samedi 18 mai 2024

Bémol majeur (Vegas sur sarthe)

 


Au début je parlais peu.
Et ELLE encore moins, si ce n'étaient les “Oui et ensuite?” que sa bouche carmin susurrait sournoisement dans mon dos quand j'interrompais le grand déballage de mes lieux communs.
Oui et ensuite?”
Alors j'ai raconté Germaine et ses deux greffiers angora qui foutent du poil partout. J'ai raconté nos vacances d'été à Pornichet, l'appart de l'avenue du Littoral, le casino Partouche et puis la varicelle de notre neveu.
Oui et ensuite?”
Ensuite... il s'était gratté et on avait remplacé les bains de mer par des bains tièdes additionnés de farine d'avoine.
Allez trouver de la farine d'avoine à Pornichet en plein mois d'Août !

ELLE était dotée d'une patience infinie et de deux jambes interminables qui finissaient au bord d'une micro-jupe moulante, des jambes qu'elle croisait et décroisait avec un petit bruissement soyeux des plus pernicieux.
Pendant ce temps mon fauteuil durcissait comme moi, plus raide et plus inconfortable à mesure que je m'épanchais.
Oui et ensuite?”
Ensuite j'ai oublié la farine d'avoine pour raconter le bureau, l'informatisation du fichier central, la scannérisation du stock, les tickets restau et aussi cette improbable promotion obtenue dans la douleur et qu'on appelle familièrement promotion-canapé.
Pour l'heure le sien était fait d'un vieux cuir crevassé et malgré son aspect fatigué par tant de fondements qui s'y étaient abandonnés, j'étais sûr de gagner au change.
Mais je devais le mériter - c'est ce qu'ELLE m'avait fait comprendre - quand j'aurais abandonné sur son paillasson tout ce fatras qui constituait mon 'Moi conscient' et qui m'empêchait de lâcher prise.

Lâcher prise... c'est pourtant ce que j'avais fini par faire dans les bras musclés de mademoiselle Gagnepain - Chef du service informatique à la Conservation des Hypothèques - et je n'omis aucun détail des dispositions de l'article L.123-1 du Code du Travail même si les “Oui et ensuite?” avaient cessé et que ses jambes interminables ne bougeaient plus.
Bizarrement je n'avais pas honte de ce déballage, de cet indécent strip-tease que j'exécutais juste pour ELLE dans l'intimité de son cabinet.

Habiter deux étages au dessus de sa psychothérapeute peut présenter quelque avantage mais aussi des inconvénients car j'y venais maintenant chaque jour – sauf le samedi à cause du club de scrabble et des courses à Leclerc avec Germaine – et je constatai que je parlais moins du fait qu'ELLE parlait de plus en plus.
Certes j'étais phobique, névrosé, limite parano mais bien moins qu'ELLE.
J'aurais été tellement déçu de la savoir normale !
Je me surpris même une fois, à lui lancer un “Oui et ensuite?” qui ne l'offusqua aucunement.

Un jour où j'arrivai en retard je butai devant sa porte sur un foutoir qui s'avéra plus tard être son 'Moi conscient' à ELLE - c'est à dire son 'Soi conscient' - bref, je réalisai en la trouvant alanguie sur le canapé que j'étais enfin guéri.
Pour me conforter dans cette idée, je la gratifiai d'un “Je vous kiffe” qui acheva de la transformer.
ELLE commençait à renouer avec son statut d'enfant et s'abandonnait sans pudeur; c'est du moins ce qu'ELLE tenta de m'expliquer mais je ne l'écoutais plus. L'enfant qu'ELLE était redevenue gardait ses sublimes jambes et comme elle achevait de se débarrasser de tous ces oripeaux qui n'étaient pas ELLE, je la surpris nue et en fis tout autant.
N'allez pas croire tout ce qu'on dit à propos du passage à l'acte entre un psy et son patient, j'ai lu tant de choses sur les idylles de divan... et ce jour-là il ne se passa rien sinon qu'il ne me restait plus qu'à emménager chez Georges – elle s'appelait Georges – et c'est ce que j'ai fait.

D'autres que moi auraient fui mais Georges Sand n'était-elle pas d'abord une femme? Même s'il en doutât au début de leur relation Chopin pourrait en témoigner s'il était encore de ce monde.
Oui et ensuite” me direz-vous “que vient faire là, Chopin? Il serait interessant d'en parler”
Et bien, parlons-en.
Georges adore Chopin, ELLE en est folle et ne s'endort qu'avec la ritournelle de sa nocturne en mi bémol majeur flottant au dessus de notre lit rose.
Je fais preuve à mon tour d'une patience infinie car je sais bien que le jour viendra où ELLE cessera de m'appeler Papa.

 


C'est con (Walrus)

  
Il croyait que le monde entier lui en voulait...

Le comble, c'est qu'il n'avait pas tort !

 

(Chic ! J'ai retrouvé le style de mes débuts ici...)


pour ce que ça vaut (joye)

 



Y a quelque chose qui se passe ici

Mais ce que c'est n'est pas clair

Y a un mec là-bas portant une flingue

Qui me dit qu'il faut faire gaffe

Je crois que c'est le moment d'arrêter,

Les enfants, c'est quoi ce son ?

Regarde, tout le monde, qu'est-ce qui se passe ?

On désigne des lignes de bataille

Personne n'a raison si tout le monde a tort

Les jeunes qui donnent leur avis

Rencontrent tant de résistance venant d'ailleurs

C'est le moment d'arrêter

Tiens, c'est quoi ce son ?

Regarde, tout le monde, qu'est-ce qui se passe ?

C'est la fête pour les flics (ouh ouh ouh)

Des milliers dans la rue (ouh ouh ouh)

Qui chantent et qui portent des pancartes (ouh ouh ouh)

Qui disent "Hip ! Hip ! pour nous" (ouh ouh ouh)

C'est le moment d'arrêter

Tiens, c'est quoi ce son

Regardez, tout le monde, qu'est-ce qui se passe ?

La paranoïa frappe fort

Elle s'insérera dans ta vie

Ça commence quand t'as toujours peur

Si tu sors des sentiers battus, on viendra t'emmener

Il faudra arrêter

Tiens, c'est quoi ce son ?

Regardez, tout le monde, qu'est-ce qui se passe ?


samedi 11 mai 2024

Défi #820

  

Un truc qui vous prend bien la tête

 

Paranoïa

 

 
 

Quelle version ont-ils choisie ?

 

 

   

 

Dans l'église Saint-Lambert, y a-t-il un orgue à Nismes ?

Walrus ; TOKYO ; Vegas sur sarthe ; joye ;

"MC" sans conviction (Nana Fafo)

 


L'organisme de Ronchonchon fonctionne "sans conviction".
Il a troqué sa joie et son humour
contre de la tristesse et de l'incompréhension.
Tout a dérapé en quelques secondes.

Jean-Claude Carrière disait
"qu'un personnage ne peut nous toucher que
lorsque nous avons trouvé en lui... sa vulnérabilité".

Vulnérables, nous le sommes tous !
Malgré les armures qu'on se crée.

Il précise aussi que c'est notre fragilité qui nous rapproche les uns des autres
alors que la force nous en éloigne.

Pourtant, lorsque le choc est là,
que la sidération et le sentiment d'irréalité s'installent
comme pour repousser l'horreur de la nouvelle
le lien à l'autre, en son temps, va nous apporter la force de continuer.

L'organisme s'écroule, le sens des actions se perd
pour laisser la place à des mouvements vides, le temps du deuil.

En hommage à tous les anges dans ciel.



Fâcheux quiproquo. (Yvanne)

 



René, un sexagénaire en pleine forme s'est levé très tôt ce matin de mai. Le soleil est enfin là après des journées interminables de pluie. Il est temps de se consacrer sérieusement au potager. Comme chaque jour, après son café au lait, quelle que soit la météo, il va faire le tour de son jardin. C'est son enfant, ce jardin. Il le bichonne, l'ordonne, le façonne, sélectionne, approvisionne... Enfin il l'aime. Le jardinage est sa passion et depuis sa retraite, il met un point d'honneur a avoir le plus beau du quartier. Rien ne le rend plus fier que de voir les gens s'arrêter pour admirer ses légumes.

Huit heures. René a ramassé un plein seau d'escargots. Il peste contre les gastéropodes qui se régalent de ses salades et s'attaquent maintenant aux fraises. Ses trois poulettes vont s'occuper des indésirables. Elles commencent à se faire vieilles se dit-il. Il faudrait songer à les remplacer mais elles pondent encore assez pour moi. Depuis qu'il est veuf, il vit de peu. A vrai dire, il déteste cuisiner aussi son appétit s'en ressent. Deux, trois œufs par semaine lui suffisent.

Arrivé au poulailler le voilà pris d'une envie très pressante. Sa prostate le taquine. Ça ne peut pas attendre. Il s'approche de la haie séparant son terrain de celui de la voisine. La voisine. Il ne la connaît pas. Il l'a juste aperçue lors de son aménagement quelques semaines plus tôt et croisée chez les commerçants du bourg. Hé pense René, elle a du chien. C'est une belle plante et je m'y connais ! Peut être...Peut être... Allons, vieille baderne se morigène-t-il. Ne pense plus à la chose. Mais...Mais...Il ne peut pas s'empêcher de rêvasser. Elle a acheté en viager voici quelques années la maison des Pradier partis en ephad. Il a appris par la boulangère qui sait tout qu'elle vient de la région parisienne pour passer sa retraite dans le village. Peut être une opportunité. Qui sait ?

René n'est pas curieux, il ne surveille pas cette femme mais elle l'intrigue. Elle ouvre rarement ses volets aussi on ne sait jamais si elle est présente ou absente. Tout en urinant tranquillement René entonne d'une voix puissante sa version très spéciale de Carmen. « toréador ton c.l n'est pas en or ni en argent, ni en fer blanc... » C'est cucul s 'amuse René mais ça m'a toujours fait rire. Juste à ce moment là, il entend parler de l'autre côté de la palissade.

  • - Vous avez un bel organe.
    - Heu ! Pardon ? Vous vous adressez à moi ? ( Ce n'est pas possible. Je rêve. Elle est un peu...olé olé la voisine. Quand même ! Elle ne me connaît pas et elle me parle d'orgasme ! On aura tout vu de nos jours ! Et d'ailleurs je ne vois pas pourquoi elle parle de ça. C'est déplacé.)
    - Oui. C'est bien à vous. Je trouve que vous avez un bel organe.
    - Ah, organe ? J'avais mal compris. (zut, elle a vu mon machin) René range précipitamment ses petites affaires et écarte un peu les thuyas. La voisine est là, juste en face de lui et elle le regarde en souriant.
    - Bonjour.
    - Bonjour répond René d'un ton égrillard. Son œil s'allume. (Ma parole, j'emballe se félicite-t-il.) Heu...Comment dire...Vous trouvez que...
    - Oui je trouve que vous avez une belle voix. Vous savez j'étais professeur de chant. Dommage que vous moquiez Bizet. Bon. Ce n'est pas très grave. Puis-je vous demander un service ? Voulez vous me prêter un balai ? Enfin un outil pour enlever toutes ces feuilles ?
    - Un balai ? Oh non ! Il vous faut un râteau. Mais je peux le faire si vous voulez ?
    - C'est gentil mais mon mari arrive demain et il s'en occupera

     Ah ben mince soupire René. Je peux aller me rhabiller. Quel beau râteau – c'est le cas de le dire – que je me prends ! 

 





Plutôt Gaillard (kate)

  

Plutôt Gaillard

Plutôt Gaillard... que Gras !

Autre titre non retenu : "De Gaillard à Gras" mais il manquait quelque chose, un "je-ne-sais-quoi", un soupçon de connivence, peut-être. D'ailleurs, si j'avais choisi ce titre, j'aurais alors dû immédiatement préciser : "De Gras à Gaillard" -mais ça sonne mal !-  autant pour coller à la vérité historique qu'à la chronologie de ma déambulation géographique de ce samedi matin de début mai.

Je n'allais pas au marché, simplement dans une bijouterie à proximité pour faire ajuster le bracelet de ma nouvelle montre. Il pleuvait... mais j'avais ce mot bizarre en tête : "orga(ni)sme" !

J'allais de la rue des Gras au Marché Saint Pierre car le marché m'inspire, de bien des façons : son aspect historique, le souvenir des mémés et pépés des alentours qui vendaient autrefois autour de cette halle dédiée à la viande, aux fruits et légumes et au fromage, qui quelques dahlias de leurs jardins,  qui quelques cerises ou pommes non calibrées, géantes bottes de rhubarbe, force châtaignes ou coings glanés ça et là, touchants petits bouquets de narcisses cueillis dans les prés... Malgré la pluie, j'ai pris quelques photos mais pas celle du marchand de morilles, gorgées d'eau dans la caissette en plastique bleue ni celle du vendeur de fraises de Vertaizon qui parlait si fort ! L'entrée Sud, le restaurant et bien sûr, le fameux "Clairmont" qui m'avait servi de décor il n'y a pas si longtemps...

Bref, aucun orga(ni)sme en vue pour l'instant mais sait-on jamais ?

De fait, juste après le sus-nommé bar restaurant qui battait son plein en terrasse, forcément, jour d'affluence et lieu de rencontre de plusieurs orga(ni)smes : les deux à cette table ? Ceux qui attendent devant ?

J'ai marché quelques mètres jusqu'à la Salle Gaillard (du nom d'un ancien maire) et une expo m'attendait. Toutes les expos font ça : ça doit être des sortes d'orga(ni)smes ou quelque chose comme ça !

Escalier majestueux en lave de Volvic rapidement gravi, saluant d'un "bonjour" les deux employés à l'accueil de la salle et personne dans cette immense salle de bal au parquet merveilleux usé par de nombreux orga(ni)smes. Je repense forcément à l'ambiance surchauffée des bals folk du samedi soir et aussi, hélas ! très enfumée. Ah ! L'accordéon diatonique : orga(ni)sme réussi !

Enfin, j'ai forcément pris quelques photos des oeuvres exposées, cherchant tout de même le lien avec le titre : "Pigment Pixel". Le titre fait beaucoup -et il sonne bien, celui-là !-  j'ai quand même dû lire le cartel qui expliquait la démarche de cette plasticienne pour mieux apprécier l'élégance de ces oeuvres, par ailleurs si bien présentées.

L'entrée est gratuite (pas comme autrefois), le vestiaire est vide (pas comme autrefois). Ni boisson, ni chanson, ni garçon : pas d'orga(ni)sme ? Enfin, si ! La mairie ! Depuis le Marché Saint-Pierre jusqu'à la Salle Gaillard : c'est elle !

Je repars vers la rue des Gras, monte vers la cathédrale mais l'Hôtel Fontfreyde, centre de la photographie, n'ouvre pas le samedi matin, l'orga(ni)sme n'ouvre qu'à partir de 14 heures.

Enfin, je peux voir l'heure à nouveau à ma montre et je rentre avec quelques photos, quelques idées, qu'il me faudra organiser...

 

IA organique (joye)

 

Les mots, ces petites unités de langage, peuvent être des outils puissants pour communiquer, exprimer des émotions et partager des idées. Cependant, il existe une catégorie de mots qui suscitent souvent la controverse : ceux qui ne sont pas considérés comme convenables.

Ces mots peuvent être offensants, grossiers, ou tout simplement inappropriés selon le contexte. Leur utilisation peut causer de la peine, de la colère ou de la confusion chez ceux qui les entendent ou les lisent.

Pourtant, même si ces mots semblent être des intrus dans la société polie et respectueuse, ils ont parfois leur place dans la communication. Certains peuvent être utilisés pour choquer et attirer l'attention sur des problèmes sociaux ou politiques, tandis que d'autres sont intégrés dans des expressions idiomatiques ou des dialectes régionaux.

La perception des mots non convenables varie également en fonction du temps et du lieu. Ce qui était considéré comme inacceptable il y a quelques décennies peut être aujourd'hui largement accepté, et vice versa. Les normes sociales évoluent, tout comme notre compréhension de ce qui est approprié ou non.

En fin de compte, la clé réside dans la prise de conscience et le respect des sentiments des autres. Il est important de choisir ses mots avec soin, en tenant compte du contexte et du public auquel on s'adresse. Les mots ont le pouvoir de construire des ponts ou de créer des fossés, et leur impact peut être profond et durable. En choisissant des mots qui reflètent le bon goût, la compassion, le respect et la compréhension, nous contribuons à créer un monde où la communication est un instrument de connexion plutôt que d'égarement.


White satin (Vegas sur sarthe)

   




Le balcon était haut, tabou et sculptural
sorti des années vingt, vintage, dépassé
les seins emprisonnés au bustier carcéral
cousu de mille strass aux senteurs opiacées.

La nuisette rétro respirait, spasmodique
au rythme palpitant d'un imminent orgasme
je le croyais du moins, priant Dieu qu'elle abdique
sans gaine de satin il n'est point de fantasme.

Elle était à la fois harnachée et offerte
au jeu des privautés j'ai perdu mille fois
espérant un aveu à sa bouche entr'ouverte.

Prévenant, j'en avais gardé sous la pédale
j'ai repris mon chemin, feutré, du bout des doigts
il y avait dans l'air un parfum de scandale...


Recyclage (Walrus)

  

Encore! vous exclamerez-vous...

Ben quoi, vous répondrai-je, je me dois de me conformer à un des innombrables mots-injonctions qui font la loi aujourd'hui et donc, je recycle ! (C'est pas une raison pour me prendre pour un petit homme vert, hein...)

J'ai commencé la semaine dernière avec l'histoire du doudou Raoul et je continue aujourd'hui avec celle-ci.

Si vous recherchez la consigne ayant donné lieu à cette ponte lointaine, vous verrez qu'elle porte le numéro 69 et qu'elle est l'œuvre d'une des mères fondatrices de ce blog : Val&rie, laquelle nous invitait à nous "étendre sur le sujet" deux semaines d'affilée. (Elle se prenait peut-être pour Birkin). Alors, n'allez pas me dire que c'est moi qui ai l'esprit mal tourné pour avoir proposé un sujet pareil sur ce blog : y a des précédents !

Pour revenir à mon petit rappel historique, la première semaine,  j'avais usé de ma technique habituelle du botté en touche et éludé la question. Ce n'est qu'après le rappel à l'ordre de la boss de l'époque que j'ai imaginé ma nouvelle intervention, ce qui explique son titre.

C'est si loin tout ça...

Orgasme (TOKYO)

   

C’est un vide cailloux, mais cette première impression est trompeuse ne vous y fiez point.

La roche est trompeuse. Les falaises qui tiennent toute l’arche debout crèvent les nuages bas par temps d’hiver.

Les gens font des kilomètres et des kilomètres pour venir jusqu’ici.

Il faut dire que Dame basilique tutoie le ciel.

Dans ses entrailles creuses elle garde de nombreux utérus géants que seul un organiste peut faire vibrer.

C’est alors que cet amant vient provoquer des soubresauts insoupçonnés qui laissent les croyants pétrifies. Ces orgasmes sonores viennent épauler la foi, la féconder.

 En ensemençant l’oreille des hommes Dieu, joueur d’orgues célèbre la vie.


 

samedi 4 mai 2024

Défi #819

     

Une fois n'est pas coutume,
je vous laisse choisir* :

  

Orga(ni)sme

 

  


 * Moi, je prends les deux :
Un orgasme, ça secoue tout l'organisme, non ?



Ont adopté une nounou

 

 

   

 

 

Walrus ; Vegas sur sarthe ; Nana Fafo ; joye ;

Mémé Toinette. (Yvanne)

 


Nous avons confié nos deux fils à des nounous jusqu'à ce qu'ils aillent à l'école maternelle. Nos trois petits enfants, eux, ont été confiés par leurs parents à des assistantes maternelles. Autre temps, autre vocable, officiellement depuis une loi votée en 1977. Et je préfère encore ce dernier à celui de « gardienne d'enfant » Gardienne : gardienne de prison, gardienne d'oies ...J'ai même lu qu'il existait, après les pouponnières qui revenaient trop cher, des centres d'élevage d'enfant. C'est fou. C'est moche. Des termes peu adaptés aux enfants selon moi. Qui semblent les reléguer à un niveau inférieur.
En revanche, nounou, il paraît que l'appellation a un côté péjoratif. Qu'elle est réductrice. Qu'elle ne donne pas une belle image de ce métier vieux comme le monde. Il fallait bien inventer une circonlocution pour faire « plus mieux » ! Comme technicienne de surface pour femme de ménage. Être à la mode, politiquement correct, dans l'air du temps quoi, c'était impératif il faut croire. Moi j'aime bien le mot « nounou » : c'est doux. C'est plein de tendresse. Alors je l'utilise tout le temps n'en déplaise.

A la campagne, pas de nounous quand j'étais gamine. A part dans les grandes familles bourgeoises qui avaient du personnel à disposition. On se débrouillait comme on pouvait pour garder ou faire garder ses enfants quand c'était nécessaire. Les bébés dans leur couffin étaient portés dans les prés et les champs. Ils ne risquaient pas de bouger, tout emmaillotés qu'ils étaient dans leurs langes et couvertures molletonnées. Et puis c'était pratique pour que la maman puisse allaiter. Cela devenait problématique ensuite quand l'enfant marchait et ne pouvait pas encore se rendre utile. Il était encombrant et risquait de se blesser à tout moment. Alors on cherchait dans le village quelque vieille grand-mère qui ne pouvait plus travailler et on le lui laissait pour un matin, un après midi parfois pour la journée entière.

C'est ainsi que j'ai passé du temps chez mémé Toinette depuis mes deux-trois ans jusqu'à ce que j'aille à l'école. Je garde un souvenir ému de cette femme. Elle s'occupait bien de moi. Et surtout elle me racontait des histoires. Des histoires vraies. Du moins celles concernant les loups. Je ne sais plus si j'avais peur mais en tout cas j'étais particulièrement friande de ces récits là. Je les réclamais tous les jours. Comme elle devait radoter un peu ça ne la gênait pas de répéter. Je crois même que ça lui faisait plaisir d'avoir une oreille attentive. Elle me parlait de ses années de jeunesse, aux environs de 1890 quand elle était bergère dans son village situé au pied d'une colline. Dans ces années là, les loups sévissaient en Corrèze. Elle était, à ses dires, régulièrement confrontée à l'animal qui cherchait à lui dérober un agneau. Elle m'expliquait qu'elle le faisait fuir en tapant ses sabots de bois l'un contre l'autre. Elle évoquait aussi très souvent le diable qui lui faisait, je pense, encore plus peur que le loup. Elle se signait de façon répétitive et à la va vite pour que le mot lui même ne l'atteigne pas. Je me souviens très bien de ses gestes désordonnés d'alors.

Mes parents apportaient mes repas j'imagine car la vieille femme se nourrissait surtout de soupe n'ayant plus de dents. Mais elle avait un péché mignon. Une gourmandise. Elle aimait les sardines à l'huile. Quand je la voyais sortir une boîte de son placard, je me précipitais. Jamais je n'ai mangé de meilleures sardines que chez Mémé Toinette, ma nounou pour de faux mais que je n'oublie pas comme tous ces braves gens qui ont fait de mon enfance une période de ma vie riche en découvertes et apprentissages.

 

Areu areu (Kate)

 

Areu areu

Mon papa
De moi est gaga
Je suis son bébé
Il m'amène chez ma nounou
Avec mes joujoux

Elle me donne du lolo
Et je vais faire dodo
Elle m'apprend pipi
Caca et popo
Sans trop de chichi
Avec sourires à gogo
Elle me fait coucou
Et je lâche mon doudou
Me lave si je suis cracra
Et je l'appelle tata !
Quand je fais le foufou
Et que je joue du tamtam
Je ne suis plus son chouchou
Mais si elle dit miam miam
Je fais des glouglous
Qui attirent son petit toutou
Et si j'ai un petit bobo
Vite, un bonbon

Un sourire de tonton
Mais on entend "pan pan !"
C'est l'heure de ma maman !
Areu areu
Je suis heu-reux !

Nounou, doudou, même combat ! (Walrus)

  
Je me rappelle avoir parlé de nounou ici même (enfin, il y a longtemps, dans la fraction sous Canalblog au temps béni où celui-ci, en dehors de quelques ennuis de serveur, donnait entière satisfaction).

J'ai retrouvé la chose : La triste histoire du doudou Raoul.

 Je suis d'une génération où  les nounous étaient rares : on les appelait des nurses, elles étaient généralement anglaises et n'œuvraient que dans les milieux aisés. Les autres n'en avaient pas besoin : la grande majorité des femmes ne travaillaient pas et élevaient leurs rejetons.

Remarque accessoire : à cette époque, les ménages avec un seul salaire avaient les mêmes problèmes de fin de mois (ou plus exactement de quinzaine) que ceux d'aujourd'hui avec deux...

Donc, je n'ai pas eu de nounou et je n'y ai pas eu recours pour mes enfants non plus.

Alors, que voulez-vous que je vous en dise ?

pas ma première chanson IA : je n'ai jamais eu de nounou (joye)

 


Je n'ai jamais eu de nounou 
Non non 
Ce serait quand même coucou 
Con con 
Mais c'est vrai que j'ai eu un doudou 
Don don 
Et aussi un très beau loulou 
Lon lon

une nounou d'enfer (Nana Fafo)

 

 

Tout nous mène aux deux-nous.
Entre Kant et Sartre il faut choisir ! ou pas !

Pour Ronchonchon tout a commencé
lorsqu'il était encore un nourrain noué par des noucs,
des noucles et une nouette,  à sa nourrice, une ours mal léchée,
qui le nourrissait au nouasser de cochonous.

Il était en pleine période de nouure, au début de sa transformation,
là où l'on observe la nouaison, la formation des nous.
Il paraît qu'avec nounou se crée le premier pattern d'un nourrisson
d'être en "nous" et en-nous-mêmes.
Pour Ronchonchon, il semblait que son nous le gâte de douces saveurs...
Un petit goret était en construction, fier de se gaver,
embrassant sa destinée, une vie de nouba l'attendait avec impatience.
 

Pourtant, l'étable était gardée par des nouchis de Suidés.
Ronchonchon était intrigué par ces gros porcs.
Il avait entendu des histoires à leur sujet,
écrites par un nouvelliste obscur et nouakchottois,
expliquant que les choses ne sont pas ce qu'elles semblent être
d'un certain point de vue
et pourtant elles ne sont que ce qu'elles sont au-delà des apparences...

 
Alors, un jour, Ronchonchon décida de cesser le gavage.
Comme tout jeune Babe qui se respecte, il cria haut et fort "ça m'a gavé !"
et il défonça l'étable pour aller voir ce qui se tramait
au-delà de ce que nounou lui avait raconté et promis : une nouba d'enfer...

Quelle nouille ! Comment a-t'il pu croire à cette nounounerie !
En effet, une nouba l'attendait dehors, mais aussi... l'enfer,
c'est les autres ?
 
Le dénouement de cette histoire, c'est que
tout nous mène aux deux-nous
et qu'à deux, nous-nous rapprochons du nou-mène et de nous-mêmes,
sans jamais vraiment l'atteindre.
Serait-on face à une noukta de la vie ?
Comme chaque samedi, regardez ce que les autres en disent.




Tenez bon (Vegas sur sarthe)

 


Très tôt je m'suis rendu compte que ça s'rait pas d'la tarte!
Même sans dents j'aurais préféré une tarte aux noyaux de cerises plutôt que ce morceau d'caoutchouc sensé épargner le téton maternel mais qui n'en avait ni le velouté, ni le goût et encore moins ce je ne sais quoi d'indéfinissable qui vous fait monter aux rideaux avant de descendre au fond d'la couche.
Si j'avais eu l'choix entre l'caoutchouc et une grosse mamelle de nourrice même moustachue j'aurais pas hésité une seconde.
De mal en pis et après des jours d'intense mastication - c'que j'appelle téter et s'entêter - j'me suis rendu à l'évidence: c'était pas comestible.

 

Si on m'avait demandé mon avis je serais né plus tard; j'aurais au moins connu le frisson du danger et cette ivresse de la tétine gazée à l'oxyde d'éthylène, cette même saloperie qui donna aux poilus d'la grande guerre ce fameux p'tit goût d'moutarde.
C'est fastoche de critiquer aujourd'hui le plastoc et le “bisphénol A” quand on n'a pas connu l'biberon en verre et découvert avec horreur que ces machins qu'on vient d'cramer en deux secondes c'étaient des doigts.

 

Tenir... il fallait tenir le biberon et tenir bon pour espérer un jour ressembler à sa frangine qu'on autorisait à s'enfourner toute seule - comme une grande - une cuillère de potage dans l'oreille.
Moi qui aspirais plus au repos que leur mélange dopé à la blédine, je trouvais que la barre était déjà haute pour mon âge.
Pourtant les grands prenaient un plaisir sadique à la monter plus haut à chaque progrès réalisé: d'abord la tétine monotrou, puis à deux trous, puis à trois trous - façon ocarina - et le fameux rototo obligatoire, celui qui cocote, qui arrose au large mais qui soulage tellement les adultes.

 

A cinq semaines - soit un nombre incalculable de rototos - constatant qu'on me foutrait jamais la paix je décidai de faire la gueule: les grands appelaient ça un sourire et jusqu'à ce jour je ne les ai jamais contredits.
Mis à part le faux sourire et le Areu que j'avais assimilé pour leur faire plaisir je m'exprimais maintenant en Grouic de cochon et sifflements de mainate que mon entourage interprétait à sa guise; de toute manière mon avis importait peu.
A l'échelle du chiard que j'étais, cinq semaines ça faisait déjà un bail, alors quand on m'a expliqué qu'j'm'assoirais dans six mois j'ai compris qu'y s'passerait du temps et des centaines de rototos avant d'avoir le plaisir indicible de tasser ma couche avec tout c'qu'y a dedans...

 

S'accrocher... y fallait s'accrocher si j'voulais un jour être grand comme les grands, avoir le même appareil dentaire que ma cousine Philomène, des poils roux comme Oncle Hubert et goûter au fameux boeuf-carottes de tante Marthe.
Mais s'accrocher, c'est facile à dire quand tout bouge autour de vous et qu'on vous a pas rancardé sur les règles.
Les grands appellent ça l'expérience.
Alors dans l'genre expérience j'me suis frotté au déambulateur de pépé, à mon ch'val à bascule et aux soutifs à armature de tante Marthe.
Les grands pensaient que j'souriais à chaque tentative mais moi j'sais bien que j'faisais la gueule.

 

Chez nous l'dimanche, les vieux sortaient les grands crûs et s'les descendaient sans même un regard pour celui qui biberonnait le picrate du père Guigoz.
Quand j'pense à tous les Ruchotte-Chambertin qui m'sont passés sous l'nez et que j'reverrai plus jamais, ça m'fout la glotte en capilotade.
Pour nous les chiards, le dimanche c'était la barboteuse bouffante avec les p'tits élastocs qui serrent les cuisses à vous couper l'sang... mais comme j'voudrais pas casser l'moral aux chiards qui viendront après moi, j'préfère arrêter ici les souvenirs cuisants.

J'leur souhaite bien du plaisir! Parait qu'maintenant les tétines sont en silicone et les seins aussi, d'ailleurs!
Alors j'ai qu'un mot à leur dire, à tous ceux qui décideraient d'poursuivre l'aventure dans ce monde implacable: “Tenébon”.

 

 


samedi 27 avril 2024

Défi #818

   

Nous en connaissons tous un·e, non ?

   

Nounou


 

Ont pu rassasier leur appétit d'ogre

 

 

   

 


ma première vidéo IA : le morfaloup (joye)

 

À la sauce cubaine (Kate)

 

À la sauce cubaine

Morfalou ?
On joue au loup !
Contentons-nous de la comptine
Am stram gram
D'apparence anodine :
"Mon p'tit loup
Pique
Et pique
Des kilogrammes
Morfalou
Bourre-toi
Bourre-toi
Corps et âme"...
Air connu
Aux origines moins connues
Les loups
Il y en avait beaucoup
La lune
Fortune ou infortune
Dévorer
Ou crever
Taper
Puis chanter
"Big bisou"
Danser
"Le bougalou du loup-garou"
S'amuser
De "Papayou"
Et pourquoi pas se tatouer
Pour être plus beau
Et invoquer "Papa mambo" :
Plutôt que Maman bobo !
Évoquer
Lavilliers
Et la salsa
De haut en bas
Morfalou ?
Pas du tout !

(inspirée par Jean-Chrysostome Dolto alias Carlos, pseudonyme en hommage au percussionniste cubain Carlos Patato Valdès)

 

De quoi se sont-ils fait l'écho ?

            Walrus ; Laura ; Lecrilibriste ; François ;