu verras, c'est pas compliqué.

- Je sais pas...

- Vas-y demain, je le préviens, il te fournira les textes et la liste des commerces qui participent.

Moi qui croyais pouvoir flâner en campagne, photographier quelques fleurs, quelques nuages, bercée par la symphonie des éclairs qui dit qu'il fait toujours beau quelque part, me retrouver, retrouver un peu d'espoir... J'avais envie de finir d'oublier qu'Antoine m'avait quittée sans explication le lendemain de Noël...

J'allais donc écrire en blanc sur des vitrines et commencer par rencontrer ce Paul à huit heures samedi matin.

Il m'a reçue avec un café et m'a expliqué comment faire. J'ai essayé, effacé puis recommencé pour bien centrer le texte et me conformer à la mise en forme prévue sur une sorte de schéma en rapport avec l'espace disponible et je me suis lancée dans la copie sur vitrine, nouvelle expérience.

J'ai ainsi parcouru le centre ville pendant deux jours et je devais lui rendre le matériel le lundi matin.

Il m'a remerciée de la part de sa soeur et de l'Association organisatrice dont, c'est vrai, je connaissais quelques membres. Je n'avais pas chômé, à peine mangé un sandwich, bu ma gourde et fait plein de rencontres avec des commerçants, des passants, des flics, des curieux, des touristes...

Paul voulait m'inviter au resto ce midi mais je n'étais pas libre et le soir le resto où il dépanne un ami était fermé.

Il m'a proposé de venir dîner chez lui. J'ai hésité. Je visualisais très bien l'endroit, enfin la porte, reconnaissable entre mille, à côté de la fac d'anglais.

- Un repas tout simple ?

J'étais trop tentée, sur un petit nuage. Hortense m'avait dit que le jardin de Paul, n'avait que des fleurs, un vrai paradis, où il invitait rarement...

- Juste un verre, si tu veux. C'est à côté de ta fac.

- D'accord Paul, alors. Dix-sept heures trente ?

- Parfois, on boira un thé dans le jardin. La sonnette ne marche plus, tu frapperas ? Ou plutôt, je te donne mon numéro de portable.

- Merci.

-  À tout à l'heure !

Comme Antoine me semblait loin, avec ses séries télé qui n'en finissaient pas, ses cours de la bourse, ses bagnoles et puis me quitter le 26 décembre alors qu'on devait partir chez ses parents ! Hortense m'avait vraiment aidée et m'avait même fait rire en me disant un peu n'importe quoi et même que l'étymologie d'Antoine signifiait "celui qui mange des fleurs", lui qui aimait la viande et les patates par-dessus tout, comme dans l'ex de Florence !

"Allez, à tout à l'heure...". J'y vais, j'y vais pas ? J'ai son téléphone, je peux annuler. Enfin, l'heure du thé ? Comme la chanson de Vincent ? Oh, non !

Oui, j'irai. Pour voir. Comme disait Antoine et qui était insupportable mais que je prenais avec humour : "Allez, ose, Iris !"

 

LES IRIS. (TOKYO)

 

 

Je suis là à coté de Vincent

Derrière son bleu infini

Qui allégera le fardeau du monde qui vient.

A quoi rêves -tu Vincent ?

En peignant ses Iris,

 Es-tu follement amoureux ?

Que bois tu Vincent le soir au moment où tes tournesols s’inclinent ?

Absinthe ou café noir

Que préfères -tu

 Les femmes nues ou voilées ?

Fleurs après fleurs

 Iris après Iris

Pas un geste,

 J’avance à pas de soie

Nous sommes maintenant comme deux amis

Qui partagent le pain

 Je reviendrai Vincent cueillir ce bouquet

Pour en parfumer ma chambre

Ton âme ainsi déplacée me manquera moins.

 

Belle Iris (Lecrilibriste)

 


Déesse messagère des dieux, Belle Iris
Gracieuse, du ciel à la terre, tu glisses
Traçant dans les cieux les tons de l’arc en ciel
Et tu passes légère sans crainte des nuages
Après la pluie annonçant le beau temps
Sur l’aile de Zéphir, messager du printemps
Parsemant tes couleurs dans les yeux des humains
Et les illuminant de multiples nuances
Et ta magie fleurit dans les fleurs à ton nom
Les iris aux pétales fragiles et élégants
Qui vont du rose poudré au violet profond
Du pourpre à tous les bleus de la création
Pour illuminer les jardins
Symboles selon leur couleur
De la passion à l‘ardeur
De la confiance à l’espoir
Du respect à la sagesse
Tu portes les messages du ciel jusqu’à la terre
De la beauté et de l’espérance

samedi 23 mars 2024

Défi #813

  

Vous ne pourrez pas dire qu'il n'y a pas le choix...

  


Iris
  

Auraient-ils constaté que l'héroïque ment ?

 

  

Walrus ; Vegas sur sarthe ; Kate ; Nana Fafo ;

Logique ! (Walrus)

  

Logique, pour ce qui me concerne en tout cas,
que le féminin de héros soit héroïne :

J'ai toujours trouvé les femmes... stupéfiantes !
(et ça continue)

   



Liberté. (Yvanne)

 


Je n'ai qu'une héroïne : la liberté.

"Selon moi, devant le grand idéal de liberté et de justice, il n'y a point de différence d'hommes et de femmes ; à chacun son œuvre. Ce n'est pas pour conquérir des privilèges que nous devons nous réunir, car, des privilèges, nous n'en avons pas besoin. Nous allons à la conquête du monde avec ses richesses multipliées par la science et le travail, avec pour horizons la liberté sans limites.

Le vieux monde craque de toutes parts : à Rome, en Russie, il montre ses pourritures. Pour arriver nous tous, hommes et femmes, à instaurer la cité nouvelle de lumière et de bonheur, nous avons à vaincre l'ignorance et la misère qui rendent mauvais. C'est nous, qui savons, qui sommes des criminels si, en égoïstes, nous gardons pour nous-mêmes nos connaissances. On manque d'enthousiasme : il ne suffit pas de savoir, il faut vouloir et agir.

On s'est défié des femmes, qui sont pourtant une grande force. La femme est un terrain facile à cultiver, c'est un compagnon et non un esclave. C'est à la femme d'essayer de faire des hommes. Qu'elle n'ait plus rien de caché, qu'elle renonce aux puérilités et aux petites ruses qui sont une marque de faiblesse ; qu'elle aille comme l'homme à visage découvert ; elle sera heureuse. Il faut que la femme refuse de se prostituer plus longtemps d'âme lorsque ce n'est pas de corps. Elle-même doit être l'artisan de son émancipation. Que la femme refuse de demeurer l'être inférieur que la vieille société a prétendu faire d'elle à perpétuité !"

Des fervents de la liberté, comme Paul Eluard et son poème qui me serre le cœur quand je le récite, comme Aretha Franklin, qui la célèbre en chantant – et bien d'autres - Louise Michel, cette étonnante femme, s'est engagée dans la lutte, le poing levé, au nom de la liberté. Elle a pris la plume aussi pour lui manifester son attachement immense. Je n'aurais pas su exprimer ce que je ressens pour ce mot et sa symbolique, tellement ils ont  d'importance pour moi. C'est pourquoi j'ai choisi ce petit bout de texte écrit par Louise Michel en septembre 1904 et qui est toujours tellement actuel. Quand je vois les femmes iraniennes et leur courage pour exister, seulement exister, je pense à Louise Michel. Pourquoi elle spécialement je ne saurais le dire. Mais cette femme a toujours incarné pour moi la figure de la liberté.


"Puisqu'il semble que tout cœur qui bat pour la liberté n'a droit aujourd'hui qu'à un peu de plomb, j'en réclame ma part, moi."


la maternité est toujours synonyme d'héroïsme (joye)

 


Elle n’a jamais eu de médaille.

Personne n’a écrit sa biographie.


Il n’y a pas de film à propos de sa vie.


Nul poète ne lui a dédié des poèmes.


Ceux qui regardent sa photo ne verront ni cap, ni bracelets magiques.


Elle ne savait pas voler dans les airs.


Elle était intelligente, travailleuse et coriace.


Ses mains étaient tordues par l’arthrite et  des décennies des travaux agricoles.


Elle savait traire les vaches, conduire un tracteur, élever des légumes et des fleurs.


Elle cuisinait, cousait, raccommodait, et se privait pour que sa famille vive correctement.


C’était parfois comme un cactus épineux, mais elle aimait férocement son homme et ses enfants.


Vers la fin de sa vie, elle est devenue un peu frêle et  petite, mais elle est restée indomptable, jusqu’au jour où son grand petit coeur ne pouvait plus.


Mes derniers mots avec elle étaient “Je t’aime !”


Je le lui ai dit trois fois, même.


C’était une femme, tout simplement.


Ma mère.


Mon héroïne.


La Guêpe (Lothar)

 

 

Elle est la cosplayeuse
quand elle costume encore son héroïne
et puis aussi, vous connaissez son histoire
l'histoire du Soleil, ses rayons dardant
qui viennent nous réchauffer
tous ces photons d’énergie pure envoyés
par les dieux sur nos chemins

 

Et les déesses accrochées à la couronne du cosmos
leurs rejetons brûlants faisant fondre nos cachets de cire

 

Quand l’oiseau dit : j’ai confiance dans le souffle du vent !

 

Mais alors, vous contez les choses naturelles
essentielles : aux newtons, qui en font des tonnes
remplis d’odeurs de pomme aux ailes d’encres prétentieuses
aux tatouages d’ors et d’argents bleutés posés en gravité
Sur mille rêves brisés
tombés sous les grandes feuilles palmées

 

Et puis devant la foule en transe s’écrasant sous la plume d’airain ...

 

Lothar

 

Morning Dew by Wlodzimierz Kuklinski

Ronchonchon est devenu alcoolique (Nana Fafo)

 

 


 Cette semaine l'héroïne c'est Nana !
Vacances obligent.
Elle a chopé Ronchonchon et l'a fourré dans son baluchon.
Il n'est pas content le bougre, il a dû faire de la figuration.
Lui, jouer les Robin de Batman et pas celui des bois, c'est pas son truc.
Pourtant, il était présent !
Sa présence était requise, pas de super héros sans un alcoolique anonyme !

De son point de vue, c'est lui le héros et nana l'alcoolique
pour écrire de la sorte, il n'y a pas d'autres explications...

Tu sais Ronchonchon c'est Walrus qui a l'a dit
cette semaine on parle d'héroïne et pas d'héroïnomane
les addictions c'étaient à la lettre A !
A chacun ses vices et les boulons seront bien gardés.
Je te rappelle que tu es un cochon et pas une cochonne !

Comme vous le savez peut-être pas
Nana, elle aime tourner en rond.
Cette semaine, elle a enfilé son costume de "cosmotonaute"
pour aller essayer une nouvelle manière de compter et de tourner,
où il faut s'accrocher et ne pas décrocher.
Une belle histoire de "croche", il ne manque plus que la musique !
mais ça, on le laisse à Joe Krapov  avec son Ukulele rose !

Nana, avec son grand son âge et à sa petite taille,
a réalisé (de son point de vue) un véritable exploit de supère héroïne ...
en image sur L'Insta' pique et pique et colégram.

Ronchonchon a fait la gueule toute la journée
il est resté enfermé dans le camion et a picolé jusqu'à plus soif.
Je vous raconte pas dans l'état où il va être pour le prochain défi !

Dis Nana, tu crois pas que c'est plutôt
le moment d'avoir des loisirs de mémé ?
Suis-je "bête" c'est déjà fait !


Riches et pauvres héros et héroïnes (Kate)

 

Riches et pauvres, "Ricchi & poveri", la chanson "Sarà perché ti amo" ? Oui et non, enfin pourquoi pas ?

- Riche oeuvrant pour les pauvres : mon héros, Don Diego !

- Pauvre oeuvrant pour les riches : mon anti-héros, Colombo !

Et l'héroïne alors ?

- Fantômette ? Oui, elle est chouette !

Et les anti-héroïnes donc ?

- Anna Maria qu'on aperçoit, mais pas souvent,

- Madame Colombo qu'on ne voit jamais !

Sérieusement, la chanson a été mon héroïne, enfin, disons-le... Et après ce détour en introduction, comment ne pas penser à la magnifique chanson "My Lady Heroine" de Serge Gainsbourg, qui est un hymne à sa fille, mais oui. Fille adorée par son père, comme je l'ai été par le mien...

Mon père admirateur de Maryline et moi plutôt adepte des longueurs en piscine, parfois absent, parfois imprévisible, souvent ombrageux mais toujours présent quand j'ai eu besoin de lui. Alors mes héroïnes seraient-elles mes grand-mères, femmes malheureuses et dominées, malmenées par la vie, qui n'avaient jamais ouvert un livre mais qui m'auraient transmis la rage de vivre ?...

Bien sûr, ma professeur de français de sixième qui m'a fait découvrir Ulysse et tracer ses aventures sur une carte, donné le goût de la Grèce, fait lire "Le lion" de Kessel, "L'enfant noir" de Camara Laye, "La gloire de mon père", tant d'autres livres et évoqué l'Iran ? Sans doute.

Forcément ma professeur d'italien de quatrième qui m'a fait adorer la langue dès la première leçon du livre au titre si prometteur : "Insieme a Venezia" ? Bien sûr. Ça y est, le lien est fait avec la chanson et aussi la musique.

Je n'oublierai pas ma professeur de piano qui avait fort à faire avec moi et était d'une gentillesse et d'une patience parfaites... Je pense à elle aussi.

Et si chanson et musique sont mes héroïnes, rendons hommage à l'inspirateur de Gainsbourg pour "My Lady Heroine", Albert Ketèlbey avec "Sur un marché persan". Ce musicien a d'ailleurs également inspiré Joe Dassin pour la chanson "Les Champs Elysées"...

Finissons, pour bien faire, et pour qu'on ne dise pas que j'oublie ma grande héroïne, la langue anglaise, avec "Les Mamas et les Papas", au nom si doux et à leur rêve que beaucoup ont partagé, la Californie, évoquée en introduction...

(tapis iranien, collection perso)


Tous en ski (Vegas sur sarthe)

 



Si j'étais tombé sur un livre dont le titre eut été Anna Arcadievna, je ne l'aurais pas lu mais Anna Karénine ça en jette et puis ça me rappelait un truc dont j'avais entendu parler... le syndrome d'Anna Karénine.

C'est un syndrome qui fait que « Toutes les familles heureuses se ressemblent ; mais les familles malheureuses le sont chacune à leur façon »
J'en déduis que deux familles malheureuses qui se ressemblent sont donc heureuses mais sont-elles heureuses de se ressembler dans leur malheur ?
Il y a des syndromes qui donnent mal à la tête rien que d'en parler, celui-ci en est un.

E me tortore le premier chapitre et au fil de ma lecture je découvre qu'Anna Arcadievna épouse Alexis Karénine ; celà pourrait expliquer son nom mais bizarrement son frère s'appelle Oblonski et non pas Arcadievna et la femme de son frère – prénommée Daria mais qu'on appelle Dolly – s'appelle Oblonska née Stcherbatski bien que la belle-soeur d'Oblonski s'appelle Kitty Stcherbatska. C'est quoi cette embrouille ruskov ?
Comme si ça n'était pas assez compliqué comme ça, Anna prend un amant, Alexis Vronski qui porte le même prénom que son mari Alexis Karénine aussi l'auteur fait-il appel à leur second prénom pour éviter les boulettes dans les moments d'extase ; c'est ainsi que le mari se prénomme Alexis Alexandrovitch alors que l'amant se prénomme Alexis Kirillovitch ce qui n'a rien à voir mise à part la fin en ovitch... mais dans les moments d'extase on prononce rarement la fin.
Fort heureusement le valet de Stépane – frère d'Anna – se prénomme Mathieu ! Ouf, il était temps... je retrouve mes marques, mes marque-pages.
Si je n'ai pas mis de 's' à marque c'est parce que je ne mets qu'une marque par page et que je déplace de page en page pour économiser les marque-pages et éviter la fastidieuse corvée de les numéroter ce qui serait idiot puisque les pages le sont déjà, du moins sur cette édition à douze euros.
Je découvre aussi que depuis la parution en 1856 de « La tempête de neige », Tolstoï a donné des noms qui finissent en ski à divers personnages pour faciliter leurs déplacements d'hiver.
A propos de déplacements, à la fin du roman, Anna prend le train mais en pleine poitrine, du coup c'est la fin du roman, faute d'héroïne vivante.
Je venais de trouver mon héroïne et la voilà ratatinée.
Pour douze euros – soit neuf cent onze roubles – on peut penser que la fin est un peu bâclée mais il ne faut pas oublier que Tolstoï s'apprête à se farcir les 4 tomes de Guerre et Paix avec d'autres mecs en ski, les Bolkonski, aussi peut-on lui pardonner cette fin abrupte.
(Me pardonnerez-vous la mienne ?)

 

mardi 19 mars 2024

Intéressé ?

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samedi 16 mars 2024

Défi #812

   

L'air du temps l'imposait, j'ai choisi la version féminine
mais si un héros reste un héros,
n'y aurait-il pas un risque de quiproquo avec l'

Héroïne

 


 

Ont bouclé leur dossier...

 

 


 
  
 
 
  

Gospel au Palais (Vegas sur sarthe)

 

Cette belle journée de juillet était prometteuse ; je flânais sur l'île de la Cité dans le sillage des jupes d'été de quelques belles oisives quand un brouhaha incongru parvint à détourner mon regard aimanté vers les marches du Palais de Justice.
Des énergumènes en robes noires ornées de slogans entonnaient ce que j'identifiai comme la Marseillaise.
Au quatrième couplet – Tremblez, tyrans et vous perfides –  je m'approchai des braillards et je leur suggérai l'incontournable Oh Happy Day, un chant que j'affectionne mais qui n'était visiblement pas dans leurs cordes … vocales.
« On n'est pas un groupe de Gospel » me cria un grand escogriffe au visage rubicond (en un seul mot) et il ajouta « On est des greffiers » en montrant du doigt le slogan placardé sur sa poitrine.

« Pardonnez-moi » dis-je au rubicond « vous êtes peut-être des greffiers mais vous n'êtes pas en polaire »
Le groupe avait cessé de chanter – ce qui était une bonne chose en soi – et scandait « Justice en colère. Révisez nos salaires ».
Je compris ma bévue d'autant plus qu'une tenue polaire en plein mois de juillet eut été mal seillante pour ne pas dire provocante.

La dernière fois que j'avais vu un greffier en colère remontait à l'époque où j'avais voulu changer la marque de croquettes de Nelson … mon chat.
Certains énergumènes mécontents de leur nouvelle grille des salaires s'y étaient cramponnés, tentant de l'escalader malgré l'intervention d'une brigade de queufs.
« Vous réclamez quoi au juste ? » m'enquis-je auprès d'une greffière échevelée.
« On veut une audience à la Chancellerie » me répondit-elle.
Je lui fis remarquer que la chancellerie ne chancellerait pas si facilement.

Elle semblait déterminée et me lança tel un défi « Tout n'est pas perdu »
« Comme la salle ? » répondis-je, fier de ce bon mot.
« Quel Lassalle ? Jean Lassalle ? » aboya t-elle en agitant sa chevelure flamboyante comme l'étendard sanglant de l'hymne qu'ils venaient de massacrer.
« La salle des pas perdus » bredouillai-je, déçu que ma vanne soit tombée à l'eau, bien qu'une vanne soit destinée à tomber à l'eau un jour ou l'autre.
Elle fronça les sourcils qu'elle avait permanents et charnellement bien dessinés, fit un effort pour digérer le jeu de mots avant d'éclater d'un rire cristallin … j'étais sous le charme.
Je venais de me réconcilier avec ces « gens-là », des fonctionnaires à qui je n'avais rien à reprocher mais que j'avais toujours snobés sans trop savoir pourquoi.
« Tu te joins à nous ? » quémanda t-elle en se pendant à mon bras.
Elle avait la même teinte de cheveux que la fiancée québécoise de son ministre mais je me gardai bien de lui faire remarquer cette malencontreuse coïncidence.J'eus préféré un tête-à-tête mais je l'accompagnai jusqu'à la grille controversée qu'on entreprit d'escalader.
Elle grimpait si bien malgré sa longue robe que j'eus comme un étourdissement.


Je retrouvai mes esprits tandis que la voiture de police – sirène bloquée – qui nous convoyait promptement vers le commissariat du 1er traversa le pont Royal, ce même pont qu'emprunta le cortège funèbre de Voltaire mais pour l'heure je m'en foutais … royalement.
Si on m'avait dit qu'un jour une jolie fille rousse et fonctionnaire me caresserait le cuir chevelu d'une main manucurée, j'aurais crié au fou !
La matraque des forces de l'ordre m'avait fait pousser un œuf de pigeon du plus bel effet.
Serrés sur un banc on attendait maintenant le bon vouloir d'un certain commissaire divisionnaire.
Ledit visionnaire qui possédait un strabisme prononcé et un humour à deux balles nous colla un rappel à la loi avant de nous foutre sur le trottoir.
On entendait au loin péter des grenades et une fumée noire montait sur l'île dans le ciel d'un bleu éclatant de juillet.
«C'est quoi ton p'tit nom ? » ai-je demandé à ma rousse flamboyante.
On ne s'était même pas présentés.
« Claire » répondit-elle. Ça lui allait bien.
« Et toi ? » ajouta t-elle.
J'ai dit « Juste » sans savoir pourquoi
« Leblanc ? » a t-elle ajouté avec ce même rire cristallin qui m'avait conquis.
On était sur la même longueur d'onde.
Elle a dit « T'en as encore beaucoup des comme ça ? »
« J'en ai plein ma chambre » osé-je.
Ça a eu l'air de lui convenir

en solidarité (joye)

 

Participation de JAK

 


Ronchonchon au tribunal. (Yvanne)

 


Tout aurait dû rentrer dans l'ordre dans la basse-cour de Nana après la mésaventure de cette pauvre Monette. C'était sans compter sur la rancune de Bruno. On a vu que ce couard de coq n'a pas eu le courage d'approcher Ronchonchon. Mais procédurier comme pas un, il a décidé de porter plainte contre le cochon. Malgré les excuses maintes fois réitérées par le goret auprès de la poulette et de son mec, Bruno n'en a pas démordu et a chargé comme d'habitude Folœil de porter à Ronchonchon une convocation pour le tribunal.

C'est le grand jour. Tout le monde est réuni sous l'arbre à palabres, en l'occurrence un gros tilleul, pour assister au procès. Bruno et ses poules ont pris les premières places. Il ne faut pas oublier que Monette est la principale victime, Mado le témoin de la scène et Bruno le plaignant bien entendu.
Ils seront donc appelés à la barre.

Ronchonchon semble perdu dans le box des accusés. Oreilles baissées, queue peu glorieusement glissée entre les pattes, il attend. Il a perdu ses belles couleurs rose-bonbon. Son groin n'en paraît que plus rouge. Je soupçonne qu'il a mis du remontant dans sa pâtée pour se donner du cran. Ou bien qu'il a sniffé quelque produit illicite. Le voici peut être cocaÏné. On doit s'attendre à tout en ce moment. Bref le cochon fait moins le p'tit fanfaron.

Le silence s'établit peu à peu. Pour la représenter lors de cette affaire hors norme, la basse-cour a nommé à l'unanimité ses représentants comme suit :

- l'oie Blanche, présidente.

- le baudet Hanne, juge. Ça va de soi.

- le chat Gégé, le greffier. Là également ça va de soi.

Un petit mot sur le greffier, enfin, le chat. Gégé est un chat très intelligent, doté d'une intelligence sans artifice. En réalité, il se nomme Gépété. Personne ne s'avise de l'appeler ainsi sous peine de représailles sévères notamment d'être griffé jusqu'au sang. Il maudit sa génitrice pour l'avoir affublé d'un nom pareil, qui, à une lettre près, ressemble à celui de cet imbécile de rital déconnecté de la réalité. A savoir Gepeto.

L'audience ne dure guère plus de quelques minutes et le verdict tombe rapidement, chacun ayant hâte de retourner à ses occupations habituelles. Blanche ne pense qu'à aller cancaner avec sa compagne dans un coin. Hane, masseur à ses heures, rêve de tripoter les porcelets de Simone et de Ronchonchon sous prétexte qu'ils sont trop gras et que cela nuit à leur bon développement. Gégé est obnubilé par cette souris Free Moose qui danse avec indécence devant lui quand elle l'aperçoit. Il ne peut s'empêcher de la chercher partout dans l'herbe et dans l'air.

Après un court délibéré, voici la sentence : le prévenu Ronchonchon devra glander pendant 15 jours. Le cochon ouvre grand ses yeux et ses oreilles. Il n'y croit pas. Il se retient de justesse d'exploser de joie. Glander. Mais c'est le rêve ! Trop chouette ! Il va pouvoir profiter de la vie.
Mais Blanche veille au grain. Elle a compris la méprise du goret et d'un ton très docte, explique qu'en fait, il est privé de pâtée durant une quinzaine. Pour se nourrir, il devra chercher sa pitance sous les chênes dans le bois près de la ferme. Il peut s'estimer heureux souligne-t-elle. Au Moyen Age, il aurait été pendu et brûlé comme la truie de Falaise en Normandie devant une grande assemblée de ses congénères pour montrer l'exemple. 

 



Rendons à Bruno ce qui est à Bruno (Nana Fafo)

 

 Rendons à Bruno, ce qui est à Bruno.
Quand la justice s'en mêle et s'emmêle les fils.

Les faits :
En ce jour du samedi 811 de l'an qué ven ou Kévin en traduit,
Maître Chat a convoqué le poulailler et la porcherie,
pour une audience, bruyante et agitée.

Monette aurait été victime de Ronchonchon et ses porc-génères,
c'est ce qu'Yvanne crie sur tous les toits.

Même si la nuit, tous les chats sont gris,
ce n'est pas une raison pour ne pas propager des ragouts de porc. 


 Le contexte :
A la ferme, Ronchonchon et Bruno, ça a toujours été
copains comme pas cochons et à qui va se la fermer en premier !
D'ailleurs, Ronchonchon avait surnommé Bruno, "Coquillette".
C'est pour dire, combien leur guéguerre a commencé
dès la mare aux canards, c'est là que les chiards sont bien gardés.

Au poulailler, Bruno tient d'une aile de fer ses petites poulettes endiablées.
Simone, la plus aventurière s'est acoquinée de Ronchonchon.
Monette, qui fait tout comme Simone, aurait bien voulu
elle aussi, jouer aux 3 petits cochons.
Mais Mado, sa soeur jumelle joue les garde-fous,
il faut bien une fiente de poulet, dans le lot !

La plaidoirie :
Bruno s'est fait l'avocat du diable, il porte la parole de ses ouailles,
en tant que membre éminent, il n'a pas sa langue dans sa poche
et ne donne pas sa langue au chat.
Saura t'il se rendre compte du BFM-cocotte
que la Mado jalouse a fait courir à propos de Monette ?

Le greffier : "Accusé, Rochonchon, levez-vous !"

Ronchonchon : "Oui, je lève des tas de minettes, vous notez greffier !" 😉
en lui laçant un clin d'oeil ?

Le greffier qui était fière et fière de la remarque,
fit mine de s'offusquer d'une telle provocation en ces lieux
et lui balança un nous-trage à la cour.
Ronchonchon se saisit de l'opportunité du "nous"
pour lui gratter un 06.

Le verdict :
Après avoir entendu les différentes parties prenantes et éclairci l'affaire,
Attendu que Ronchonchon a prouvé sa passe.
Attendu que Bruno s'est fait grugé.
Attendu que Monette n'a jamais eu les nerfs en pelote.
Concernant cette affaire de la plus haute importance,
n'en déplaise à Yvanne...
le greffier déclare que les passes (de pelotes) sont légales à la ferme
et installe chez Inst'a un nouveau rituel.

 Pour revivre les moments forts du procès :

 



J’atteste pourtant que je te kiffe grave (Lothar)


 

Chérie, toi pour qui mon cœur balance

Deux ou trois mots
Qui riment
– À quoi ça rime,
Te disent que tes yeux
Sont deux papillons bleus.

Deux ou trois mots
Qui riment
– À quoi ça rime,
Te disent que ton cou
Sous l’amour est si doux.

Deux ou trois mots
Qui riment
– À quoi ça rime,
Te susurrent que ta voie lactée
Me fera trépasser.

Deux ou trois mots
Qui riment
– À quoi ça rime,
Te susurrent que ton ventre
Me fait devenir chantre.

Deux ou trois mots
Qui riment
– À quoi ça rime,
Te déclarent sans ambages,
Que j’adore tes jambes.

Deux ou trois mots
Qui s’expriment
– À quoi ça rime,

Ma belle greffière,

Me répondent sur le coup
Que mes actes et mon dossier
Ne seront pas priorisés ...

 

Ton cou sous l’amour est si doux.

Grève des greffiers (Kate)

Vendredi soir

- Greg ?
- Oui.
- Tu seras en grève le 15 ?
- Le 15 avril ?
- Oui.
- Peut-être...
- Tu nous le diras lundi...
- Oui.
- Bon week end, Greg !
- Bon week end, Olivia !

 

- Bonsoir maman !
- Bonsoir mon Gregou, des fleurs jaunes ! J'adore ! Tu dînes avec nous ?
- Oui.
- Papa est rentré, il est au salon.
- Bonsoir papa.
- Bonsoir Grégoire. Alors, ce travail de greffier, ça te plaît ?
- Oui.
- Bon ! C'est mieux que graffeur !
- On va faire grève le 9.
- Une grève ! Tu n'y penses pas !
- Si.
- Mais, mon petit, on ne fait jamais grève chez les Griffin !
- Hein ?
- De père en fils, les Griffin n'ont jamais fait un jour  - que dis-je ! -  une heure de grève !
- Ah !
- Ta mère est graphologue...
- Et tu es grainetier.
- Ton frère est graphiste...
- Sa femme est grenobloise...
- Elle est avocate et travaille au tribunal avec toi !
- Elle m'a demandé ce soir si je ferai grève.
- Quoi ! Olivia ?
- Oui.
- Et tu as dit quoi ?
- Que je me déclarerai lundi.
- Tu diras non, tu vas grever ton budget de greffier !
- Papa, j'ai fait comme tu as dit les études de droit...
- Enfin, tu les as commencées...
- Oui. Et j'ai fait l'école des greffiers.
- Parce que je t'ai payé des cours pour préparer le concours.
- Oui.
- Et même beaucoup de cours pour le réussir...
- Oui.
- Tu débutes à peine ! Si tu fais une grève tu vas perdre une journée de salaire, c'est grave !
- Oui.
- Grr !
- Allez, à table !
- Oui maman.

Lundi matin
- Salut Greg, tu as passé un bon week end à Grasse ?
- Oui, comme d'hab', et toi, tu es allée à Grenoble ?
- Non, en Italie. Alors, la grève ?
- Hum...
- Tout le monde la fait.
- Graziella aussi ?
- Ah ! La nouvelle greffière ? Oui !
- Alors, moi aussi !
- Great !

Statistiques, bis (Walrus)

 J'entends votre argument, je ne suis pas sourd (malgré ce que raconte mon épouse, les cas qu'elle évoque, c'est de l'audition sélective) : c'est complètement con de tirer des conclusions à partir de quelques malheureux cas ! Mais on ne se refait pas, n'est-ce pas...

De quoi s'agit-il ?

J'ai soigneusement évité dans la présentation du sujet, images comprises, de signaler la possibilité d'aller chercher dans la langue verte (chère à Michel Audiard) une autre acception de "greffier" : le chat ! Ni chatbot, ni chat botté, le chat !

Je suis curieux de voir combien de participants opteront pour cette voie.

Voie royale : les chats, j'adore et, eux et moi, c'est une longue histoire . Longue, mais pas totale : elle a été rognée aux deux bouts :

  • À Montignies-sur-Sambre, avant notre déménagement l'année de mes neuf ans, nous n'en avions pas à la maison.
  • Quand Kenzo, notre dernier chat est mort, nous avons décidé de ne pas en reprendre par crainte de mourir avant lui. (Fatale erreur : notre fille et nos petites-filles en ont profité pour nous refiler un chiot ou plutôt une chiotte)

 Comme dirait mon neveu Joe : "je ne suis pas ici pour vous raconter ma vie" et donc, je ferai bref.

Le premier, comme notre chien est une chienne, était une chatte, noire : Mina. Chez mes parents, les chats vivaient dehors et ne nous rendaient visite que pour manger et se faire dorloter quand l'envie leur en prenait, vous connaissez les chats. En dehors de nous ramener des jeunes, son occupation favorite était d'aller provoquer le chien de la voisine, de se faire poursuivre à travers la cour de l'usine (nous habitions alors dans l'enceinte d'une centrale électrique) pour finir par lui échapper en sautant sur la balustrade de la cour (un truc en tubes d'acier de huit centimètres de diamètre) et de là dans une ouverture de deux briques dans le mur de la buanderie. La première fois, le chien avait essayé de l'imiter, après sa (lourde) chute conséquente à l'essai, il a prudemment décidé d'éviter de remettre ça.

Le deuxième (un fils de la première) avait un jour, tout jeune, réussi à escalader le conduit de cheminée en Éternit de la dite buanderie, à passer sous le chapeau protecteur et à dégringoler à l'intérieur où il était resté agrippé par les griffes. Alerté par ses cris lamentables, j'ai réussi à le sortir de là en faisant descendre dans le tuyau une grosse écharpe en laine (y avait encore des hivers en ce temps-là). À son entrée, il était tigré, à sa sortie, il était noir...

.....

Quand nous sommes venus nous établir à Bruxelles, nous n'avons plus repris de chat. Enfin... jusqu'au jour où notre voisine et amie a ramené à ses enfants un chaton de son boulot dans un laboratoire de recherche pharmaceutique. Grands cris de désolation de nos enfants qui en voulaient un aussi et donc...

Depuis lors, nous avons toujours eu des chats à la maison. Nous les avons toujours gardés à l'intérieur, sans problème.

Donc, j'aime les chats et... ils me le rendent bien. Je pense qu'ils me trouvent... confortable ! Ainsi, dès que je débarque chez ma fille et que je m'assieds dans un fauteuil, les deux du rez-de-chaussée me grimpent dessus et finissent par trouver un accord d'occupation du terrain : un sur mes cuisses et un sur ma poitrine (et mon estomac) au grand désespoir des chiens...

Une petite photo de Kenzo ?


Et même les chats inconnus semblent m'apprécier. Vous doutez ?

Petite photo prise la 4 janvier 2008 au beau milieu de la place centrale de Montepulciano (Toscane) :

 
Non, je ne l'avais pas appelé ni même regardé, il est venu de lui-même se frotter à mes guiboles. D'ailleurs, je parle même pas italien...

Y a un truc, je vous dis !



De quoi se sont-ils fait l'écho ?

            Walrus ; Laura ; Lecrilibriste ; François ;