Dans cette petite maison où nous vivions tous deux L'horloge du clocher nous récitait les heures Je travaillais aux champs et tu vendais des œufs Vie simple et modeste qui signait notre bonheur Pourquoi a-t-il fallu que dans l'autre maison Construite juste en face identique à la nôtre Arrive cette famille avec son jeune garçon
Graveur sculpteur beau parleur Tel un apôtre Il avait imprimé dans l'ardoise Nos maisons si peu bourgeoises L'église et son clocher Si bien représentés Il fredonnait Marinella Et tes yeux brillaient là
Te parlait de la princesse de Clèves Et tu partais dans tes rêves
Si l'on jouait les Caprices de Marianne Il t'y emmenait sur sa bécane Je ne supportais notre affiche de "Viva Maria !" Tu étais devenue passionaria
Et le jeune Marinette Que sa soeur Delphine trouvait muette Disparue dans l'ouragan Apporté par ces gens Et leur fils Jean Ou plutôt Don Juan Alors en ce vingt juillet Comme chaque année À la même heure Dix heures Celle où tu es partie À tout jamais avec lui Je te souhaite Une bonne fête Chère Marina Que je n'oublierai pas ! (photos extraites des livres suivants :
Il a rêvé à son village L’exilé dans la ville Il a rêvé au clocher A trois étages Dont les cloches Carillonnaient l’Angélus 7 heures, midi, 19 heures Aux collines douces Et aux buissons généreux Il a rêvé aux ardoisières Aux sapins dévalant les pentes Et aux myrtilles ramassées à pleine bouche
croquées
La nostalgie s’est installée, grave, vivace « Quand reverrai-je hélas, de mon petit village Fumer la cheminée » Il était venu là réparer ce clocher prestigieux Car c’était l’as des as dans son métier Mais quelle mouche l’a piquée Pour aller sculpter son village Sur le toit de ce monument du passé ?
Ce n’était pas une mouche C’était juste un rêve Un rêve obsédant Qui depuis plusieurs nuits inlassablement répétait La phrase d’un poème de Joachim Du Bellay « Plus que le marbre dur, me plaît l’ardoise
fine » Une phrase qui l’empêchait de dormir Qui le réveillait en sueur, qui le faisait frémir
Alors … une nuit de pleine lune… Sans réfléchir, Il l’a fait !
Ressortant des fines couches d'ardoise, c'est le profil du beffroi de la ville de mes études secondaires : Mons, la capitale du Hainaut.
Mais qu'est-ce que cette photo pouvait bien faire sur le deuxième disque dur de mon ordi ? J'ai démonté son adresse : elle se trouve dans un sous-sous-sous-directory ("classeur" pour les Français) intitulé "Thierry". C'est, à l'instar de la chose représentée sur la photo-sujet de la semaine, une œuvre de mon beau-fils !
Mon beau-fils est Breton, n'en déplaise à son prénom. Il est né à Lorient mais il ne parle pas breton : il a passé sa jeunesse dans le Loir-et-Cher.
Parenthèse : mon fils, lui, se prénomme Yves, mais il n'est pas Breton : il a été mis en chantier à l'Hôtel Voltaire à Paris et est né à Anderlecht, le berceau des "dikkenek".
Bien ! Donc, mon beau-fils est Breton, un petit Breton. Ben oui : il s'appelle Le Bihan !
Il est surtout couvreur, formé à l'école des Compagnons du Devoir et son fameux "Tour de France".
Le sien de tour est passé par Bruxelles où il s'est fait choper par ma fille, par Reims (je le sais parce que j'ai dû me farcir un soir Bruxelles-Reims et retour en bagnole pour lui reporter sur le chantier de la cathédrale le portefeuille qu'il avait oublié ici), par Toulouse (je le sais parce que je suis allé y récupérer son vélo et, accessoirement, m'y faire voler mes bagages), par Edinburgh (je le sais parce qu'il me l'a dit) etc...
Comme vous pouvez le constater sur la photo, dans son boulot (il s'agit ici d'un décor pour le toit d'une agence d'architecture), c'est un artiste, même si il aurait tendance à tout fabriquer en zinc , mais ça, c'est une autre histoire...
Mais pourquoi tant
de haine dans un monde déjà si cruel ? Si « le premier est un marin, toujours le verre à la main, la bouteille sur la
table » je conçois qu’on le traite de misérable et qu’on
ne désire pas lui accorder sa main.
Mais le deuxième
« qui est un barbu, par-devant et par derrière », ne
fait rien que laisser parler la nature. Il se trouve d’aventure que
le poil naturellement pousse au menton du garçon. Que les lames
Gilette n’existaient pas à l’époque de l’homme de Cro-Magnon.
Que le rasage n’est pas obligatoire.
Que faire ?
demandait le barbichu Lénine (Vladimir Il’itch Oulianov) : à
la lecture de Marcel Proust certains se rasent, d’autres pas. Cette
liberté dans le vague à la lame nous a valu finalement, au fil de
l’Histoire et au retour de notre escapade à La Flèche, un beau
bistrot-mémoire sur le thème des barbus célèbres.
Il y a bien sûr,
côté musique, « ce roi barbu qui s’avance, bu qui
s’avance » et ce n’est pas de Carlos ou des ZZ Top que je
parle mais d’Agamemnon « Aga Aga memnon » (« La
Belle Hélène » d’Offenbach qui lui portait des favoris).
On doit à
France-Gall – dont le nom me fait du reste penser au rugbyman
Sébastien Chabal ! - l’évocation d’un empereur à la barbe
fleurie, ce sacré Charlemagne « qui a eu cette idée folle un
jour d’inventer l’école ». L’ont suivi toute une lignée
de rois plutôt du genre imberbe que du genre à barbe à l’exception
de Charles IX, Henri II, III et IV et François 1er.
Notons que la barbiche fut portée par Louis XIII et Napoléon III et
qu’elle demande sans doute plus d’entretien car il faut la
tailler finement comme la bavette chez le boucher en attendant d’être
servi (par l’Histoire qui paraît-il, ne repasse pas les plats).
Les Rois d’un jeu
de cartes usuel (David, Charles, Alexandre et César) n’auraient
pas déparé – une fois à poil ! - le festival de Woodstock
ni cette période des années 70 où John Lennon, Phil Collins,
Robert Wyatt, Anthony Phillips et Neil Young composèrent dans leur
barbe fournie - à l’époque de « Hair » -
certains des tubes musicaux que je reconnais dès les premières
notes.
Le disque de Rick
Wakeman, claviériste du groupe Yes, «The Six wives of Henry VIII »
pose une question assez terrible : le port de la barbe ne
s’accompagnerait-il pas d’une tendance à la cruauté ? On
connaît le cas de Barbe-Bleue qui mettait les femmes au placard,
celui de Landru qui militait pour la femme au foyer. Il faut y
ajouter le cas de Conchita Wurst qui transforme le concours de
l’Eurovision en compétition de n’importe quoi ! Et
justement, la barbe n’est elle pas plutôt un signe de contestation
des systèmes politiques en vigueur ? Karl Max, Che Guevara et
Fidel Castro en portaient une. Philip K. Dick aussi.
Mais revenons à
l’école et à la cour de récréation. Les images non animées que
nous, désormais dénommés vieilles barbes, chérissions à l’époque
représentaient des porteurs de barbe pleins de sagesse : le
druide Panoramix chez Uderzo, le grand Schtroumpf chez Peyo, les
savants de Tintin chez Hergé, le professeur Mathenstock, le
professeur Pipe et le Père Passe-Passe chez Jean Cézard, le juge de
Lucky Luke dans l’album éponyme de Morris et Goscinny.
Mais la barbe
caractérise aussi quelques irascibles : je grand vizir
Iznogoud, Prunelle et son collier de barbe chez Franquin, le
capitaine Haddock et ses célèbres insultes.
Je n’ai pas
beaucoup fréquenté Blake et Mortimer, le Vieux Nick et Barbe Noire,
Tif et Tondu – je crois savoir que c’est Tondu qui est le barbu
du duo ! - mais je me souviens d’Hägar Dünor et, dans la
même série des navigateurs, de Barbe-Rouge de Charlier et Hubinon
et bien entendu de sa parodie dans Astérix sous forme des fameux
pirates qui assez souvent mergiturent plutôt que de fluctuer.
Du côté du cinéma,
la photo proposée cette semaine évoquerait plutôt « Les
Barbouzes » de Georges Lautner, pas tant les acteurs que le
fait de jouer double jeu et de s’avancer masqué. On pourrait
penser aussi à Louis De Funès dans "Rabbi Jacob" mais je n’ai pas vu
ce film-là. Orson Welles portait la barbe et un faux nez dans le
film de Claude Chabrol « La Décade prodigieuse », pas vu lui non plus mais
bien relaté et caricaturé par Marcel Gotlib dans la
Rubrique-à-brac.
Le XIXe siècle et
le début du XXe nous ont fait cadeau de célébrités entrant dans
la catégorie : Anton Tchekhov, Antonin Dvořák, Camille
Saint-Saëns, Louis Pasteur, Alfred de Musset, Victor Hugo, le
président américain Abraham Lincoln, Jean Jaurès, Ernest
Hemingway...
Les peintres de
l’École de Barbizon en arboraient-ils une ? Si j’avais eu
le temps, vous aurais-je chanté à ma façon « Le Barbier de
Belleville » de Serge Reggiani ? Est-ce que tout ce laïus
est encore trop capillotracté ? Rasoir ? Barbant ?
Allez-vous me traiter de blaireau ?
Quoi qu’il en
soit, après avoir lu ce court article sur le rasage, si la barbe est
réellement un signe de virilité et de sagesse, je suis bien mal
parti : je me suis encore coupé en me rasant ce matin !
ça tombe au poil Ce matin là, Ronchonchon était bien décidé à ne pas remettre son costume. Il en avait marre de ce masque social qui lui servait à se cacher et à se valoriser en racontant l'histoire du super cochon à la ferme. Il a dit "la ferme" à son égo et a fermement pris les choses en mains pour renouer socialement avec le "pas comme il faut" ou plutôt avec le "comme j'ai envie". La barbe ! C'est aujourd'hui le premier jour du reste de sa vie...
Irène est jeune, grande, belle, blonde et sur le point de se marier.
Avec Patrick.
Grande famille, grande villa, grande aisance, grand réseau social.
Sa mère est comblée, son père est fier.
Elle est dans sa ville natale, où la cérémonie aura lieu. Un dernier détail à régler, une dernière visite chez la manucure.
Demain, demain… se dit-elle et elle ne sait plus très bien ce qu’elle éprouve. Comme une appréhension, tout à coup.
C’est
le moment où les Gais Lurons descendent la rue, accompagnés de leur
fanfare, tous étudiants ou anciens étudiants de l’université de Gand.
Alors
elle le repère tout de suite dans le groupe, le reconnaît sans
hésitation, ni la fausse barbe ni les verres fumés ni le képi cachant le
front et les cheveux, rien ne l’empêche de douter: on n’oublie pas son
premier amour.
– Gérald! Gérald! crie-t-elle en s’élançant vers lui. Je me marie demain! Emmène-moi, allons-nous-en loin d’ici, tous les deux!
Il est surtout célèbre pour ses Gilles du Mardi Gras lesquels se rassemblent progressivement en bonnet de coton blanc (appelé "barrette") et masque de cire dès le matin pour défiler l'après-midi à visage découvert et coiffés de leur étonnant chapeau en plumes d'autruche si la météo le permet.
Mais les festivités ne se limitent pas à ce seul jour: rien que pour le weekend (je passe donc sur les "soumonces" dans le mois qui précède et les "Trouilles de Nouilles" le lundi précédent.), il y a déjà un cortège le dimanche où les sociétés de gilles portent chacune un déguisement tenu secret identique pour tous leurs membres. Ce sont ces groupes qu'on appelle "Mamzelles". Cette dénomination vient du fait que pour certaines de ces sociétés la tradition est de se déguiser en personnages féminins. Ce sont donc des Mamzelles qui figurent sur la photo de la semaine.
Le lundi, lui, est réservé aux enfants.
Comme un de mes neveux habite Binche, mes enfants participent donc chaque année à ces festivités, ce qui a valu à mon épouse de déguiser nos petites-filles en Oui-Oui, Fifi brin d'acier, Picatchou, Charlotte aux fraises, Cléopâtre, elfe, Hermione Granger, j'en passe et de meilleures...
Henri : Joël crie. Il crie mon nom, mon surnom : Riton ! C'est notre fête aujourd'hui 13 juillet.
Comme chaque année, nos amis organisent une surprise avec un
déguisement qu'on ne découvre qu'au dernier moment. Comme ce matin, avec
la barbe... Tiens, je la vois partout !
Joël : Ils nous ont gâtés cette année : costume blanc impeccable et
bien décoré, casquette qui en jette, écharpe jaune et verte. La quantité
de décorations me semblait exagérée et Henri a un peu tiqué pour la
mettre mais il a dit :
- La veste est vraiment chouette et j'adore cette barbe !
Henri : Quand Joël, enfin Jojo se l'est collée, j'ai éclaté de rire. Quant au collier, façon "Toison d'or", j'adore...
Joël : Riton avec ce collier qui ressemble à un truc de rappeur, j'hallucine ! Enfin il s'amuse et oublie que ma cousine Madeleine l'a quitté mais elle était trop bien pour lui, il était prévenu...
Henri : Jojo c'est la joie ! Il m'a proposé de m'associer à son
entreprise de farces et attrapes et de déguisements qui est en plein
essor. C'est vrai que vendeur de disques, ça ne marche plus tellement...
Joël : J'ai une idée pour l'an prochain, un costume encore plus dément dont je rêve... Mais ça sera la surprise, surtout pour Henri !
Mon ami Alex est parti. Comme toute
explication à son départ, il m'a lancé : < J'ai les dents qui poussent !
>.
On s'était rencontrés l'été dernier, en
Australie.
Je le trouvais attachant et drôle mais j'avais
remarqué que souvent, il restait sur sa réserve (naturelle). Souffrait-il du
mal du pays ?
Parfois, des cauchemars le réveillaient. Il
semblait avoir vu le diable (de Tasmanie) ou bien, un dingo !
J'aimais son nez poilu et sa petite queue. Il
n'aura pas supporté mon ultimatum :
- < cesses de griffer le canapé ou je te
coupe les vivres ! >
L'ingrat ! C'est en emmenant, laits corses,
rats, cygnes et herbes diverses, qu'il s'en est allé.
"Vont bas les pensées d'un coeur délaissé quand
Gourou de Sydney rappelle l'être aimé" (proverbe australien).
- < Carpe diem >,
avait-il lu sur le miroir piqueté de la vieille armoire. Après en avoir léché
le rouge à lèvres, il avait détalé, non sans oublier de me laisser en souvenir,
trois ridicules crottes carrées !
Quoi ? Ah, oui, j'oubliais : vous n'êtes pas encore suffisamment polyglotte ! Je vous donne un petit coup de pouce :
Je n'avais même pas encore pensé à ce que je pourrais bien raconter sur cet étrange animal que déjà l'Adrienne (vous connaissez l'Adrienne, n'est-ce pas ?) me coupait l'herbe sous le pied dans son commentaire sous mon dernier billet ici en me disant, texto : "avec le wombat il va pleuvoir des cacas carrés, faudra creuser pour en dire autre chose ;-)". Comme je vous le dis ! (enfin, comme elle nous le dit).
J'éviterai donc la comparaison avec le tunnelier qui creuse, qui creuse...
Dommage, j'aime bien les tunnels. J'aurais pu vous parler de la diode à effet tunnel, mais n'y pensons plus, comme disait Rose.
Mais revenons à nos wombats...
Comme n'a pas manqué de le souligner l'Adrienne, le wombat est un artiste cubiste, sans doute est-il un peu braque. Il est certes un brin limité dans son motif de base et c'est pas demain que ses œuvres vont concurrencer la muraille de Chine, mais bon je connais des peintres qui n'utilisent qu'une seule couleur et qu'on porte aux nues pour cela. Il atteindra peut-être le niveau d'un autre animal constructeur : le facteur Cheval.
Le facteur Cheval, y en aurait à dire sur celui-là qui a assemblé pièce par pièce un édifice (je vous laisse le choix des adjectifs admiratifs). Parce qu'on l'encense aujourd'hui, on le cite en exemple...
Un exemple que pourtant vous ne pourrez jamais suivre : vos élans créatifs seront brisés dans l'œuf à notre époque où pour édifier le moindre édicule au fond de votre jardin vous aurez besoin d'un permis de bâtir.